Vallée de la Durance, Rochebrune

Printemps préalpin

Il est 20h gare d’Austerlitz et nous embarquons dans le train de nuit à destination des Hautes-Alpes. C’est l’un des derniers trains de nuit encore en service en France et il embarque les vélos. Nous nous trouvons dans LE compartiment réservé aux cyclistes avec un couple qui se rend dans la Drôme.

La nuit poudre les sommets et les orages s’arrêtent peu avant notre arrivée à Gap à 7h30 du matin (un peu en retard). Nous prenons la route en direction du village de Rambaud. Il est dominé par une petite éminence avec un clocher isolé et une table d’orientation, de laquelle la vue s’étend au nord vers le Champsaur et le massif des Ecrins.

De là, nous passons un petit col sans nom avant de redescendre vers Jarjayes, Valserre et la vallée de la Durance. La route est mouillée et les nuages restent accrochés sur les hauteurs au dessus de Remollon et Rochebrune.

Vallée de la Durance, Rochebrune

Nous attaquons une dernière montée pour rejoindre Bréziers, village qui va nous servir de base pendant une semaine. Cette première journée de trajet aura été plutôt brève, une bonne trentaine de kilomètres et une bonne sieste pour compenser la nuit un peu courte du voyage en train.

Parcours Gap – Bréziers : https://www.openrunner.com/r/9794962

Le lendemain, sur les conseils du local de l’étape, nous partons en direction du col Sarraut, une petite montée facile sans lacets via le village de Gigors, suivie d’une longue descente par Le Faucon-du-Caire, Le Caire et La Motte-du-Caire. Au dessus du Caire, la Grande Fistoire est équipée d’une via ferrata. Le coin est spécialisé dans les arbres fruitiers.

Nous complétons nos victuailles à la Motte-du-Caire et pique-niquons sur une placette de Bayons, devant le porche de l’église surprenamment grande de ce petit village.

Bayons

Bayons est situé dans une vallée bien isolée du monde, l’unique route franchissant une cluse étroite en aval et les tourniquets d’Astoin, une petite série de lacets, en amont. Nous grimpons évidemment ces derniers.

De l’autre côté du col des Sagnes, nous longeons un balcon qui nous fait faire le tour du cirque qui enserre les 3 villages de Turriers, Bellaffaire et Bréziers.

Turriers en descendant du col des Sagnes

Boucle des Tourniquets : https://www.openrunner.com/r/9794910
(inclus une petite boucle via Bellaffaire et Turriers, réalisée quelques jours plus tard)

Pour la deuxième boucle du séjour, nous avons mis le cap vers l’Est et la vallée de la Blanche, une route réputée dangereuse pour ses chutes de pierres. Le bas de la vallée forme une gorge étroite mais s’élargit rapidement et se couvre de forêts en montant.

Nous nous arrêtons dans un restaurant à Selonnet. Les montagnes alentour dépassent bien les 2000m d’altitude, notamment Dormillouse.

Selonnet

Nous poussons ensuite jusqu’à Seyne et visitons sa petite citadelle Vauban qui n’a jamais connu le baptême du feu car elle n’est pas longtemps restée ville frontière. Pendant la visite, on nous a prêté une tablette avec ce plan interactif de la citadelle.

Nous revenons par l’autre rive de la Blanche, en partie sur une piste forestière puis grimpons vers le col des Garcinets avant de rejoindre la même descente vers Bréziers que la veille.

Parcours de la vallée de la Blanche : https://www.openrunner.com/r/9794919

Le jour suivant nous n’enfourchons pas nos vélos et grimpons à pied sur la montagne de la Scie pour une belle vue sur le lac de Serre-Ponçon d’un côté et le bassin de Turriers-Bellaffaire-Bréziers de l’autre. Nous avons la chance d’observer quelques chamois de près pendant cette balade.

La sortie vélo suivante est la plus sportive du parcours. Nous nous attaquons au Mont Colombis qui domine les environs de ses 1734m. La montée est particulièrement soutenue dans le village de Théus et nous offre un peu de répit près de la salle de bal des Demoiselles Coiffées, une grande concentration de cheminées de fée.

