Lacs jurassiens

Pour un petit weekend en famille dans le Jura, nous avons jeté notre dévolu sur Clairvaux-les-Lacs. Le village ne m’était pas inconnu pour y être passé à peine un an auparavant. Mais Clairvaux n’est pas très bien desservie en transports. Les bus y sont rarissimes hors transports scolaires et les gares les plus proches sont à une bonne vingtaine de kilomètres. Du coup la solution évidente pour moi a été de compléter le trajet en train par un peu de vélo.

J’ai débarqué à Bourg-en-Bresse pour une courte correspondance avant de grimper dans un TER Lyon-Besançon plein à craquer. Heureusement que le trajet jusqu’à Lons-le-Saunier n’était pas très long mais s’extirper de là a été difficile.

Lons m’a donné l’impression d’une toute petite ville. Tout y était à 2 minutes, notamment la place centrale depuis la gare.

Lons-le-Saunier

Tour horloge de Lons-le-Saunier

J’aime bien les rues bordées d’arcades même si celle-ci est gâchée par le stationnement automobile.

Arcades à Lons-le-Saunier

La seule portion désagréable à la sortie de Lons a été le franchissement des 2 ronds points de part et d’autre de la voie ferrée en direction de Perrigny. Les voitures y étaient pare-choc contre pare-choc. Mais après celà il n’y avait plus personne dans Perrigny et son petit raidillon pour rejoindre la voie verte du PLM.

Pas de forte pente et une belle rampe en balcon avec de longs tunnels rafraîchissants, une belle découverte.

Vue sur Vatagna depuis la voie PLM

Tunnel de la voie PLM

Lons depuis la reculée

Ainsi j’ai fini par déboucher au dessus de la reculée du creux de Revigny. L’arrivée de la voie verte en interdit de fait l’accès aux vélos spéciaux ou au remorques, il y a un escalier à côté duquel on peut pousser les vélos mais c’est raide.

J’ai rejoins mon père et mon frère au village de Verges et nous avons continué notre route jusqu’à Clairvaux ensemble.

Les jours suivants, nous avons fait de la randonnée et des petites balades à vélo dans les environs : aux 4 lacs, aux cascades du Hérisson…

Lacs d'Ilay et du grand Maclu

Lac de Narlay

La foule était nombreuse à chercher la fraîcheur le long du Hérisson.

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Nous nous sommes baigné à maintes reprises dans le grand lac de Clairvaux dont la température montait de jour en jour.

Clairvaux les Lacs

Lac de Vouglans

Saut de la Saisse

Les lacs de Clairvaux

Pour le retour, je devais prendre un train à St-Laurent-en-Grandvaux, puis une correspondance à Besançon. Mais vu la météo idyllique, j’ai préféré descendre jusqu’à Besançon à vélo, soit un peu plus de 120km. Mais vu l’horaire tardif du TGV j’avais largement le temps. Et mon père m’a accompagné sur plus de la moitié de la journée.

En direction de Champagnole nous sommes passés par plusieurs belvédères sur les lacs de Chambly puis de Chalain.

Lac de Chambly

Lac de Chalain

Nous n’avons pas vraiment profité de Champagnole, parce que dans ce sens là, la traversée de la ville évite le centre (joie des plans de circulation en sens unique sans double-sens cyclable). Puis le plateau vers Andelot-en-Montagne n’était pas tout à fait plat. Nous avons mangé dans un bel espace vert à Chapois puis nous nous sommes séparé à Crouzet-Migette peu après avoir traversé le pont du diable.

Le pont du diable

De là je suis descendu à Nans-sous-Sainte-Anne, 250m de dénivelée d’un coup.

Nans-sous-Sainte-Anne

Pour tout remonter directement par 5 beaux lacets sur un véritable billard en direction de Saraz et Alaise car il n’y a pas de route qui longe le Lison par la vallée, il faut sans cesse remonter sur le plateau, puis redescendre traverser la rivière.

Gorges du Lison entre Saraz et Alaise

Lizine

Châtillon-sur-Lison

J’ai longé un peu la Loue après son confluent avec le Lison avant de remonter une dernière fois sur le plateau avant Besançon.

