Le long de la Moselle

Je m’y étais pourtant pris en avance, mais il n’y avait plus de place vélo pour ce samedi de juillet dans les TGV. Résultat, j’ai commencé par une longue journée de trains régionaux pour me rendre en Franche-Comté. La généreuse correspondance de Dijon m’a même bien laissé le temps pour faire un tour en ville.

Les vrais tours de roues n’ont commencé que le lendemain sous un temps un peu plus maussade mais dans l’allégresse d’un départ en vacances en descente et vent dans le dos, mes parents et moi. Notre première rincée a eu lieu dans la vallée de l’Audeux à la Grâce Dieu, puis la seconde dans la descente de Champlive vers la vallée du Doubs.

Cascade de l'Audeux

À Laissey nous avons rejoint JC et Yveline pour terminer l’étape au complet jusqu’à Montbozon, aux portes de la Haute-Saône. Nous avons passé la nuit dans le minuscule camping sur l’île au milieu de l’Ognon, de ce village qui nous a semblé quasi-fantôme.

Le lendemain nous avons suivi une belle voie verte jusqu’à Vesoul et pris une belle averse. L’après-midi, le relief était particulièrement marqué et ce fût notre journée la plus bosselée.

Faverney

Borne de Crue de la Lanterne

Sur une route de Haute-Saône

Nous avons fait étape à Fontenois-la-Ville dans un gîte/camping tenu par un adorable couple de néerlandais qui nous a concocté un excellent et copieux dîner. Seul désagrément, les limaces, incroyablement nombreuses, ont bien essayé de manger les tentes et tout ce qui était à leur portée sous les absides et sur les vélos mais n’ont réussi qu’à tout dégueulasser.

De ce point haut, nous sommes ensuite descendus jusqu’au niveau du canal de l’Est qui nous a fait franchir la ligne de passage des eaux en douceur et dans un cadre assez sauvage.

Highland dans les Vosges

Canal de l'Est

Canal de l'Est

Après un très grand nombre d’écluses, nous avons fini par atteindre la Moselle juste en aval d’Épinal, pour ne plus beaucoup la quitter pendant plusieurs jours. Le paysage s’est fait plus industriel et urbanisé.

J’ai reconnu au passage la rotonde de Thaon où j’avais participé à un gala il y a plusieurs années, au moment où circulaient les tout dernier trains de nuit pour faire Nancy-Paris.

Rotonde de Thaon-les-Vosges

Nous nous sommes arrêté à Charmes, qui en est dépourvu, de charme.

Le jour suivant nous nous sommes séparé en 2 groupes, les uns continuant le long de la Moselle pour une étape un peu plus courte que les précédentes, papa et moi faisant un détour par la colline de Sion. C’est une colline isolée, culminant à 540m, couronnée d’un énorme monastère d’un côté et d’un petit village médiéval de l’autre.

Butte de Sion

Vaudémont

Signal de Vaudémont

Nous nous sommes fait copieusement rincé par 2 averses et avons pique-niqué à l’abri de la grande halle de Vézelise avant de finalement rejoindre les autres dans la boucle de la Moselle.

Halle de Vézelise

Après une étape à Villey-le-Sec, la météo s’est faite plus clémente que les jours précédents et nous avons profité d’un beau soleil à Toul et Liverdun.

Après un petit tour en ville pour quelques courses, nous avons pu confirmer que c’est depuis la voie verte le long de la Moselle que la cathédrale de Toul est la plus belle.

Cathédrale de Toul

Villey dans la boucle de la Moselle

Liverdun

La voie verte le long de la Moselle était parfaite dans les Vosges et en Moselle. Mais entre les 2, en Meurthe-et-Moselle, les aménagements avaient un sérieux retard et il manquait de longues portions. Mais à en juger par les morceaux tous neufs, ces « trous » dans l’itinéraire étaient en train d’être comblés. Aussi, c’est surtout par des départementales que nous avons continué tout l’après-midi en passant par la jolie place centrale de Pont-à-Mousson.

Place Duroc à Pont-à-Mousson

L’étape du soir était Corny-sur-Moselle. Elle fût plus bruyante qu’à l’accoutumée à cause du feu d’artifice anticipé et de nombreux pétards. Nous n’étions que le 13 juillet.