Salle de Bal des Demoiselles Coiffées de Théus

La grimpette reprend de plus belle pour un raidillon final et nous pique-niquons au sommet avec une magnifique vue qui s’étend de tout côté vers les Ecrins, le Queyras et l’Ubaye, les Préalpes de Digne, le Dévoluy et même le Mont Ventoux.

Nous effectuons la descente par une piste forestière qui ne nous permet pas de prendre beaucoup de vitesse. Le bitume à partir du col Lebraut est plus que bienvenu.

Le lac de Serre-Ponçon est à un niveau très bas. La fonte des neiges ne l’a pas encore rempli en ce début de printemps et l’énorme barrage en terre émerge largement.

Barrage de Serre-Ponçon

Il ne nous reste plus que la désormais bien connue montée de Bréziers pour terminée la boucle. Nous n’aurons roulé qu’à 11,5km/h de moyenne durant cette journée.

Parcours du Mont Colombis : https://www.openrunner.com/r/9794926

Le lendemain, après une manifestation du 1er mai à Gap, je fais seul une petite boucle via Bellaffaire et Turriers. Je monte notamment à la table d’orientation de Turriers qui domine bien les environs et laisse apercevoir les Ecrins au fond.

Vient finalement l’heure de repartir. Nous avons une journée complète pour rejoindre Gap et le train de nuit qui nous ramènera à Paris. Nous choisissons un itinéraire différent de l’aller en descendant la Durance jusqu’à Tallard et la Saulce.

Château de Tallard

Nous échappons à une averse dans un abri-bus de Lardier-et-Valença, en pleine montée vers le col de Foureyssasse. De là, un beau balcon au pied des falaises de la montagne de Céüse nous ramène en douceur vers le bassin de Gap.

Montagne de Céüse

Nous avons le temps pour un rafraichissement et un restaurant sur les placettes du centre-ville avant de grimper dans le train.

Parcours du retour à Gap : https://www.openrunner.com/r/9794951

L’ensemble des parcours vélo :

Vue d'ensemble des parcours vélo

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Entre lacs de la forêt d’Orient et du Der

Pour l’un des premiers weekend printanier de 2019, nous avons mis le cap sur les grands lacs de Champagne. Des itinéraires cyclables longent en partie ces lacs et les canaux qui les alimentent.

Nous sommes partis de Troyes, à 1h30 en train de Paris-Est. Je suis déjà passé plusieurs fois dans cette jolie ville célèbre pour ses maisons à pan de bois. Mais j’y trouve toujours le balisage vélo lacunaire pour en sortir en direction des lacs de la forêt d’Orient.

Troyes

La route devient évidente seulement quand on se met à longer le canal déversoir du lac d’Orient. D’ailleurs on rejoint très vite ce premier lac que la véloroute se met à contourner, en partie en forêt quand il s’agit de couper les presqu’îles, en partie sur les digues.

Lac d'Orient

Piste le long du lac d'Orient

Ce lac, comme les autres de l’itinéraire, est complètement artificiel. Tous ces lacs régulent le débit de la Seine (lac d’Orient), de l’Aube (lac du Temple et d’Amance) et de la Marne (lac du Der) et ont été construits entre les années 1950 et 1990. Ils sont maintenant bien intégrés dans le paysage et sont même devenu des réserves de faune, notamment pour les oiseaux migrateurs.

En l’occurrence, le début du printemps ne nous a pas semblé très propice à observer les oiseaux. Hormis quelques foulques, cygnes et grèbes huppés, la faune n’était pas particulièrement nombreuse.

Lac du Temple

Le lac du Temple, plus récent que celui d’Orient, présente une digue beaucoup plus spectaculaire. Elle barre le lac dans le sens de la longueur et nous la longeons donc sur quelques kilomètres.

Lac du Temple

Avant d’atteindre le lac d’Amance, nous bifurquons pour un premier détour architectural vers le village de Mathaux. La région compte une douzaine d’églises à pans de bois assez uniques et nous nous sommes faits un devoir d’en visiter quelques-unes pendant le weekend. Par chance elles étaient toutes ouvertes.

