Traversée des Alpes : Avignon – Annecy

Le mistral soufflait fort sur la cité des Papes quand François et moi avons débarqué du TGV. Quentin nous attendait dans le hall. Avec ses 4 sacoches rouges, nous ne pouvions pas le louper. Nous avons fait un rapide tour en ville pour quelques courses et un coup d’œil au palais.

Palais des Papes à Avignon

Nous avons ensuite quitté la ville vers le nord-est, le vent nous était plutôt défavorable mais nous avons bien avancé quand même dans la plaine du Rhône. Nous avons pique-niqué à Bédarrides, puis avons rejoint le pied des dentelles de Montmirail à Beaumes-de-Venise. Les 2 cols au programme ce premier jour n’étaient pas bien difficiles : le col de Suzette puis le col de la Chaîne.

Ventoux depuis Suzette

Dentelles de Montmirail

Suzette devant les dentelles

Le Ventoux dominait tout le paysage et nous avons fait étape à Malaucène, au départ d’une des 3 montées possibles vers le sommet du géant de Provence. Le camping s’était vidé peu de temps avant. Ne restaient que quelques touristes étrangers et une piscine à l’eau un peu fraîche mais quand même agréable après une journée de vélo.

Le lendemain nous sommes partis à l’assaut du Ventoux, à notre rythme et sans trop nous distancer les uns des autres. La montée était longue, 21km et 1600m de D+. Il ne faisait pas trop chaud et le vent (110km/h la veille avec des rafales à 130km/h) était tombé, bref des conditions idéales. Nous avons effectué la montée en 3h30.

Ventoux dans les derniers lacets côté Malaucène

Beaucoup d’autres cyclistes faisaient l’ascension. À vélo de route ou bien à VTT à assistance électrique… mais personne d’autre avec des sacoches. Près du sommet, des photographes professionnels nous mitraillaient dans l’espoir de vendre un cliché. Et tout en haut, il y avait foule sous le panneau.

Sommet du Ventoux

La descente côté Sault n’était pas très raide et formait un beau balcon en forêt avec de temps en temps des vues sur le Luberon et la montagne Sainte Victoire. À Sault, nous avons bifurqué plein nord vers Montbrun-les-Bains par une très jolie petite route et le col de Reilhanette.

Montbrun-les-Bains

Mon appareil photo a lâché à ce moment là, après plusieurs faux contacts dans la matinée. Toutes les photos suivantes ont donc été prises avec mon téléphone.

Nous avons longé le Toulourenc puis franchi le petit col d’Aulan avant de rejoindre la vallée de l’Ouvèze. Nous avons fait étape à Montauban-sur-Ouvèze, village dont les commerces : épicerie, café et camping, sont tenus par une seule et même personne, une dame déjà âgée qui tient le village à bout de bras.

Le 3ème jour, nous avons continué de remonter l’Ouvèze jusqu’au col de Perty. C’était un col très facile car jamais très raide dans sa montée en long lacets. Il nous a fait passer des Baronnies à la vallée du Buëch, de la Drôme aux Hautes-Alpes.

Col de Perty

Dans la descente, nous avons passé le village d’Orpierre, dans un très beau site entouré de falaises. Puis nous avons fait les courses et pique-niqué à Laragne-Montéglin. Sur une petite placette, les riverains ont rivalisé d’hospitalité, nous apportant de l’eau, du jus de fruit et même des glaces en dessert.

François nous a quitté ici, le passage du Ventoux, une première en montagne pour lui, l’a décidé à poursuivre des vacances plus calmes. Quentin lui avait un problème mécanique avec une cale. Il nous a fallu trouver un magasin et nous avons emprunté de plus grosses routes vers Sisteron puis Digne-les-Bains.

Sisteron

Résultat, nous avons totalisé 122km au compteur en arrivant dans la vallée de l’Asse au soir, la plus longue étape du parcours et la plus plate, et de loin les routes les moins agréables.

Le lendemain nous sommes montés sur le plateau de Valensole, puis Moustiers-Ste-Marie où nous avons fait quelques courses encore à l’ombre des falaises.

Vallée de l'Asse depuis le plateau de Valensole

Moustiers-Sainte-Marie

Nous avons ensuite rejoint le lac de Sainte-Croix avant de monter à l’assaut de la corniche sublime, la rive gauche du grand canyon du Verdon. Les 700m de D+ via le village d’Aiguines ont été allègrement récompensés par le balcon au dessus des gorges.

Aiguines

Gorges du Verdon

Un couple d’anglais en tandem bien chargé nous dépassait en descente alors que nous les redoublions en montée. La corniche n’était pas vraiment plate mais chaque virage offrait une nouvelle vue imprenable.

