Lacs jurassiens

Pour un petit weekend en famille dans le Jura, nous avons jeté notre dévolu sur Clairvaux-les-Lacs. Le village ne m’était pas inconnu pour y être passé à peine un an auparavant. Mais Clairvaux n’est pas très bien desservie en transports. Les bus y sont rarissimes hors transports scolaires et les gares les plus proches sont à une bonne vingtaine de kilomètres. Du coup la solution évidente pour moi a été de compléter le trajet en train par un peu de vélo.

J’ai débarqué à Bourg-en-Bresse pour une courte correspondance avant de grimper dans un TER Lyon-Besançon plein à craquer. Heureusement que le trajet jusqu’à Lons-le-Saunier n’était pas très long mais s’extirper de là a été difficile.

Lons m’a donné l’impression d’une toute petite ville. Tout y était à 2 minutes, notamment la place centrale depuis la gare.

Lons-le-Saunier

Tour horloge de Lons-le-Saunier

J’aime bien les rues bordées d’arcades même si celle-ci est gâchée par le stationnement automobile.

Arcades à Lons-le-Saunier

La seule portion désagréable à la sortie de Lons a été le franchissement des 2 ronds points de part et d’autre de la voie ferrée en direction de Perrigny. Les voitures y étaient pare-choc contre pare-choc. Mais après celà il n’y avait plus personne dans Perrigny et son petit raidillon pour rejoindre la voie verte du PLM.

Pas de forte pente et une belle rampe en balcon avec de longs tunnels rafraîchissants, une belle découverte.

Vue sur Vatagna depuis la voie PLM

Tunnel de la voie PLM

Lons depuis la reculée

Ainsi j’ai fini par déboucher au dessus de la reculée du creux de Revigny. L’arrivée de la voie verte en interdit de fait l’accès aux vélos spéciaux ou au remorques, il y a un escalier à côté duquel on peut pousser les vélos mais c’est raide.

J’ai rejoins mon père et mon frère au village de Verges et nous avons continué notre route jusqu’à Clairvaux ensemble.

Les jours suivants, nous avons fait de la randonnée et des petites balades à vélo dans les environs : aux 4 lacs, aux cascades du Hérisson…

Lacs d'Ilay et du grand Maclu

Lac de Narlay

La foule était nombreuse à chercher la fraîcheur le long du Hérisson.

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Nous nous sommes baigné à maintes reprises dans le grand lac de Clairvaux dont la température montait de jour en jour.

Clairvaux les Lacs

Lac de Vouglans

Saut de la Saisse

Les lacs de Clairvaux

Pour le retour, je devais prendre un train à St-Laurent-en-Grandvaux, puis une correspondance à Besançon. Mais vu la météo idyllique, j’ai préféré descendre jusqu’à Besançon à vélo, soit un peu plus de 120km. Mais vu l’horaire tardif du TGV j’avais largement le temps. Et mon père m’a accompagné sur plus de la moitié de la journée.

En direction de Champagnole nous sommes passés par plusieurs belvédères sur les lacs de Chambly puis de Chalain.

Lac de Chambly

Lac de Chalain

Nous n’avons pas vraiment profité de Champagnole, parce que dans ce sens là, la traversée de la ville évite le centre (joie des plans de circulation en sens unique sans double-sens cyclable). Puis le plateau vers Andelot-en-Montagne n’était pas tout à fait plat. Nous avons mangé dans un bel espace vert à Chapois puis nous nous sommes séparé à Crouzet-Migette peu après avoir traversé le pont du diable.

Le pont du diable

De là je suis descendu à Nans-sous-Sainte-Anne, 250m de dénivelée d’un coup.

Nans-sous-Sainte-Anne

Pour tout remonter directement par 5 beaux lacets sur un véritable billard en direction de Saraz et Alaise car il n’y a pas de route qui longe le Lison par la vallée, il faut sans cesse remonter sur le plateau, puis redescendre traverser la rivière.

Gorges du Lison entre Saraz et Alaise

Lizine

Châtillon-sur-Lison

J’ai longé un peu la Loue après son confluent avec le Lison avant de remonter une dernière fois sur le plateau avant Besançon.

