Tenerife

Pendant les fêtes de fin d’année, je suis allé en famille une semaine sur l’île de Tenerife. Dans l’archipel espagnol des Canaries, Tenerife est l’île la plus grande et la plus peuplée et est dominée par le Pic de Teide et ses 3700m d’altitude dont on voit nettement la silhouette triangulaire dès l’arrivée en avion.

Nous étions basés à Los Gigantes, une petite ville au nord ouest de l’île et avions loué une voiture 7 places pour nous déplacer tous ensemble. La première impression que nous a laissé Tenerife à l’arrivée est celle d’une île très urbanisée. Le long de l’autoroute s’étalent des entrepôts commerciaux et des parcs d’attraction dans un paysage très sec et poussiéreux.

Le premier jour nous nous sommes éloigné de cette côte vers l’intérieur pour traverser l’île par la route panoramique du Teide, dans l’immense caldeira du volcan. Assez vite avec l’altitude, les villes laissent la place aux villages puis à une forêt de pins assez clairsemée au milieu d’anciennes coulées de lave. La forêt fini par disparaître et la caldeira offre des paysages lunaires.

Caldeira du Teide

Au milieu de la Caldeira se dressent le Teide et, plus trapu, le Pico Viejo, au flanc duquel à gauche on distingue plus sombre les « narines du Teide », lieu de la toute dernière éruption dans la caldeira en 1798.

Le Teide

Nous sommes sortis de la caldeira sur le versant nord de l’île pour aller visiter les 2 villes de la Orotava et Puerto de la Cruz. Ces 2 villes ont conservé des bâtiments de l’époque coloniale dont la Casa de los Balcones est un des plus connu.

Casa de los Balcones

Les jardins publics sont agréables, la côte nord étant plus humide que celle où nous résidions. Nous avons vu de beau spécimen de dragonniers, un arbre emblématique des Canaries mais qu’on ne trouve plus guère dans les forêts.

Dragonnier des Canaries

À Puerto de la Cruz, la ville voisine en bord de mer, se trouve un superbe jardin botanique. Assez ancien, il a pu laisser grandir certaines plantes jusqu’à des dimensions extraordinaires et adapte d’ailleurs le tracé de ses allées aux racines des arbres.

Ficus à Puerto de la Cruz

Le centre-ville est plus touristique que celui de la Orotava, bord de mer oblige et les façades sont égayées de grandes fresques.

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Le ciel s’est chargé en accrochant les nuages au flanc de la montagne, donnant l’impression qu’un orage allait éclaté, mais ce phénomène était en fait très localisé sur la côte nord.

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Une portion de la plage de galet n’était qu’un empilement de cairns.

Puerto de la Cruz

À peine franchi le col pour revenir sur la côte ouest, le soleil brillait à nouveau. Nous constaterons à nouveau à quel point l’île est faite de micro-climats.

Le lendemain nous sommes partis en randonnée dans le massif du Teno, à la pointe nord-ouest de l’île. Ce massif est couvert d’une forêt de lauriers et de bruyères. Et en effet, il accroche bien les nuages et le brouillard et nous ne verrons pas beaucoup le paysage à part au départ à El Palmar et sa montagne creusée par l’homme.

Montana del Palmar

Sur l’autre versant, les vues jusqu’à la côte ont été rares.

Massif du Teno

Sur l’impressionnante route du retour, nous avons fait halte à Masca, au milieu de son cirque volcanique.

Masca

Masca

Le jour suivant, pendant que 2 d’entre-nous sont allés observer les baleines, nous avons fait une randonnée sur le flanc du Teide, au niveau de la limite supérieure des pins, au lieu-dit de la montagne de Samara. Le sentier bien balisé nous a mené entre les coulées de lave de différentes structures dans une atmosphère fraîche et venteuse. Au fond on distinguait les îles voisines de la Gomera, la Palma et El Hierro.

Montana de Samara

Montana de Samara

Le Pico Viejo et le Teide étaient visibles presque en permanence.

Le Teide et le Pico Viejo

La reventada et le Teide

Montana de Samara

La route à cet endroit est un billard sublime et il n’est pas étonnant que la destination soit appréciée des cyclistes en hiver.

Montana de Samara

Route au pied de la Montana de Samara

L’après-midi, nous sommes allés tous ensemble voir les pyramides de Guimar. Le site est assez cher pour ce qu’il y a à y voir, des pyramides dont l’origine reste sujet à spéculation et un jardin botanique qui n’arrive pas à la cheville de celui de Puerto de la Cruz.

