Traversée des Alpes : Avignon – Annecy

Le mistral soufflait fort sur la cité des Papes quand François et moi avons débarqué du TGV. Quentin nous attendait dans le hall. Avec ses 4 sacoches rouges, nous ne pouvions pas le louper. Nous avons fait un rapide tour en ville pour quelques courses et un coup d’œil au palais.

Palais des Papes à Avignon

Nous avons ensuite quitté la ville vers le nord-est, le vent nous était plutôt défavorable mais nous avons bien avancé quand même dans la plaine du Rhône. Nous avons pique-niqué à Bédarrides, puis avons rejoint le pied des dentelles de Montmirail à Beaumes-de-Venise. Les 2 cols au programme ce premier jour n’étaient pas bien difficiles : le col de Suzette puis le col de la Chaîne.

Ventoux depuis Suzette

Dentelles de Montmirail

Suzette devant les dentelles

Le Ventoux dominait tout le paysage et nous avons fait étape à Malaucène, au départ d’une des 3 montées possibles vers le sommet du géant de Provence. Le camping s’était vidé peu de temps avant. Ne restaient que quelques touristes étrangers et une piscine à l’eau un peu fraîche mais quand même agréable après une journée de vélo.

Le lendemain nous sommes partis à l’assaut du Ventoux, à notre rythme et sans trop nous distancer les uns des autres. La montée était longue, 21km et 1600m de D+. Il ne faisait pas trop chaud et le vent (110km/h la veille avec des rafales à 130km/h) était tombé, bref des conditions idéales. Nous avons effectué la montée en 3h30.

Ventoux dans les derniers lacets côté Malaucène

Beaucoup d’autres cyclistes faisaient l’ascension. À vélo de route ou bien à VTT à assistance électrique… mais personne d’autre avec des sacoches. Près du sommet, des photographes professionnels nous mitraillaient dans l’espoir de vendre un cliché. Et tout en haut, il y avait foule sous le panneau.

Sommet du Ventoux

La descente côté Sault n’était pas très raide et formait un beau balcon en forêt avec de temps en temps des vues sur le Luberon et la montagne Sainte Victoire. À Sault, nous avons bifurqué plein nord vers Montbrun-les-Bains par une très jolie petite route et le col de Reilhanette.

Montbrun-les-Bains

Mon appareil photo a lâché à ce moment là, après plusieurs faux contacts dans la matinée. Toutes les photos suivantes ont donc été prises avec mon téléphone.

Nous avons longé le Toulourenc puis franchi le petit col d’Aulan avant de rejoindre la vallée de l’Ouvèze. Nous avons fait étape à Montauban-sur-Ouvèze, village dont les commerces : épicerie, café et camping, sont tenus par une seule et même personne, une dame déjà âgée qui tient le village à bout de bras.

Le 3ème jour, nous avons continué de remonter l’Ouvèze jusqu’au col de Perty. C’était un col très facile car jamais très raide dans sa montée en long lacets. Il nous a fait passer des Baronnies à la vallée du Buëch, de la Drôme aux Hautes-Alpes.

Col de Perty

Dans la descente, nous avons passé le village d’Orpierre, dans un très beau site entouré de falaises. Puis nous avons fait les courses et pique-niqué à Laragne-Montéglin. Sur une petite placette, les riverains ont rivalisé d’hospitalité, nous apportant de l’eau, du jus de fruit et même des glaces en dessert.

François nous a quitté ici, le passage du Ventoux, une première en montagne pour lui, l’a décidé à poursuivre des vacances plus calmes. Quentin lui avait un problème mécanique avec une cale. Il nous a fallu trouver un magasin et nous avons emprunté de plus grosses routes vers Sisteron puis Digne-les-Bains.

Sisteron

Résultat, nous avons totalisé 122km au compteur en arrivant dans la vallée de l’Asse au soir, la plus longue étape du parcours et la plus plate, et de loin les routes les moins agréables.

Le lendemain nous sommes montés sur le plateau de Valensole, puis Moustiers-Ste-Marie où nous avons fait quelques courses encore à l’ombre des falaises.