Puisque arrivés dans le département de la Moselle, la voie verte a repris sa continuité et nous a mené jusqu’à Metz dans un corridor de verdure et d’eau.

Jouy-aux-Arches

La Moselle à l'entrée de Metz

Nous avons pris le temps pour un tour de la ville et un café. Ma connaissance des lieux nous a un peu facilité la tâche.

Cathédrale de Metz

Porte des Allemands à Metz

En aval de la ville, la partie la plus industrielle de la Moselle jusqu’à Thionville a finalement été très vite traversée et n’était pas si industrielle que ça. Le plus désagréable a été de longer en ligne droite ce très long canal latéral. Des hauts fourneaux, bien peu reste visible.

Hauts fourneaux à Uckange

Nous avons mangé à Thionville sur les remparts et avons fait une visite éclair de la vieille ville.

Thionville : beffroi et moine

Les collines ont commencé à se resserrer autour de la rivière et le soir nous sommes arrivés à Sierck-les-Bains, notre dernière étape en France. Le village est surmontée d’un imposant château des ducs de Lorraine. De loin il était très beau, mais le centre ville était en réalité dans un état de délabrement assez triste.

Sierck-les-Bains

Nous avons eu droit à un deuxième feu d’artifice ce soir-là sans avoir besoin de sortir de la tente.

Le lendemain, nous avons assez vite franchi la frontière allemande, puis luxembourgeoise au symbolique tri-point de Schengen.

Schengen

Nous avons choisi de rester sur la rive luxembourgeoise de la Moselle, mais la rive allemande aurait sans doute été un choix plus inspiré. Des zones de travaux nous ont en effet contraint à rouler sur la chaussée alors que la rive allemande semblait plus paisible. Mais les 2 côtés étaient très jolis surtout depuis l’apparition des vignobles aux environs de Sierck.

Wasserbillig

Après quelques dizaines de kilomètres au Luxembourg, nous sommes entrés en Allemagne pour de bon. Nous avons fait un petit détour dans la très touristique ville de Trèves, connue pour ces ruines romaines imposantes telle la Porta Nigra.

Porta Nigra à Trèves

Centre ville de Trèves

Pour notre première étape en Allemagne, à Schweich, nous avons bien profité des Schnitzels et de quelques pintes d’Hefeweizen après un court égarement du côté de la très dispensable Birburger, la pils servie par défaut.

Le lendemain a été entièrement dans les vignobles dont les noms s’affichaient en grosses lettres blanches sur les coteaux. Y compris les noms les plus inattendus.

Hollywood an der Mosel

La rivière s’écoulait en sinueux méandres, de plus en plus prononcés, et l’eau était souvent à peine troublée par le vent. Ainsi le massif de l’Eifel ne nous a pas semblé bien difficile à traverser.

Piesport

La Moselle près de Piesport

La véloroute était très fréquentée, avec une proportion importante de vélos à assistance électrique. La foule se faisait plus dense près de certains villages touristiques tel Traben-Trarbach, mais jamais vraiment étouffante.

Traben-Trarbach

Le soleil un peu timide ne s’est dévoilé qu’en fin de journée, alors que nous atteignions notre étape à Pünderich.

Reil an der Mosel

Ce soir là nous avons dîné presque sur le pouce d’une Curry Wurst et d’un verre de vin blanc doux très très local puisque dès le lendemain matin nous sommes passé au niveau des vignes portant son nom.

Pündericher Marienburg

Cette deuxième étape dans les vignobles et les méandres de la Moselle a sans doute été la plus belle de toute du point de vue des paysages. Chaque village toujours plus beau que le précédent et surmonté d’un château.

Zell

Le chat noir de Zell

Zell

Beilstein

Et cette partie de méandres s’arrêtait en apothéose à Cochem, le plus grand des châteaux, le village le plus touristique aussi.

Cochem

À partir de là, le cours de la rivière s’est fait plus direct en direction de Coblence, mais nous réservait encore quelques belles surprises.

Nous avons passé la nuit sur une île à Hatzenport, reliée à la rive par une digue en gros pavés de guingois.