Pyramides de Guimar

Nous sommes aussi allé visiter la petite ville côtière de la Candelaria, où se trouve le plus grand centre de pèlerinage de l’île.

La Candelaria

On y a trouvé également un très grand village de santons, avec des détails incongrus.

La Candelaria

Le lendemain nous avons préféré profiter de la ville de Los Gigantes, sans prendre immédiatement la voiture. Nous sommes allés jusqu’au site qui donne son nom à la ville : les immenses falaises qui tombent du Teno dans l’océan Atlantique.

Los Gigantes

L’après-midi nous sommes remontés dans la caldeira pour faire le tour des Roques de Garcia, des rochers aux formes extraordinaires, d’anciennes cheminées volcaniques que l’érosion a laissé et sculpté.

La cathédrale

Roques de Garcia

Roques de Garcia

Et bien sûr tout ceci au pied de l’imposant pic de Teide.

Roques de Garcia

Caldeira

Le jour suivant nous avons décidé de faire un long trajet jusqu’à l’autre bout de l’île, dans le massif de l’Anaga.

Au passage, nous nous sommes arrêté dans la capitale de l’île, Santa Cruz. Nous y avons visité un marché et déambulé dans les rues très actives du centre.

Santa Cruz de Tenerife

Santa Cruz de Tenerife

Comme le massif du Teno, l’Anaga jouit d’un climat particulier, plus humide et où le brouillard s’accroche. La bruyère y atteint des tailles encore plus importante que dans le Teno. Nous nous sommes promené à partir du dernier village de la route jusqu’au phare de l’Anaga, l’extrême pointe nord-est.

Anaga

Faro de Anaga

Au retour nous sommes passés par la côte nord au lieu de l’autoroute de la côte sud, la traversée de l’île nous a pris plus de 2h.

Le dernier jour, nous sommes montés à nouveau dans la forêt de pins à mi chemin de la caldeira, près du volcan Chinyero. Et une partie d’entre nous est redescendu jusqu’à Los Gigantes à pied, une vingtaine de kilomètres de descente dans les coulées de lave et les barrenco (ravins), plus loin des autres touristes que d’habitude.

Chinyero

Chinyero

Coulée de lave du Chinyero

Le lendemain nous avons repris l’avion pour refermer cette courte parenthèse ensoleillée au milieu de l’hiver.

 

 

Publicités

Venise

Après une bonne nuit de sommeil dans le train Thello, nous avons ouvert les rideaux sur le lac de Garde et environ 2h plus tard, au bout de la longue jetée routière et ferroviaire, nous sommes descendus à la gare de Santa Lucia.

Un abonnement de transport en poche et une volée de marche plus loin et ça y est, le grand canal, principale artère de Venise était à nos pieds. Le trafic de vaporettos et embarcations diverses était très dense.

Grand Canal devant la gare Santa Lucia

Plutôt que de faire la queue à la station de vaporetto de la gare, très encombrée, nous avons marché un peu jusqu’à la station suivante. Assez vite, la foule a disparu dans le dédale des ruelles. Nous avons croisé quelques livreurs à pied avec des charrettes conçues pour passer les multiples escaliers mais l’essentiel des livraisons avait l’air de se faire par bateau. Le grand canal n’est pas bordé de quais à cet endroit et on ne peut l’apercevoir qu’au bout de certaines places ou ruelles.

Livraison sur le Grand Canal

Nous avons pris un vaporetto jusqu’à Sant’Elena, l’île la plus à l’Est du centre ville de Venise, pour commencer nos déambulations pédestres. Car Venise est une ville qui se découvre essentiellement à pied. A Sant’Elena, les rues sont un peu plus larges et calmes qu’ailleurs et un vaste jardin s’étend près de la station de vaporetto, face à l’île de San Giorgio Maggiore.

San Giorgio Maggiore vu de Sant'Elena

rue de Sant'Elena / Castello

Notre promenade nous a mené autour du jardin de la biennale, mais nous n’avons pas profité de l’évènement ici car finalement beaucoup d’exposition en off se tenaient un peu partout dans la ville avec des pavillons par pays. C’est à ce niveau que démarre la Riva degli Schiavoni, la longue suite de quai qui forme la limite sud du centre ville et va jusqu’à la place Saint Marc.