Vallée de l'Asse depuis le plateau de Valensole

Moustiers-Sainte-Marie

Nous avons ensuite rejoint le lac de Sainte-Croix avant de monter à l’assaut de la corniche sublime, la rive gauche du grand canyon du Verdon. Les 700m de D+ via le village d’Aiguines ont été allègrement récompensés par le balcon au dessus des gorges.

Aiguines

Gorges du Verdon

Un couple d’anglais en tandem bien chargé nous dépassait en descente alors que nous les redoublions en montée. La corniche n’était pas vraiment plate mais chaque virage offrait une nouvelle vue imprenable.

Gorges du Verdon

Le dernier coup d’œil sur les gorges était au niveau du balcon de la Mescla.

Gorges du Verdon

Après cela, la route a franchi un petit col avant de nous laisser bifurquer vers le joli village de Trigance.

Trigance

Nous avons ensuite rejoint le Verdon en amont des gorges jusqu’à Castellane où nous avons fait étape. C’était une jolie bourgade dominée par une chapelle au sommet d’une très haute falaise. Point de passage entre la vallée de la Durance et Nice, elle doit quand même être bien morne hors saison touristique.

Le lendemain, nous avons longé le Verdon vers l’amont toute la matinée. Ça ne grimpait pas très raide, nous avons fait des courses à St-André-les-Alpes puis mangé à Colmars. Cette petite cité toute fortifiée était assez inattendue.

Musée de Colmars

Colmars

Quittant la « grande » route du col d’Allos, nous avons préféré emprunté le plus méconnu Col des Champs, qui relie les vallées du Verdon et du Var. C’est la plus petite route de col que nous avons emprunté, plutôt raide et étroite, et presque sans trafic motorisé pour notre premier col au dessus de 2000m.

Col des Champs

Col des Champs

Col des Champs

La descente fût très rapide jusqu’à St-Martin-d’Entraunes et nous avons campé dans le camping qui fait face au village, de l’autre côté du très large lit du Var. Il y avait pire vue pour boire une bière et c’est là que nous avons mis les pieds dans une piscine pour la dernière fois.

Saint-Martin-d'Entraunes

Il faisait frais le lendemain matin, surtout que nous avons commencé par une longue descente le long du Var. Peu après Guillaumes, nous avons traversé les gorges de Daluis, très impressionnantes avec leurs roches rougeâtres et la succession de tunnels (17 si je me souviens bien).

Gorges de Daluis

Plus bas, nous avons emprunté un moment une route à forte circulation dont nous ne nous sommes écartés que pour visiter le très beau village fortifié d’Entrevaux : un petit dédale de ruelles pavées derrière un unique pont d’entrée.

Entrevaux

Après avoir atteint un carrefour vers 330m d’altitude, nous sommes repartis en montée. Sous le soleil de midi ce n’était pas facile et c’est le dernier moment du voyage où nous avons eu vraiment chaud. Nous avons remonté les Gorges du Cians, d’abord les gorges inférieures et leurs hautes falaises calcaires, puis les supérieures avec à nouveau de spectaculaires strates rouges comme à Daluis.

Gorges supérieures du Cians

En deux endroits, la petite et la grande Clue, la route empruntait des tunnels mais l’ancien tracé via la gorge très étroite était encore empruntable à pied ou à vélo.

Grande Clue du Cians

Une fois les strates rouges franchies, le paysage a changé radicalement, laissant place à des forêts de mélèze et de pins. Nous avons passé le village perché de Beuil avant de nous faire rattraper par un généreux orage qui ne nous a pas fait beaucoup profité du col de la Couillole. Dommage car la descente jusqu’à St-Sauveur-sur-Tinée avait l’air spectaculaire, notamment le village de Roubion.

Après avoir effectué toute la descente crispés sur les freins, nous avons rejoins la route métropolitaine de la vallée de la Tinée. Métropolitaine car la départementale est passée sous la responsabilité de la métropole Nice Côte d’Azur. De là nous avons lentement gagné Isola, ce n’était pas raide mais nous étions trempés. Le camping d’Isola avait des emplacements en gravier pas très adaptés aux tentes mais au moins nous avons pu manger à l’abri en compagnie… du couple d’anglais en tandem vu 3 jours plus tôt dans le grand canyon du Verdon !