Eglise à pans de bois de Mathaux

Nous avons aussi fait une halte à l’écomusée foisonnant de Brienne-la-Vieille. Il débordait de matériel agricole surtout du début XXe et comptait quelques reconstitution assez kitsch d’anciens commerces.

En fin de journée nous sommes passés par la Ville-aux-Bois, village minuscule dont le centre ne compte guère plus qu’une église et un lavoir.

Le village se trouve à proximité immédiate d’un très grand centre de stockage de déchets nucléaires de l’Andra.

Borne site nucléaire

Et quelques centaines de mètres plus loin, une autre stèle marque pour sa part le lieu du crash d’un avion pendant la seconde guerre mondiale. Quelques flèches dans le sous-bois mènent jusqu’au lieu du crash ou le cratère est encore bien visible, ainsi qu’un arbre étêté par l’avion.

Stèle du crash du Halifax à la Ville-aux-Bois

Nous avons fait étape dans le village suivant (Louze, choisi pour son nom) en chambre d’hôte. Il y avait aussi un petit restaurant, ce qui nous a permis de voyager léger, sans affaires de camping, ni beaucoup de nourriture.

Le lendemain, nous sommes repartis en quête d’églises à pans de bois dans le Dervois, ou pays du Der.

Village du Dervois

L’étang de la Horre était complètement vidé de son eau et laissait une immense vasière à découvert.

Etang de la Horre

Nous sommes passés par les églises de Lentilles, Bailly-le-Franc, Outines puis Chatillon-sur-Broué. Les maisons aussi sont souvent à pans de bois dans les villages, ce qui leur donne un certain charme.

Après ce chapelet de villages, nous avons fini par rejoindre la digue du lac du Der et avons commencé à en faire le tour par le nord-ouest. Ce lac est encore plus connu des ornithologues que les précédents. A l’automne, la migration des grues attire les foules et la ville toute proche de Montier-en-Der accueille un festival de photographie animalière réputé.

Lac du Der

Ambrières

Il ne nous est plus resté qu’à longer le canal d’alimentation du lac pour remonter jusqu’à la vallée de la Marne et la ville de St-Dizier. La ville a des allures plutôt industrielle. C’était le siège des glaces Miko qui ont laissé un bâtiment emblématique dans le centre-ville.

Saint-Dizier

Saint-Dizier

De là nous avons repris le train vers Paris, 2h15 de trajet en TER.

Le parcours est ici : https://www.bikemap.net/en/r/4833994/

Traversée des Alpes : Avignon – Annecy

Le mistral soufflait fort sur la cité des Papes quand François et moi avons débarqué du TGV. Quentin nous attendait dans le hall. Avec ses 4 sacoches rouges, nous ne pouvions pas le louper. Nous avons fait un rapide tour en ville pour quelques courses et un coup d’œil au palais.

Palais des Papes à Avignon

Nous avons ensuite quitté la ville vers le nord-est, le vent nous était plutôt défavorable mais nous avons bien avancé quand même dans la plaine du Rhône. Nous avons pique-niqué à Bédarrides, puis avons rejoint le pied des dentelles de Montmirail à Beaumes-de-Venise. Les 2 cols au programme ce premier jour n’étaient pas bien difficiles : le col de Suzette puis le col de la Chaîne.

Ventoux depuis Suzette

Dentelles de Montmirail

Suzette devant les dentelles

Le Ventoux dominait tout le paysage et nous avons fait étape à Malaucène, au départ d’une des 3 montées possibles vers le sommet du géant de Provence. Le camping s’était vidé peu de temps avant. Ne restaient que quelques touristes étrangers et une piscine à l’eau un peu fraîche mais quand même agréable après une journée de vélo.

Le lendemain nous sommes partis à l’assaut du Ventoux, à notre rythme et sans trop nous distancer les uns des autres. La montée était longue, 21km et 1600m de D+. Il ne faisait pas trop chaud et le vent (110km/h la veille avec des rafales à 130km/h) était tombé, bref des conditions idéales. Nous avons effectué la montée en 3h30.