Hatzenport

Dans la matinée, nous sommes passés par le joli village de Kobern-Gondorf dont la petite place centrale était plutôt une surprise.

Kobern-Gondorf

La piste cyclable d’abord en bord de rivière, mais surtout en bord de route, a ensuite laissé place à un itinéraire de l’autre côté de la voie ferrée, plus calme et au pied des vignes toujours aussi escarpées.

Vignobles de la Moselle

Nous sommes ainsi arrivés à Coblence, lieu de confluence de la Moselle et du Rhin, une ville au centre plutôt agréable.

Coblence

Coblence

Et au confluent même, le Deutsches Eck, trône un gigantesque monument, une statue équestre de Guillaume Ier.

Deutsches Eck

A partir d’ici nous avons longé le Rhin, et à nouveau fleuve, nouvel article, bientôt…

La Rochelle – Granville

Au lendemain de notre courte étape pluvieuse entre Rochefort et La Rochelle, le soleil brillait de nouveau sans partage. Nous avons quitté l’auberge très tôt le matin pour traverser La Rochelle encore presque déserte.

Port de plaisance de La Rochelle

Tour de la Lanterne à La Rochelle

Vieux port de La Rochelle

Porte de la Rochelle

Nous sommes sortis de la ville sans trop de difficulté. Il y avait même quelques aménagements cyclables qui ont finis par nous rabattre vers un bel itinéraire côtier le long de l’anse de l’Aiguillon. la piste était au dessus d’une petite falaise surplombant les parcs ostréicoles et bordée de maisons de pêcheurs.

Parc ostréicole

Au bout de la falaise, le fond de l’anse signalait le début du marais Poitevin. A partir de là, nous avons quitté le bord de mer pour ne le rejoindre que quelques jours plus tard dans la baie du Mont St-Michel.

Anse de l'Aiguillon

Une zone bien plate avec une très grande ligne droite le long d’un canal a démarré et cette traversée du marais Poitevin n’a pas été le plus beau passage de la journée. Nous étions au contraire content de retrouver un peu de bocage et de relief en abordant la Vendée.

Panneau indicateur en Vendée

L’étape ne nous a pas fait passé par des sites exceptionnels ce jour là. Nous avons fait halte à Vendrennes près d’une route un peu bruyante et comme les températures avaient fraîchi, nous avons mangé dans la seule pizzeria du village. Au matin, nous avons eu du givre sur la tente pour la seule fois du voyage. Ce gel qui a abîmé les vignobles a fait la une de Ouest-France.

Nous sommes passés par Clisson en fin de matinée, une des plus jolies petite ville sur notre route, toute en ruelles tortueuses et escaliers et dominée par une belle forteresse au dessus de la Sèvre Nantaise… et accessoirement la ville du Hellfest. Une aspirante cyclo-voyageuse nous a invité chez-elle pour un café dans son appartement superbement situé au bord de la rivière.

Forteresse de Clisson

Pont de Clisson

Dans l’après-midi nous avons essayé d’éviter les nuages mais avons finalement écopé d’une averse de grêle très passagère peu avant de rejoindre la vallée de la Loire.

Ancenis

Nous avons campé dans le même camping que l’an dernier sur la Loire à vélo. Il n’y avait pas d’autres cyclistes malgré l’espace bien aménagé pour nous avec tables abritées, micro-onde…

Le lendemain nous sommes partis en direction de la Bretagne sous un ciel un peu chargé mais qui finalement ne nous donnera pas de pluie de la journée. Nous avons fait étape dans un petit restaurant à Châteaubriant.

Châteaubriant

Ruelle à Châteaubriant

Le relief était un peu plus prononcé que les jours précédents, surtout par rapport à la première moitié du voyage, mais ce n’était pas désagréable. À l’entrée de la Bretagne, nous avons longé l’étang de Marcillé-Robert.

Etang de Marcillé-Robert

Porche de l'Eglise de Bais

Au terme de cette grosse étape, nous avons rejoint la petite ville de Vitré, une des plus jolies villes du parcours. Nous n’avons visité son centre que le matin sous un beau soleil. Alors que se tenait le marché sur une petite place, le reste de la cité médiévale était encore désert.