Nous avons quitté les lieux un peu plus tôt que d’habitude le lendemain. 40km de montée nous attendaient pour quasiment 2000m de D+ pour gravir la cime de la Bonette. Nous avons grimpé à notre rythme, faisant des pauses régulièrement, d’abord à St-Etienne-de-Tinée pour quelques emplettes. Nous avons pique-niqué au camp des Fourches, un ancien baraquement militaire d’altitude.

Camp des Fourches

Nous sommes arrivés au sommet un peu après 14h, après près de 7h de montée. La dernière portion qui fait le tour de la cime était particulièrement raide à 15% pour atteindre les 2802m d’altitude, notre plus haut point du voyage. La construction de cette route ne fut terminée que dans les années 60… alors que Napoléon III l’avait décrétée d’importance impériale.

Cime de la Bonette

Cime de la Bonette

Après nous être bien couverts pour les 24km de descente du versant nord, nous avons dévalé vers la vallée de l’Ubaye. Et très rapidement en milieu d’après-midi, nous nous sommes installés au camping de Jausiers. C’est celui que j’ai trouvé le plus sympathique, un des dernier encore plein de cyclo-campeurs et en plein cœur du village.

Le lendemain nous sommes repartis pour le col de Vars, une étape de repos presque, en comparaison du dénivelé de la veille. Et en effet nous sommes arrivés assez vite au sommet, la montée est passée presque toute seule.

Col de Vars

Nous avons fait halte à Guillestre pour des courses et le pique-nique puis sommes montés dans la combe du Queyras. La pluie s’est mise à tombée, fine, pénétrante et froide. Nous avons roulé très doucement jusqu’au pied de l’Izoard à Brunissard. L’auberge des bons enfants avait encore de la place et nous y avons passé la nuit au sec et au chaud, notre seule étape « en dur ».

Par la fenêtre de la cuisine nous pouvions voir que la pluie était en réalité de la neige quelques centaines de mètres plus haut.

Le réveil a été particulièrement froid sur Brunissard. Le ciel était dégagé et les sommets poudrés.

Brunissard

Dans l’ombre de la montagne, notre effort pour la petite dizaine de kilomètres avant le col de l’Izoard nous a réchauffé, mais au col le thermomètre de mon compteur indiquait quand même 0,7°C. La descente a été particulièrement douloureuse pour les doigts et les orteils.

Col de l'Izoard

Même à Briançon, il ne faisait pas très chaud. Nous avons fait le tour de la jolie cité Vauban, ses remparts dominant toutes la vallées et ses petites ruelles étroites qui doivent être bien froides en hiver.

Briançon

Briançon

Briançon

Nous avons ensuite remonté la vallée de la Guisane en direction du col du Lautaret. Le vent nous ralentissait beaucoup et nous empêchait de nous réchauffer. Nous avons fait halte près du torrent dans un petit hameau d’où nous avons vu notre premier glacier. Et au col, la Meije écrasait le paysage, étincelante des récentes chutes de neige.

La Meije

Nous avons continué de nous élever jusqu’au col du Galibier, doucement mais sûrement. Je m’arrêtais régulièrement pour prendre des photos de la vallée de la Guisane ou des nouveaux sommets qui apparaissaient. J’ai reconnu très vite la barre et le dôme des Écrins à plus de 4000m.

Barre des Ecrins

Au pied du col, le créateur du tour de France a son monument démesuré, à sa « gloire » et non pas simplement en son honneur.

Monument à Desgranges au pied du Galibier

Après une photo pour immortaliser le passage de ce col mythique, nous nous sommes à nouveau bien emmitouflés pour la descente vers Valloire.

Col du Galibier

Nous avons fait étape à Valloire et changé nos plans pour les jours qui suivirent. Tenter l’ascension de l’Iseran nous a semblé déraisonnable au vu des maussades prévisions, du froid et de la neige.

Aussi, le lendemain nous avons descendu la Maurienne au lieu de la monter. Avant cela nous avons facilement gravi le col du Télégraphe, puisque nous l’avons franchi presque en descente.

Col du Télégraphe

En aval de St-Jean-de-Maurienne, nous avons fait un petit détour par les lacets de Montvernier, juste par curiosité pour ce site étonnant et ses 13 épingles à cheveux très serrées.