Ventoux dans les derniers lacets côté Malaucène

Beaucoup d’autres cyclistes faisaient l’ascension. À vélo de route ou bien à VTT à assistance électrique… mais personne d’autre avec des sacoches. Près du sommet, des photographes professionnels nous mitraillaient dans l’espoir de vendre un cliché. Et tout en haut, il y avait foule sous le panneau.

Sommet du Ventoux

La descente côté Sault n’était pas très raide et formait un beau balcon en forêt avec de temps en temps des vues sur le Luberon et la montagne Sainte Victoire. À Sault, nous avons bifurqué plein nord vers Montbrun-les-Bains par une très jolie petite route et le col de Reilhanette.

Montbrun-les-Bains

Mon appareil photo a lâché à ce moment là, après plusieurs faux contacts dans la matinée. Toutes les photos suivantes ont donc été prises avec mon téléphone.

Nous avons longé le Toulourenc puis franchi le petit col d’Aulan avant de rejoindre la vallée de l’Ouvèze. Nous avons fait étape à Montauban-sur-Ouvèze, village dont les commerces : épicerie, café et camping, sont tenus par une seule et même personne, une dame déjà âgée qui tient le village à bout de bras.

Le 3ème jour, nous avons continué de remonter l’Ouvèze jusqu’au col de Perty. C’était un col très facile car jamais très raide dans sa montée en long lacets. Il nous a fait passer des Baronnies à la vallée du Buëch, de la Drôme aux Hautes-Alpes.

Col de Perty

Dans la descente, nous avons passé le village d’Orpierre, dans un très beau site entouré de falaises. Puis nous avons fait les courses et pique-niqué à Laragne-Montéglin. Sur une petite placette, les riverains ont rivalisé d’hospitalité, nous apportant de l’eau, du jus de fruit et même des glaces en dessert.

François nous a quitté ici, le passage du Ventoux, une première en montagne pour lui, l’a décidé à poursuivre des vacances plus calmes. Quentin lui avait un problème mécanique avec une cale. Il nous a fallu trouver un magasin et nous avons emprunté de plus grosses routes vers Sisteron puis Digne-les-Bains.

Sisteron

Résultat, nous avons totalisé 122km au compteur en arrivant dans la vallée de l’Asse au soir, la plus longue étape du parcours et la plus plate, et de loin les routes les moins agréables.

Le lendemain nous sommes montés sur le plateau de Valensole, puis Moustiers-Ste-Marie où nous avons fait quelques courses encore à l’ombre des falaises.

Vallée de l'Asse depuis le plateau de Valensole

Moustiers-Sainte-Marie

Nous avons ensuite rejoint le lac de Sainte-Croix avant de monter à l’assaut de la corniche sublime, la rive gauche du grand canyon du Verdon. Les 700m de D+ via le village d’Aiguines ont été allègrement récompensés par le balcon au dessus des gorges.

Aiguines

Gorges du Verdon

Un couple d’anglais en tandem bien chargé nous dépassait en descente alors que nous les redoublions en montée. La corniche n’était pas vraiment plate mais chaque virage offrait une nouvelle vue imprenable.

Gorges du Verdon

Le dernier coup d’œil sur les gorges était au niveau du balcon de la Mescla.

Gorges du Verdon

Après cela, la route a franchi un petit col avant de nous laisser bifurquer vers le joli village de Trigance.

Trigance

Nous avons ensuite rejoint le Verdon en amont des gorges jusqu’à Castellane où nous avons fait étape. C’était une jolie bourgade dominée par une chapelle au sommet d’une très haute falaise. Point de passage entre la vallée de la Durance et Nice, elle doit quand même être bien morne hors saison touristique.

Le lendemain, nous avons longé le Verdon vers l’amont toute la matinée. Ça ne grimpait pas très raide, nous avons fait des courses à St-André-les-Alpes puis mangé à Colmars. Cette petite cité toute fortifiée était assez inattendue.

Musée de Colmars

Colmars

Quittant la « grande » route du col d’Allos, nous avons préféré emprunté le plus méconnu Col des Champs, qui relie les vallées du Verdon et du Var. C’est la plus petite route de col que nous avons emprunté, plutôt raide et étroite, et presque sans trafic motorisé pour notre premier col au dessus de 2000m.