Gorges du Verdon

Le dernier coup d’œil sur les gorges était au niveau du balcon de la Mescla.

Gorges du Verdon

Après cela, la route a franchi un petit col avant de nous laisser bifurquer vers le joli village de Trigance.

Trigance

Nous avons ensuite rejoint le Verdon en amont des gorges jusqu’à Castellane où nous avons fait étape. C’était une jolie bourgade dominée par une chapelle au sommet d’une très haute falaise. Point de passage entre la vallée de la Durance et Nice, elle doit quand même être bien morne hors saison touristique.

Le lendemain, nous avons longé le Verdon vers l’amont toute la matinée. Ça ne grimpait pas très raide, nous avons fait des courses à St-André-les-Alpes puis mangé à Colmars. Cette petite cité toute fortifiée était assez inattendue.

Musée de Colmars

Colmars

Quittant la « grande » route du col d’Allos, nous avons préféré emprunté le plus méconnu Col des Champs, qui relie les vallées du Verdon et du Var. C’est la plus petite route de col que nous avons emprunté, plutôt raide et étroite, et presque sans trafic motorisé pour notre premier col au dessus de 2000m.

Col des Champs

Col des Champs

Col des Champs

La descente fût très rapide jusqu’à St-Martin-d’Entraunes et nous avons campé dans le camping qui fait face au village, de l’autre côté du très large lit du Var. Il y avait pire vue pour boire une bière et c’est là que nous avons mis les pieds dans une piscine pour la dernière fois.

Saint-Martin-d'Entraunes

Il faisait frais le lendemain matin, surtout que nous avons commencé par une longue descente le long du Var. Peu après Guillaumes, nous avons traversé les gorges de Daluis, très impressionnantes avec leurs roches rougeâtres et la succession de tunnels (17 si je me souviens bien).

Gorges de Daluis

Plus bas, nous avons emprunté un moment une route à forte circulation dont nous ne nous sommes écartés que pour visiter le très beau village fortifié d’Entrevaux : un petit dédale de ruelles pavées derrière un unique pont d’entrée.

Entrevaux

Après avoir atteint un carrefour vers 330m d’altitude, nous sommes repartis en montée. Sous le soleil de midi ce n’était pas facile et c’est le dernier moment du voyage où nous avons eu vraiment chaud. Nous avons remonté les Gorges du Cians, d’abord les gorges inférieures et leurs hautes falaises calcaires, puis les supérieures avec à nouveau de spectaculaires strates rouges comme à Daluis.

Gorges supérieures du Cians

En deux endroits, la petite et la grande Clue, la route empruntait des tunnels mais l’ancien tracé via la gorge très étroite était encore empruntable à pied ou à vélo.

Grande Clue du Cians

Une fois les strates rouges franchies, le paysage a changé radicalement, laissant place à des forêts de mélèze et de pins. Nous avons passé le village perché de Beuil avant de nous faire rattraper par un généreux orage qui ne nous a pas fait beaucoup profité du col de la Couillole. Dommage car la descente jusqu’à St-Sauveur-sur-Tinée avait l’air spectaculaire, notamment le village de Roubion.

Après avoir effectué toute la descente crispés sur les freins, nous avons rejoins la route métropolitaine de la vallée de la Tinée. Métropolitaine car la départementale est passée sous la responsabilité de la métropole Nice Côte d’Azur. De là nous avons lentement gagné Isola, ce n’était pas raide mais nous étions trempés. Le camping d’Isola avait des emplacements en gravier pas très adaptés aux tentes mais au moins nous avons pu manger à l’abri en compagnie… du couple d’anglais en tandem vu 3 jours plus tôt dans le grand canyon du Verdon !

Nous avons quitté les lieux un peu plus tôt que d’habitude le lendemain. 40km de montée nous attendaient pour quasiment 2000m de D+ pour gravir la cime de la Bonette. Nous avons grimpé à notre rythme, faisant des pauses régulièrement, d’abord à St-Etienne-de-Tinée pour quelques emplettes. Nous avons pique-niqué au camp des Fourches, un ancien baraquement militaire d’altitude.

Camp des Fourches

Nous sommes arrivés au sommet un peu après 14h, après près de 7h de montée. La dernière portion qui fait le tour de la cime était particulièrement raide à 15% pour atteindre les 2802m d’altitude, notre plus haut point du voyage. La construction de cette route ne fut terminée que dans les années 60… alors que Napoléon III l’avait décrétée d’importance impériale.

Cime de la Bonette

Cime de la Bonette

Après nous être bien couverts pour les 24km de descente du versant nord, nous avons dévalé vers la vallée de l’Ubaye. Et très rapidement en milieu d’après-midi, nous nous sommes installés au camping de Jausiers. C’est celui que j’ai trouvé le plus sympathique, un des dernier encore plein de cyclo-campeurs et en plein cœur du village.

