Tenerife

Pendant les fêtes de fin d’année, je suis allé en famille une semaine sur l’île de Tenerife. Dans l’archipel espagnol des Canaries, Tenerife est l’île la plus grande et la plus peuplée et est dominée par le Pic de Teide et ses 3700m d’altitude dont on voit nettement la silhouette triangulaire dès l’arrivée en avion.

Nous étions basés à Los Gigantes, une petite ville au nord ouest de l’île et avions loué une voiture 7 places pour nous déplacer tous ensemble. La première impression que nous a laissé Tenerife à l’arrivée est celle d’une île très urbanisée. Le long de l’autoroute s’étalent des entrepôts commerciaux et des parcs d’attraction dans un paysage très sec et poussiéreux.

Le premier jour nous nous sommes éloigné de cette côte vers l’intérieur pour traverser l’île par la route panoramique du Teide, dans l’immense caldeira du volcan. Assez vite avec l’altitude, les villes laissent la place aux villages puis à une forêt de pins assez clairsemée au milieu d’anciennes coulées de lave. La forêt fini par disparaître et la caldeira offre des paysages lunaires.

Caldeira du Teide

Au milieu de la Caldeira se dressent le Teide et, plus trapu, le Pico Viejo, au flanc duquel à gauche on distingue plus sombre les « narines du Teide », lieu de la toute dernière éruption dans la caldeira en 1798.

Le Teide

Nous sommes sortis de la caldeira sur le versant nord de l’île pour aller visiter les 2 villes de la Orotava et Puerto de la Cruz. Ces 2 villes ont conservé des bâtiments de l’époque coloniale dont la Casa de los Balcones est un des plus connu.

Casa de los Balcones

Les jardins publics sont agréables, la côte nord étant plus humide que celle où nous résidions. Nous avons vu de beau spécimen de dragonniers, un arbre emblématique des Canaries mais qu’on ne trouve plus guère dans les forêts.

Dragonnier des Canaries

À Puerto de la Cruz, la ville voisine en bord de mer, se trouve un superbe jardin botanique. Assez ancien, il a pu laisser grandir certaines plantes jusqu’à des dimensions extraordinaires et adapte d’ailleurs le tracé de ses allées aux racines des arbres.

Ficus à Puerto de la Cruz

Le centre-ville est plus touristique que celui de la Orotava, bord de mer oblige et les façades sont égayées de grandes fresques.

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Le ciel s’est chargé en accrochant les nuages au flanc de la montagne, donnant l’impression qu’un orage allait éclaté, mais ce phénomène était en fait très localisé sur la côte nord.

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Une portion de la plage de galet n’était qu’un empilement de cairns.

Puerto de la Cruz

À peine franchi le col pour revenir sur la côte ouest, le soleil brillait à nouveau. Nous constaterons à nouveau à quel point l’île est faite de micro-climats.

Le lendemain nous sommes partis en randonnée dans le massif du Teno, à la pointe nord-ouest de l’île. Ce massif est couvert d’une forêt de lauriers et de bruyères. Et en effet, il accroche bien les nuages et le brouillard et nous ne verrons pas beaucoup le paysage à part au départ à El Palmar et sa montagne creusée par l’homme.

Montana del Palmar

Sur l’autre versant, les vues jusqu’à la côte ont été rares.

Massif du Teno

Sur l’impressionnante route du retour, nous avons fait halte à Masca, au milieu de son cirque volcanique.

Masca

Masca

Le jour suivant, pendant que 2 d’entre-nous sont allés observer les baleines, nous avons fait une randonnée sur le flanc du Teide, au niveau de la limite supérieure des pins, au lieu-dit de la montagne de Samara. Le sentier bien balisé nous a mené entre les coulées de lave de différentes structures dans une atmosphère fraîche et venteuse. Au fond on distinguait les îles voisines de la Gomera, la Palma et El Hierro.

Montana de Samara

Montana de Samara

Le Pico Viejo et le Teide étaient visibles presque en permanence.

Le Teide et le Pico Viejo

La reventada et le Teide

Montana de Samara

La route à cet endroit est un billard sublime et il n’est pas étonnant que la destination soit appréciée des cyclistes en hiver.

Montana de Samara

Route au pied de la Montana de Samara

L’après-midi, nous sommes allés tous ensemble voir les pyramides de Guimar. Le site est assez cher pour ce qu’il y a à y voir, des pyramides dont l’origine reste sujet à spéculation et un jardin botanique qui n’arrive pas à la cheville de celui de Puerto de la Cruz.