La Loue vers Châtillon

Pour la première fois, j’ai débouché sur Besançon par la petite route de la Chapelle des Buis qui offre un très beau point de vue sur la ville. Et je me suis fait plaisir en repassant le tunnel-canal sous la citadelle.

Besançon depuis la Chapelle-des-Buis

J’ai eu un peu de temps pour flâner en ville avant mon train autour de la place du marché et du quartier Battant.

Le pont battant à Besançon

Tous les parcours à vélo du séjour : http://www.openrunner.com/index.php?id=7477433

 

Jurassienne 2016

Comme l’année dernière, j’ai organisé une randonnée à vélo dans le Jura. Mais cette fois-ci beaucoup plus tôt dans la saison et avec des étapes un peu plus ardues. Les tardives chutes de neige et surtout le froid ont été au cœur des discussions pendant les quelques semaines qui ont précédé le départ.

Le point de départ était fixé non-plus à Dole mais à Bourg-en-Bresse, car une Jurassienne n’est pas cantonnée au département du Jura mais peut avoir lieu n’importe où dans le massif, qui, géologiquement, s’étend de Voreppe dans les environs de Grenoble à Dielsdorf dans les environs de Zurich. Ce qui laisse un choix conséquent pour les prochaines.

Bourg-en-Bresse est à moins de 2h de Paris en train, sans arrêt, et les TGV acceptant les vélos sont relativement nombreux puisque c’est le cas de ceux allant à Annecy, Evian et Genève qui s’y arrêtent. Heureusement d’ailleurs que le trajet est court puisque suite à un changement de matériel, mon TGV n’avait finalement pas d’espace vélo et j’ai fait le trajet sur un strapontin.

A Bourg, ville qui n’a pas un charme fou, j’ai traversé en vitesse le centre ville à la recherche d’un supermarché que j’ai trouvé en périphérie avant de me rendre au camping le plus proche à une dizaine de kilomètres. Le camping municipal de Bourg aurait été plus pratique mais a fermé en septembre dernier.

Maison de Bourg-en-Bresse

Eglise de Bourg-en-Bresse

J’ai retrouvé Carlos au camping qui lui aussi est arrivé la veille du départ, prévu le lendemain jeudi de l’Ascension.

L’étang au bord duquel était situé le camping attirait de nombreux pêcheurs le matin.

Etang de la Raza

Nous avons pris notre temps pour partir car le rendez-vous avec le reste de la troupe n’était que pour 11h au village de Treffort, à 5km à peine. Nous avons donc passé une heure au café sur le champ de foire très animé de Treffort.

Rue Bombec à Treffort

Damien, Jacques et Benoit, fraichement débarqués à Bourg-en-Bresse, nous ont rejoint comme prévu et nous avons pu commencer la randonnée, avec pour se mettre en jambe une montée jusqu’au château du village.

Château de Treffort

Puis nous avons longé le pied du Revermont avant de le franchir entre Pressiat et Bourcia.

Pressiat

Mont Nivigne vu de Bourcia

Après ce premier col qui ne portait pas de nom, nous sommes redescendus dans la vallée du Suran et avons pique-niqué au moulin des vents à Montfleur.

Moulin des vents, Montfleur

Le Jura de la Petite Montagne ne nous a pas laissé un long répit puisqu’il a fallu ensuite regrimper une nouvelle crête pour atteindre la vallée parallèle suivante, celle de la Valouse. La descente par Valfin-sur-Valouse était particulièrement agréable et le village couronné par un discret petit château.

Valfin-sur-Valouse

Nous avons ensuite traversé Arinthod dont les arcades plutôt inattendues pour un village de cette taille ne sont pas très bien mises en valeur.

Arcades à Arinthod

Toute la montée suivante était fort bruyante à cause d’un championnat de motocross qui avait lieu à Légna et qui avait l’air d’attirer la moitié du département. De l’autre côté de cette troisième et dernière grosse crête, nous avons longé sans le voir le lac de Vouglans, même en suivant les panneaux « route des lacs » et leurs raidillons à 15%. Je ne l’ai vu qu’en faisant un petit détour par le Saut de la Saisse à l’entrée de Pont-de-Poitte.

