Laon – Soissons

Quand on m’a annoncé que je devais me rendre à Laon pour une réunion de travail, j’ai immédiatement imaginé toutes les possibilités que ça m’ouvrait pour enchaîner sur une petite balade à vélo. Parce que Laon pour moi ça rime avec vélo (la poésie n’a jamais été mon fort) comme en témoignent les quelques fois où la ville m’a servi de point de départ ou d’arrivée : , , et . La ville est assez proche de Paris et entourée d’un sympathique paysage de collines et de forêts.

La réunion ayant lieu le matin, j’ai posé mon après-midi pour profiter du beau temps et faire une partie du retour à vélo. J’ai eu le temps de faire un tour dans la ville haute, autour des remparts, après l’arrivée de mon train du matin.

Porte d'Ardon à Laon

Tours de la cathédrale de Laon

Laon

Au boulot, mes interlocuteurs ont été un peu surpris de me voir demander innocemment où je pouvais garer mon vélo alors qu’ils savaient que j’arrivais de Paris.

Je n’avais nulle envie de reprendre un itinéraire que je connaissais déjà en direction de la capitale, alors je me suis concocté un large arc de cercle pour m’en éloigner un peu en privilégiant les bosses de la région. Laon déjà en est une de bosse, mais vers le sud, les vallées entaillent avec régularité le plateau et il y a donc moyen d’enchaîner les petites montées d’une centaine de mètres de dénivelé.

En haut de la première, à Chéret, en me retournant je vois la colline de Laon barrer l’horizon.

Laon depuis Chéret

Après une descente aussi longue, ça repart pour une deuxième montée vers le château de La Bove, puis une redescente dans la vallée de l’Ailette où je croise une voie verte abondamment signalée. Sans doute la proximité du Center Parc y est pour quelque-chose. Au milieu de la forêt se trouvent les ruines de l’Abbaye de Vauclair.

Tour de l'abbaye de Vauclair

Abbaye de Vauclair

Je grignote au milieu des ruines et grimpe ensuite vers le chemin des Dames. Je coupe cette route à la Ferme d’Hurtebise et la longe jusqu’à un monument en hommage aux bataillons Basques.

Chemin des Dames - Monument aux Basques

Le soleil tape vraiment fort dans la petite vallée qui vient ensuite et où j’enchaîne les villages et les vallons.

Oulches-la-Vallée-Foulon

À Pargnan, je tombe sur le premier village d’une série un peu particulière qui semble typique de ces alentours de la vallée de l’Aisne : le village est construit contre une petite falaise juste en dessous du niveau du plateau. La falaise est percée de grottes qui prolongent les bâtiments ou offrent des remises et caves sans pour autant que le village soit troglodyte.

C’est le même topo autour du plateau de l’autre côté de la vallée de l’Aisne.

Grottes à Vauxcéré

Après Braine, je monte sur un plateau qui dure un peu plus longtemps. Les champs de céréales sont de temps en temps ponctués d’une ancienne ferme fortifiée ou commanderie. Ça manque un peu d’ombre et je suis heureux de redescendre dans la vallée de la Crise sur quelques kilomètres avant d’arrivée à Septmonts. Les restes du château ne sont pas vilains.

Château de Septmonts

Après ce village, il me reste une dernière côte pour franchir le Mont de Beleu. Du haut de la descente, Soissons se dévoile avec bien reconnaissables les 2 tours de l’abbaye ruinée de St-Jean-des-Vignes.

Soissons vu du mont de Beleu

Je trouve la gare très facilement parce que j’arrive du bon côté de la ville. La route directe depuis Laon ne faisait guère plus de 30km mais avec ce tour j’en ai plus de 80 au compteur.

Si j’avais échappé aux marques de bronzage en Grande Bretagne, cette fois ça y est, elles sont installées pour la saison.

Voila le parcours avec son beau profil en dents de scie :

Profil Laon-Soissons

 

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Laon – Paris

A l’initiative d’un ami, je me suis joint à un petit groupe de cyclistes pour rouler de Laon à Paris. Le choix de la direction a été fait à cause du vent de nord-est qui nous a en effet bien poussé.

Le rendez-vous pour 9 d’entre nous était à la gare du nord pour prendre le TER Picardie de 6h18. Le réveil a donc sonné avant 5h du matin. Les crochets du train ont été un peu débordés.