Riva degli Schiavoni

Nous avons déambulé franchement en zig-zag pour voir le plus de choses possibles dans l’impressionnant labyrinthe de canaux et de ruelles que constituent tout le centre de Venise. Ce quartier de Castello, mis à part la Riva degli Schiavoni était plutôt un quartier calme et peu fréquenté par les touristes. C’est là que se trouve l’Arsenal, le quartier fermé des chantiers navals dont on ne peut voir que la porte et les hauts murs.

Entrée de l'Arsenal de Venise

Marchand de fruits et légumes sur son bateau

Lorsque la rue longe un canal, il s’agit d’une fondamenta, quand elle se perd entre les hautes maison, c’est plutôt une calle ou un corte, et les places prennent le nom de campo ou campiello. Et il y a quantité d’autres façons de désigner une voie. Venise à son propre vocabulaire. Même si les ruelles ne longent pas un canal, elles en coupent souvent un et cela donne de belles perspectives.

Un canal de Castello

Un canal de Castello

Progressivement, nous sommes revenus plus près de la place Saint Marc et de la grande station de vaporetto de San Zaccaria. De là, nous avons embarqué pour l’île de San Giorgio Maggiore, juste en face, pour profiter de ce premier jour ensoleillé et monter au campanile de San Giorgio.

Le parvis de San Giorgio est vraiment juste en face du palais des Doges et de la place Saint Marc où se dresse le campanile du même nom.

San Marco vu de San Giorgio Maggiore

Le campanile de San Giorgio est beaucoup moins fréquenté que celui de San Marco, mais malgré la très faible capacité de son ascenseur (6 places), nous n’avons pas attendu longtemps pour jouir du panorama sur toute la cité avec au premier plan la punta della Dogana, l’embouchure du grand canal et la place Saint Marc.

Punta della Dogana depuis San Giorgio

San Marco depuis San Giorgio

Quartier de Castello depuis San Giorgio

Nous avons ensuite regagné le centre ville et le quartier de Cannaregio, le quartier le plus populaire du centre, pour récupérer les clés de notre logement dans une rue perpendiculaire aux fondamente Nove, les quais nord de la ville.

Après nous être heurté à quelques restaurants vides mais complètement réservés, nous avons dîné dans une pizzeria du quartier.

Le lendemain, profitant encore du temps très favorable, nous avons décidé de partir visiter les îles de Burano et Murano. La première se trouve à 40min de vaporetto de la station fondamente Nove. Elle est connue pour son artisanat de dentelle et ses petites maisons très colorées.

Le voyage en vaporetto a été l’occasion de se rendre compte que si la lagune est vaste, les chenaux de navigation sont bien balisés et hormis quelques rares pêcheurs, les embarcations à moteur doivent s’y tenir.

A peine débarqués, nous nous sommes rués sur une petite boulangerie qui vendait les fameux essi de Burano, des petits biscuits en forme de S, pour les dévorer en buvant un café puis en marchant.

Burano

Il est vrai que les façades colorées se prêtent particulièrement à la photo. Et la promenade matinale y a été fort agréable car nous étions pratiquement seuls.

Burano

Burano

Burano

Burano

Une passerelle relie Burano à Mazzorbo où nous avons repris un vaporetto pour Murano.

Burano

Murano est plus industrieuse et beaucoup plus fréquentée que Burano. Les boutiques vendent quasi exclusivement du verre : de la vaisselle, des bijoux, des sculptures diverses… toutes en verre multicolore.

Sur l’île, nous avons visité une église ou une côte de baleine passe pour un os de dragon.

Murano

Nous sommes ensuite revenus dans le centre ville et nous sommes promenés à la nuit tombée autour de la place Saint Marc.

San Zaccaria

Le lendemain, le temps à peine plus gris, nous a incité à opter pour les musées et notamment les 2 sites de la fondation Pinault : le palazzo Grassi et la Punta della Dogana qui hébergeaient une exposition de Damien Hirst. L’exposition était l’histoire fantasmée d’une découverte d’une épave pleine d’artefacts de différentes civilisations amassées par un esclave affranchi.

Palazzo Grassi

D’abord présentée sous un jour crédible, avec même des vidéos des plongeurs remontant les statues du fond de l’océan, la découverte vire à la farce quand les objets représentant d’abord des éléments des mythologies grecques, romaines ou égyptiennes dérivent vers les civilisations d’Amérique centrale ou du nord, voire aux personnages de Disney.