La Loue vers Châtillon

Pour la première fois, j’ai débouché sur Besançon par la petite route de la Chapelle des Buis qui offre un très beau point de vue sur la ville. Et je me suis fait plaisir en repassant le tunnel-canal sous la citadelle.

Besançon depuis la Chapelle-des-Buis

J’ai eu un peu de temps pour flâner en ville avant mon train autour de la place du marché et du quartier Battant.

Le pont battant à Besançon

Tous les parcours à vélo du séjour : http://www.openrunner.com/index.php?id=7477433

 

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Jurassienne 2016

Comme l’année dernière, j’ai organisé une randonnée à vélo dans le Jura. Mais cette fois-ci beaucoup plus tôt dans la saison et avec des étapes un peu plus ardues. Les tardives chutes de neige et surtout le froid ont été au cœur des discussions pendant les quelques semaines qui ont précédé le départ.

Le point de départ était fixé non-plus à Dole mais à Bourg-en-Bresse, car une Jurassienne n’est pas cantonnée au département du Jura mais peut avoir lieu n’importe où dans le massif, qui, géologiquement, s’étend de Voreppe dans les environs de Grenoble à Dielsdorf dans les environs de Zurich. Ce qui laisse un choix conséquent pour les prochaines.

Bourg-en-Bresse est à moins de 2h de Paris en train, sans arrêt, et les TGV acceptant les vélos sont relativement nombreux puisque c’est le cas de ceux allant à Annecy, Evian et Genève qui s’y arrêtent. Heureusement d’ailleurs que le trajet est court puisque suite à un changement de matériel, mon TGV n’avait finalement pas d’espace vélo et j’ai fait le trajet sur un strapontin.

A Bourg, ville qui n’a pas un charme fou, j’ai traversé en vitesse le centre ville à la recherche d’un supermarché que j’ai trouvé en périphérie avant de me rendre au camping le plus proche à une dizaine de kilomètres. Le camping municipal de Bourg aurait été plus pratique mais a fermé en septembre dernier.

Maison de Bourg-en-Bresse

Eglise de Bourg-en-Bresse

J’ai retrouvé Carlos au camping qui lui aussi est arrivé la veille du départ, prévu le lendemain jeudi de l’Ascension.

L’étang au bord duquel était situé le camping attirait de nombreux pêcheurs le matin.

Etang de la Raza

Nous avons pris notre temps pour partir car le rendez-vous avec le reste de la troupe n’était que pour 11h au village de Treffort, à 5km à peine. Nous avons donc passé une heure au café sur le champ de foire très animé de Treffort.

Rue Bombec à Treffort

Damien, Jacques et Benoit, fraichement débarqués à Bourg-en-Bresse, nous ont rejoint comme prévu et nous avons pu commencer la randonnée, avec pour se mettre en jambe une montée jusqu’au château du village.

Château de Treffort

Puis nous avons longé le pied du Revermont avant de le franchir entre Pressiat et Bourcia.

Pressiat

Mont Nivigne vu de Bourcia

Après ce premier col qui ne portait pas de nom, nous sommes redescendus dans la vallée du Suran et avons pique-niqué au moulin des vents à Montfleur.

Moulin des vents, Montfleur

Le Jura de la Petite Montagne ne nous a pas laissé un long répit puisqu’il a fallu ensuite regrimper une nouvelle crête pour atteindre la vallée parallèle suivante, celle de la Valouse. La descente par Valfin-sur-Valouse était particulièrement agréable et le village couronné par un discret petit château.

Valfin-sur-Valouse

Nous avons ensuite traversé Arinthod dont les arcades plutôt inattendues pour un village de cette taille ne sont pas très bien mises en valeur.

Arcades à Arinthod

Toute la montée suivante était fort bruyante à cause d’un championnat de motocross qui avait lieu à Légna et qui avait l’air d’attirer la moitié du département. De l’autre côté de cette troisième et dernière grosse crête, nous avons longé sans le voir le lac de Vouglans, même en suivant les panneaux « route des lacs » et leurs raidillons à 15%. Je ne l’ai vu qu’en faisant un petit détour par le Saut de la Saisse à l’entrée de Pont-de-Poitte.