9 vélos dans le TER Picardie

Que du beau monde, des randonneuses plus ou moins légères, des vélos de route et même un porteur.

À Laon, le soleil se levait à peine à notre arrivée et il faisait 4°C en dessous de zéro. Les 100m de dénivelée pour atteindre la cathédrale dans la ville haute ne nous ont même pas réchauffé.

Cathédrale de Laon

Nous sommes redescendus de l’autre côté par les pavés de la porte d’Ardon. C’était juste histoire de passer sur la colline, si on s’était contenté d’en faire le tour, on ne serait pas vraiment parti de Laon.

Passage sous la porte d'Ardon

Porte d'Ardon

Le début de l’itinéraire suivait l’ancienne Nationale 2. Ce qui nous a offert une route extra large, 3 voies à peu près rien que pour nous dans la montée de Chavignon vers le Chemin des Dames. La courte descente en forêt vers Soissons a été glaciale. Le groupe s’est progressivement dispersé et quand je suis arrivé à Soissons avec les 2 derniers, les autres étaient déjà attablés à la brasserie du Faubourg de la Crise depuis 20 minutes. Nous avons englouti une part de tarte au Maroilles avec un café avant de repartir.

En route vers Longpont, nous nous sommes séparés progressivement à nouveau, laissant le cuisinier, celui qui nous a confectionné une montagne de tarte au Maroilles, seul derrière cette fois parce qu’avec son GPS et avec la trace prévue il pouvait évoluer indépendamment à son rythme.

Les environs de Longpont sont la partie que j’ai préféré sur cet itinéraire. Déjà dans l’autre sens en 2011 j’avais fait le même constat. Et ce n’est pas seulement dû aux jolies ruines de l’abbaye, la route est nettement moins monotone dans ce coin là, beaucoup plus vallonnée et plus souvent en forêt, l’immense croissant que forme la forêt de Retz étant tout proche.

Abbaye ruinée de Longpont

Abbaye ruinée de Longpont

Porte de Longpont

Nous sommes arrivés à midi à la Ferté-Milon, à un peu moins de la moitié de l’itinéraire (70km). Nous avions déjà croisé de nombreuses flaques résolument gelées tout le long de la route, mais la roue pleine de glace qui tournait sur l’Ourcq en plein centre de la Ferté est une bien meilleure illustration de la température ambiante.

Roue de moulin gelée à la Ferté-Milon

Bien qu’étant déjà passé près du château (2 fois), je n’avais jamais vu cette façade qui est pourtant la plus monumentale.

Château de la Ferté-Milon

L’un d’entre-nous a alors proposé d’aller boire un café chez une amie qui habite à côté du château. Nous sommes en fait restés plus de 2h30 parce que le café s’est transformé en pâtes bolo maison accompagnées d’un petit verre de rouge en compagnie de toute la famille et ses 2 poules. Et la tarte au Maroilles, s’est révélée bien meilleure chaude en entrée.

Ceux qui s’étaient imposés (ou vus imposé) un horaire d’arrivée à Paris, ont vite commencé à s’impatienter parce que cette fois, même vent dans le dos, il ne fallait plus compter arriver avant la nuit étant donné les 80km restant.

Les petits vallons à l’Ouest de la Ferté-Milon sont tout à fait charmant et nous les avons traversé un peu rapidement à mon goût. Même si avec 2 autres j’étais dans le groupe des plus lents.

À St-Soupplets, nous avons fait un dernier regroupement avant de franchir la forêt de Montgé-en-Goële qui pour moi marque la réelle entrée dans l’aire urbaine parisienne et normalement la dernière côte. Sauf que cette fois, nous ne sommes pas passés par le canal de l’Ourcq mais par les bords de Marne, ce qui a rajouté 2 montées assez raide du côté d’Annet-sur-Marne et de Nogent à la toute fin.

Le soleil s’est couché alors que nous rejoignions la Marne à Chelles. J’ai quitté le dernier convive à Vincennes et à l’arrivée j’avais 157km au compteur à 22 de moyenne.  Je fais rarement de telles distances (environ une fois par an) et je ne crois pas avoir déjà atteint une telle moyenne sur une journée. D’habitude je suis plus lent et je crois que je préfère.

Le parcours