Pyramides de Guimar

Nous sommes aussi allé visiter la petite ville côtière de la Candelaria, où se trouve le plus grand centre de pèlerinage de l’île.

La Candelaria

On y a trouvé également un très grand village de santons, avec des détails incongrus.

La Candelaria

Le lendemain nous avons préféré profiter de la ville de Los Gigantes, sans prendre immédiatement la voiture. Nous sommes allés jusqu’au site qui donne son nom à la ville : les immenses falaises qui tombent du Teno dans l’océan Atlantique.

Los Gigantes

L’après-midi nous sommes remontés dans la caldeira pour faire le tour des Roques de Garcia, des rochers aux formes extraordinaires, d’anciennes cheminées volcaniques que l’érosion a laissé et sculpté.

La cathédrale

Roques de Garcia

Roques de Garcia

Et bien sûr tout ceci au pied de l’imposant pic de Teide.

Roques de Garcia

Caldeira

Le jour suivant nous avons décidé de faire un long trajet jusqu’à l’autre bout de l’île, dans le massif de l’Anaga.

Au passage, nous nous sommes arrêté dans la capitale de l’île, Santa Cruz. Nous y avons visité un marché et déambulé dans les rues très actives du centre.

Santa Cruz de Tenerife

Santa Cruz de Tenerife

Comme le massif du Teno, l’Anaga jouit d’un climat particulier, plus humide et où le brouillard s’accroche. La bruyère y atteint des tailles encore plus importante que dans le Teno. Nous nous sommes promené à partir du dernier village de la route jusqu’au phare de l’Anaga, l’extrême pointe nord-est.

Anaga

Faro de Anaga

Au retour nous sommes passés par la côte nord au lieu de l’autoroute de la côte sud, la traversée de l’île nous a pris plus de 2h.

Le dernier jour, nous sommes montés à nouveau dans la forêt de pins à mi chemin de la caldeira, près du volcan Chinyero. Et une partie d’entre nous est redescendu jusqu’à Los Gigantes à pied, une vingtaine de kilomètres de descente dans les coulées de lave et les barrenco (ravins), plus loin des autres touristes que d’habitude.

Chinyero

Chinyero

Coulée de lave du Chinyero

Le lendemain nous avons repris l’avion pour refermer cette courte parenthèse ensoleillée au milieu de l’hiver.

 

 

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Lacs jurassiens

Pour un petit weekend en famille dans le Jura, nous avons jeté notre dévolu sur Clairvaux-les-Lacs. Le village ne m’était pas inconnu pour y être passé à peine un an auparavant. Mais Clairvaux n’est pas très bien desservie en transports. Les bus y sont rarissimes hors transports scolaires et les gares les plus proches sont à une bonne vingtaine de kilomètres. Du coup la solution évidente pour moi a été de compléter le trajet en train par un peu de vélo.

J’ai débarqué à Bourg-en-Bresse pour une courte correspondance avant de grimper dans un TER Lyon-Besançon plein à craquer. Heureusement que le trajet jusqu’à Lons-le-Saunier n’était pas très long mais s’extirper de là a été difficile.

Lons m’a donné l’impression d’une toute petite ville. Tout y était à 2 minutes, notamment la place centrale depuis la gare.

Lons-le-Saunier

Tour horloge de Lons-le-Saunier

J’aime bien les rues bordées d’arcades même si celle-ci est gâchée par le stationnement automobile.

Arcades à Lons-le-Saunier

La seule portion désagréable à la sortie de Lons a été le franchissement des 2 ronds points de part et d’autre de la voie ferrée en direction de Perrigny. Les voitures y étaient pare-choc contre pare-choc. Mais après celà il n’y avait plus personne dans Perrigny et son petit raidillon pour rejoindre la voie verte du PLM.

Pas de forte pente et une belle rampe en balcon avec de longs tunnels rafraîchissants, une belle découverte.

Vue sur Vatagna depuis la voie PLM

Tunnel de la voie PLM

Lons depuis la reculée

Ainsi j’ai fini par déboucher au dessus de la reculée du creux de Revigny. L’arrivée de la voie verte en interdit de fait l’accès aux vélos spéciaux ou au remorques, il y a un escalier à côté duquel on peut pousser les vélos mais c’est raide.