Saut de la Saisse

L'Ain à Pont-de-Poitte

Une dernière ligne droite et une petite montée plus tard, nous sommes arrivés à Clairvaux-les-Lacs. Nous avons campé dans un des campings au bord du grand lac, à part Damien qui n’était pas équipé pour mais a continué jusqu’à St-Laurent-en-Grandvaux pour un hébergement en dur chez « belle-maman », 22km plus loin et 350m plus haut.

Clairvaux-les-Lacs

Le lendemain, le temps était toujours au beau fixe, et Damien est venu nous retrouver alors que nous faisions quelques courses (re-22km).

Grand lac de Clairvaux

Nous avons commencé par un petit détour par la reculée de La Frasnée, un bout de monde encore d’avantage que les reculées de la côte du Jura visitée l’année dernière.

Cascade de la Frasnée

La sortie de cette reculée à 14% a constitué une belle entame pour la dizaine de kilomètres de montée au col de Joux. C’était la seule montée de ces quelques jours avec des bornes indiquant les pourcentages aux cyclistes.

Montée au col de Joux

Passé le col à 1035m, nous sommes redescendus dans la combe de Prénovel, puis celle du lac de l’Abbaye. De l’abbaye, il ne reste que peu de traces et l’église passerait juste pour celle d’un village comtois classique.

Abbaye-en-Grandvaux

Carlos a décidé d’y écourter l’étape, ayant du mal à nous suivre avec le relief auquel sa région, l’Orléanais, l’a peu habitué. Nous continuons à 4 vers la Chaux-du-Dombief et le belvédère des 4 lacs où nous pique-niquons. On y voit les lacs d’Ilay, Narlay, Grand et Petit Maclu.

Belvédère des 4 lacs (ici Ilay et Grand Maclu)

Après avoir snobé les cascades du Hérisson, nous sommes passés le long de ces mêmes lacs.

Lac d'Ilay

Puis nous avons continué notre itinéraire tarabiscoté pour passer par le petit col de Gyps où nous avons pu observer  3 chamois. Dans les gorges de la Saine, la route surplombait l’ancienne voie de tram qui reliait les Planches et Foncine-le-Bas.

Ancien Tram vers Foncine

Après un dernier petit lac pour la route, nous avons finalement rejoint St-Laurent-en-Grandvaux pour y camper. Le camping hébergeait un groupe de caravanistes qui organisaient une soirée fondue. Nous aussi nous avons d’ailleurs dégusté une fondue à la chambre d’hôte de Laurence, la belle-maman de Damien (qui dormait à nouveau sous un vrai toit).

Le troisième jour, nous sommes repartis en direction du lac de l’Abbaye mais cette fois pour le voir d’en haut. Sauf Carlos à qui nous avons suggéré des variantes avec moins de dénivelé. La route pour le belvédère était fort pentue et se terminait en chemin forestier mais ça valait le coup d’œil.

Lac de l'Abbaye

Après cette bosse, nous avons commencé à avoir pour toile de fond les plus hauts crêts du Jura, encore un peu enneigés.

Château-des-Prés

Mais les profondes gorges de la Bienne nous en séparaient encore et nous les avons surplombées jusqu’à Morbier.

Gorges de la Bienne

Morbier

Après un petit morceau de Nationale 5, nous nous sommes engagés dans la montée vers Bellefontaine puis la forêt du Risoux. Malgré les quelques 17°C, la neige sur les routes n’avait pas fondu partout, et nous avons dû pousser les vélos sur quelques kilomètres dans le massif du Risoux. Il n’était pas question de faire demi-tour, on savait qu’il serait un peu optimiste de passer par là si tôt en saison, on a assumé. Nous n’étions pas les seuls à nous être fait avoir.

Traversée du Risoux

Il semblerait que les freins à disques soient un peu plus pratiques que des v-brakes dans cette situation.

Vélo dans la neige dans le Risoux

Après être redescendus dans la vallée de Joux, nous avons mangé au bord du lac des Rousses.

Lac des Rousses

Nous sommes ensuite passé par le centre des Rousses, la Cure puis la route des stations en direction de Lamoura. Le paysage était bien différent de l’hiver il y a 1 an où j’étais passé à ski de fond le long de cette même route.Le ciel a commencé à se couvrir et est même devenu menaçant mais nous avons échappé à la pluie. Nous avons quitté Damien définitivement au lac de Lamoura. Il est de nouveau retourné à St-Laurent.