Le lendemain nous sommes repartis pour le col de Vars, une étape de repos presque, en comparaison du dénivelé de la veille. Et en effet nous sommes arrivés assez vite au sommet, la montée est passée presque toute seule.

Col de Vars

Nous avons fait halte à Guillestre pour des courses et le pique-nique puis sommes montés dans la combe du Queyras. La pluie s’est mise à tombée, fine, pénétrante et froide. Nous avons roulé très doucement jusqu’au pied de l’Izoard à Brunissard. L’auberge des bons enfants avait encore de la place et nous y avons passé la nuit au sec et au chaud, notre seule étape « en dur ».

Par la fenêtre de la cuisine nous pouvions voir que la pluie était en réalité de la neige quelques centaines de mètres plus haut.

Le réveil a été particulièrement froid sur Brunissard. Le ciel était dégagé et les sommets poudrés.

Brunissard

Dans l’ombre de la montagne, notre effort pour la petite dizaine de kilomètres avant le col de l’Izoard nous a réchauffé, mais au col le thermomètre de mon compteur indiquait quand même 0,7°C. La descente a été particulièrement douloureuse pour les doigts et les orteils.

Col de l'Izoard

Même à Briançon, il ne faisait pas très chaud. Nous avons fait le tour de la jolie cité Vauban, ses remparts dominant toutes la vallées et ses petites ruelles étroites qui doivent être bien froides en hiver.

Briançon

Briançon

Briançon

Nous avons ensuite remonté la vallée de la Guisane en direction du col du Lautaret. Le vent nous ralentissait beaucoup et nous empêchait de nous réchauffer. Nous avons fait halte près du torrent dans un petit hameau d’où nous avons vu notre premier glacier. Et au col, la Meije écrasait le paysage, étincelante des récentes chutes de neige.

La Meije

Nous avons continué de nous élever jusqu’au col du Galibier, doucement mais sûrement. Je m’arrêtais régulièrement pour prendre des photos de la vallée de la Guisane ou des nouveaux sommets qui apparaissaient. J’ai reconnu très vite la barre et le dôme des Écrins à plus de 4000m.

Barre des Ecrins

Au pied du col, le créateur du tour de France a son monument démesuré, à sa « gloire » et non pas simplement en son honneur.

Monument à Desgranges au pied du Galibier

Après une photo pour immortaliser le passage de ce col mythique, nous nous sommes à nouveau bien emmitouflés pour la descente vers Valloire.

Col du Galibier

Nous avons fait étape à Valloire et changé nos plans pour les jours qui suivirent. Tenter l’ascension de l’Iseran nous a semblé déraisonnable au vu des maussades prévisions, du froid et de la neige.

Aussi, le lendemain nous avons descendu la Maurienne au lieu de la monter. Avant cela nous avons facilement gravi le col du Télégraphe, puisque nous l’avons franchi presque en descente.

Col du Télégraphe

En aval de St-Jean-de-Maurienne, nous avons fait un petit détour par les lacets de Montvernier, juste par curiosité pour ce site étonnant et ses 13 épingles à cheveux très serrées.

Lacets de Montvernier

Ensuite nous avons grimpé le col de la Madeleine. La montée était longue et soutenue avec des chiffres proche de ceux du Ventoux aussi bien en distance qu’en dénivelée. Ce fût notre dernier grand col.

Jusque là, les inscriptions politiques sur les routes de cols était fréquentes mais touchaient plutôt à la loi travail et à l’accueil des réfugiés. Les tags SOS réfugiés étaient d’ailleurs souvent masqués en noir. Dans ce col c’était des tags anti PMA et GPA, ceux là n’avaient pas subit de tentative de masquage.

Col de la Madeleine

Après une longue descente vers la vallée de la Tarentaise, nous avons fait halte dans un camping « de routiers » à La Bâthie, presque au bord de la 2×2 voies.

Le lendemain il faisait gris et il a plu une bonne partie de la journée. Nous avons visité la cité médiévale de Conflans au dessus d’Albertville, récemment rénovée et encore en plein travaux, puis utilisé la véloroute en direction d’Annecy.

Cité médiévale de Conflans

Albertville

Nous avons fini par rejoindre le lac et la ville d’Annecy avec quelques beaux rayons de soleil en fin d’après-midi.

Lac d'Annecy

Mon frère et sa petite famille nous ont accueilli et hébergé. C’est là que j’ai arrêté le voyage et Quentin a lui repris la route pour quelques jours supplémentaires vers le Chablais puis Genève.

