Page 24 – l’ultime brasserie

Pour la dernière sortie vélo-brasserie de l’année, j’ai co-organisé l’évènement avec Phlau. Au départ d’Arras nous étions 11 dont 3 venus en TGV de Paris. Je connaissais la plupart des participants pour avoir déjà participé aux expéditions à Westvleteren en 2014 et 2015.

Nous avons commencé par traverser le joli centre d’Arras, un peu gâché par un énorme marché de noël en plus du marché « norrmal » du dimanche matin. Les maisons marchandes très régulières forment un ensemble impressionnant autour de la Grand’Place et de la place des héros. Mais ce sont le beffroi et la citadelle qui sont classés à l’UNESCO.

Grand Place d'Arras

Beffroi d'Arras

Nous sommes sortis de la ville en traversant la citadelle Vauban et ses pavés bien bombés.

Citadelle d'Arras

Nous avons ensuite remonté la vallée de la Scarpe de village en village jusqu’à la quitter par un bon raidillon jusqu’au pied des tours du Mont Saint-Eloi. Cette ancienne abbaye a été démantelée pendant la révolution.

Mont St-Eloi

Mont St-Eloi

Le vent nous a poussé un peu plus franchement jusqu’au village suivant mais c’était pour mieux attaquer la plus grosse côte de la journée pour la colline Notre-Dame de Lorette. La colline est couronnée par une gigantesque nécropole de la première guerre mondiale.

Nécropole Nationale de Notre-Dame de Lorette

Devant Notre-Dame de Lorette

À côté, un monument beaucoup plus récent se dresse : un anneau de mémoire listant les noms de 580.000 soldats tués au combat, tous camps confondus, 40 nationalités, sans distinctions de grades, juste des noms. Il y en a 5 qui portent mon nom de famille.

Anneau de mémoire à Notre-Dame de Lorette

Anneau de mémoire à Notre-Dame de Lorette

Anneau de mémoire à Notre-Dame de Lorette

Anneau de mémoire à Notre-Dame de Lorette

Dans la descente de la colline, on surplombe bien toute l’agglomération de Lens, reconnaissable au stade Bollaert et à ses énormes terrils jumeaux de 140m de haut.

Terrils de Lens

À Souchez, juste au pied de la colline, nous nous sommes arrêtés dans un estaminet pour engloutir des spécialités locales : carbonnade, Potjevleesch, Martiflette… et boire quelques bières locale. Les bières locales étant des Page 24, la brasserie où nous nous rendions.

Une heure de route plutôt intense après manger, nous sommes arrivés à peine en retard pour la visite guidée.

La brasserie est vraiment grande pour une « micro-brasserie ». C’est de loin la plus grande que j’ai visité hormis peut-être Rouget-de-Lisle dans le Jura mais que nous n’avions pas visité en juillet. Le processus de fabrication est en voie d’automatisation, des tuyaux vont des silos aux machines de concassage puis aux cuves de brassage. La machine qui embouteille n’a rien de comparable aux machines manuelles qui pouvaient fermer 5 bouteilles maximum que j’ai vu presque partout ailleurs.

Sacs de malt à la brasserie St-Germain

Réservoirs pour les bières de garde

Nous avons fait une petite dégustation et quelques emplettes. Je n’ai choisi que des bières inconnues.

Le trajet retour vers Arras était plus direct que l’aller. Nous nous sommes seulement arrêté quelques minutes au mémorial canadien de Vimy.

Mémorial canadien de Vimy

Puis nous avons eu droit à un coucher de soleil rose flamboyant avant d’arriver à Arras à la nuit noire. Le centre-ville vide le matin était cette fois noir de monde. Nous n’avions qu’un petit peu d’avance sur le TGV. Le timing de la journée était très précis et avec les longs arrêts au restaurant puis à la brasserie il ne fallait pas trop chômer pour parcourir la soixantaine de kilomètres du parcours.

Le parcours : http://www.openrunner.com/index.php?id=5514543

Le butin :

Bières rapportées de la Brasserie St-Germain

Cette sortie est clôture en beauté mon dodéc’houblax 2015, commencé avec la visite de la Brasserie Saint-Rieul en janvier, dont voici une carte récapitulative :

Carte du dodéc'houblax 2015 (cliquer pour voir les détails)

Au total ce sont un peu plus de 1400km parcourus (le plus court 62km, le plus long 170km) et 27 litres de bières rapportés tout au long de l’année. Hors du grand groupe de février, j’ai roulé avec 25 personnes différentes. Le participant le plus fidèle est venu 5 fois.

