Torino

Pas de voyage à vélo cette fois, ce voyage à Turin était une visite de ville des plus classiques, un aller-retour en train, 6h de train aller simple tout de même. C’est donc après une journée quasiment complète assis dans le TGV que nous avons débarqué à Torino Porta Susa.

Le centre ville de la capitale piémontaise n’est pas très grand et c’est à pied que nous nous sommes rendu à l’appartement que nous avions loué. Le trajet était presque intégralement sous des arcades le long des via Cernaia, Pietro Micca et Po. Comme nous avions un peu de temps avant l’heure de rendez-vous à l’appartement, nous nous sommes arrêté sur la plazza Castello, la place centrale de Turin et nous sommes rentrés dans la discrète église de San Lorenzo pour voir son superbe dôme aux voûtes croisées.

Chiesa di San Lorenzo

Au centre de la Plazza Castello se dresse le Palazzo Madama, curieux bâtiment composite moitié château fort, moitié palais classique. Partout sur le mobilier urbain, on trouve le taureau, emblème de la ville.

Plazza Castello et Palazzo Madama

Notre appartement était situé juste au pied de la Mole Antonelliana, le monument le plus emblématique de la ville. Construit originellement pour être une synagogue, elle abrite aujourd’hui le musée national du cinéma.

Mole Antonelliana

Le lendemain, nous avons marché le long de la Dora, un affluent du Po, jusqu’à rejoindre la gare de départ du petit train à crémaillère qui monte à la basilique de Superga.

Rives de la Dora à Turin

Le train à crémaillère, constitué d’un unique et antique wagon, grimpe en une vingtaine de minutes jusqu’au sommet de la colline.

Dans le train à crémaillère Sassi-Superga

Train à crémaillère Sassi-Superga

Nous pensions jouir d’une belle vue sur la ville et les Alpes. Las ! malgré le beau temps, un voile de brume et de pollution masquait en partie la ville et surtout les Alpes, dont les cimes enneigées auraient fait une belle toile de fond. Sur la photo on distingue à peine la Mole Antonelliana sur la droite.

Turin depuis Superga

Au sommet de la colline trône l’imposante basilique de Superga. Dans une crypte que nous n’avons pas visité se trouvent les tombeaux de la famille de Savoie.

Basilique de Superga

Basilique de Superga

Derrière le bâtiment, un mémorial est dressé en l’honneur de l’équipe de football de la ville, dont 27 joueurs sont morts dans le crash de leur avion sur la colline en 1949.

Nous avons repris le train pour redescendre puis avons longé le Pô dans un parc peuplé d’écureuils gris et de corneilles mantelées  jusqu’au centre ville. Au bout d’une passerelle, nous sommes passés devant un monument à Fausto Coppi. C’est le 2ème que je vois cette année après celui du col du Stelvio.

Monument à Fausto Coppi

Rives du Pô à Turin

Arrivés en face de l’immense place Vittorio Veneto, nous sommes passés le long de l’église della Gran Madre di Dio (parait-il une copie du panthéon de Rome) avant de grimper le Mont des Capucins.

Le Pô au pied de la Plazza Vittorio Veneto

Chiesa della Gran Madre di Dio

Le mont des Capucins, bien moins haut et beaucoup plus près de la ville que la colline de Superga, nous à offert une vue bien meilleure sur le centre de Turin.

Turin vue du mont des Capucins

Le sommet de la Mole

Dans la ville, les tramways sont partout et les plus caractéristiques sont dans leur livrée orange. Ici sur le pont Vittorio Emanuele I avec en arrière plan la plazza Vittorio Veneto et tout au fond, dans l’axe de la Via Po, le Palazzo Madama.

Ponte Vittorio Emanuele I

Nous sommes revenus dans le centre et avons déambulé dans les rues. Quelques palais émergent au détour d’une place tel le palazzo Carignano.

Palazzo Carignano

Palazzo Carignano

Sinon la ville est assez homogène, dans la taille et le style des bâtiments, des immeubles de 5 à 6 étages, sur un plan quadrillé très régulier.

Plazza Carignano

Nous avons ensuite visité le musée égyptien de Turin, la 2ème plus grande collection égyptienne au monde après le musée du Caire. Et c’est vrai que le musée est conséquent, nous y avons passé quasiment 3h. Chose agréable, les musées ferment assez tard. 19h ou 20h et le weekend jusqu’à 23h pour le musée du cinéma.

La nuit, la Mole est d’ailleurs particulièrement bien illuminée.

Mole Antonelliena

À force de tourner autour, nous avons bien fini par rentrer dans ce musée du cinéma  le lendemain matin. On nous a conseillé de commencer par monter sur le toit avant l’arrivée de la foule et ce voyage en ascenseur valait le détour. Propulsé dans une petite boite de verre en plein centre du musée et sortant de la coupole par un trou au milieu c’est assez original.