Avec mon frère nous avons fait un peu de canoë sur le lac, seuls au pied des falaises du roc de Chère c’était un point de vue inhabituel sur le lac.


Le parcours : https://www.bikemap.net/en/route/4206142-traversee-des-alpes-avignon-annecy/

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Le long du Rhin

Face au monumental Deutsches Eck, nous avons laissé la Moselle après 7 jours en sa compagnie pour remonter le long du Rhin.

Deutsches Eck

Nous quittons Coblence aussi simplement que nous y sommes arrivé, les pistes le long des 2 fleuves étant très bien balisées et dans des parcs la plupart du temps.

Le Rhin est bien plus large que la Moselle, plus agité et avec un trafic plus dense. Assez rapidement après avoir quitté la ville nous avons commencé à apercevoir de beaux châteaux. Le Marksburg est un des plus impressionnants. La photo ne lui fait pas honneur, mais la largeur du fleuve est bien visible, la péniche n’a pas l’air grande.

Marksburg

Nous sommes restés rive gauche sur l’itinéraire officiel de l’EuroVelo 15. Les indications étaient très visibles tout le temps et l’indication des distances très appréciable.

Panneaux EuroVelo 15

Cette partie du cours du Rhin était assez encaissée avec quelques jolies petites villes comme Boppard et Sankt Goar.

Boppard

Sankt Goar

Les traversées du Rhin n’étaient possibles qu’en bac et la circulation sur la rivière était un spectacle amusant avec toujours en toile de fond de beaux villages, des coteaux abrupts et des châteaux.

Sankt Goarshausen et son bac

Nous nous sommes arrêté pour la nuit dans un grand camping au pied de la Loreley. Nous avons trouvé le site un peu décevant, une barre rocheuse à peine plus haute que les autres, simplement signalée par un drapeau. De plus, les voies ferrées de chaque côté où passaient en permanence des trains de marchandises, rendaient la vallée plutôt bruyante.

La Loreley

Le lendemain nous avons parcouru ce qui restait de ces « gorges » et que j’ai trouvé plus joli que la veille. Mais peut-être était-ce simplement la lumière matinale.

Plusieurs des bourgs que nous avons passé portaient les marques d’anciennes fortifications.

Oberwesel

Oberwesel

Le Rhin n’avait pas l’air si simple à naviguer. En plusieurs endroits, des bancs de sables ou des rochers affleurent. C’est le cas au pied du Marksburg et de la Loreley. À Kaub, c’est carrément un petit château qui a été construit sur l’île au centre du fleuve.

Kaub

Nous avons fini par rejoindre Bingen où le Rhin change complètement d’allure. Il semble large et calme avant de pénétrer dans les gorges, là encore bien gardées par des tours et des forts.

Le Rhin à Bingen

Les vignes ont refait leur apparition avec au sommet un énorme mémorial.

Mémorial au dessus de Bingen

L’après-midi a été la plus chaude du voyage et nous avons été heureux de trouver un Biergarten quelques villages plus loin. L’itinéraire s’est éloigné du fleuve, dans les champs ou le long de digues.

À l’entrée de Mayence c’était la zone portuaire qui nous séparait du Rhin et nous faisait une route très industrielle. Nous avons traversé sur le vieux pont de Mayence pour aller au camping. Le coucher de soleil sur la ville était pas mal du tout.

Pont de Mayence

Et le lever non plus sur l’énorme cathédrale rose de la ville.

Cathédrale de Mayence

Nous avons petit-déjeuné en ville sous un ciel un peu chargé avant de repartir vers le sud.

Mayence

Nous sommes resté à l’écart de la rivière la majeure partie de la journée, le long d’une sorte de route des vins entre vignobles et petits villages. La pluie nous a rattrapé à Worms dont je n’ai du coup aucune photo alors que la ville avait l’air de valoir le détour. Je n’ai pris vers la fin de l’averse que l’impressionnante porte qui enjambe une des chaussées du pont que nous avons emprunté pour passer rive droite.

Pont de Worms

A l’entrée de Mannheim, nous avons d’abord pris un petit bac sur un ancien bras de la rivière et avons continué avec en toile de fond les raffineries de Ludwigshafen.

Raffineries de Ludwigshafen

La ville elle-même n’était pas particulièrement belle. Elle a un plan quadrillé caractéristique auquel elle doit son surnom de Quadratestadt. Les rues du centre n’ont pas de nom et le système d’adresse fonctionne par bloc, ce qui est assez unique.

Mannheim

Bloc de Mannheim

Nous avons campé au bord de la rivière de l’autre côté d’un grand parc forestier au sud de la ville. Le camping de Mannheim était du coup assez calme.