Saut de la Saisse

L'Ain à Pont-de-Poitte

Une dernière ligne droite et une petite montée plus tard, nous sommes arrivés à Clairvaux-les-Lacs. Nous avons campé dans un des campings au bord du grand lac, à part Damien qui n’était pas équipé pour mais a continué jusqu’à St-Laurent-en-Grandvaux pour un hébergement en dur chez « belle-maman », 22km plus loin et 350m plus haut.

Clairvaux-les-Lacs

Le lendemain, le temps était toujours au beau fixe, et Damien est venu nous retrouver alors que nous faisions quelques courses (re-22km).

Grand lac de Clairvaux

Nous avons commencé par un petit détour par la reculée de La Frasnée, un bout de monde encore d’avantage que les reculées de la côte du Jura visitée l’année dernière.

Cascade de la Frasnée

La sortie de cette reculée à 14% a constitué une belle entame pour la dizaine de kilomètres de montée au col de Joux. C’était la seule montée de ces quelques jours avec des bornes indiquant les pourcentages aux cyclistes.

Montée au col de Joux

Passé le col à 1035m, nous sommes redescendus dans la combe de Prénovel, puis celle du lac de l’Abbaye. De l’abbaye, il ne reste que peu de traces et l’église passerait juste pour celle d’un village comtois classique.

Abbaye-en-Grandvaux

Carlos a décidé d’y écourter l’étape, ayant du mal à nous suivre avec le relief auquel sa région, l’Orléanais, l’a peu habitué. Nous continuons à 4 vers la Chaux-du-Dombief et le belvédère des 4 lacs où nous pique-niquons. On y voit les lacs d’Ilay, Narlay, Grand et Petit Maclu.

Belvédère des 4 lacs (ici Ilay et Grand Maclu)

Après avoir snobé les cascades du Hérisson, nous sommes passés le long de ces mêmes lacs.

Lac d'Ilay

Puis nous avons continué notre itinéraire tarabiscoté pour passer par le petit col de Gyps où nous avons pu observer  3 chamois. Dans les gorges de la Saine, la route surplombait l’ancienne voie de tram qui reliait les Planches et Foncine-le-Bas.

Ancien Tram vers Foncine

Après un dernier petit lac pour la route, nous avons finalement rejoint St-Laurent-en-Grandvaux pour y camper. Le camping hébergeait un groupe de caravanistes qui organisaient une soirée fondue. Nous aussi nous avons d’ailleurs dégusté une fondue à la chambre d’hôte de Laurence, la belle-maman de Damien (qui dormait à nouveau sous un vrai toit).

Le troisième jour, nous sommes repartis en direction du lac de l’Abbaye mais cette fois pour le voir d’en haut. Sauf Carlos à qui nous avons suggéré des variantes avec moins de dénivelé. La route pour le belvédère était fort pentue et se terminait en chemin forestier mais ça valait le coup d’œil.

Lac de l'Abbaye

Après cette bosse, nous avons commencé à avoir pour toile de fond les plus hauts crêts du Jura, encore un peu enneigés.

Château-des-Prés

Mais les profondes gorges de la Bienne nous en séparaient encore et nous les avons surplombées jusqu’à Morbier.

Gorges de la Bienne

Morbier

Après un petit morceau de Nationale 5, nous nous sommes engagés dans la montée vers Bellefontaine puis la forêt du Risoux. Malgré les quelques 17°C, la neige sur les routes n’avait pas fondu partout, et nous avons dû pousser les vélos sur quelques kilomètres dans le massif du Risoux. Il n’était pas question de faire demi-tour, on savait qu’il serait un peu optimiste de passer par là si tôt en saison, on a assumé. Nous n’étions pas les seuls à nous être fait avoir.

Traversée du Risoux

Il semblerait que les freins à disques soient un peu plus pratiques que des v-brakes dans cette situation.

Vélo dans la neige dans le Risoux

Après être redescendus dans la vallée de Joux, nous avons mangé au bord du lac des Rousses.

Lac des Rousses

Nous sommes ensuite passé par le centre des Rousses, la Cure puis la route des stations en direction de Lamoura. Le paysage était bien différent de l’hiver il y a 1 an où j’étais passé à ski de fond le long de cette même route.Le ciel a commencé à se couvrir et est même devenu menaçant mais nous avons échappé à la pluie. Nous avons quitté Damien définitivement au lac de Lamoura. Il est de nouveau retourné à St-Laurent.