Palazzo Grassi

Entre les deux sites de l’exposition, nous avons visité quelques pavillons off de la biennale d’art contemporain et emprunté la passerelle de l’Académie pour rejoindre le quartier de Dorsoduro.

Campo San Vio

Le deuxième site est un ancien bâtiment des douanes (Punta della Dogana) qui a eu droit à une rénovation très réussie. Dans sa globalité, l’exposition était vraiment chouette.

Nous avons fait le tour de la pointe de la douane puis longé les quais sud de Dorsoduro avant de traverser pour l’île de la Giudecca. Les banderoles pour exprimer le mécontentement des habitants envers les navires de croisières étaient nombreuses dans le quartier car ces énormes immeubles flottants passaient entre Dorsoduro et la Giudecca jusqu’à la fin de l’année 2017.

Dorsoduro depuis la Giudecca

L’île de la Giudecca avait l’air plutôt boudée des touristes car elle n’est pas très dense en attractions. Le principal bâtiment qui nous y a attiré est le Molino Stucky, une ancienne minoterie gigantesque reconvertie en hôtel de luxe.

Molino Stucky

Les ruelles de l’île étaient vraiment désertes.

Giudecca

Cheminées à la Giudecca

Comme toutes les autres îles, la Giudecca est en réalité constituée de plusieurs îles car elle est coupée de part en part par de nombreux canaux.

Canal traversant la Giudecca

Le soir nous avons à nouveau dîné le long de la fondamenta Misericordia, une longue fondamenta du quartier de Cannaregio, à proximité immédiate de notre logement et plutôt bien garnie en restaurants.

Le lendemain, nous nous sommes levés un peu plus tôt pour aller visiter le palais des Doges (Palazzo Ducale) dès l’ouverture. Même s’il fallait traverser toute la ville à pied pour y aller, le trajet ne nous a pas pris plus de 20 minutes. La ville est vraiment à taille humaine.

Palazzo Ducale

La basilique Saint Marc forme un côté de la cour intérieure du palais des Doges. Les salles sont richement décorées et la salle du grand conseil est une des plus vastes pièces que j’ai pu voir (54m x 25m).

Palazzo Ducale

Le pont des soupirs relie le palais aux prisons et contrairement à la grande majorité des touristes je ne l’ai même pas pris en photo.

Prisons du palais des Doges

Nous étions rentrés dans le palais par le quai San Zaccaria, nous en sommes sortis côté place Saint Marc, dans l’axe de l’escalier d’honneur où les quelques 120 doges qui ont régné successivement sur la sérénissime ont été investis.

Nous avons ensuite visité la basilique Saint-Marc à l’heure où les mosaïques dorées sont illuminées. C’est le seul bâtiment pour lequel nous avons un peu fait la queue, sur des palettes et tréteaux car la basilique étant au point le plus bas de Venise, elle se fait facilement cerner par les eaux à marée haute.

Place Saint Marc

Du balcon de la basilique la vue est splendide sur la place.

Place Saint Marc

Palais des Doges vu de la basilique

Dans l’après-midi nous sommes retourné dans le quartier de Dorsoduro pour l’arpenter en long, en large et en travers. Nous y avons mangé une délicieuse glace, la première du séjour et fait une pause pour un spritz, pas le premier du séjour, l’apéritif traditionnel vénitien au coucher du soleil.

Le quartier un peu excentré devient rapidement délaissé des foules et offre des balades agréables et plusieurs places sympathiques. Proche de l’université, certaines parties du quartier sont très fréquentées des étudiants.

Chantier Naval à Dorsoduro

Canal à Dorsoduro

Campo San Barnaba

En revenant vers le pont du Rialto, nous avons retrouvé une ville moins plaisante, plus dédiée au tourisme et aux souvenirs. Mais il est vrai que dans ce quartier, les palais qui bordent le grand canal sont parmi les plus beaux.

Gondoles près du Rialto

Le dernier jour de notre séjour, nous avons laissé notre sac à la consigne de la gare pour déambuler plus librement dans le quartier de Cannaregio, notre quartier de résidence et pourtant celui que nous avions le moins visité jusque là.