De la terrasse panoramique, la vue sur la ville n’est pas vilaine mais la météo s’était sensiblement dégradée. Nous dominions directement l’immeuble où nous résidions.

L'immeuble où nous résidions vu de la Mole

Panorama depuis la Mole en direction du centre

À l’opposé du centre, s’étend la place Vittorio Veneto, le Pô et le mont des Capucins.

Panorama depuis la Mole

L’intérieur du musée s’étage en galeries autour de l’immense espace central où son projeté des extraits de film en continu qu’on peut regarder depuis des transats.

Musée du cinéma de Turin

Depuis un transat on voit l’ascenseur filer régulièrement et silencieusement à travers la coupole. Ça en jette un peu plus que la cinémathèque française.

Intérieur de la Mole Antonelliena

Après avoir passé quelques heures au musée, nous avons passé l’après-midi à nous promener en ville. Nous avons traversé la via Po, une des principales artère commerçante de la ville. La rue est parcourue par des tramways et, comme beaucoup de rues, elle est pavée de grosses dalles de pierre et bordée d’arcades qui relient même les bâtiments entre eux quand elles croisent les rues perpendiculaires.

Via Po à Turin

Via Po à Turin

Si les rues bordées d’arcades sont l’image de marque de la ville, ce n’est le cas que de quelques axes en réalité. Les rues « normales » n’en restent pas moins relativement jolies. Il se dégage une impression d’une ville qui fut très riche et dynamique, puis s’est endormie suite à quelques crises industrielles. Les dalles de pierre et les arcades montrent une richesse ancienne, mais les façades un peu sales et les rues déformées tout comme l’âge des tramways font comme si le temps s’était un peu ralenti. Notre hôte nous a d’ailleurs dit qu’avant les jeux olympiques d’hiver de 2006, les touristes étaient fort rares à Turin.

Une rue sans arcades de Turin

Nous avons traversé le parco del Valentino qui s’étend le long du Pô. Quelques beaux bâtiments parsèment le parc, notamment une reconstitution de village médiéval, le Borgo medioevale.

Bâtiment dans le parc Valentino

Borgo Medioevale

Les écureuils étaient là encore légions et malgré le fait que l’un d’entre eux ait même grimpé sur l’objectif de mon appareil photo, je n’ai pas une photo nette de l’un d’eux. Alors je mets une photo de statue, ça bouge moins.

Parco del Valentino

Nous sommes ensuite repartis en direction du centre ville, de la gare centrale et de la via Roma, la principale rue commerçante de la ville. La rue traverse la Plazza San Carlo avec ses surprenantes églises symétriques.

Plazza San Carlo

Une portion de la via Roma est laissée au piétons, au moins le week-end, quand on s’approche de la plazza castello.

Via Roma à Turin

Nous sommes repassés devant le très sobre palais royal pour mieux le contourner et voir le Duomo, là aussi très sobre comparé à celui de Milan.

Palazzo Reale Torino

Duomo de Turin

Juste en face se trouve un des rares parc de vestiges romains de la ville, au pied de la Porta Palatina.

Porta Palatina

Nous avons continué notre marche dans des quartiers plus populaires autour du grand marché, puis avons visité le très baroque sanctuaire de la Consolata sur conseil de notre hôte avant de siroter un Bicerin (café, chocolat et lait) une boisson typiquement turinoise. Le soir nous avons mangé dans un excellent restaurant de plus, comme tous les soirs en fait, mais je ne saurais vraiment décrire la nourriture et encore moins la prendre en photo.

Le lendemain, nous avons regagné la gare à pied, constatant sous une légère bruine qu’on peut réellement traverser tout le centre-ville en restant abrité sous les arcades.

 

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Traversée des Alpes 2016 : l’Italie

Dès 7h du matin je suis remonté en selle pour attaquer la montée du col de l’Umbrail. Il n’y a pas eu d’échauffement, ça attaquait directement dans les lacets. En montant tôt, je voulais partir à la fraîche et éviter le trafic prévisible d’un dimanche.

Santa Maria Val Müstair

Jusqu’au col de l’Umbrail, la route a d’ailleurs été très calme et la montée même soutenue était très agréable et encore très à l’ombre des montagnes environnantes. Je ne me suis retrouvé au soleil que quelques lacets en dessous du col qui marque la frontière avec l’Italie.