Rue Beaudrairie à Vitré

Vélos à Vitré

Outre les ruelles pavées et les maisons à pans de bois, Vitré est dominée par un beau château et ceinte de remparts, le tout formant un des ensembles de monuments historiques les plus dense de France.

Château de Vitré

Remparts de Vitré

Nous avons ensuite continué plein nord en direction de Fougère que nous avons atteint rapidement. A nouveau c’était une jolie ville médiévale avec ses ruelles, ses remparts et son château fort… à seulement une trentaine de kilomètres de Vitré. Je suis heureux d’être repassé dans cette jolie ville que je n’avais vu que de nuit en 2011 sur un itinéraire de Chartres au Mont St-Michel.

Jardin de ville à Fougères

Château de Fougère

Fougères

Fougères

La sortie de la ville était une voie verte en stabilisé sur une ancienne voie ferrée. Nous ne l’avons pas longé très longtemps mais sans regret car le vent nous a ensuite bien poussé sur des départementales peu fréquentées ou des routes minuscules.

Peu après Ducey nous avons enfin aperçu le Mont St-Michel qui ne nous a plus quitté jusqu’à la fin de la journée.

Mont St-Michel

Nous sommes passés par la ville d’Avranches que nous avons trouvé fort déplaisante à vélo, engluée dans un important trafic de samedi après-midi et nettement moins attachante que Vitré et Fougères traversées plus tôt.

Puis nous avons fait un détour par une ferme pour acheter des caramels et par la pointe du Grouin du Sud pour admirer le Mont de plus près.

Mont St-Michel vers St-Léonard

Mont St-Michel de la pointe du Grouin du Sud

Et enfin depuis le village de Genêts où nous avons campé.

Mont St-Michel de Genêts

Le soir, nous sommes retournés dans les prés salés pour regarder le coucher de soleil sur le Mont. Décidément, on ne s’en lassait pas, et les moutons non plus.

Mont St-Michel de Genêts

Mont St-Michel de Genêts

La météo annonçait ensuite d’impressionnant cumuls de précipitations pour les 140 derniers kilomètres qu’il nous restait à parcourir jusqu’à Cherbourg. Du coup nous avons écourté notre randonnée d’une journée et le lendemain nous nous sommes arrêté tôt le matin à Granville pour prendre un train de retour vers Paris, la pluie sur nos talons.

Au total ce voyage nous aura fait parcourir un peu plus de 900km très variés en 11 jours. Avec des étapes autour de 100km sauf la première (Hendaye-Biarritz), la dernière (Genêts-Granville) et l’étape pluvieuse entre Rochefort et La Rochelle qui en faisaient moins de 40.

Carte Hendaye - Granville

Hendaye – La Rochelle

Deux jours à peine après être rentré de Nogent-le-Rotrou, j’ai repris la direction de la gare Montparnasse. Cette fois avec Audrey, nous sommes partis à Hendaye pour 6 longues heures de trajet en plein milieu de journée. Ce n’est qu’à 16h30 que nous avons commencé à pédaler à quelques encablures de la frontière espagnole. De l’autre côté de la Bidassoa : Irun.

Irun depuis Hendaye

Nous avons fait le tour de la ville avant de longer la corniche basque, une série de montées et descentes le long de l’océan. Dans l’intérieur des terres la Rhune émergeait de temps à autre.

La Rhune vue de la corniche basque

La côte étant très urbanisée, nous sommes vite arrivés à St-Jean-de-Luz et sa très jolie baie. Le centre ville était noir de monde et nous nous y sommes égarés.

Saint-Jean-de-Luz

Nous suivions le balisage de la Vélodyssée, l’itinéraire qui longe en France toute la côte atlantique d’Hendaye à Roscoff. Mais nous ne recommanderions pas la partie basque, pleine de chicanes, de zigzags et de pentes abruptes. Une alternative à la nationale parallèle un peu chargée mais qui nous a fait mettre très longtemps à rejoindre nos hôtes à Biarritz. Ce fût la seule nuit que nous avons passé chez un couple de Warmshowers très intéressant et passionné.

Le lendemain matin, nous avons attaqué notre plus longue journée. D’abord en descendant jusqu’au centre de Bayonne et en achetant un peu de nourriture dont un fromage basque qui nous durera plusieurs jours.