Le défi est achevé et je ne reconduirai pas ce genre de balade aussi régulièrement l’année prochaine. Mais Phlau a pris le relais sous le nom « zythocyclade » : http://cycliqueetsesclacs.blogspot.fr/. Cette fois c’était d’ailleurs déjà sa 5ème sur 12. Il sera probablement le deuxième à compléter un dodéc’houblax (il faudra qu’on songe à éditer un diplôme !), verdict en juillet prochain.

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Distrikt Beer par la route des châteaux

Pour cette avant-dernière expédition brassicole de l’année j’ai jeté mon dévolu sur la brasserie Distrikt Beer dans les Yvelines. En fait je voulais la visiter dès cet été mais elle a tellement de succès qu’elle était, à ce moment-là, chroniquement en rupture de stock.

J’ai roulé avec Benoît et nous avons démarré à Dreux, ce qui signifie qu’il a d’abord fallu se faire violence pour attraper un transilien à 6h58 du matin à Montparnasse. Le temps qu’il atteigne Dreux, le soleil se levait à peine et la température hésitait entre au dessus ou au dessous de zéro.

Évidemment le centre-ville était désert, tout comme les abords de la chapelle royale sur sa colline.

Maisons à colombage à Dreux

Dreux le matin

Chapelle royale de Dreux

À peine partis de cette brève halte touristique, j’ai crevé. À 2 on a réparé rapidement, tout seul ça aurait été un peu plus laborieux. La chambre à air a fait son temps. Il faut dire que j’ai battu un record de longévité sans crevaison : 18.095km !

Nous avons commencé par longer la voie verte de la vallée de l’Eure. Elle nous a rapidement soûlé à cause des barrières placés à chaque croisements, même les chemins forestiers et les entrées privées, qu’il faut passer au pas en se contorsionnant. C’est une voie verte anti-tandems, anti-remorques, bref presque anti-vélos !

Nous avons quitté la voie verte à Ézy-sur-Eure pour traverser la rivière et arriver au château d’Anet.

Château d'Anet

Avec le froid, mon appareil photo à d’abord refusé de s’ouvrir. Pour le reste de la journée, j’ai dû le transporter à l’intérieur de la veste pour que la batterie tienne. Ce n’était que le premier d’une longue série de châteaux que je n’ai pas tous pris en photos (de la Herse, de Bourdonné, de la Mormaire…).

Nous avons longé ensuite la petite vallée de la Vesgre par de jolies routes jusqu’à Houdan.

Donjon d'Houdan

Église d'Houdan

Ensuite nous avons emprunté des routes un peu plus chargées, Île-de-France oblige, jusqu’à la forêt de Rambouillet. Là nous avons trouvé une petite piste cyclable pleine de racines mais vraiment sympathique pour une visite en profondeur de la forêt.

Dans la forêt de Rambouillet

Dans la forêt, le relief est devenu plus sensible. Nous avons débouché à Montfort-l’Amaury où tous les joggers et trailers parisiens et des Yvelines semblaient s’être donné rendez-vous pour montrer leurs grosses voitures et leurs vêtements ou chaussures techniques hors-de-prix. Je ne suis pas sûr qu’ils couraient vraiment puisqu’on a vu surtout des gens sur les parkings. Un peu plus loin, on nous doublera en faisant ronfler le moteur de sa voiture de sport.

Montfort l'Amaury

À partir de Montfort, les châteaux étaient systématiques. Les villages annoncaient la couleur : Les Mesnuls : son église, son château, son allée de tilleuls…

Château des Mesnuls

C’est sur la route affreusement pavée devant le château que nous seront pris par un radar à 134 et 199km/h ! Le passage fût évidemment trop rapide pour envisager immortaliser l’instant en photo.

Château de Pontchartrain

Nous avons rallié la brasserie en tout début d’après-midi après avoir rapidement grignoté au Tremblay-sur-Mauldre. Nous avons eu le temps de déguster les 3 bières différentes avant de visiter la brasserie. Une blonde légère, une blonde houblonnée (houblons Simcoe, Chinook et Eldorado pour les connaisseurs), une blonde triple infusée aux copeaux de fût de whisky en chêne. Toutes 3 très bonnes dans leurs catégories. Le brasseur est un vrai passionné. Et il était content d’avoir de nombreux visiteurs à vélo ce jour, puisque juste après notre départ, nous avons croisé un groupe d’une bonne vingtaine de personnes qui arrivait de Paris, le même groupe que j’avais accompagné en février à la brasserie Parisis.