Lac de Lamoura

Nous avons dégusté une Rouget Blonde à Lajoux en attendant Carlos, qui, malgré une variante plus courte que par le Risoux via Prémanon, s’est embringué dans une aventure aussi neigeuse que la notre au lieu de suivre la départementale des stations. Du coup, tout le monde a pu gouter aux joies de pousser son vélo dans la neige fondue.

Une dernière petite montée et nous sommes arrivés sur les hauts plateaux du Jura dont les prés étaient couverts de jonquilles.

Vers les Molunes

Point de camping dans les environs, du coup nous avons campé à côté du gite d’un couple de warmshowers, le réseau d’hospitalité pour voyageurs à vélo. Et nous avons été très bien accueilli par Annie et Pitou. Annie faisait pendant 3 mois l’aller-retour pour aller travailler à St-Claude avec un vélo à assistance électrique. Au retour le trajet fait 20km avec 850m de D+. Tout ça pour répondre à l’appel de l’association lédonienne Vélo qui rit qui veut prouver à sa député sceptique que si, on peut se rendre au travail à vélo dans le Jura, ce n’est pas réservé à Paris intra-muros. Un engagement qui force le respect.

La vue depuis les tentes étaient sublime sur le crêt de la neige et ses voisins.

Crêt de la Neige depuis le refuge

Le lendemain, dernier jour, nous avons d’abord traversé la commune de Bellecombe qui ne semble constituée que de fermes isolées.

Ferme à Bellecombe

La mairie elle-même est une maison seule au bout d’un cul de sac au milieu des champs et de la forêt. On distingue les drapeaux au dessus de la porte.

Mairie de Bellecombe

À la Pesse, dernière commune d’altitude de notre parcours, nous avons revu de dernières installations touristiques. Ces dernières fortement présentes entre les Rousses et Lamoura avaient plutôt épargné Les Molunes et Bellecombe.

Chalet Modèle à la Pesse

Téléski à la Pesse

Après avoir passé le col sur la Semine, nous avons entamé une longue redescente vers l’Ain, 900m plus bas. Nous avons juste fait un dernier détour par les roches d’Orvaz qui ne sont pas sans rappeler le Creux du Van.

Vue des roches d'Orvaz

La descente a été assez rapide, essentiellement en forêt. La traversée de la banlieue d’Oyonnax n’a pas été spécialement agréable, puis nous avons retrouvé de très jolies routes après Matafelon, dans les gorges de l’Ain.

Gorges de l'Ain

Nous avons pique-niqué au pied du magnifique viaduc de Cize-Bolozon.

Viaduc de Cize-Bolozon

Traversée du viaduc de Cize-Bolozon

La montée vers Grand-Corrent de l’autre côté a révélé un paysage digne d’une maquette ferroviaire.

Viaduc de Cize-Bolozon

Nous avons ensuite franchi 2 nouvelles petites bosses, le col de la Rousse et le Revermont jusqu’à surplomber la plaine de Bresse.

Sous le Revermont, à Cézeyriat, un vignoble très isolé du reste du vignoble jurassien.

Vignes à Cézeyriat

Nous sommes rentrés dans Bourg-en-Bresse par un petit morceau de voie verte et le magnifique monastère royal de Brou, malheureusement le seul attrait de la ville.

Monastère royal de Brou

Dans le centre, nous n’avons trouvé qu’une seule terrasse, évidemment bondée, pour boire quelques bières en attendant nos trains respectifs.

Le parcours des 4 jours : http://www.openrunner.com/index.php?id=6059748

350km pour 5000m de D+ environ . Schématiquement : 3 jours de montée, 1 jour de descente !

 

La Jurassienne

Sortie vélo prévue de longue date, j’ai planifié un tour dans le Jura dès le milieu de l’hiver sur le forum velotaf. 6 valeureux compagnons se sont joints à moi après avoir hésité plus ou moins longuement devant les profils altimétriques prévus.

Nous nous sommes retrouvés à Dole à 10h du matin. Certains étaient arrivés la veille, d’autres le matin même, de Dijon, Strasbourg, Lyon et Paris. Les vélos étaient disparates, des randonneuses plutôt lourdes, un carbone, un tricycle couché…

Nous avons commencé à rouler le long de l’Eurovélo 6 jusqu’à Tavaux pour bien éviter tous les axes fréquentés en sortie de ville. Ensuite nous avons obliqué vers le sud et les douces ondulations de la Bresse Jurassienne.