Lacets de Montvernier

Ensuite nous avons grimpé le col de la Madeleine. La montée était longue et soutenue avec des chiffres proche de ceux du Ventoux aussi bien en distance qu’en dénivelée. Ce fût notre dernier grand col.

Jusque là, les inscriptions politiques sur les routes de cols était fréquentes mais touchaient plutôt à la loi travail et à l’accueil des réfugiés. Les tags SOS réfugiés étaient d’ailleurs souvent masqués en noir. Dans ce col c’était des tags anti PMA et GPA, ceux là n’avaient pas subit de tentative de masquage.

Col de la Madeleine

Après une longue descente vers la vallée de la Tarentaise, nous avons fait halte dans un camping « de routiers » à La Bâthie, presque au bord de la 2×2 voies.

Le lendemain il faisait gris et il a plu une bonne partie de la journée. Nous avons visité la cité médiévale de Conflans au dessus d’Albertville, récemment rénovée et encore en plein travaux, puis utilisé la véloroute en direction d’Annecy.

Cité médiévale de Conflans

Albertville

Nous avons fini par rejoindre le lac et la ville d’Annecy avec quelques beaux rayons de soleil en fin d’après-midi.

Lac d'Annecy

Mon frère et sa petite famille nous ont accueilli et hébergé. C’est là que j’ai arrêté le voyage et Quentin a lui repris la route pour quelques jours supplémentaires vers le Chablais puis Genève.

Avec mon frère nous avons fait un peu de canoë sur le lac, seuls au pied des falaises du roc de Chère c’était un point de vue inhabituel sur le lac.


Le parcours : https://www.bikemap.net/en/route/4206142-traversee-des-alpes-avignon-annecy/

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Camargue et Luberon

Comme l’année dernière, le 11 novembre a été l’occasion d’un ultime voyage à vélo cette année. Et pas pour un simple week-end à rallonge cette fois, mais pour une semaine complète sur les routes de Provence.

J’ai démarré à Montpellier où j’ai rendu visite à quelques amies et écumé les bars à tapas. J’ai dû aussi faire changer en urgence un câble de dérailleur chez les très disponibles gars de Cyclable. En fait j’avais bien tenté de régler mon dérailleur la veille du départ, sans succès et sans comprendre pourquoi, et chez Cyclable il a cassé direct, tout effiloché. Au moins j’ai pu partir sur des bases saines.

Le premier jour sur la route, il a fait plutôt gris. J’ai rejoins la mer à Palavas par un beau chemin de halage le long du Lez. Palavas était la première des stations balnéaires bétonnées de la côte du Languedoc que j’ai longé. Le phare de la Méditerrannée était assez futuriste.

Phare de la Méditerrannée à Palavas

Ensuite, les immeubles se ressemblent.

Immeuble en front de mer à Palavas

À Palavas, Carnon ou la Grande Motte, tout date de la même époque. La piste cyclable qui relie toutes ces villes n’est pas très bien indiquée par endroit et j’imagine qu’en été elle est noire de monde (pas uniquement à vélo).

La Grande Motte

Le Grau du Roi clôt la série des stations, un peu plus dans son jus.

Le Grau du Roi

Je quitte la mer en remontant la rivière canalisée. Là encore c’est assez mal indiqué et je me retrouve sur une bande cyclable le long de la grande route alors que de l’autre côté du canal il y a un superbe chemin de halage. Mais bon, la route jusqu’à Aigues-Mortes n’est pas longue. Les salins du midi dominent le paysage de leurs montagnes de sel. Il y a des flamands rose sur tous les étangs mais je n’ai pas tenté de m’approcher.

Salins du midi

Aigues-Mortes est ceinte de beaux remparts, magnifiquement conservés. Mais les gradins laissés à demeure dans le large terrain vague à leur pied pour les spectacles en saison gâchent les perspectives de loin.

Remparts d'Aigues-Mortes

C’est largement la ville où j’ai croisé le plus de monde ce jour là.

J’ai continué à travers la petite Camargue, sous un ciel toujours bien gris. Je ne m’attendais pas à en trouver encore, mais à la moindre pause les moustiques m’attaquaient.