Bayonne

Ensuite nous avons entamé la partie la mieux aménagée de la Vélodyssée. Une piste cyclable complètement séparée des voies de circulation automobile sur quelques centaines de kilomètres. Hors quelques traversées de villages balnéaires comme Cap-Breton, c’était vraiment un itinéraire très facile à suivre par rapport à la corniche basque.

Vélodyssée dans les Landes

Mais comme l’itinéraire était du coup assez peu changeant, pour ne pas dire monotone, je n’ai à peu près pas pris de photos de la journée.

Nous sommes arrivés à Mimizan Plage pour la nuit après 115km de ces pistes agréables dans les dunes et les pins… Et le lendemain c’est reparti pour la même chose ou presque, avec un peu plus de détours autour de l’étang de Parentis.

Sainte-Eulalie-en-Born

Etang de Parentis

La piste nous maintenait à l’écart de la mer. A la pause déjeuner, nous avons marché jusqu’à la plage au niveau de la Salie Nord. Puis nous avons contourné la dune du Pilat avant de rejoindre le centre noir de monde d’Arcachon.

Plage d'Arcachon

La Vélodyssée contourne le bassin, mais nous avons préféré prendre un bac qui rejoint le Cap Ferret pour éviter cette partie très urbanisée et gagner quelques kilomètres.

Dune du Pilat depuis le Cap Ferret

La route du Cap Ferret est de loin la pire que nous ayons emprunté. Nous nous sommes fait frôlés, klaxonnés, insultés et le trafic était d’une densité incroyable pour une péninsule en cul de sac. Bref, nous ne recommandons pas même si le passage par le village ostréicole du Canon était joli. En fait il y a bien une piste cyclable le long du cap, mais elle ne passait pas le long du camping municipal mais à 2km au large, donc nous avons pris la route quasi parallèle sans nous attendre à un tel trafic hors saison.

Village ostréicole du Canon

Les pistes du coin étaient toujours aussi bien aménagées et formaient un réseau parallèle. Une fois passé le bassin d’Arcachon, les villages balnéaires se sont encore éloignés les uns des autres avec parfois plus de 20km de piste entre 2 villages.

Carrefour de la Vélodyssée

Vélodyssée en Gironde

La partie girondine de cette longue côte landaise était toutefois un peu plus monotone que plus au sud. Nous avons eu droit à des lignes droites longeant des départementales sur des segments jusqu’à 9km de long. Avec un vent pas favorable, ça paraissait vraiment interminable.

En fin de journée nous sommes allés sur la plage quasi déserte de la Négade avant de nous arrêter au camping municipal de Soulac. C’était le premier endroit dont nous avons aperçu le phare de Cordouan, marquant l’estuaire de la Gironde.

Plage de la Négade

Le lendemain a été notre plus belle journée, la plus variée. Nous sommes partis comme d’habitude dans les pins autour de Soulac et du Verdon. Soulac-sur-Mer est une jolie station balnéaire belle époque. A la sortie de la ville on trouve une statue de la liberté pour marquer le fait que ce serait le dernier morceau de côte française qu’aurait vu Lafayette en partant pour l’Amérique. Tout ça très hypothétiquement !

Statue de la liberté à Soulac-sur-Mer

Nous étant renseignés sur les horaires du bac pour Royan, nous ne l’avons pas attendu bien longtemps et nous avons fait un saut à la pointe de la Grave avant.

Pointe de la Grave

Bac du Verdon à Royan

A peine 20min sont nécessaires à la traversée de l’estuaire. Royan complètement bombardée par les alliés pendant la seconde guerre mondiale est une ville refaite en béton comme Brest ou le Havre. Mais sous le soleil, elle n’est pas moche.

Royan

Eglise de Royan

L’itinéraire cyclable devient très joli en Charente Maritime et passe régulièrement des groupes de cabanes de pêche au carrelet.

Cabanes de pêche vers Royan

Les phares aussi, absents ou invisibles sur la côte landaise sont ici très fréquents et fraîchement repeints.

Phare à Saint Palais

Le plus célèbre d’entre-eux reste toutefois loin de nous sur son banc de sable.