Lac de Lamoura

Nous avons dégusté une Rouget Blonde à Lajoux en attendant Carlos, qui, malgré une variante plus courte que par le Risoux via Prémanon, s’est embringué dans une aventure aussi neigeuse que la notre au lieu de suivre la départementale des stations. Du coup, tout le monde a pu gouter aux joies de pousser son vélo dans la neige fondue.

Une dernière petite montée et nous sommes arrivés sur les hauts plateaux du Jura dont les prés étaient couverts de jonquilles.

Vers les Molunes

Point de camping dans les environs, du coup nous avons campé à côté du gite d’un couple de warmshowers, le réseau d’hospitalité pour voyageurs à vélo. Et nous avons été très bien accueilli par Annie et Pitou. Annie faisait pendant 3 mois l’aller-retour pour aller travailler à St-Claude avec un vélo à assistance électrique. Au retour le trajet fait 20km avec 850m de D+. Tout ça pour répondre à l’appel de l’association lédonienne Vélo qui rit qui veut prouver à sa député sceptique que si, on peut se rendre au travail à vélo dans le Jura, ce n’est pas réservé à Paris intra-muros. Un engagement qui force le respect.

La vue depuis les tentes étaient sublime sur le crêt de la neige et ses voisins.

Crêt de la Neige depuis le refuge

Le lendemain, dernier jour, nous avons d’abord traversé la commune de Bellecombe qui ne semble constituée que de fermes isolées.

Ferme à Bellecombe

La mairie elle-même est une maison seule au bout d’un cul de sac au milieu des champs et de la forêt. On distingue les drapeaux au dessus de la porte.

Mairie de Bellecombe

À la Pesse, dernière commune d’altitude de notre parcours, nous avons revu de dernières installations touristiques. Ces dernières fortement présentes entre les Rousses et Lamoura avaient plutôt épargné Les Molunes et Bellecombe.

Chalet Modèle à la Pesse

Téléski à la Pesse

Après avoir passé le col sur la Semine, nous avons entamé une longue redescente vers l’Ain, 900m plus bas. Nous avons juste fait un dernier détour par les roches d’Orvaz qui ne sont pas sans rappeler le Creux du Van.

Vue des roches d'Orvaz

La descente a été assez rapide, essentiellement en forêt. La traversée de la banlieue d’Oyonnax n’a pas été spécialement agréable, puis nous avons retrouvé de très jolies routes après Matafelon, dans les gorges de l’Ain.

Gorges de l'Ain

Nous avons pique-niqué au pied du magnifique viaduc de Cize-Bolozon.

Viaduc de Cize-Bolozon

Traversée du viaduc de Cize-Bolozon

La montée vers Grand-Corrent de l’autre côté a révélé un paysage digne d’une maquette ferroviaire.

Viaduc de Cize-Bolozon

Nous avons ensuite franchi 2 nouvelles petites bosses, le col de la Rousse et le Revermont jusqu’à surplomber la plaine de Bresse.

Sous le Revermont, à Cézeyriat, un vignoble très isolé du reste du vignoble jurassien.

Vignes à Cézeyriat

Nous sommes rentrés dans Bourg-en-Bresse par un petit morceau de voie verte et le magnifique monastère royal de Brou, malheureusement le seul attrait de la ville.

Monastère royal de Brou

Dans le centre, nous n’avons trouvé qu’une seule terrasse, évidemment bondée, pour boire quelques bières en attendant nos trains respectifs.

Le parcours des 4 jours : http://www.openrunner.com/index.php?id=6059748

350km pour 5000m de D+ environ . Schématiquement : 3 jours de montée, 1 jour de descente !

 

Bornholm et la route de Berlin

Rønne, 3 août. Comme prévu, je laisse plus des trois quarts de mes affaires à l’auberge avant d’aller faire le tour de l’île. Je suis assez impatient de la découvrir parce que c’est pour moi le principal objectif de ce voyage. Certes il y a eu Copenhague et il y aura Berlin, mais Bornholm c’est l’endroit le plus exotique, le plus éloigné de chez-moi, le plus inconnu.

La capitale de l’île, Rønne, garde des airs de petit village de pêcheurs, avec des maisons basses en briques ou à colombages.