Puisqu’il n’était pas encore 15h, j’ai décidé de rentrer jusqu’à Montreuil, alors que j’étais plutôt parti pour reprendre un RER à St-Germain (c’était l’option fainéante à seulement 100km). Le fait d’être avec Benoît qui connaît parfaitement la banlieue sud-ouest me motive un peu.

Nous sommes passés devant le château de Versailles, puis avons traversé la forêt de Meudon noire de promeneurs.

Château de Versailles

Nous nous sommes séparés aux portes de Bagneux. J’ai raté la micro voie verte de l’aqueduc de la Vanne pour rentrer dans Paris à partir du carrefour de la vache noire, puis j’ai rejoins les maréchaux au niveau du stade Charlety. Avant 17h30 j’étais rentré chez-moi.

Voila le parcours de 134km : http://www.openrunner.com/index.php?id=5066301

Et voila le butin, 2 bouteilles de chacune des 3 variétés :

Les 3 bières de Distrikt Beer

 

 

Troisième virée aux 3 Loups

C’est la troisième année consécutive que je rends visite à la brasserie Les 3 Loups à vélo. C’est la seule brasserie de ma tentative de dodéc’houblax que je connais déjà. Le premier week-end d’octobre elle fait portes ouvertes pour son anniversaire et cette année c’est le 6ème.

Le rendez-vous est fixé à 7h du matin sur le parvis de Notre-Dame. C’est l’heure où quelques rares touristes sont étonnés de trouver la cathédrale fermée et où les gens continuent de vous souhaiter bonne soirée. Les 2 autres années nous étions partis du parvis de la Gare de Lyon, mais cette année le point zéro des routes de France nous a semblé un point de départ plus légitime.

Notre-Dame à 7h du matin

Nous sommes 7 à prendre le départ. Mais finalement 6 après une crevaison à seulement 2km du départ. Les pistes cyclables ne sont pas encore nettoyées des bris de verre du samedi soir à cette heure.

D’abord le long de la Seine et de la Marne, puis un moment sur la Nationale 4, déserte à cette heure, nous grimpons sur le plateau briard et sortons de la banlieue au niveau de Roissy-en-Brie. L’itinéraire est le même depuis 3 ans, testé et approuvé. Entre Roissy-en-Brie et la vallée du Grand Morin les grandes lignes droites sont le rendez-vous des cyclistes du dimanche. Un groupe d’une bonne cinquantaine de personnes nous double avec 3 voitures suiveuses, je ne comprends pas comment on peut aimer faire du vélo ainsi.

Après Crécy-la-Chapelle, vient la seule véritable côte du trajet.

Crécy-la-Chapelle

Un 2ème plateau frisquet (8°C) nous mène jusqu’à Jouarre puis une courte descente jusqu’à la Marne à La-Ferté-sous-Jouarre. Nous longerons ensuite la rivière jusqu’au bout.

À La Ferté nous avons déjà 80km dans les roues, les 2/3 de la distance totale. Il est à peine 11h. Il est plus que temps de faire une pause café. Cette année personne ne nous rejoins en train pour partir d’ici et la pause est expédiée.

Les vignobles font rapidement leur apparition et nous pénétrons dans l’Aisne, plus précisément le bas de l’Aisne (à l’oral l’expression passe mieux). Nous faisons la pause déjeuner à Château-Thierry sur une aire de pique-nique au bord de la rivière qui n’existait pas l’an dernier. Il ne nous reste alors plus que 19,5km avant la brasserie et les derniers méandres de la Marne sont la plus belle partie du parcours.

vignobles de la vallée de la Marne (2013)

Passy-sur-Marne

Nous arrivons à la brasserie avant 14h. Nous avons roulé à près de 23km/h de moyenne sur les 125km, la plus rapide des 3 éditions. L’accueil à la brasserie est toujours chaleureux. Il y a de plus en plus de monde année après année. Les verres servis sont généreux pour une dégustation et la gamme de bière est très étendue : blanche, blonde, ambrée, IPA, triple, stout. D’ailleurs les brasseurs qui s’essayent à la stout sont assez rares, ça ne se vend pas très bien, c’est trop particulier. Le four tourne également à plein régime pour accompagner tout ça. Nous prenons notre temps avant de nous rendre à la gare de Dormans toute proche.