Phare de Cordouan

La pointe de la Coubre nous a offert une dernière portion de pinède le long de la côte Sauvage.

Phare de la Coubre

Puis tout à coup, en franchissant le pont sur la Seudre, le paysage a changé radicalement. Fini les pinèdes, nous sommes entrés dans les marais, les prés salés et le bocage. S’il y a un endroit qui matérialise la limite entre le sud et le nord, c’est cette rivière.

La première bourgade importante que nous avons traversé de l’autre côté était Marennes. En milieu d’après-midi la ville était bien endormie et nous avons renoncé à y prendre un café pour poursuivre notre route jusqu’à Brouage. Il nous a fallu quitter l’itinéraire officiel de la Vélodyssée pour y passer.

Eglise de Marennes

Brouage est le village que j’ai trouvé le plus intéressant de tout le parcours. C’est une forteresse au milieu des marais, un ancien port qui se trouve maintenant bien loin de la mer.

Brouage

Nous avons fait un petit tour sur les remparts.

Brouage

Brouage

Vélos à Brouage

Nous avons repris la route quelques kilomètres pour rejoindre la Charente au niveau de Soubise, à quelques kilomètres en aval de Rochefort. Nous avons été surpris d’y trouvé un petit bac à la demande qui nous a fait traverser la rivière sans attendre.

La Charente près de Soubise

Peut-être aurait-il été plus grandiose d’utiliser le fameux pont transbordeur de Rochefort. Mais celui-ci subissait de lourdes réparations, prévues pour durer jusqu’en 2019.

Pont transbordeur de Rochefort

Au camping nous avons retrouvé Laurent. Il descendait la côte en sens inverse en même temps que nous (à vélo aussi bien sûr) et il avait été convenu quelques jours plus tôt, que nous nous croiserions à Rochefort. Nous en avons profité pour passer une soirée en ville et s’offrir un très bon restaurant.

L'Hermione à Rochefort

Le lendemain c’était notre étape de repos. A peine 40km pour rejoindre la Rochelle. Nous avons quitté Laurent après avoir seulement longé la corderie royale, pour le laisser continuer vers le sud.

Corderie royale de Rochefort

C’est la seule journée du voyage où nous avons eu de la pluie. Mais elle ne s’est pas arrêté de la journée. Nous avons à nouveau mangé au restaurant le midi à Châtelaillon-Plage et nous sommes arrivés en début d’après-midi à l’auberge de jeunesse de la Rochelle que nous avions appelé par précaution le matin même. C’était notre seule étape en dur après Biarritz et elle est bien tombée.

Nous n’avons quitté l’auberge que tard dans l’après-midi pour une courte balade le long du port de plaisance, profitant d’une toute petite éclaircie.

Suite et fin du voyage dans un 2ème article à venir prochainement…

 

 

 

 

 

Traversée des Alpes 2016 : l’Autriche et l’Allemagne

Me voila donc arrivé en Autriche, dans la vallée de la Drave. Après avoir été dans les bassins versants du Rhône (Méditerrannée), du Rhin (Mer du Nord), de l’Adige et du Piave (Adriatique), j’entrais dans celui du Danube (Mer Noire) que je ne quitterais plus jusqu’à Munich. Vu sous cet angle, j’ai parcouru le château d’eau de toute l’Europe.

Au petit matin j’ai continué le long de la très belle voie verte le long de la Drave en direction de Lienz. 30 kilomètres en descente régulière jusqu’à cette petite ville capitale du Tyrol oriental.

Drau Radweg vers Lienz

La ville a un petit centre piétonnier agréable et se situe dans une vallée au pied d’un petit massif dolomitique (les dolomites de Lienz). La vallée voit beaucoup de passage puisqu’une route y monte jusqu’à un tunnel permettant de franchir les Hohe Tauern qui n’ont pas tant de points de passages que ça.

Lienz

À la sortie de la ville, je suis monté à un petit col peu élevé, l’Iselsberg, pour passer dans la vallée du Mölltal. Près du sommet j’ai trouvé l’abri bus le plus confortable du monde, juste à côté d’une fontaine pour refaire le plein.