Dole

Après avoir traversé le village de Pleure, nous avons laissé de côté celui de Rye.

Pleure / Rye

Nous nous sommes arrêté au cimetière de Vincent pour re-remplir des bidons déjà à sec au bout de 2h de cagnard et déjeuner à l’ombre d’un grand chêne à proximité.

En début d’après-midi nous sommes passés chercher quelques bouteilles de bières à la brasserie Rouget-de-Lisle à Bletterans, validant ainsi le Houblax de Juillet. La brasserie était une véritable étuve, nous n’avions pas imaginé trouver pire qu’à l’extérieur.

Ensuite, nous avons mis le cap à l’Est vers la bordure du premier plateau du Jura. Nous avons traversé quelques jolis villages et pu à nouveau nous ravitailler en eau.

La Seille à Ruffey-sur-Seille

À mesure que le plateau s’approchait, nous distinguions de nouveaux villages et de nouvelles reculées. Les vignes ont commencé à faire leur apparition autour de nous, ainsi que les châteaux ou autres grosses maisons de domaines viticoles.

Château-Chalon

À Lavigny, nous avons attaqué la montée sur le plateau, le seul relief conséquent de la journée.

Lavigny

Montée de Lavigny

Au sommet, le paysage avait totalement changé en 3km pour se transformer en quelque-chose qui ressemblait un peu plus à une combe jurassienne.

Combe de Rosnay

En haut de la descente, nous dominions l’entrée de la reculée de Baume-les-Messieurs. Le ciel commençait à être bien voilé et des cumulonimbus montaient sur les reliefs. Mais tout cela n’est resté qu’une menace qui ne s’est concrétisée que tard dans la nuit.

Sous la Baume

Descente vers Baume

Nous nous sommes arrêtés au petit camping de Baume-les-Messieurs, au bord de la Seille ou l’un de ses affluents. C’était idéal pour rafraîchir les bières avant l’apéritif. Il en manque déjà une sur la photo, la meilleure en fait pour les grosses chaleurs : la blanche La Marseillaise.

Bières Rouget-de-Lisle dans la Seille

L’un des participants nous a quitté pour partir vers Saint-Laurent-en-Grandvaux, remplacé une heure plus tard par un nouveau venu de Neuchâtel. Les origines des participants sont donc restées variées.

Le camping tout en longueur le long de la rivière était bien rempli et certains de nos voisins n’ont pas eu l’air d’apprécier notre enthousiasme, surtout au réveil.

Le lendemain, nous avons attaqué l’étape la plus ardue. Nous avons d’abord visité un peu l’abbaye de Baume-les-Messieurs dans un village encore bien endormi.

Pont sur la Seille à la Peyrouse

Abbaye de Baume-les-Messieurs

Abbaye de Baume-les-Messieurs

Puis nous avons attaqué la montée vers les Granges-sur-Baume. L’un d’entre-nous en tricycle couché a eu quelques déboires avec sa transmission. Ça plus la visite de Baume-les-Messieurs, en une heure nous n’avions parcouru qu’à peine 4km depuis le départ ! À vol d’oiseau c’était même encore moins car le belvédère des Granges était presque au dessus du camping. La vue sur la reculée et le village était vraiment splendide. Les nuages plus présents que la veille ont bien daigné laisser le soleil éclairer le panorama.

Baume-les-Messieurs depuis les Granges

La Peyrouse, camping depuis les Granges

Après quelques courses dans la petite épicerie de La Marre, certains ont eu la sagesse de rester sur le plateau. Tandis que 3 d’entre-nous ont replongé dans la reculée de Ladoye par une magnifique petite route sous les falaises. Tout ça pour remonter aussitôt sous les encouragements des autres depuis un belvédère situé 150m plus haut.

Blois-sur-Seille

Ladoye-sur-Seille

Le village suivant, perché au bout du plateau gardant l’entrée du système de reculées ramifiées de Baume et Ladoye, était Château-Chalon. Peu après l’entrée du village nous avons débouché sur une petite terrasse offrant une très belle vue d’ensemble sur celui-ci.