Petite Camargue

J’ai grignoté à Saint-Gilles puis ai filé jusqu’à Arles en entrant par l’étroit pont suspendu de Trinquetaille.

Pont suspendu de Trinquetaille

J’ai un peu tourné dans Arles qui a un beau centre-ville tout en ruelles tortueuses et quelques monuments comme les imposantes arènes.

Eglise à Arles

Arènes d'Arles

Ruelle à Arles

J’ai retrouvé Cyrille, Coline et leur chat à 3 pattes, de sympathiques couchsurfeurs qui m’ont hébergé pour la nuit.

Le lendemain, je suis parti en direction des Alpilles, le village des Baux-de-Provence exactement. À 9h un lundi matin j’y étais le seul touriste.

Post Tenebras Lux aux Baux-de-Provence

Les Baux-de-Provence

La courte montée vers le village m’a fait quand même gravir un col. Les environs sont plutôt tourmentés.

Rochers autour des Baux

En redescendant de l’autre côté du village, le voile de nuage a enfin commencé à se crever au dessus du château et des Alpilles.

Château des Baux de Provence

Si le paysage ressemble à du Van Gogh, c’est normal.

Les Alpilles

Après avoir longé le pied de la chaîne sur toute sa longueur, je me suis retrouvé à Salon-de-Provence. J’y ai trouvé une drôle de fontaine moussue et un beffroi.

Fontaine moussue de Salon de Provence

Beffroi de Salon de Provence

Je me suis ensuite extirpé plus ou moins péniblement de la ville en franchissant l’A7 et le gros village de Pélissanne pour finalement me retrouver sur la sublime D17, une petite départementale directe, presque rectiligne et peu fréquenté qui rejoint Aix.

À Aix-en-Provence, j’ai trouvé un autre beffroi fort ressemblant.

Beffroi d'Aix-en-Provence

Après un tour de la ville et un plein de calissons, je suis reparti par la route Cézanne qui sort très rapidement de la ville. Cette journée était celle des peintres. La montagne Sainte-Victoire n’a pas tardé à pointer le bout de son nez après chaque épaule.

Montagne Sainte-Victoire

J’ai fini par quitter son pied pour grimper jusqu’au village de Belcodène où j’ai fait étape chez ma cousine et sa famille et nous avons dégusté ensemble la première raclette de la saison.

Le lendemain, j’ai arrêté d’aller vers l’Est et suis parti vers le nord. D’abord dans le brouillard dans la cuvette de Trets, j’ai emprunté une montée assez marrante sur le plateau de Rians. Suivant le cours d’un vallon, elle zigzaguait beaucoup avant de déboucher sur l’arrière de la Sainte Victoire.

Plateau entre Rians et la Sainte-Victoire

J’ai tenté une pesée à Rians, mais il y a longtemps que le préposé ne s’est pas pointé au guichet.

Poids publics de Rians

J’ai rejoint la Durance que j’ai traversé au pont de Mirabeau. Non pas le pont Mirabeau parisien mais son homonyme provençal en béton qui a remplacé un pont suspendu dont les piles sont toujours debout.

Pont de Mirabeau

La Durance au pont de Mirabeau

Enfin dans le Luberon, j’ai passé une série de jolis villages : Mirabeau, Beaumont-de-Pertuis, la Bastide-des-Jourdans, avant de grimper le 2ème vrai col de la journée, celui de Montfuron. De la crête la vue commençait à s’étendre assez loin. Mais tout près j’ai eu un autre angle sur Montjustin que celui de l’an dernier en montant au col de l’Aire deï Masco.

Montjustin

Montfuron est couronné par son moulin.

Moulin de Montfuron

Dans la descente s’étalaient devant moi les villages de Mane, Forcalquier et à l’arrière plan la Montagne de Lure, mon objectif du lendemain.

Mane, Forcalquier et la Montagne de Lure

Forcalquier

À Forcalquier, j’ai été hébergé par Sandrine et Mathieu, des aspirants cyclo-voyageurs très sympathiques et motivés. Comme j’avais un peu d’avance et que la température chutait vite, leur propriétaire, pris de pitié, m’a fait rentrer et offert à boire.