Iselsberg

Dans le Mölltal, j’ai retrouvé une véloroute (Radweg n°8) qui m’a conduit jusqu’à Heiligenblut en évitant pas mal la route principale. Le ciel a commencé à se couvrir assez tôt dans l’après-midi après une semaine de temps splendide.

Cascade dans le Mölltal

J’ai fait étape à Heiligenblut, ou plus exactement Heiligenblut am Groβglockner car la pyramide enneigée au fond c’est le Groβglockner, point culminant de l’Autriche à 3798m.

Heiligenblut

Dans la soirée j’ai eu droit à un violent orage. J’avais planté ma tente dans le sens du vent qui remontait la vallée, mais juste avant l’orage, le vent a tourné de 180°, la plaçant dans le pire angle possible pour supporter les rafales, j’ai cru qu’elle allait se déchirer. Mais finalement elle a bien résisté par rapport à celle de ma voisine française.

Le lendemain, je suis parti tôt pour une dernière série de cols. Je n’étais pas le seul avec des sacoches à la sortie du camping malgré l’heure très matinale, mais je suis parti un peu plus vite que les autres et j’ai été surpris de ne pas m’être fait rattrapé pendant la montée relativement longue.

La Groβglockner Hochalpenstrasse (haute route alpine du Groβglockner) est un franchissement purement touristique des Hohe Tauern. La route est à péage pour les véhicules à moteur (35€ pour une voiture et 25€ pour une moto) et gratuite pour les vélos. Avec l’argent récolté, la route est entretenue en un véritable billard.

Au matin, le ciel était très dégagé et la route encore déserte.

Le Groβglockner

Mölltal

Les moutons s’échappaient facilement sur la route dans les alpages, ça faisait ralentir les premiers automobilistes et motards.

Au sommet, le col est marqué par un tunnel à 2504m d’altitude, la Hochtor (Haute porte). Ça valait bien quelques photos du vélo parce que c’était mon dernier grand col.

Tunnel de la Hochtor

Hochtor

En réalité il y a 3 cols nommés sur cette route. Le 2ème est également marqué par un tunnel mais quasiment sans remontée. Le 3ème a une centaine de mètres de remontée et permet d’admirer le chemin accompli depuis la Hochtor. De là on voit les bouches des 2 tunnels précédents.

Route depuis le Hochtor

C’est aussi là à la Fuscher Törl qu’on peut voir pour la dernière fois le Groβglockner (au fond à gauche derrière 2 belles pyramides que je ne peux nommer).

Vue sur les Hohe Tauern de la Fuscher Törl

La descente était particulièrement raide, régulièrement à 14% sur une douzaine de kilomètres et du coup je ne l’ai pas trouvé très agréable. Et le trafic était beaucoup plus dense en face.

Je suis arrivé dans la vallée après 1750m de descente pour pique-niquer au bord du joli lac de Zell.

Zell am See

À partir de là, même au cœur des Land de Salzbourg et du Tyrol, je n’ai plus rencontré beaucoup de relief. J’ai suivi de bons balisages dans les vallées et franchi des cols presque imperceptibles (d’ailleurs non nommés) en direction de l’Allemagne.

Schloss Prielau

La ville de Saalfelden se trouve au pied de la Steinernes Meer (la mer de pierre), un massif qui sépare l’Autriche de l’Allemagne. De l’autre côté se trouve Berchtesgaden où je suis passé en 2012.

Saalfelden am Steinernen Meer

J’ai finalement fait étape à Waidring. C’était plutôt bien choisi car le soir, j’ai pu assister sur la place du village à un concert en plein air d’un orchestre tyrolien (Bundesmusikkappelle Waidring) en costumes traditionnels.

Le lendemain c’était mon dernier jour de voyage et une des étapes les plus plates jusqu’à Munich. Du coup j’avais prévu plus de kilomètres qu’à l’accoutumé et en effet le soir j’en avais 144 au compteur.

Tant que j’étais dans le Tyrol, le ciel était très couvert.

En direction de Kössen

Mais à peine rejoints les bords de l’Inn, j’ai eu droit à un grand ciel bleu et le vent m’a poussé efficacement hors des Alpes sur la digue de la rivière.