Canal de Cannaregio

C’est un quartier plutôt populaire, au sein duquel se loge le ghetto. Il est caractérisé par de très longues fondamenta, dont la fondamenta misericordia que nous connaissions bien pour y avoir mangé plusieurs soirs. Il s’y trouve moins de palais exceptionnels qu’ailleurs mais une atmosphère plus authentique s’en dégage, celle d’un quartier où les gens vivent vraiment.

Sonette vénitienne

Nous avons visité Ca’Pesaro, le musée d’art moderne et la galerie d’art asiatique… tout ça dans le même palais au bord du grand canal puis nous avons un peu tourné dans les quartiers de San Polo et Santa Croce entre le Rialto et la gare.

Grand Canal

Notre train partait en début de soirée pour nous ramener à Paris seulement le lendemain midi pour cause de travaux sur la partie Suisse du parcours. Un trajet bien long.

Venise est une ville dont je redoutais la fréquentation touristique. Finalement la foule n’était présente que dans quelques quartiers et ce n’était pas vraiment gênant pour une visite en profondeur. Et même dans les zones fréquentées, la ville était excessivement calme, notamment car les voitures et 2 roues motorisés en sont absents.

En tout cas cette ville est extraordinaire et tout ce qu’on peut en dire ne restera que bien en deçà de l’expérience d’une vraie déambulation dans le dédale de ses rues et ses canaux.

Torino

Pas de voyage à vélo cette fois, ce voyage à Turin était une visite de ville des plus classiques, un aller-retour en train, 6h de train aller simple tout de même. C’est donc après une journée quasiment complète assis dans le TGV que nous avons débarqué à Torino Porta Susa.

Le centre ville de la capitale piémontaise n’est pas très grand et c’est à pied que nous nous sommes rendu à l’appartement que nous avions loué. Le trajet était presque intégralement sous des arcades le long des via Cernaia, Pietro Micca et Po. Comme nous avions un peu de temps avant l’heure de rendez-vous à l’appartement, nous nous sommes arrêté sur la plazza Castello, la place centrale de Turin et nous sommes rentrés dans la discrète église de San Lorenzo pour voir son superbe dôme aux voûtes croisées.

Chiesa di San Lorenzo

Au centre de la Plazza Castello se dresse le Palazzo Madama, curieux bâtiment composite moitié château fort, moitié palais classique. Partout sur le mobilier urbain, on trouve le taureau, emblème de la ville.

Plazza Castello et Palazzo Madama

Notre appartement était situé juste au pied de la Mole Antonelliana, le monument le plus emblématique de la ville. Construit originellement pour être une synagogue, elle abrite aujourd’hui le musée national du cinéma.

Mole Antonelliana

Le lendemain, nous avons marché le long de la Dora, un affluent du Po, jusqu’à rejoindre la gare de départ du petit train à crémaillère qui monte à la basilique de Superga.

Rives de la Dora à Turin

Le train à crémaillère, constitué d’un unique et antique wagon, grimpe en une vingtaine de minutes jusqu’au sommet de la colline.

Dans le train à crémaillère Sassi-Superga

Train à crémaillère Sassi-Superga

Nous pensions jouir d’une belle vue sur la ville et les Alpes. Las ! malgré le beau temps, un voile de brume et de pollution masquait en partie la ville et surtout les Alpes, dont les cimes enneigées auraient fait une belle toile de fond. Sur la photo on distingue à peine la Mole Antonelliana sur la droite.

Turin depuis Superga

Au sommet de la colline trône l’imposante basilique de Superga. Dans une crypte que nous n’avons pas visité se trouvent les tombeaux de la famille de Savoie.

Basilique de Superga

Basilique de Superga

Derrière le bâtiment, un mémorial est dressé en l’honneur de l’équipe de football de la ville, dont 27 joueurs sont morts dans le crash de leur avion sur la colline en 1949.

Nous avons repris le train pour redescendre puis avons longé le Pô dans un parc peuplé d’écureuils gris et de corneilles mantelées  jusqu’au centre ville. Au bout d’une passerelle, nous sommes passés devant un monument à Fausto Coppi. C’est le 2ème que je vois cette année après celui du col du Stelvio.

Monument à Fausto Coppi

Rives du Pô à Turin

Arrivés en face de l’immense place Vittorio Veneto, nous sommes passés le long de l’église della Gran Madre di Dio (parait-il une copie du panthéon de Rome) avant de grimper le Mont des Capucins.