Le lendemain nous sommes partis en direction de Spire (Speyer), empruntant de ce fait des pistes que j’avais déjà utilisé en 2012 en revenant de république Tchèque. Nous avons bien entendu fait un détour par le centre-ville et son énorme cathédrale romane.

Cathédrale de Spire

Spire

La vallée du Rhin est devenue ensuite sans grand intérêt. Mais l’itinéraire cyclable lui-même était fort plaisant le long des digues, manquant toutefois un peu d’ombre.

Pour notre dernier pique-nique en Allemagne j’ai quand même pris en photo une ouette d’Égypte. Depuis Schengen elles étaient partout. Là où en France c’était plutôt les Bernaches du Canada qui dominaient.

Oie d'Egypte à Germersheim

Nous avons fait étape à Lauterbourg où nous avons pu nous baigner dans le lac. Le maillot de bain a au moins servi une fois.

Au matin, tous mes compagnons sont repartis en train vers la Franche-Comté et j’ai repris la route en direction de Paris. J’avais dans l’idée de rentrer complètement en train mais sans être très motivé pour traverser la Champagne. Donc j’envisageais n’importe quelle gare sur le trajet comme arrivée.

En tout cas je ne voulais quand même pas zapper les Vosges du Nord et je n’ai pas été déçu par les villages, les immenses forêts qui sentaient bon l’humidité et les impressionnantes ruines de châteaux forts en grès rose.

Wissembourg

Fleckenstein

Arnsberg à Obersteinbach

Le relief de la zone était en plus assez agréable, beaucoup moins prononcé que dans les Vosges du Sud mais bien marqué pour de beaux paysages. À la sortie de la zone boisée, j’ai rejoint le canal des Houillères de la Sarre pour quelques kilomètres. puis suivi une très longue et affreuse ligne droite en direction de Dieuze. De là j’ai suivi les panneaux de la route du sel pour finir à l’ancienne place forte Vauban de Marsal dont la position est assez curieuse.

Porte de Marsal

J’ai fait étape à Vic-sur-Seille au bout de 160km, bien usé par un vent obstinément de face depuis ma sortie des Vosges du Nord.

Le lendemain, le soleil n’a pas éclairé longtemps ma route. S’il éclairait bien les façades de Vic, de gros nuages bouchaient l’horizon de l’autre côté de la Moselle.

Vic-sur-Seille

Arrivé à Custines au bord de la Moselle, sur nos traces d’une dizaine de jours auparavant, j’ai finalement obliqué directement vers Nancy, que je comptais au départ éviter.

Place Stanislas à Nancy

J’ai filé directement à la gare, comptant trouver un train pour Paris dans la journée, éventuellement via Bar-le-Duc avec un TER. Coup de bol, j’ai eu une place dans un TGV sur le départ et avant midi je regardais les gouttes de pluie s’écraser sur les vitres du train.


Quelques chiffres :

  • 15 étapes (13 en groupe, 2 seul)
  • 6 nuits en Allemagne, 8 en France, toujours sous la tente
  • 1250 kilomètres (1040km en groupe)
  • 79 km/jour en moyenne sans compter les 2 derniers jours un peu hors norme
  • étapes les plus courtes : Passonfontaine – Montbozon et St Goar – Mayence : 65km
  • étapes les plus longues : Lauterbourg – Vic-sur-Seille : 160km, Mannheim – Lauterbourg : 101km et Mayence – Mannheim : 91km
  • Pépin technique : zéro

Et le parcours :

Parcours Moselle et Rhin

Le long de la Moselle

Je m’y étais pourtant pris en avance, mais il n’y avait plus de place vélo pour ce samedi de juillet dans les TGV. Résultat, j’ai commencé par une longue journée de trains régionaux pour me rendre en Franche-Comté. La généreuse correspondance de Dijon m’a même bien laissé le temps pour faire un tour en ville.

Les vrais tours de roues n’ont commencé que le lendemain sous un temps un peu plus maussade mais dans l’allégresse d’un départ en vacances en descente et vent dans le dos, mes parents et moi. Notre première rincée a eu lieu dans la vallée de l’Audeux à la Grâce Dieu, puis la seconde dans la descente de Champlive vers la vallée du Doubs.

Cascade de l'Audeux

À Laissey nous avons rejoint JC et Yveline pour terminer l’étape au complet jusqu’à Montbozon, aux portes de la Haute-Saône. Nous avons passé la nuit dans le minuscule camping sur l’île au milieu de l’Ognon, de ce village qui nous a semblé quasi-fantôme.

Le lendemain nous avons suivi une belle voie verte jusqu’à Vesoul et pris une belle averse. L’après-midi, le relief était particulièrement marqué et ce fût notre journée la plus bosselée.