Une rue de Rønne

Rønne

Près de l’auberge, il reste une grosse tour ronde de l’ancienne citadelle qui surveillait le port.

Ancienne citadelle de Rønne

Je commence mon tour à vélo en m’éloignant de la côte pour passer vers l’église ronde de Nyker. Il y a 4 églises rondes de ce type qui sont une spécificité de l’île. J’arrive malheureusement un peu tôt pour qu’elle soit ouverte. La voie verte pour aller à Nyker est construite sur une ancienne voie ferrée. Plusieurs sont dans ce cas et aujourd’hui il n’y a plus de trains sur l’île.

Voie verte entre Rønne et Nyker

Église ronde de Nyker

Après cette brève incursion dans l’intérieur, je redescend vers la côte et emprunte l’itinéraire balisé qui fait le tour de l’île. Arrivé à Hasle, un des premiers bâtiments du village est une fumerie de poissons. Elle a l’air bien entretenue et fonctionne encore.

Fumerie de poisson de Hasle

La route continue le long de la côte dans sa plus belle portion. Un panneau avertit les cyclistes avec bagages qu’il y a des escaliers plus loin et qu’ils sont invités à faire un détour. Justement ça tombe bien je n’ai pas mon chargement aujourd’hui alors je reste sur cette belle route.

Voilier au large de Hasle

Route côtière après au nord d'Hasle

En effet je tombe sur les dits escaliers mais ils permettent de pousser le vélo à côté, rien de bien méchant. Dans cette partie au nord-ouest de Bornholm ça monte et ça descend pas mal sur de petits chemins forestiers avec de temps en temps une ancienne carrière de granit remplie d’eau. Je me dis quand même qu’à ce rythme là le tour de l’île va me prendre un bout de temps car elle fait un peu plus de 100km de circonférence.

Le passage par le nord-ouest vaut quand même le détour pour la forteresse Hammershus. Rien de moins que la plus grande forteresse médiévale de Scandinavie.

Hammershus

Ensuite, le long de la côte nord de l’île, la piste est très roulante et longe la route principale. Je fais une petite incursion dans les terres à nouveau, mais guère plus d’1km en VTT pour aller voir les chutes d’eau de Døndalen. C’est plus impressionnant l’hiver m’a-t-on dit. Ce sont les plus hautes chutes d’eau du Danemark. Ce n’est pas un pays montagneux !

Cascade de Døndalen

Le long de la côte nord je passe par le petit village de pêcheur de Gudhjem.

Moulin à Gudhjem

Mais le village de pêcheur qui est le point le plus éloigné de mon tour de la journée c’est Svaneke. La municipalité la plus orientale du Danemark. Un bout de monde à sa mesure.

Les touristes ne sont pas très nombreux. Je finis par me demander où vont tous les gens qui débarquent 5 ou 6 fois par jour par le ferry. Ils ne sont pas dans les auberges de jeunesses ni sur les sites touristiques. L’île fait sa promotion autour de ses beaux itinéraires cyclables mais il n’y a pas foule sur ceux-ci non plus (enfin selon mes critères biaisés par les traversées des Pays-Bas et de l’Allemagne, selon des critères français, il y a beaucoup de cyclistes !).

Bateau arrivant au port de Svaneke

Svaneke

Je continue un peu vers le Sud le long de la côte puis je coupe l’intérieur de l’île pour rentrer. Il y a là une piste qui est essentiellement en forêt, je me dis que ça changera de paysage. Et en effet assez vite je n’ai plus l’impression d’être sur une île. La forêt est assez surprenante car elle est traversée de failles faisant à chaque fois de petites falaises.

Falaise au centre de Bornholm

Couper par le milieu de l’île ne réduit finalement pas le nombre de kilomètres par rapport à un tour complet. Du coup je n’ai pas jeté un œil aux plages du sud. C’est peut-être là que sont tous les touristes.

Je profite de la soirée pour écrire et envoyer une première salve de cartes postales. Je voulais le faire dès Copenhague mais notre visite de la ville ne nous a pas laissé le temps d’y penser.

Le lendemain matin je dois me lever tôt pour reprendre le ferry vers Sassnitz en Allemagne. J’arrive comme souvent très en avance mais je ne suis pas le premier. Le ferry n’est pas aussi rutilant que celui qui vient de Suède. La traversée est beaucoup plus longue, environ 3h30. Au bout de 2h à peine on aperçoit les falaises blanches de l’île de Rügen, couronnées de forêts.