Le lendemain je suis parti pour la journée que j’anticipais le plus, l’ascension de la Montagne de Lure. Certes ce n’est pas le Ventoux (à 85m près) mais j’y ai des souvenirs de stage d’il y a 11 ans, donc j’y suis plus attaché.

Forcalquier depuis la route de Fontienne

Le col de Fontienne a constitué une ridicule mise en jambe avant les 18km de montée depuis Saint-Etienne-les-Orgues que j’ai mis près de 2h à avaler.

Route de Lure

Mais le sommet vaut le coup d’œil. Pas tant pour sa station météo et radio mais pour son incroyable panorama à 360° qui permet de voir jusqu’aux Ecrins.

Arrivée au Signal de Lure

Les Ecrins depuis le signal de Lure

C’est aussi le premier endroit d’où j’ai bien vu le Ventoux.

Mont Ventoux depuis le Signal de Lure

Il faisait étonnamment chaud au sommet, alors j’y ai pique-niqué. Mais pour autant, mes compagnons partis d’Apt ne m’ont pas rejoint au sommet comme c’était initialement prévu. Je les ai rattrapé alors qu’ils avaient entamé un petit tiers de la montée, et comme l’heure tournait, nous sommes repartis en direction d’Apt.

Nous sommes passés d’abord sous les ruines du château d’Ongles.

Ruines d'Ongles et Montagne de Lure

Puis sous une lumière déjà bien plus rasante nous avons atteint la vallée du Calavon au niveau d’Opedette et son canyon.

Opedette

Canyon d'Opedette

De là, ça descendait jusqu’à Apt. Le soir nous avons commandé de gigantesques pizzas. Jean-Jacques qui tenait absolument à grimper la montagne de Lure et n’avait pas rebroussé chemin avec nous n’est rentré qu’à la nuit noire.

J’ai posé tout mon barda dans un bungalow et les 3 jours suivants les randonnées ont été bien plus légères.

Nous avons fait une première boucle vers Simiane-la-Rotonde. Benjamin a malheureusement bien vite abandonné à cause d’une douleur au genou, alors que nous n’avions pas encore atteint les premiers villages perchés de Caseneuve et Viens. Ses vacances ont été très courtes et il est reparti dans la journée.

Caseneuve

Je voulais retourner à Simiane-la-Rotonde dont j’avais gardé un bon souvenir et parce que je trouve que ce village a un petit air de Minas-Tirith (avec de l’imagination).

Moutons à Simiane

Simiane-la-Rotonde

Nous avons pique-niqué au pied de sa fameuse rotonde.

Clocher de Simiane

Rotonde de Simiane

Vélos à Simiane

Nous avons repris la route vers le plateau d’Albion. Peu avant le village de Saint-Christol, la vue était très dégagée alors que nous filions droit vers le Ventoux.

Ventoux depuis St-Christol

La montée a ensuite repris un peu jusqu’à nous faire franchir un col à 1100m près du hameau de Lagarde-d’Apt. De là, il ne nous restait plus qu’à descendre directement jusqu’à Apt en une quinzaine de kilomètres à peine.

Avant de nous cuisiner de bourratives pâtes au pesto, nous avons testé (moi pour la première fois), le bar qui a remplacé la salle hors-sac que nous utilisions l’année d’avant. Le camping a été repris par un belge qui est venu avec toutes ses bières. À partir de ce soir, les dégustations se sont enchaînées. De mémoire j’ai bu : Cigale, Chouffe Soleil, Cornett, Mardesous, Triple d’Anvers, Duvel Tripel Hop… pas vraiment ce qu’on s’attend à boire en Provence.

Pour une deuxième balade, nous sommes montés jusqu’au village perché de Saignon qui offre une belle vue sur Apt car il se termine par un éperon rocheux bien détaché.

Saignon

Apt depuis Saignon

Rocher de Saignon

Mais la principale attraction de la journée c’était surtout le fort de Buoux dans la commune éponyme. Nous avons dû l’atteindre par une route bien reculée dans une vallée cernée de falaises.

Grimpeur à Buoux

Le fort est situé sur un impressionnant plateau cerné de falaises. Le village qui le précède et le fort lui-même ne sont plus que ruines mais très intéressantes.