Château-Chalon

Et à la sortie de Château-Chalon, une autre vue splendide s’est offert à nous. Les vignes, jusque là plutôt éparses, se sont étalées généreusement sur les coteaux du Jura. Pas de doute, nous avons vraiment pénétré dans la région viticole.

Vignobles de Château-Chalon

Après une brève descente et un passage en balcon dans les vignes, nous sommes remontés sur le plateau pour la 3ème fois de la matinée à partir du village de Frontenay, dominé par un château.

Toits et château de Frontenay

Enfin nous sommes redescendus franchement jusqu’à Poligny, où nous avons pique-niqué devant l’église avant de faire un petit tour du centre-ville.

Église de Poligny

Tour de la Sergenterie à Poligny

Par chance, la Nationale 5 était fermée pour tout l’été, donc la sortie de la ville ne s’est pas faite au milieu des camions comme je l’avais redouté. Mais le trafic était un peu plus dense quand même sur les petites routes des alentours et notamment la montée vers Chamolle. Celle-ci nous a fait passer sous de belles falaises.

Falaises entre Poligny et Chamolle

Falaises entre Poligny et Chamolle

Par endroit, la forêt laissait une ouverture sur la reculée de Vaux.

Reculée de Vaux-sur-Poligny

Nous avons ensuite traversé la forêt de Poligny, devenant progressivement celle d’Arbois, sur une route se transformant parfois en chemin et où nous n’avons croisé personne à part un ou 2 chevreuils.

Il a fallu redescendre dans la reculée suivante, celle des Planches. Dans le village, la fontaine était potable et l’eau du ruisseau limpide. Nous avons, comme la veille même si la température avait baissé, remplis nos bidons plusieurs fois dans la journée.

Ruisseau à Planches-les-Arbois

Reculée des Planches

Nous avons traversé la petite ville d’Arbois, profondément entaillée par le même ruisseau venant de la reculée avant d’attaquer la 5ème et dernière montée de la journée.

Arbois

Après le premier lacet, une table d’orientation décrit un panorama sur la ville.

Arbois

La montée était la plus régulière et moins pentue de la journée. Comme les précédentes, elle nous a laissé le loisir d’admirer une dernière fois la reculée que nous venions de quitter.

Reculée des Planches

De l’autre côté de la bosse, le relief  a changé pour prendre un aspect un peu plus inhabituel. Salins-les-Bains se glisse le long de la Furieuse, flanqué par 2 forts et dominé en arrière plan par le Mont Poupet.

Salins-les-Bains devant le Mont Poupet

Fort Belin

Nous avons passé la nuit au camping de Salins où nous avons bien profité de la piscine. Pour changer des bières Rouget de Lisle, dont j’ai transporté toute la journée les 2 dernières bouteilles de 75cl quand-même, nous avons complété l’apéritif avec du Macvin et du vin d’Arbois. Il fallait bien ça pour passer une nuit réparatrice après nos 1600m de D+ de la journée et avant le démarrage du lendemain.

Pour démarrer ce 3ème jour, rien de tel que 500m de D+ à foid, sans échauffement. Parce que nous avons commencé directement par partir à l’assaut du Mont Poupet, qui, avec ses 850m d’altitude est le plus haut sommet situé aussi à l’ouest dans le massif du Jura. La montée est plutôt raide sur sa deuxième moitié mais tout le monde est arrivé au bout et a pu profiter du panorama s’étendant jusqu’aux Alpes (Mont Blanc, Dents du Midi et même jusqu’au Cervin s’il avait fait un peu plus clair) .

Salins-les-Bains depuis la croix du Poupet

Le belvédère était situé à la croix du Poupet, 1km avant le sommet de la route. Nous sommes 3 à  être allé jusqu’au bout malgré son manque d’intérêt, juste pour dire qu’on y est allé. En tout cas, les panneaux et les bornes étaient justes. Mon compteur indiquait 10km tout rond juste sous le panneau.

Sommet du Poupet

Nous avons ensuite dévalé les 4km de descente en moins de 5min avant de remonter les dernières petites côtes de la balade vers le village de By.

Route vers By

By

Il était amusant de voir des panneaux vers Rennes dans le village alors que la veille nous étions déjà passés à Blois.