Le Pô au pied de la Plazza Vittorio Veneto

Chiesa della Gran Madre di Dio

Le mont des Capucins, bien moins haut et beaucoup plus près de la ville que la colline de Superga, nous à offert une vue bien meilleure sur le centre de Turin.

Turin vue du mont des Capucins

Le sommet de la Mole

Dans la ville, les tramways sont partout et les plus caractéristiques sont dans leur livrée orange. Ici sur le pont Vittorio Emanuele I avec en arrière plan la plazza Vittorio Veneto et tout au fond, dans l’axe de la Via Po, le Palazzo Madama.

Ponte Vittorio Emanuele I

Nous sommes revenus dans le centre et avons déambulé dans les rues. Quelques palais émergent au détour d’une place tel le palazzo Carignano.

Palazzo Carignano

Palazzo Carignano

Sinon la ville est assez homogène, dans la taille et le style des bâtiments, des immeubles de 5 à 6 étages, sur un plan quadrillé très régulier.

Plazza Carignano

Nous avons ensuite visité le musée égyptien de Turin, la 2ème plus grande collection égyptienne au monde après le musée du Caire. Et c’est vrai que le musée est conséquent, nous y avons passé quasiment 3h. Chose agréable, les musées ferment assez tard. 19h ou 20h et le weekend jusqu’à 23h pour le musée du cinéma.

La nuit, la Mole est d’ailleurs particulièrement bien illuminée.

Mole Antonelliena

À force de tourner autour, nous avons bien fini par rentrer dans ce musée du cinéma  le lendemain matin. On nous a conseillé de commencer par monter sur le toit avant l’arrivée de la foule et ce voyage en ascenseur valait le détour. Propulsé dans une petite boite de verre en plein centre du musée et sortant de la coupole par un trou au milieu c’est assez original.

De la terrasse panoramique, la vue sur la ville n’est pas vilaine mais la météo s’était sensiblement dégradée. Nous dominions directement l’immeuble où nous résidions.

L'immeuble où nous résidions vu de la Mole

Panorama depuis la Mole en direction du centre

À l’opposé du centre, s’étend la place Vittorio Veneto, le Pô et le mont des Capucins.

Panorama depuis la Mole

L’intérieur du musée s’étage en galeries autour de l’immense espace central où son projeté des extraits de film en continu qu’on peut regarder depuis des transats.

Musée du cinéma de Turin

Depuis un transat on voit l’ascenseur filer régulièrement et silencieusement à travers la coupole. Ça en jette un peu plus que la cinémathèque française.

Intérieur de la Mole Antonelliena

Après avoir passé quelques heures au musée, nous avons passé l’après-midi à nous promener en ville. Nous avons traversé la via Po, une des principales artère commerçante de la ville. La rue est parcourue par des tramways et, comme beaucoup de rues, elle est pavée de grosses dalles de pierre et bordée d’arcades qui relient même les bâtiments entre eux quand elles croisent les rues perpendiculaires.

Via Po à Turin

Via Po à Turin

Si les rues bordées d’arcades sont l’image de marque de la ville, ce n’est le cas que de quelques axes en réalité. Les rues « normales » n’en restent pas moins relativement jolies. Il se dégage une impression d’une ville qui fut très riche et dynamique, puis s’est endormie suite à quelques crises industrielles. Les dalles de pierre et les arcades montrent une richesse ancienne, mais les façades un peu sales et les rues déformées tout comme l’âge des tramways font comme si le temps s’était un peu ralenti. Notre hôte nous a d’ailleurs dit qu’avant les jeux olympiques d’hiver de 2006, les touristes étaient fort rares à Turin.

Une rue sans arcades de Turin

Nous avons traversé le parco del Valentino qui s’étend le long du Pô. Quelques beaux bâtiments parsèment le parc, notamment une reconstitution de village médiéval, le Borgo medioevale.

Bâtiment dans le parc Valentino

Borgo Medioevale

Les écureuils étaient là encore légions et malgré le fait que l’un d’entre eux ait même grimpé sur l’objectif de mon appareil photo, je n’ai pas une photo nette de l’un d’eux. Alors je mets une photo de statue, ça bouge moins.

Parco del Valentino

Nous sommes ensuite repartis en direction du centre ville, de la gare centrale et de la via Roma, la principale rue commerçante de la ville. La rue traverse la Plazza San Carlo avec ses surprenantes églises symétriques.

Plazza San Carlo

Une portion de la via Roma est laissée au piétons, au moins le week-end, quand on s’approche de la plazza castello.