Fort de Buoux

Silos du fort de Buoux

La vallée de l’Aiguebrun est vraiment splendide.

Vallée de l'Aiguebrun depuis le fort

L’extrémité la plus élevée du fort, après 3 fossés et remparts, se dresse sur des arches naturelles.

Fort de Buoux

Pour la descente, il nous a fallu emprunter un escalier dérobé taillé dans la falaise.

Escalier dérobé de Buoux

En attendant de nous regrouper près des vélos après la visite, nous avons entendu un cri. Gilles a glissé sur les feuilles mortes et les cailloux, il s’est fait une entorse (ce ne sera diagnostiqué que le lendemain). Il parviendra à rentrer mais plus de vélo pour lui les 2 derniers jours.

Vélos à Buoux

Chemin de Buoux sous la falaise en surplomb

Au retour, nous avons opté pour un passage par Bonnieux plutôt que le plus direct col du Pointu.

Devant le prieuré St-Symphorien

La descente de Bonnieux vers Apt est comme ces pistes vertes de retour à la station : ça descend, mais il faut pédaler quand même pour que ça avance un peu. J’ai trouvé ça un peu longuet.

Nous fêtons la fin des vacances (Marc part dès le lendemain matin) au restaurant où nous avons nos habitudes : le même que l’année dernière qui propose des digestifs gourmands en dessert.

Le lendemain matin, je découvre sur mon téléphone une kyrielle de messages inquiets. Il s’est passé quelque-chose d’effroyable à Paris. Nous sommes décontenancés, dégoutés, inquiets, mais il n’y a rien que nous puissions faire dans l’immédiat sinon prendre des nouvelles des proches, les rassurer, continuer à vivre et à rouler.

Pour la dernière balade, j’ai décidé de repartir en solo. Jean-Jacques et Lincoln, les 2 valides restant ce jour, ayant déjà fait une bonne partie du tour qui m’intéressait en début de semaine alors que j’étais dans ma rando itinérante. En solo du coup, j’ai gambergé toute la journée sur les attentats, coup de bourdon dans un cadre magnifique.

Je suis monté via St-Saturnin directement au col de la Liguère pour rallier ensuite les gorges de la Nesque.

Col de la Liguère

Je n’ai jamais pris autant de photo du vélo que pendant ce petit séjour.

Chapelle Saint-Jean

Rive gauche, il n’y a qu’un seul endroit avec un vrai panorama sur les gorges de la Nesque, mais avec le Ventoux en arrière plan, c’est pas mal.

Gorges de la Nesque et Mont Ventoux

Après quelques petits cols, je suis revenu dans le Luberon aux villages de Murs, puis de Gordes.

Murs

Château de Gordes

J’ai trouvé Gordes, de loin le plus beau village du coin. Quand on a une vue comme ça depuis son spot de pique-nique, on ne se plaint pas.

Gordes

Après avoir rejoint le Calavon, je suis remonté en face, sur le flanc nord du Luberon, pour égrainer la série de villages perchés que sont Oppède-le-Vieux, Ménerbes et Lacoste. Oppède est en grande partie en ruine.

Entrée d'Oppède-le-Vieux

Ménerbes n’est pas le plus proéminent des villages et s’étale tout en longueur sur son éperon.

Ménerbes

Depuis Lacoste enfin, c’est Bonnieux en face qui s’illumine sous le soleil déclinant.

Bonnieux depuis Lacoste

J’ai finalement rejoint la voie verte du Calavon au niveau du pont Julien pour remonter jusqu’à Apt.

Pont Julien sur le Calavon

Le lendemain, nous sommes partis très tôt par un frisquet 2,5°C pour avaler les 60km nous séparant d’Avignon.

Avec un peu d’avance et par 17°C cette fois 3h plus tard, nous avons dégusté les excellentes patisseries du même salon de thé que l’année dernière avant de remonter dans le TGV.

Pâtisseries à Avignon

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Les différents parcours de cette semaine :

Pour la partie itinérante :

Pour la partie « en marguerite » :

Et le retour :

Soit un total d’environ 700km dans la semaine. Et le Surly a franchi les 18.000km le dernier jour.