Au retour nous ratons l’emplacement vélo du train, la SNCF n’ayant pas pensé à mettre des logos des 2 côtés de la voiture ! Dommage parce que ces « TER vallée de la Marne » ont toujours un espace dédié, pas très pratique (un simple compartiment sans sièges auquel on accède par des portes étroites) mais qui a le mérite d’exister. La première année nous avions fait tenir 9 vélos dedans.

Vélos au retour en 2013

Le butin rapporté cette année est constitué de 8 bouteilles de 33cl 50cl. Un peu de tout sauf de la blanche.

Les bières 3 Loups

Voila le parcours : http://www.openrunner.com/index.php?id=5338826

 

Boucle jusqu’aux Bières de Brie

Pour le dernier houblax estival, j’opte pour une brasserie relativement proche, la brasserie Rabourdin à Courpalay en Seine-et-Marne, à peu près aux deux tiers de la distance entre Paris et Provins.

Il fait un temps très gris. Quelques gouttes tombent même alors que j’attends Adèle et Julien sur le pont de Tolbiac.

BNF depuis le pont de Tolbiac

Malgré les prévisions très peu engageantes, ils sont venus. Nous empruntons les bords de Marne jusqu’au port de Bonneuil. Je cafouille un peu dans Sucy-en-Brie, pensant retrouver facilement la variante qui fait éviter la route principale. Puis nous nous retrouvons en forêt Notre-Dame et enfin sur la voie verte du chemin des roses. Heureusement il ne pleut toujours pas. Sinon nous serions déjà repeints car une bonne partie de ce trajet n’est pas revêtue.

À Guignes, nous complétons nos vivres à la boulangerie et notre eau au cimetière. Le ciel est toujours menaçant au dessus des torchères de la raffinerie de Grandpuits au loin. Mais nous parvenons à Courpalay toujours secs.

La brasserie Rabourdin a quitté la ferme familiale cette année pour emménager dans l’ancien silo à grain des années 30 du village. L’énorme construction en béton est austère, même repeinte en blanc. Il y a un espace de vente et dégustation à l’intérieur. Nous goûtons 2 excellentes bières, faisons nos emplettes et allons pique-niquer sur un banc public du village.

Silo de Courpalay

Peu après manger, il se met à pleuvoir des cordes. La petite route qui nous fait passer devant le château de la Plumassière se couvre vite d’un centimètre d’eau et est martelée bruyamment. L’averse se calme mais dure encore une partie de l’après-midi sur les jolies routes entre Marles-en-Brie, Neufmoutier et Favières.

Au franchissement des voies TGV je sors quand même l’appareil photo pour immortaliser le passage du col du Lapin.

Col du Lapin

La pluie cesse à Favières et nous avons même le temps de sécher avant d’atteindre Jossigny, un village encore étonnamment petit vu sa situation dans la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, entre 2 villes sorties de terre en vingt ans : Bussy-St-Georges et Val-d’Europe. D’ailleurs c’est à Bussy-St-Georges que je laisse Adèle et Julien rentrer en RER. C’est la fin que j’avais prévue pour la balade. Ils ont parcourus déjà 114km. Comme il fait plutôt beau, je décide de rentrer à vélo.

Je rejoins les bords de Marne à la chocolaterie de Noisiel.

Chocolaterie de Noisiel

Puis je longe la rivière par la voie cyclable jusqu’au pont de Bry. En m’engageant dessus je vois le rideau de pluie descendre de la colline de Nogent. Une minute après je suis trempé et les 20 dernières minutes du trajet se sont déroulées sous une averse carabinée. Les voitures roulaient au pas et la raide montée du pavillon Baltard était un véritable torrent. Mais quand on sait qu’on est presque arrivé, c’est un plaisir un temps comme ça.

C’est le deuxième Houblax que je fais en boucle depuis chez-moi après celui de la Brasserie Parisis en février. Et c’est également le deuxième plus arrosé après celui de la Franche en avril !

Au final un parcours de 137km :

Parcours du Houblax#09

 

Bières de Brie

J’espère qu’elles seront meilleures que celles de la Petite Brasserie Picarde qui se sont révélées très décevantes en bouteille.