By vers Rennes

Nous sommes redescendus des montagnes pour de bon cette fois par une belle route en forêt très régulière. Il n’y avait même pas besoin de toucher les freins ou d’appuyer sur les pédales et nous nous maintenions autour de 40km/h.

Nous avons traversé la Loue puis gagné Arc-et-Senans et ses salines royales. Sans y pénétrer on ne voit pas grand chose du site et de sa forme caractéristique en demi-cercle. Nous avons tenté d’en faire le tour pour trouver un endroit où pique-niquer et nous avons été bien mal inspiré car tout l’arrière du site servait de toilettes en plein air à un camp de gens du voyage, la municipalité n’étant apparemment pas capable d’offrir ce genre de commodité.

Salines Royales d'Arc-et-Senans

L’un de nous est parti vers Besançon et le reste de la troupe a poursuivi vers Dole en suivant les indications pour vélo. La traversée de la forêt de Chaux était très monotone, une bonne dizaine de kilomètre sur une piste cyclable en ligne droite parallèle à une départementale.

Arrivés au bord du Doubs et sur l’Eurovélo 6, nous avons rejoins tout d’un coup un tas d’autres cyclistes, dont une proportion  non négligeable portant des sacoches pour un peu plus qu’une balade d’un dimanche après-midi. Quelques gouttes ont commencé à tomber un peu avant Dole. Nous nous sommes réfugiés dans un café pour les quelques heures d’attente avant le train.

Dole

En partant vers la gare, une cycliste a l’air égaré est passée devant nous une deuxième fois. J’ai eu beau proposer mon aide, elle s’est enfuie. Je devais vraiment faire peur. Nous n’avons pas eu plus de succès auprès du préposé de la SNCF qui a catégoriquement refusé de nous accompagner pour accéder aux quais sans emprunter le passage souterrain (sans ascenseur) avec les vélos.

Ces quelques déconvenues de l’après-midi n’ont pas vraiment entamé notre enthousiasme après ces 3 jours de balade qui se sont superbement bien déroulés et qui ont bien plu à tout le monde.

Parcours de la Jurassienne 2015

Le détail des étapes : Dole -> Baume-les-Messieurs, -> Salins-les-Bains, -> Dole. Chacune faisait environ 80km mais les dénivelés étaient très irréguliers.

 

Haut Jura & Genève

La neige s’est fait attendre jusqu’à la dernière minute, mais le jour de mon arrivée aux Rousses c’est le déluge. Les infos ne parleront que de ça pendant des jours, des bouchons dans les Alpes à cause de l’arrivée soudaine de la neige. Dans le Jura, rien de tel. La petite station des Rousses, bien qu’elle soit probablement la plus grande du massif pour le ski nordique semble à l’écart de cette agitation.

Finalement c’est une petite trentaine de centimètres de poudreuse qui nous permet de skier pendant une semaine. Bien moins gourmand en neige que le ski alpin, c’est suffisant pour le ski de fond. Les températures oscillent de proche de 0°C  jusqu’à -12°C. Ce froid assez vif la nuit permet à la neige de se maintenir et fait briller des cristaux à la surface du manteau neigeux le matin.

Ça fait des lustres que je n’ai pas fait de ski de fond, n’en ayant guère pratiqué que dans mon enfance et mon adolescence au dessus de Morteau et aux Fourgs. Je ne connais les environs des Rousses qu’en raquettes car c’est dans les immenses forêts voisines du Risoux et du Massacre qu’on trouve les plus grandes quantité de neige de la région, notamment parce qu’elle n’est pas soufflée par le vent.

La combe du vert - Risoux

A partir du deuxième jour le ciel s’est dégagé et a permis aux températures de descendre franchement dans la nuit, aux alentours de -12°C. Ça n’a pas suffit à faire geler le lac des Rousses.

Lac des RoussesLe sol qui n’a pas eu le temps de se refroidir et les eaux encore courantes ont empêché la neige de se déposer sur les ruisseaux. Du coup le moindre d’entre eux a pris des allures de petit canyon.

Ruisseau près des RoussesSeules les pistes qui s’étirent entre Les Rousses et Bois-d’Amont et autour du village des Rousses offrent des vues dégagées. Ailleurs c’est la forêt qui domine très largement.