Falaises de Rügen

Au moins on ne les confond pas avec celles de Douvres. À l’arrivée je regarde avec un peu plus d’attention les autres navires et en repère un qui va installer des éoliennes offshore. La façon d’empiler tous ses énormes morceaux de mâts et de pales fait paraître le bateau tout petit.

Bateau chargé d'éoliennes

Une fois sur Rügen, je m’attendais à avoir de magnifiques itinéraires cyclables, parce que l’île est une destination touristique importante en Allemagne du nord, et réputée pour ces itinéraires côtiers. Mais je me contente de suivre les indications pour vélos, vers Putbus. J’y vais malgré le panneau « Stark Verkher », fort trafic. Et en effet c’est la pire route que j’ai faite des vacances. En pleine saison touristique le trafic est très dense et la route pas si large que ça.

À Putbus, dans le parc du château, quelques cerfs y semblent toutefois complètement indifférents.

Cerfs à Putbus

La traversée de l’île de Rügen est finalement assez rapide. Une fois sur la route qui va vers le bac de Glewitz, le trafic est plus calme. Les automobilistes préfèrent prendre le pont. Mais pour moi le pont serait synonyme d’un grand détour.

Ce bac est le dernier que je vais prendre du voyage (le 10ème si je compte bien). Maintenant j’ai à nouveau mes roues sur le continent.

Bac de Glewitz

La route vers Greifswald est la plus belle route pavée que j’ai pu prendre, dans le sens la plus roulante. A 30km/h ça vibre un peu mais c’est encore confortable, et avec toute cette herbe qui pousse entre les pavés j’ai vraiment l’impression d’arriver sur de la pelouse, c’est tout vert devant, mais gris dessous.

Route pavée vers Greifswald

Greifswald est une jolie petite cité hanséatique qui me rappelle un peu certaines petites villes de République Tchèque.

Greifswald

Greifswald

La ville est un port relié à la mer par un cour d’eau canalisé que je longe sur son chemin de halage. Vers son embouchure il y a un joli pont levant.

Pont levant de Wieck

Je continue un peu le long de la côte pour trouver un camping. Je tombe sur la plus grande Zeltwiese que j’ai jamais vu. Beaucoup de monde dans ce camping. A ma première tentative d’installation une voiture arrive, ce sont les propriétaires de la tente d’à côté qui me disent que c’est la place de leur voiture. Je préférais la version Münsteroise de la prairie à tente, interdite aux voitures et avec une petite charrette pour amener ses affaires, ça laisse plus de place pour camper.

Le soir il y a un très beau coucher de soleil depuis la plage. La mer semble presque fermée à cause des côtes de Rügen qui me font face au nord. C’est la dernière fois que je vois la Baltique.

Le lendemain je part perpendiculairement à la côte, plein sud. Je me retrouve à nouveau sur des petites routes qui sont en réalité des chemins sableux à quelques reprises. Mais globalement je roule efficacement jusqu’à Neubrandenburg. Le paysage est assez monotone.

À Neubrandenburg, la ville est presque entièrement reconstruite et n’a plus rien d’ancien à part, de façon surprenante, l’intégralité de ses remparts.

Intérieur des remparts de Neubrandenburg

Je pense que les personnages qui ornent cette porte devaient porter quelque chose, drapeaux ou armes, sinon ils ont une position étrange.

Une porte de Neubrandenburg

Après cette ville, le paysage change radicalement et devient beaucoup plus beau et verdoyant. Je prends une petite averse qui ne dure pas et rejoins par une petite route forestière la ville de Burg Stargard. La cité est dominée par un petit fort qui se mérite, vu les énormes pavés des 2 routes qui y mènent.

Burg Stargard

J’emprunte ensuite une route où les voitures et les camions roulent vite et où les arbres d’alignement ne laissent pas beaucoup de place pour dépasser. J’essaye alors de trouver des petites routes pour éviter ça, surtout que j’approche de la fin de l’étape, je ne suis pas pressé. Je tombe sur le plus petit chemin que j’ai pris. A peine marqué alors qu’il traverse un champs au milieu des vaches.