Via Roma à Turin

Nous sommes repassés devant le très sobre palais royal pour mieux le contourner et voir le Duomo, là aussi très sobre comparé à celui de Milan.

Palazzo Reale Torino

Duomo de Turin

Juste en face se trouve un des rares parc de vestiges romains de la ville, au pied de la Porta Palatina.

Porta Palatina

Nous avons continué notre marche dans des quartiers plus populaires autour du grand marché, puis avons visité le très baroque sanctuaire de la Consolata sur conseil de notre hôte avant de siroter un Bicerin (café, chocolat et lait) une boisson typiquement turinoise. Le soir nous avons mangé dans un excellent restaurant de plus, comme tous les soirs en fait, mais je ne saurais vraiment décrire la nourriture et encore moins la prendre en photo.

Le lendemain, nous avons regagné la gare à pied, constatant sous une légère bruine qu’on peut réellement traverser tout le centre-ville en restant abrité sous les arcades.

 

Cerdagne et Conflent

Le hall de la gare d’Austerlitz est noir de monde, tous les trains de nuits sont complets. Je pars pour une gare terminus dont j’ignorais jusqu’alors l’existence : Latour-de-Carol-Enveigt, entre France, Espagne et Andorre. Je dors d’une seule traite jusqu’à Tarascon d’Ariège et les voyageurs s’éparpillent à chaque nouvel arrêt. La neige est tombée toute la nuit au dessus de 1000m d’altitude, le train roule jusqu’à 1400m. Au terminus nous sommes encore une petite trentaine à descendre. Et nous ne sommes finalement que deux, Adèle et moi, à terminer le voyage par une heure de train jaune jusqu’à la petite station de Vià. De là, il nous reste encore 45min de marche pour atteindre le centre-ville de Font-Romeu.

Après avoir récupéré l’appartement, nous partons pour une petite promenade au dessus du village. La forêt est parsemée de sculptures en un « musée sans mur ».

Musée sans mur de Font-Romeu

L’Ermitage est le lieu-dit historique de Font-Romeu, point de passage du chemin de St-Jacques.

L'Ermitage

Juste au dessus, en pleine forêt, des terrains de sports et des immeubles en béton forment le CNEA, le Centre National d’Entrainement en Altitude. Les noms des champions locaux sont partout, Martin Fourcade en tête.

CNEA de Font-Romeu

Le village de Font-Romeu est né avec le tourisme au tout début du XXe. Son Grand Hôtel en reste le principal témoin et fait penser au Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

Grand Hôtel de Font-Romeu

L’église et sa statue du christ ont un air de Rio au rabais.

Si loin de Rio

Le lendemain, comme il neige toute la journée, nous optons pour une autre marche à pied. Nous préférons attendre, peut-être à tort, que les pistes soient damées avant de chausser les skis de fond.

Nous partons en direction de Mont-Louis, pour une randonnée avec assez peu de dénivelée mais que la neige rendra quand même assez physique.

Chemin dans la neige fraiche

Le temps est très correct au début, presque beau à Bolquère, le village de la plus haute gare exploitée par la SNCF à 1593m d’altitude.

Bolquère

La neige nous arrive aux chevilles mais reste une poudreuse très légère.

Chemin entre Bolquère et Mont-Louis

La citadelle de Mont-Louis est un énorme camp d’entrainement commando. Les murs de Vauban sont hérissés de treuils, échelles, tyroliennes… que personne n’utilise sous la neige, un temps idéal pour les commandos pourtant !

Parcours d'Audace

Citadelle de Mont-Louis

Enserré dans ses remparts et sous un ciel qui se plombe, le village est minuscule.

Mont-Louis - (c) IGN

La neige s’alourdit et le retour devient un peu plus pénible. Mais après le col de la Perche, de retour sur le flanc Ouest, le soleil fait à nouveau de très belles percées. La ligne du train jaune n’est jamais loin, mais nous n’apercevons le train qu’une seule fois.

Rails du train jaune

De retour à Vià, nous passons par le four solaire avant de remonter à Font-Romeu. Le four solaire, et les autres des villages environnement sont là pour rappeler que la Cerdagne est la région la plus ensoleillée de France.