Faverney

Borne de Crue de la Lanterne

Sur une route de Haute-Saône

Nous avons fait étape à Fontenois-la-Ville dans un gîte/camping tenu par un adorable couple de néerlandais qui nous a concocté un excellent et copieux dîner. Seul désagrément, les limaces, incroyablement nombreuses, ont bien essayé de manger les tentes et tout ce qui était à leur portée sous les absides et sur les vélos mais n’ont réussi qu’à tout dégueulasser.

De ce point haut, nous sommes ensuite descendus jusqu’au niveau du canal de l’Est qui nous a fait franchir la ligne de passage des eaux en douceur et dans un cadre assez sauvage.

Highland dans les Vosges

Canal de l'Est

Canal de l'Est

Après un très grand nombre d’écluses, nous avons fini par atteindre la Moselle juste en aval d’Épinal, pour ne plus beaucoup la quitter pendant plusieurs jours. Le paysage s’est fait plus industriel et urbanisé.

J’ai reconnu au passage la rotonde de Thaon où j’avais participé à un gala il y a plusieurs années, au moment où circulaient les tout dernier trains de nuit pour faire Nancy-Paris.

Rotonde de Thaon-les-Vosges

Nous nous sommes arrêté à Charmes, qui en est dépourvu, de charme.

Le jour suivant nous nous sommes séparé en 2 groupes, les uns continuant le long de la Moselle pour une étape un peu plus courte que les précédentes, papa et moi faisant un détour par la colline de Sion. C’est une colline isolée, culminant à 540m, couronnée d’un énorme monastère d’un côté et d’un petit village médiéval de l’autre.

Butte de Sion

Vaudémont

Signal de Vaudémont

Nous nous sommes fait copieusement rincé par 2 averses et avons pique-niqué à l’abri de la grande halle de Vézelise avant de finalement rejoindre les autres dans la boucle de la Moselle.

Halle de Vézelise

Après une étape à Villey-le-Sec, la météo s’est faite plus clémente que les jours précédents et nous avons profité d’un beau soleil à Toul et Liverdun.

Après un petit tour en ville pour quelques courses, nous avons pu confirmer que c’est depuis la voie verte le long de la Moselle que la cathédrale de Toul est la plus belle.

Cathédrale de Toul

Villey dans la boucle de la Moselle

Liverdun

La voie verte le long de la Moselle était parfaite dans les Vosges et en Moselle. Mais entre les 2, en Meurthe-et-Moselle, les aménagements avaient un sérieux retard et il manquait de longues portions. Mais à en juger par les morceaux tous neufs, ces « trous » dans l’itinéraire étaient en train d’être comblés. Aussi, c’est surtout par des départementales que nous avons continué tout l’après-midi en passant par la jolie place centrale de Pont-à-Mousson.

Place Duroc à Pont-à-Mousson

L’étape du soir était Corny-sur-Moselle. Elle fût plus bruyante qu’à l’accoutumée à cause du feu d’artifice anticipé et de nombreux pétards. Nous n’étions que le 13 juillet.

Puisque arrivés dans le département de la Moselle, la voie verte a repris sa continuité et nous a mené jusqu’à Metz dans un corridor de verdure et d’eau.

Jouy-aux-Arches

La Moselle à l'entrée de Metz

Nous avons pris le temps pour un tour de la ville et un café. Ma connaissance des lieux nous a un peu facilité la tâche.

Cathédrale de Metz

Porte des Allemands à Metz

En aval de la ville, la partie la plus industrielle de la Moselle jusqu’à Thionville a finalement été très vite traversée et n’était pas si industrielle que ça. Le plus désagréable a été de longer en ligne droite ce très long canal latéral. Des hauts fourneaux, bien peu reste visible.

Hauts fourneaux à Uckange

Nous avons mangé à Thionville sur les remparts et avons fait une visite éclair de la vieille ville.

Thionville : beffroi et moine

Les collines ont commencé à se resserrer autour de la rivière et le soir nous sommes arrivés à Sierck-les-Bains, notre dernière étape en France. Le village est surmontée d’un imposant château des ducs de Lorraine. De loin il était très beau, mais le centre ville était en réalité dans un état de délabrement assez triste.

Sierck-les-Bains

Nous avons eu droit à un deuxième feu d’artifice ce soir-là sans avoir besoin de sortir de la tente.

Le lendemain, nous avons assez vite franchi la frontière allemande, puis luxembourgeoise au symbolique tri-point de Schengen.