Umbrail pass

Après une très brève redescente, j’ai continué à monter pour les 250 derniers mètres de D+ qui me séparaient encore du col du Stelvio (2757m, plus haut col du voyage). La route était beaucoup plus fréquentée, notamment par les motards. Le sommet n’est pas très beau, défiguré par une station de ski d’été et des installations pour touristes, heureusement contrebalancées par la sublime face de l’Ortler qui domine le site de ses 3905m.

L'Ortler vu du Stelvio

Col du Stelvio

Je suis arrivé au sommet à 10h20 avec une moyenne au compteur à 5,7km/h. Il n’aurait pas été sage de continuer jusqu’au col de Gavia comme je l’espérais initialement. Du coup j’ai décidé de redescendre dans la vallée du Haut-Adige. Mais comme une course cycliste avait lieu, la route de descente était encore fermée et il a fallu attendre une heure qu’elle ne soit ouverte à la circulation. J’ai patienté avec Warren, un autre cyclovoyageur d’origine américaine vivant à Berlin qui était monté depuis Bormio. On a fait toute la descente des 49 lacets ensemble.

Les fameux lacets du Stelvio

J’ai préféré l’Orlter depuis plus bas dans la vallée de Trafoi. Je préfère en général les paysages ou la haute montagne contraste avec la forêt. Dans les Dolomites j’ai été comblé.

L'Ortler depuis le Val Trafoi

Arrivé dans la vallée de l’Adige, à cet endroit dénommée Val Venosta au Vinschgau, je me suis séparé de Warren qui a préféré suivre la route principale alors que j’ai suivi des indications pour vélo qui m’ont mené sur un superbe itinéraire d’une bonne soixantaine de kilomètres pour descendre la vallée au milieu des vergers.

Vergers du Val Venosta

L’itinéraire était vraiment génial, surtout dans le sens de la descente peut-être. Il y avait beaucoup d’autres cyclovoyageurs sur cet itinéraire qui était en fait la Via Claudia Augusta, permettant de franchir les Alpes au col de Reschen/Resia à 1500m. J’ai croisé un couple de Hollandais ralliant Rome et Rotterdam, un Australien allant également jusqu’aux Pays-Bas…

Kastelbell dans le Val Venosta

Juste avant Lagund/Algundo où j’ai fait étape, l’Adige franchit une sorte de verrou et descend de 200m d’un coup sur la plaine de Merano.

Vue sur Merano

Le lendemain c’était mon étape de repos. Je n’ai roulé guère plus d’une quarantaine de kilomètres à peu près à plat, même plutôt en descente. Je suis d’abord passé à Merano qui est une petite ville thermale très cyclophile et verdoyante à la confluence du Val Venosta et du Val Passiria.

Bains de Merano

Centre de Merano

Comme dans tout le Südtirol, je n’ai eu aucun problème à me faire comprendre en allemand. La province est parfaitement billingue. En fait, de Sierre à Munich j’ai toujours évolué en zone germanophone.

J’ai continué le long de la voie verte, sur une digue le long de l’Adige jusqu’à Bolzano écrasé de chaleur où j’ai glandouillé tout l’après-midi. Bolzano était le point le plus bas du voyage à seulement 260m d’altitude. La ville est, comme Merano, très très cyclophile. Le long des 2 rivières, l’Isarco et la Talvera, la nature pénètre profondément en ville.

Vignobles et château à Bolzano

Les Dolomites ne sont pas loin et dessinent déjà leurs silhouettes déchiquetées sur l’horizon.

Les Dolomites au dessus de Bolzano

Tout comme dans la plupart des vallées alpines que j’ai traversé, j’ai trouvé que les petits châteaux étaient forts nombreux dans les environs.

Castello Roncolo

Les rues du centre sont étroites et colorées et les enseignes sont presque toujours bilingues.

Façade bilingue de Bolzano

Bolzano

Bolzano

J’ai passé la nuit en auberge de jeunesse. Vu le temps, ce confort relatif n’était pas du tout nécessaire, mais j’avais réservé d’avance cet abri en dur. J’ai partagé la chambre avec une petite famille de hollandais, cyclistes du dimanche (dans la chambre ils laissaient un VTT hors de prix et sans la moindre trace de saleté !). Ne pas avoir à replier le camp m’a permis de partir dès 6h du matin. on m’avait préparé le petit déjeuner à emporter.

D’abord sur une voie verte le long de la vallée de l’Isarco, sur le chemin du col du Brenner, j’ai assez vite bifurqué dans une étroite vallée sur l’ancienne route de Tires. Des panneaux m’avertissaient des pourcentages dès l’entrée : 20% puis 24% !

Montée au Passo Nigra

Certes il n’y avait personne sur cette route mais c’était très soutenu sur quelques kilomètres. À Tires j’ai eu un peu de répit mais la montée a continué encore assez fort jusqu’au Passo Nigra (1688m), en pleine forêt sous les falaises du Rosengarten. Le soleil étant derrière ce groupe, je n’en ai pas pris de photo mais c’était écrasant.