Raccourci vers Feldberg

J’arrive alors dans une très belle région de lacs autour de la petite ville de Feldberg. Au premier camping on me dit que c’est complet. Un mythe s’effondre ! C’est la première fois que ça m’arrive en Allemagne, c’était justement parce que les campings n’étaient jamais complets que je trouvais le principe des Zeltwiese génial.

Je continue donc un peu par une très belle piste forestière jusqu’au hameau idyllique de Carwitz. Cerné par quelques 5 lacs. Il s’y trouve un musée, la maison de Hans Fallada. J’ignore alors totalement qui est ce personnage, mais à mon retour à Paris je suis tombé sur « Seul dans Berlin » dans une librairie, et je l’ai dévoré.

Maison de Carwitz

Bord de lac à Carwitz

Expliquer aux autres cyclos d’où je viens devient déjà compliqué. Je ne sais pas pourquoi tout le monde s’attend à ce que je fasse un itinéraire « officiel » et il y en a beaucoup dans la région, le plateau des lacs du Mecklembourg.

Le lendemain je repart en forêt mais me trompe un moment de route. Le détour n’est pas important mais comme c’est une piste en sable, il me prend un bout de temps. Pour plus de sûreté, je reste finalement sur une grande route jusqu’à Prenzlau. Prenzlau est en fait plein est, pas du tout sur la route de Berlin. Mais j’ai le temps d’y faire un détour avant d’arriver à Berlin.

Château de Boitzenburg

La ville de Prenzlau est assez jolie au bord du lac Unteruckersee. Elle est dominée par une énorme église en briques. D’ailleurs j’y coupe, comme à Greifswald, la Backsteingotik straße, la route du gothique de brique.

Prenzlau

À partir de Prenzlau, je longe un itinéraire « officiel », l’itinéraire cyclable longue distance Berlin-Usedom, Usedom étant l’île de la Baltique qui se situe à la frontière germano-polonaise. En fait ça change radicalement la façon dont je visite la région. L’itinéraire est facile à suivre et surtout les routes sont presque neuves. Fini le sable et les pavés !

Il y a plein de lacs et l’itinéraire est quasi-intégralement dans la forêt. C’est vraiment une route très agréable.

Etang près d'Angermunde

Sous bois vers Joachimsthal

J’arrive en fin d’après-midi au bord du lac le plus turquoise du voyage. À seulement 60km de Berlin, le Werbellinsee m’offre une dernière baignade des vacances magnifique.

Werbellinsee

L’accueil du camping est efficace, pas de papier à remplir avec son nom, un simple ticket de caisse comme au Lidl ! Le lendemain matin, je décolle très tôt. J’ai prévu d’arriver à la mi-journée à Berlin pour déjeuner avec mes hôtes.

Au petit matin, le canal qui sort du Werbellinsee est parfaitement calme, un vrai miroir.

Werbellinkanal

Ce n’est que maintenant que j’arrive à proximité de Berlin que je constate que les allemands commencent à adopter le système des Knooppunten néerlandais. Je vais donc de Knotenpunkt en Knotenpunkt (l’orthographe s’est germanisée), mais ici, les allemands ont gardé toutes la signalétique existante. Doublée d’une petite carte de situation ce sont les carrefours les plus complets que j’ai vu. On peut venir dans les environs de Berlin sans carte !

Knotenpunkt

Bon ce n’est pas tout à fait vrai. En ville ça devient un peu plus délicat et je ne vois plus ces Knotenpunkt une fois rentré dans le Land de Berlin et je dois me référer à plusieurs reprises à la carte que m’avait offert Hazel, la couchsurfeuse berlinoise, au printemps dernier. J’arrive en fin de matinée chez-elle et je peux me rendre présentable avant d’aller au restaurant où nous retrouvons son copain qui travaille dans le quartier de l’Alexanderplatz.

Je passe l’après-midi et les 2 jours suivant à explorer la ville et ses environs. Comme ça fait beaucoup de photos, ce sera dans le prochain article.

Les kilomètres entre Bornholm et Berlin : 109 -133 – 113 et 60 km. Pour un total d’environ 2400km depuis Paris. Je mettrais aussi une carte et d’autres chiffres dans le prochain article.

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