L'Inn en direction de Rosenheim

Rosenheim

À partir de Rosenheim, j’ai suivi un balisage de la Via Julia, difficile à trouver au début mais finalement une fois que j’ai compris que la Via Julia allait en direction de Munich, je me suis laissé guidé le long de la rivière Mangfall et dans la campagne Bavaroise.

Un village bavarois sur la Via Julia

J’ai franchi un petit col près d’Aying puis me suis retrouvé sur de grandes pistes forestières rectilignes. Je suis arrivé à Munich sans voir que j’arrivais en ville. J’ai traversé l’Isar sous le tablier du pont ferroviaire Groβhesseloher. C’était le lendemain des attentats mais les bords de la rivière étaient très animés.

L'Isar en amont de Munich

Des orchestres passaient sur des radeaux à bonne allure en jouant Brazil ou d’autres airs entraînants.

Radeau orchestre sur l'Isar

Je me suis arrêté au camping de Munich, faute d’avoir bien cherché un hébergement en dur (Warmshowers ou autre) que je préfère en général en ville.  J’ai essuyé une troisième soirée d’orage d’affilée. Mais comme je partais tôt le matin, à chaque fois que les orages commençaient j’avais déjà installé le campement. Et puis dans une tente 2 places tout seul, on est au large pour attendre que ça passe.

Sous la tente en attendant l'orage

Le lendemain c’était le retour en France. Je suis parti bien avant mon train pour avoir le temps de faire un tour dans Munich que je n’avais pas du tout vu la veille. Même sans plan il est très facile de se repérer en ville, tout est super bien balisé et la Marienplatz est indiquée de tous les carrefours de la ville.

Marienplatz

Hofgarten (une vraie photo d'arrivée !)

Le long de l'Isar à Munich

Altes Rathaus Munich

Maison de Munich

Dans le train EuroCity qui m’a mené à Stuttgart (c’était bien un EC et non un ICE comme j’ai pu l’écrire un peu vite ailleurs), il y avait 16 places vélo (pour 18 vélos présents). Autant dire qu’il fallait bien respecter la place qui nous était attribuée à la réservation.

Vélos dans un EuroCity

Après un changement à Stuttgart, puis un autre à Karlsruhe pour des trains régionaux beaucoup moins bien pourvus (compartiments à strapontins vites saturés car occupés par des gens qui n’en ont pas besoin alors qu’il reste des places assises ailleurs dans le train), je suis finalement descendu à Appenweier. De là il me restais une grosse vingtaine de kilomètres pour franchir le Rhin et rejoindre Strasbourg. Moyennant une correspondance de plus, j’aurais pu faire ce morceau en train également, mais comme j’avais 3h devant moi, j’ai préféré le faire à vélo.

Passerelle entre Kehl et Strasbourg

Le balisage côté français a encore des progrès à réaliser car les indications pour Strasbourg centre s’arrêtent assez rapidement pour pointer des lieux dont le visiteur de passage n’a aucune idée de l’emplacement par rapport au centre (à un moment on arrive sur « parc de l’étoile » d’un côté et « station tram » de l’autre… et le centre ville c’est par où ?). Idem un peu plus loin parce qu’une fois dans le centre je n’ai jamais vu aucun panneau indiquant la gare et les rues sont un peu compliquées car celles empruntées par les trams sont parfois autorisées et parfois interdites au vélo. Bref tout ça est beaucoup moins lisible qu’en Allemagne.

Cathédrale de Strasbourg

Une fois à la gare, il ne me restait plus que 2h de TGV pour rentrer à la maison.

Gare de Strasbourg

Finalement un voyage retour qui malgré le nombre de correspondances (4 trains) et la durée (11h porte à porte) s’est bien déroulé et était relax.


Au total se fut un périple à vélo de 15 jours et d’environ 1400km et 17500m de D+. J’avais originellement prévu 20000m mais la Furka étant fermée, et ayant zappé le col de Gavia, ceci explique la différence.

J’ai tracé le parcours par morceau sur Openrunner (à la main parce que les calculs d’itinéraires automatiques ne passent jamais là où je suis réellement passé !) :

Vue d'ensemble du parcours Bellegarde - Munich