Col des Champs

Col des Champs

Col des Champs

La descente fût très rapide jusqu’à St-Martin-d’Entraunes et nous avons campé dans le camping qui fait face au village, de l’autre côté du très large lit du Var. Il y avait pire vue pour boire une bière et c’est là que nous avons mis les pieds dans une piscine pour la dernière fois.

Saint-Martin-d'Entraunes

Il faisait frais le lendemain matin, surtout que nous avons commencé par une longue descente le long du Var. Peu après Guillaumes, nous avons traversé les gorges de Daluis, très impressionnantes avec leurs roches rougeâtres et la succession de tunnels (17 si je me souviens bien).

Gorges de Daluis

Plus bas, nous avons emprunté un moment une route à forte circulation dont nous ne nous sommes écartés que pour visiter le très beau village fortifié d’Entrevaux : un petit dédale de ruelles pavées derrière un unique pont d’entrée.

Entrevaux

Après avoir atteint un carrefour vers 330m d’altitude, nous sommes repartis en montée. Sous le soleil de midi ce n’était pas facile et c’est le dernier moment du voyage où nous avons eu vraiment chaud. Nous avons remonté les Gorges du Cians, d’abord les gorges inférieures et leurs hautes falaises calcaires, puis les supérieures avec à nouveau de spectaculaires strates rouges comme à Daluis.

Gorges supérieures du Cians

En deux endroits, la petite et la grande Clue, la route empruntait des tunnels mais l’ancien tracé via la gorge très étroite était encore empruntable à pied ou à vélo.

Grande Clue du Cians

Une fois les strates rouges franchies, le paysage a changé radicalement, laissant place à des forêts de mélèze et de pins. Nous avons passé le village perché de Beuil avant de nous faire rattraper par un généreux orage qui ne nous a pas fait beaucoup profité du col de la Couillole. Dommage car la descente jusqu’à St-Sauveur-sur-Tinée avait l’air spectaculaire, notamment le village de Roubion.

Après avoir effectué toute la descente crispés sur les freins, nous avons rejoins la route métropolitaine de la vallée de la Tinée. Métropolitaine car la départementale est passée sous la responsabilité de la métropole Nice Côte d’Azur. De là nous avons lentement gagné Isola, ce n’était pas raide mais nous étions trempés. Le camping d’Isola avait des emplacements en gravier pas très adaptés aux tentes mais au moins nous avons pu manger à l’abri en compagnie… du couple d’anglais en tandem vu 3 jours plus tôt dans le grand canyon du Verdon !

Nous avons quitté les lieux un peu plus tôt que d’habitude le lendemain. 40km de montée nous attendaient pour quasiment 2000m de D+ pour gravir la cime de la Bonette. Nous avons grimpé à notre rythme, faisant des pauses régulièrement, d’abord à St-Etienne-de-Tinée pour quelques emplettes. Nous avons pique-niqué au camp des Fourches, un ancien baraquement militaire d’altitude.

Camp des Fourches

Nous sommes arrivés au sommet un peu après 14h, après près de 7h de montée. La dernière portion qui fait le tour de la cime était particulièrement raide à 15% pour atteindre les 2802m d’altitude, notre plus haut point du voyage. La construction de cette route ne fut terminée que dans les années 60… alors que Napoléon III l’avait décrétée d’importance impériale.

Cime de la Bonette

Cime de la Bonette

Après nous être bien couverts pour les 24km de descente du versant nord, nous avons dévalé vers la vallée de l’Ubaye. Et très rapidement en milieu d’après-midi, nous nous sommes installés au camping de Jausiers. C’est celui que j’ai trouvé le plus sympathique, un des dernier encore plein de cyclo-campeurs et en plein cœur du village.

Le lendemain nous sommes repartis pour le col de Vars, une étape de repos presque, en comparaison du dénivelé de la veille. Et en effet nous sommes arrivés assez vite au sommet, la montée est passée presque toute seule.