Four solaire d'Odeillo

Le lendemain, nous louons des skis nordiques. Le temps est beau mais très venteux. Du coup, la moitié du domaine est inaccessible et nous tournons en rond. Les domaines skiables des villages du coin sont tous totalement déconnectés les uns des autres, alors nous sommes cantonnés à la montagne au dessus de Font-Romeu. C’est ce qui nous déplaira le plus par rapport au Jura.

Le jour suivant, j’opte pour le ski de descente. Il y a énormément de monde car ce sont les vacances de Toulouse, Montpellier, Paris et vraisemblablement quelques espagnols. Le domaine est limité également mais offre de beaux paysages car l’arrière plan, le Puig Carlit, est assez sauvage.

Puig Carlit

Lac des Bouillouses

Après ces 2 journées sur les pistes, nous abandonnons les skis. Nous prenons un bus du département des Pyrénées Orientales pour descendre jusqu’à Villefranche-de-Conflent. C’est pratique, les trajets sont à 1€ symbolique, quelle que soit la distance parcourue.

Villefranche est également une citadelle de Vauban, assez impressionnante malgré sa situation très encaissée en fond de vallée.

Remparts de Villefranche-de-Conflent

Villefranche-de-Conflent

Villefranche est le terminus Est du train jaune. Mais nous arrivons en bus car les horaires du trains ne nous auraient permis d’arriver qu’à la mi-journée alors qu’avec le bus, nous commençons à randonner avant 9h.

Gare de Villefranche-de-Conflent

Nous nous élevons rapidement au dessus de la vallée, passons le fort Libéria et continuons pour 1000m de dénivelée d’une seule traite.

Fort Libéria

D’en haut, on prend mieux la mesure de la cité forteresse de Villefranche.

Villefranche de Conflent

Nous marchons ensuite un peu dans la neige sur un long balcon face au Canigou. Nous grignotons devant un petit refuge non gardé puis redescendons vers les villages de Jujols, puis Olette.

Jujols

C’est en fin de journée que le Canigou se dévoile sous son meilleur jour.

Le Canigou

Nous reprenons un bus à Olette. Le timing est juste assez large pour nous avoir laissé terminer cette grande randonnée de 23km avec 1200m de D+ et prendre un café en attendant le bus.

Le lendemain, nous partons à pied de Font-Romeu direction l’Espagne. Le sentier longe à flanc une gorge assez sauvage et qui a bien conservé la neige que le froid a durci, ce qui rend par endroit le parcours un peu délicat. Mais assez vite nous arrivons dans la cuvette de Cerdagne et la neige disparait.

Cascade dans les gorges de l'Angust

Nous traversons ensuite l’enclave de Llívia. Ce qui nous surprend c’est que la ville est constituée de beaucoup d’immeubles et de maisons quasi-neuves. Mais que presque tout est à l’abandon, volets fermés. Le bulle immobilière des années 2000 en Espagne a éclaté et les logements vacants sont en nombre, partout dans le pays.

Llívia vide

Je m’arrête à Ur et  rentre en bus après 15km de marche. Au départ, nous voulions aller jusqu’à Puigcerdà. Adèle poursuit la boucle à pied. J’ai une tendinite achiléenne qui se déclare et les symptômes d’une grippe, je préfère arrêter là.

Je passe toute la journée suivante à me reposer et bouquiner à l’appartement. La vue sur la Cerdagne n’est pas désagréable.

Sierra del Cadi au dessus de la Cerdagne

Le lendemain, nous libérons les lieux. Adèle retourne faire une dernière journée de ski nordique. Je prend un bus vers Saillagouse puis marche un peu jusqu’aux bains de Llo sous la grande falaise du village. Je passe des heures dans l’eau à 35°C, tantôt à l’intérieur et à l’extérieur, dans des bains plus où moins agités, puis sauna, hammam… Les vacances se terminent en douceur.

Rocher de Llo

Un autre bus me conduit à la gare de Latour-de-Carol. La voiture dans laquelle je suis censé m’installer est absente à cause d’une panne de chauffage. La SNCF m’a prévenu dès le matin. Comme j’ai de l’avance, je préfère descendre en TER jusqu’à Toulouse plutôt que prendre le bus affrété par la SNCF pour remplacer ma voiture. Bien nous en a pris avec quelques autres voyageurs car le contrôleur débrouillard nous trouvera des couchettes en 1ère classe pour Paris avec une correspondance de 5min à peine à Toulouse. De quoi redémarrer une journée en pleine forme à l’arrivée. Il est dimanche, il est 7h, Paris s’éveille.