Schengen

Nous avons choisi de rester sur la rive luxembourgeoise de la Moselle, mais la rive allemande aurait sans doute été un choix plus inspiré. Des zones de travaux nous ont en effet contraint à rouler sur la chaussée alors que la rive allemande semblait plus paisible. Mais les 2 côtés étaient très jolis surtout depuis l’apparition des vignobles aux environs de Sierck.

Wasserbillig

Après quelques dizaines de kilomètres au Luxembourg, nous sommes entrés en Allemagne pour de bon. Nous avons fait un petit détour dans la très touristique ville de Trèves, connue pour ces ruines romaines imposantes telle la Porta Nigra.

Porta Nigra à Trèves

Centre ville de Trèves

Pour notre première étape en Allemagne, à Schweich, nous avons bien profité des Schnitzels et de quelques pintes d’Hefeweizen après un court égarement du côté de la très dispensable Birburger, la pils servie par défaut.

Le lendemain a été entièrement dans les vignobles dont les noms s’affichaient en grosses lettres blanches sur les coteaux. Y compris les noms les plus inattendus.

Hollywood an der Mosel

La rivière s’écoulait en sinueux méandres, de plus en plus prononcés, et l’eau était souvent à peine troublée par le vent. Ainsi le massif de l’Eifel ne nous a pas semblé bien difficile à traverser.

Piesport

La Moselle près de Piesport

La véloroute était très fréquentée, avec une proportion importante de vélos à assistance électrique. La foule se faisait plus dense près de certains villages touristiques tel Traben-Trarbach, mais jamais vraiment étouffante.

Traben-Trarbach

Le soleil un peu timide ne s’est dévoilé qu’en fin de journée, alors que nous atteignions notre étape à Pünderich.

Reil an der Mosel

Ce soir là nous avons dîné presque sur le pouce d’une Curry Wurst et d’un verre de vin blanc doux très très local puisque dès le lendemain matin nous sommes passé au niveau des vignes portant son nom.

Pündericher Marienburg

Cette deuxième étape dans les vignobles et les méandres de la Moselle a sans doute été la plus belle de toute du point de vue des paysages. Chaque village toujours plus beau que le précédent et surmonté d’un château.

Zell

Le chat noir de Zell

Zell

Beilstein

Et cette partie de méandres s’arrêtait en apothéose à Cochem, le plus grand des châteaux, le village le plus touristique aussi.

Cochem

À partir de là, le cours de la rivière s’est fait plus direct en direction de Coblence, mais nous réservait encore quelques belles surprises.

Nous avons passé la nuit sur une île à Hatzenport, reliée à la rive par une digue en gros pavés de guingois.

Hatzenport

Dans la matinée, nous sommes passés par le joli village de Kobern-Gondorf dont la petite place centrale était plutôt une surprise.

Kobern-Gondorf

La piste cyclable d’abord en bord de rivière, mais surtout en bord de route, a ensuite laissé place à un itinéraire de l’autre côté de la voie ferrée, plus calme et au pied des vignes toujours aussi escarpées.

Vignobles de la Moselle

Nous sommes ainsi arrivés à Coblence, lieu de confluence de la Moselle et du Rhin, une ville au centre plutôt agréable.

Coblence

Coblence

Et au confluent même, le Deutsches Eck, trône un gigantesque monument, une statue équestre de Guillaume Ier.

Deutsches Eck

A partir d’ici nous avons longé le Rhin, et à nouveau fleuve, nouvel article, bientôt…

La Rochelle – Granville

Au lendemain de notre courte étape pluvieuse entre Rochefort et La Rochelle, le soleil brillait de nouveau sans partage. Nous avons quitté l’auberge très tôt le matin pour traverser La Rochelle encore presque déserte.

Port de plaisance de La Rochelle

Tour de la Lanterne à La Rochelle

Vieux port de La Rochelle

Porte de la Rochelle

Nous sommes sortis de la ville sans trop de difficulté. Il y avait même quelques aménagements cyclables qui ont finis par nous rabattre vers un bel itinéraire côtier le long de l’anse de l’Aiguillon. la piste était au dessus d’une petite falaise surplombant les parcs ostréicoles et bordée de maisons de pêcheurs.

Parc ostréicole

Au bout de la falaise, le fond de l’anse signalait le début du marais Poitevin. A partir de là, nous avons quitté le bord de mer pour ne le rejoindre que quelques jours plus tard dans la baie du Mont St-Michel.

Anse de l'Aiguillon

Une zone bien plate avec une très grande ligne droite le long d’un canal a démarré et cette traversée du marais Poitevin n’a pas été le plus beau passage de la journée. Nous étions au contraire content de retrouver un peu de bocage et de relief en abordant la Vendée.