Col de Vars

Nous avons fait halte à Guillestre pour des courses et le pique-nique puis sommes montés dans la combe du Queyras. La pluie s’est mise à tombée, fine, pénétrante et froide. Nous avons roulé très doucement jusqu’au pied de l’Izoard à Brunissard. L’auberge des bons enfants avait encore de la place et nous y avons passé la nuit au sec et au chaud, notre seule étape « en dur ».

Par la fenêtre de la cuisine nous pouvions voir que la pluie était en réalité de la neige quelques centaines de mètres plus haut.

Le réveil a été particulièrement froid sur Brunissard. Le ciel était dégagé et les sommets poudrés.

Brunissard

Dans l’ombre de la montagne, notre effort pour la petite dizaine de kilomètres avant le col de l’Izoard nous a réchauffé, mais au col le thermomètre de mon compteur indiquait quand même 0,7°C. La descente a été particulièrement douloureuse pour les doigts et les orteils.

Col de l'Izoard

Même à Briançon, il ne faisait pas très chaud. Nous avons fait le tour de la jolie cité Vauban, ses remparts dominant toutes la vallées et ses petites ruelles étroites qui doivent être bien froides en hiver.

Briançon

Briançon

Briançon

Nous avons ensuite remonté la vallée de la Guisane en direction du col du Lautaret. Le vent nous ralentissait beaucoup et nous empêchait de nous réchauffer. Nous avons fait halte près du torrent dans un petit hameau d’où nous avons vu notre premier glacier. Et au col, la Meije écrasait le paysage, étincelante des récentes chutes de neige.

La Meije

Nous avons continué de nous élever jusqu’au col du Galibier, doucement mais sûrement. Je m’arrêtais régulièrement pour prendre des photos de la vallée de la Guisane ou des nouveaux sommets qui apparaissaient. J’ai reconnu très vite la barre et le dôme des Écrins à plus de 4000m.

Barre des Ecrins

Au pied du col, le créateur du tour de France a son monument démesuré, à sa « gloire » et non pas simplement en son honneur.

Monument à Desgranges au pied du Galibier

Après une photo pour immortaliser le passage de ce col mythique, nous nous sommes à nouveau bien emmitouflés pour la descente vers Valloire.

Col du Galibier

Nous avons fait étape à Valloire et changé nos plans pour les jours qui suivirent. Tenter l’ascension de l’Iseran nous a semblé déraisonnable au vu des maussades prévisions, du froid et de la neige.

Aussi, le lendemain nous avons descendu la Maurienne au lieu de la monter. Avant cela nous avons facilement gravi le col du Télégraphe, puisque nous l’avons franchi presque en descente.

Col du Télégraphe

En aval de St-Jean-de-Maurienne, nous avons fait un petit détour par les lacets de Montvernier, juste par curiosité pour ce site étonnant et ses 13 épingles à cheveux très serrées.

Lacets de Montvernier

Ensuite nous avons grimpé le col de la Madeleine. La montée était longue et soutenue avec des chiffres proche de ceux du Ventoux aussi bien en distance qu’en dénivelée. Ce fût notre dernier grand col.

Jusque là, les inscriptions politiques sur les routes de cols était fréquentes mais touchaient plutôt à la loi travail et à l’accueil des réfugiés. Les tags SOS réfugiés étaient d’ailleurs souvent masqués en noir. Dans ce col c’était des tags anti PMA et GPA, ceux là n’avaient pas subit de tentative de masquage.

Col de la Madeleine

Après une longue descente vers la vallée de la Tarentaise, nous avons fait halte dans un camping « de routiers » à La Bâthie, presque au bord de la 2×2 voies.

Le lendemain il faisait gris et il a plu une bonne partie de la journée. Nous avons visité la cité médiévale de Conflans au dessus d’Albertville, récemment rénovée et encore en plein travaux, puis utilisé la véloroute en direction d’Annecy.

Cité médiévale de Conflans

Albertville

Nous avons fini par rejoindre le lac et la ville d’Annecy avec quelques beaux rayons de soleil en fin d’après-midi.

Lac d'Annecy

Mon frère et sa petite famille nous ont accueilli et hébergé. C’est là que j’ai arrêté le voyage et Quentin a lui repris la route pour quelques jours supplémentaires vers le Chablais puis Genève.