Les RoussesLa nationale 5 coupe le village et continue de monter encore un peu vers le col de la Faucille avant de descendre sur le plateau Suisse. Ce fût un axe important, Paris – Genève, mais aujourd’hui ni autoroute ni voie ferrée n’utilise plus cet axe.

Vue vers Prémanon - N5 au premier planIl n’y a qu’une seule piste de liaison qui part vers le sud des Rousses et relie la station aux domaines de Prémanon et Lamoura. Ce n’est pas le tronçon le plus agréable de la GTJ (Grande Traversée du Jura), étant à découvert la neige n’y reste pas de bonne qualité longtemps. Nous l’avons emprunté une fois dans chaque sens et avons privilégié les navettes pour accéder à toute la partie sud du domaine nordique.

Les parties que nous avons préféré sont dans les forêts, loin des axes routiers. Enfin plus exactement sur de petits axes routiers puisque la plupart des pistes sont damées sur des routes forestières. Le gros avantage est que les pistes ne sont pas en dévers, un calvaire avec des skis de fonds aux carres inexistantes.

Piste dans le RisouxIl y a de belles clairières en quelques endroits du massif et les abris sont assez régulièrement répartis avec à l’intérieur un poêle à bois. Aux confins du département du Doubs il y a même un petit refuge gardé où j’ai déjà passé la nuit il y a plusieurs années et où nous sommes passés boire un étrange jus de fruit chaud à l’heure du goûter.

Clairière du RisouxChalet dans le risouxPlan de la CiterneLes Rousses présente l’avantage d’être très bien desservit. Depuis la Suisse au moins. En France, à Morez, 5km plus bas il passe deux TER par jour alors qu’à La Cure, côté Suisse de la frontière, à 1km du village, un petit train électrique passe toutes les heures et permet de descendre jusqu’au lac Léman. C’est donc par ce côté que nous sommes repartis et avons passé une grosse demi-journée à Genève. Fini donc les photos de forêts enneigées et place à un peu de grisaille helvète.

Le Mont-Blanc est resté bien caché et le jet d’eau ne se détachait guère en gris sur gris. La promenade le long du lac était néanmoins très agréable pour se mettre en appétit avant d’aller déjeuner dans la vieille ville. C’est là que tous les beaux immeubles s’alignent, surmontés des sigles de marques, souvent de luxe.

Jet d'eau de GenèveGenève est très marquée par son histoire religieuse comme centre de la réforme, étant la ville de Calvin.

Cathédrale de GenèveLes ruelles de la colline du centre ville, autour de la place Bourg du Four sont assez pittoresques mais comme toutes les villes alpines que je connais, les bâtiments aux tons toujours gris, ocre au mieux, dégagent en hiver une atmosphère pas très joyeuse.

Ruelle médiévale de GenèveHotel de ville de GenèveAu pied de la colline de la vieille ville, les avenues plus larges se croisent sur la place neuve, où se regroupent théâtre, musée et conservatoire.

Grand théatre de GenèveEn face s’ouvre un parc dans lequel je suis tombé par hasard sur cette inscription façon jardin botanique.

Ratelier à bicyclettes à GenèveLes armoires électriques aussi sont « camouflées », ici en poste de radio sur la plaine de Plainpalais.

Armoire électrique à GenèveLa mer est loin mais le lac est plus fréquenté de mouettes et de cormorans que de canards et de cygnes. Celles-ci prennent la pause en face de la vieille ville et du Mont Salève.

Mouettes devant la cathédrale de GenèveLe nombre de langues qu’on entend dans les rues de Genève est impressionnant. La ville est le siège de nombreuses organisations internationales. Nous avons d’ailleurs marché jusqu’au quartier du Palais des Nations mais ça n’en valait vraiment pas la peine, les bâtiments sont des immeubles de bureaux assez quelconque, c’est un peu comme le quartier européen de Bruxelles. Du coup c’est dans le centre que nous avons passé le plus de temps en attendant le TGV du soir pour Paris.


Une petite annonce pour finir. Mes voyages pour le restant de l’hiver ne seront probablement pas beaucoup à vélo. Mais rien de tel qu’un petit festival du voyage à vélo pour se mettre des fourmis dans les jambes.

Festival du Voyage à Vélo 2015