Panneau indicateur en Vendée

L’étape ne nous a pas fait passé par des sites exceptionnels ce jour là. Nous avons fait halte à Vendrennes près d’une route un peu bruyante et comme les températures avaient fraîchi, nous avons mangé dans la seule pizzeria du village. Au matin, nous avons eu du givre sur la tente pour la seule fois du voyage. Ce gel qui a abîmé les vignobles a fait la une de Ouest-France.

Nous sommes passés par Clisson en fin de matinée, une des plus jolies petite ville sur notre route, toute en ruelles tortueuses et escaliers et dominée par une belle forteresse au dessus de la Sèvre Nantaise… et accessoirement la ville du Hellfest. Une aspirante cyclo-voyageuse nous a invité chez-elle pour un café dans son appartement superbement situé au bord de la rivière.

Forteresse de Clisson

Pont de Clisson

Dans l’après-midi nous avons essayé d’éviter les nuages mais avons finalement écopé d’une averse de grêle très passagère peu avant de rejoindre la vallée de la Loire.

Ancenis

Nous avons campé dans le même camping que l’an dernier sur la Loire à vélo. Il n’y avait pas d’autres cyclistes malgré l’espace bien aménagé pour nous avec tables abritées, micro-onde…

Le lendemain nous sommes partis en direction de la Bretagne sous un ciel un peu chargé mais qui finalement ne nous donnera pas de pluie de la journée. Nous avons fait étape dans un petit restaurant à Châteaubriant.

Châteaubriant

Ruelle à Châteaubriant

Le relief était un peu plus prononcé que les jours précédents, surtout par rapport à la première moitié du voyage, mais ce n’était pas désagréable. À l’entrée de la Bretagne, nous avons longé l’étang de Marcillé-Robert.

Etang de Marcillé-Robert

Porche de l'Eglise de Bais

Au terme de cette grosse étape, nous avons rejoint la petite ville de Vitré, une des plus jolies villes du parcours. Nous n’avons visité son centre que le matin sous un beau soleil. Alors que se tenait le marché sur une petite place, le reste de la cité médiévale était encore désert.

Rue Beaudrairie à Vitré

Vélos à Vitré

Outre les ruelles pavées et les maisons à pans de bois, Vitré est dominée par un beau château et ceinte de remparts, le tout formant un des ensembles de monuments historiques les plus dense de France.

Château de Vitré

Remparts de Vitré

Nous avons ensuite continué plein nord en direction de Fougère que nous avons atteint rapidement. A nouveau c’était une jolie ville médiévale avec ses ruelles, ses remparts et son château fort… à seulement une trentaine de kilomètres de Vitré. Je suis heureux d’être repassé dans cette jolie ville que je n’avais vu que de nuit en 2011 sur un itinéraire de Chartres au Mont St-Michel.

Jardin de ville à Fougères

Château de Fougère

Fougères

Fougères

La sortie de la ville était une voie verte en stabilisé sur une ancienne voie ferrée. Nous ne l’avons pas longé très longtemps mais sans regret car le vent nous a ensuite bien poussé sur des départementales peu fréquentées ou des routes minuscules.

Peu après Ducey nous avons enfin aperçu le Mont St-Michel qui ne nous a plus quitté jusqu’à la fin de la journée.

Mont St-Michel

Nous sommes passés par la ville d’Avranches que nous avons trouvé fort déplaisante à vélo, engluée dans un important trafic de samedi après-midi et nettement moins attachante que Vitré et Fougères traversées plus tôt.

Puis nous avons fait un détour par une ferme pour acheter des caramels et par la pointe du Grouin du Sud pour admirer le Mont de plus près.

Mont St-Michel vers St-Léonard

Mont St-Michel de la pointe du Grouin du Sud

Et enfin depuis le village de Genêts où nous avons campé.

Mont St-Michel de Genêts

Le soir, nous sommes retournés dans les prés salés pour regarder le coucher de soleil sur le Mont. Décidément, on ne s’en lassait pas, et les moutons non plus.

Mont St-Michel de Genêts

Mont St-Michel de Genêts

La météo annonçait ensuite d’impressionnant cumuls de précipitations pour les 140 derniers kilomètres qu’il nous restait à parcourir jusqu’à Cherbourg. Du coup nous avons écourté notre randonnée d’une journée et le lendemain nous nous sommes arrêté tôt le matin à Granville pour prendre un train de retour vers Paris, la pluie sur nos talons.

Au total ce voyage nous aura fait parcourir un peu plus de 900km très variés en 11 jours. Avec des étapes autour de 100km sauf la première (Hendaye-Biarritz), la dernière (Genêts-Granville) et l’étape pluvieuse entre Rochefort et La Rochelle qui en faisaient moins de 40.

Carte Hendaye - Granville