Avec mon frère nous avons fait un peu de canoë sur le lac, seuls au pied des falaises du roc de Chère c’était un point de vue inhabituel sur le lac.


Le parcours : https://www.bikemap.net/en/route/4206142-traversee-des-alpes-avignon-annecy/

Le long du Rhin

Face au monumental Deutsches Eck, nous avons laissé la Moselle après 7 jours en sa compagnie pour remonter le long du Rhin.

Deutsches Eck

Nous quittons Coblence aussi simplement que nous y sommes arrivé, les pistes le long des 2 fleuves étant très bien balisées et dans des parcs la plupart du temps.

Le Rhin est bien plus large que la Moselle, plus agité et avec un trafic plus dense. Assez rapidement après avoir quitté la ville nous avons commencé à apercevoir de beaux châteaux. Le Marksburg est un des plus impressionnants. La photo ne lui fait pas honneur, mais la largeur du fleuve est bien visible, la péniche n’a pas l’air grande.

Marksburg

Nous sommes restés rive gauche sur l’itinéraire officiel de l’EuroVelo 15. Les indications étaient très visibles tout le temps et l’indication des distances très appréciable.

Panneaux EuroVelo 15

Cette partie du cours du Rhin était assez encaissée avec quelques jolies petites villes comme Boppard et Sankt Goar.

Boppard

Sankt Goar

Les traversées du Rhin n’étaient possibles qu’en bac et la circulation sur la rivière était un spectacle amusant avec toujours en toile de fond de beaux villages, des coteaux abrupts et des châteaux.

Sankt Goarshausen et son bac

Nous nous sommes arrêté pour la nuit dans un grand camping au pied de la Loreley. Nous avons trouvé le site un peu décevant, une barre rocheuse à peine plus haute que les autres, simplement signalée par un drapeau. De plus, les voies ferrées de chaque côté où passaient en permanence des trains de marchandises, rendaient la vallée plutôt bruyante.

La Loreley

Le lendemain nous avons parcouru ce qui restait de ces « gorges » et que j’ai trouvé plus joli que la veille. Mais peut-être était-ce simplement la lumière matinale.

Plusieurs des bourgs que nous avons passé portaient les marques d’anciennes fortifications.

Oberwesel

Oberwesel

Le Rhin n’avait pas l’air si simple à naviguer. En plusieurs endroits, des bancs de sables ou des rochers affleurent. C’est le cas au pied du Marksburg et de la Loreley. À Kaub, c’est carrément un petit château qui a été construit sur l’île au centre du fleuve.

Kaub

Nous avons fini par rejoindre Bingen où le Rhin change complètement d’allure. Il semble large et calme avant de pénétrer dans les gorges, là encore bien gardées par des tours et des forts.

Le Rhin à Bingen

Les vignes ont refait leur apparition avec au sommet un énorme mémorial.

Mémorial au dessus de Bingen

L’après-midi a été la plus chaude du voyage et nous avons été heureux de trouver un Biergarten quelques villages plus loin. L’itinéraire s’est éloigné du fleuve, dans les champs ou le long de digues.

À l’entrée de Mayence c’était la zone portuaire qui nous séparait du Rhin et nous faisait une route très industrielle. Nous avons traversé sur le vieux pont de Mayence pour aller au camping. Le coucher de soleil sur la ville était pas mal du tout.

Pont de Mayence

Et le lever non plus sur l’énorme cathédrale rose de la ville.

Cathédrale de Mayence

Nous avons petit-déjeuné en ville sous un ciel un peu chargé avant de repartir vers le sud.

Mayence

Nous sommes resté à l’écart de la rivière la majeure partie de la journée, le long d’une sorte de route des vins entre vignobles et petits villages. La pluie nous a rattrapé à Worms dont je n’ai du coup aucune photo alors que la ville avait l’air de valoir le détour. Je n’ai pris vers la fin de l’averse que l’impressionnante porte qui enjambe une des chaussées du pont que nous avons emprunté pour passer rive droite.