La route vers le Passo Costalunga (1745m) était ensuite un superbe balcon. Il y avait tout d’un coup plus de cyclistes, montés en voiture les tricheurs. J’ai beaucoup aimé les paysages des Dolomites avec le contraste entre les forêts de pins et de mélèzes et les falaises ocres abruptes au dessus. Les Dolomites sont divisés en « gruppo » entre lesquels il y a de nombreux cols tous plus beaux les uns que les autres à vélo.

Gruppo Latemar

Je suis redescendu dans la vallée de Pozza pour retrouver une jolie voie verte en fond de vallée, très fréquentée par les touristes allemands et italiens.

Au dessus de Pozza

Cet itinéraire a duré jusqu’à Canazei/Cianacei où plusieurs routes partaient vers les cols environnants. J’ai pris la route des Passo Pordoi et Sella pour finalement me rendre à se dernier. En début d’après-midi, la chaleur a été particulièrement éprouvante et je me suis arrêté assez souvent pendant la montée. Il faut dire que j’avais déjà les 1500m de D+ du matin dans les pattes.

Dolomites

Gruppo Sella

Dans la montée, la Marmolada, le plus haut sommet (3342m) et je crois le seul avec un glacier des Dolomites, se dévoilaient petit à petit.

La Marmolada

Le Passo Sella (2214m) et la route qui suivaient vers le Passo Gardena (2121m) constituaient le plus beau site de la journée. Au col, un cycliste de route a pris mon antivol pour une batterie !

Passo Sella

Ma photo préférée des Dolomites est celle du Val Gardena depuis le col homonyme, 4ème et dernier col de la journée la plus difficile mais la plus grandiose du voyage.

Passo Gardena

Le lendemain, ma 2ème journée dans les Dolomites, il faisait toujours aussi chaud et je suis encore parti tôt. Mais en fait partir tôt permet juste de rouler à la fraîche, mais le trafic est déjà important avec les randonneurs qui montent se garer aux cols et les ouvriers qui vont sur les chantiers.

Après une courte descente dans la vallée de l’Alta Badia, je suis reparti à l’assaut des cols de Valparola et Falzarego.

Village de l'Alta Badia

Dans la montée vers le col de Valparola

Le col de Valparola (2197m) est agrémenté d’un petit lac de montagne et la route descend ensuite en direction du col de Falzarego (2105m).

Lac au col de Valparola

Entre Valparola et Falzarego

Après le col de Falzarego j’ai profité d’une longue descente vers la principale ville des Dolomites : Cortina d’Ampezzo. C’est une ville que je n’ai pas trouvé très agréable à cause d’un système de traversée en sens unique pas pratique à vélo. Et il y avait un trafic important.

Cortina d'Ampezzo

Tunnel dans la descente vers Cortina d'Ampezzo

Je suis reparti à l’assaut d’un ultime col dans les Dolomites, celui de Tre Croci (1809m). La montée en forêt atténuait les effets de la chaleur mais comme d’habitude, la deuxième montée de la journée est toujours un peu plus difficile que la première. Le col est dominé par les falaises du Monte Cristallo. On peut y monter en télésiège, c’est un des défauts des Dolomites, les montagnes sont suréquipées en installations pour le ski ou pour l’été.

Monte Cristallo

En débouchant plus bas sur le lac de Misurina, j’ai enfin pu apercevoir les sommets les plus connus du massif : les Tre Cime di Lavaredo ou Drei Zinnen en allemand. De cet angle, on avait toutefois l’impression qu’il n’y en avait que deux.

Tre Cime di Lavaredo

Je suis ensuite redescendu en direction de Toblach/Dobbiaco en suivant en partie un grand itinéraire cyclable Munich – Venise et j’ai pique-niqué au bord du joli lac de Dobbiaco.

Lac de Dobbiaco

À partir de Dobbiaco j’ai eu la surprise de me retrouver sur un superbe itinéraire cyclable le long de la Drau (ou Drava quand elle rejoint les pays de langues slaves avant de se jeter dans le Danube. Le paysage avait bien changé et les formes déchiquetées des Dolomites avait laissé la place à des versants plus doux de forêts et alpages. Le passage de la frontière autrichienne n’était même pas marqué, je me suis rendu compte que j’étais en Autriche au passage d’une gare dont les panneaux avaient changé d’allure.

Comme toutes les vallées de passage, elle est parsemée de châteaux.

Schloss Heinfels

J’ai campé peu après mon entrée en Autriche. La traversée de ce pays sera pour le prochain et dernier article.