Pont de Worms

A l’entrée de Mannheim, nous avons d’abord pris un petit bac sur un ancien bras de la rivière et avons continué avec en toile de fond les raffineries de Ludwigshafen.

Raffineries de Ludwigshafen

La ville elle-même n’était pas particulièrement belle. Elle a un plan quadrillé caractéristique auquel elle doit son surnom de Quadratestadt. Les rues du centre n’ont pas de nom et le système d’adresse fonctionne par bloc, ce qui est assez unique.

Mannheim

Bloc de Mannheim

Nous avons campé au bord de la rivière de l’autre côté d’un grand parc forestier au sud de la ville. Le camping de Mannheim était du coup assez calme.

Le lendemain nous sommes partis en direction de Spire (Speyer), empruntant de ce fait des pistes que j’avais déjà utilisé en 2012 en revenant de république Tchèque. Nous avons bien entendu fait un détour par le centre-ville et son énorme cathédrale romane.

Cathédrale de Spire

Spire

La vallée du Rhin est devenue ensuite sans grand intérêt. Mais l’itinéraire cyclable lui-même était fort plaisant le long des digues, manquant toutefois un peu d’ombre.

Pour notre dernier pique-nique en Allemagne j’ai quand même pris en photo une ouette d’Égypte. Depuis Schengen elles étaient partout. Là où en France c’était plutôt les Bernaches du Canada qui dominaient.

Oie d'Egypte à Germersheim

Nous avons fait étape à Lauterbourg où nous avons pu nous baigner dans le lac. Le maillot de bain a au moins servi une fois.

Au matin, tous mes compagnons sont repartis en train vers la Franche-Comté et j’ai repris la route en direction de Paris. J’avais dans l’idée de rentrer complètement en train mais sans être très motivé pour traverser la Champagne. Donc j’envisageais n’importe quelle gare sur le trajet comme arrivée.

En tout cas je ne voulais quand même pas zapper les Vosges du Nord et je n’ai pas été déçu par les villages, les immenses forêts qui sentaient bon l’humidité et les impressionnantes ruines de châteaux forts en grès rose.

Wissembourg

Fleckenstein

Arnsberg à Obersteinbach

Le relief de la zone était en plus assez agréable, beaucoup moins prononcé que dans les Vosges du Sud mais bien marqué pour de beaux paysages. À la sortie de la zone boisée, j’ai rejoint le canal des Houillères de la Sarre pour quelques kilomètres. puis suivi une très longue et affreuse ligne droite en direction de Dieuze. De là j’ai suivi les panneaux de la route du sel pour finir à l’ancienne place forte Vauban de Marsal dont la position est assez curieuse.

Porte de Marsal

J’ai fait étape à Vic-sur-Seille au bout de 160km, bien usé par un vent obstinément de face depuis ma sortie des Vosges du Nord.

Le lendemain, le soleil n’a pas éclairé longtemps ma route. S’il éclairait bien les façades de Vic, de gros nuages bouchaient l’horizon de l’autre côté de la Moselle.

Vic-sur-Seille

Arrivé à Custines au bord de la Moselle, sur nos traces d’une dizaine de jours auparavant, j’ai finalement obliqué directement vers Nancy, que je comptais au départ éviter.

Place Stanislas à Nancy

J’ai filé directement à la gare, comptant trouver un train pour Paris dans la journée, éventuellement via Bar-le-Duc avec un TER. Coup de bol, j’ai eu une place dans un TGV sur le départ et avant midi je regardais les gouttes de pluie s’écraser sur les vitres du train.


Quelques chiffres :

  • 15 étapes (13 en groupe, 2 seul)
  • 6 nuits en Allemagne, 8 en France, toujours sous la tente
  • 1250 kilomètres (1040km en groupe)
  • 79 km/jour en moyenne sans compter les 2 derniers jours un peu hors norme
  • étapes les plus courtes : Passonfontaine – Montbozon et St Goar – Mayence : 65km
  • étapes les plus longues : Lauterbourg – Vic-sur-Seille : 160km, Mannheim – Lauterbourg : 101km et Mayence – Mannheim : 91km
  • Pépin technique : zéro

Et le parcours :

Parcours Moselle et Rhin