J’ai rejoins mon père et mon frère au village de Verges et nous avons continué notre route jusqu’à Clairvaux ensemble.

Les jours suivants, nous avons fait de la randonnée et des petites balades à vélo dans les environs : aux 4 lacs, aux cascades du Hérisson…

Lacs d'Ilay et du grand Maclu

Lac de Narlay

La foule était nombreuse à chercher la fraîcheur le long du Hérisson.

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Nous nous sommes baigné à maintes reprises dans le grand lac de Clairvaux dont la température montait de jour en jour.

Clairvaux les Lacs

Lac de Vouglans

Saut de la Saisse

Les lacs de Clairvaux

Pour le retour, je devais prendre un train à St-Laurent-en-Grandvaux, puis une correspondance à Besançon. Mais vu la météo idyllique, j’ai préféré descendre jusqu’à Besançon à vélo, soit un peu plus de 120km. Mais vu l’horaire tardif du TGV j’avais largement le temps. Et mon père m’a accompagné sur plus de la moitié de la journée.

En direction de Champagnole nous sommes passés par plusieurs belvédères sur les lacs de Chambly puis de Chalain.

Lac de Chambly

Lac de Chalain

Nous n’avons pas vraiment profité de Champagnole, parce que dans ce sens là, la traversée de la ville évite le centre (joie des plans de circulation en sens unique sans double-sens cyclable). Puis le plateau vers Andelot-en-Montagne n’était pas tout à fait plat. Nous avons mangé dans un bel espace vert à Chapois puis nous nous sommes séparé à Crouzet-Migette peu après avoir traversé le pont du diable.

Le pont du diable

De là je suis descendu à Nans-sous-Sainte-Anne, 250m de dénivelée d’un coup.

Nans-sous-Sainte-Anne

Pour tout remonter directement par 5 beaux lacets sur un véritable billard en direction de Saraz et Alaise car il n’y a pas de route qui longe le Lison par la vallée, il faut sans cesse remonter sur le plateau, puis redescendre traverser la rivière.

Gorges du Lison entre Saraz et Alaise

Lizine

Châtillon-sur-Lison

J’ai longé un peu la Loue après son confluent avec le Lison avant de remonter une dernière fois sur le plateau avant Besançon.

La Loue vers Châtillon

Pour la première fois, j’ai débouché sur Besançon par la petite route de la Chapelle des Buis qui offre un très beau point de vue sur la ville. Et je me suis fait plaisir en repassant le tunnel-canal sous la citadelle.

Besançon depuis la Chapelle-des-Buis

J’ai eu un peu de temps pour flâner en ville avant mon train autour de la place du marché et du quartier Battant.

Le pont battant à Besançon

Tous les parcours à vélo du séjour : http://www.openrunner.com/index.php?id=7477433

 

Des bords de Loire aux volcans d’Auvergne

Pour rallier le gîte loué par ma famille en Auvergne, je suis sorti de la région parisienne en train jusqu’à la Loire à Cosne-sur-Loire puis j’ai complété ce trajet par 3 jours de vélo.

Il n’y a rien à voir à Cosne, la ville, bien que située sur l’itinéraire de la Loire à vélo, double ses panneaux de sens interdit par des panneaux d’interdiction aux vélos. Et la Loire à vélo n’est pas indiquée depuis le centre-ville ou la gare. Bref, une ville où les cyclistes n’ont pas l’air particulièrement bienvenus alors qu’elle pourrait tirer profit de sa situation géographique et des milliers de voyageurs à vélo qui passent à 1km à peine chaque année.

Une fois sur l’itinéraire cyclable, le long du canal latéral à la Loire,  je croise beaucoup de monde, de toutes nationalités et pour la plupart portant un chargement qui indique un voyage de plusieurs jours. L’itinéraire étant protégé, il y a beaucoup de familles avec enfants. Il n’y a guère que sur les tous premiers kilomètres, à cause de l’heure matinale, que j’ai le canal pour moi seul.

Canal latéral à la Loire (Loire à vélo)

Je quitte le canal en suivant les indications pour Sancerre. Après un raidillon, je me retrouve sur une ancienne voie ferrée qui passe au dessus de Saint-Satur sur un viaduc. Sancerre est en arrière plan, mais on ne devine pas grand chose du village au sommet de la colline.

Viaduc de Saint-Satur

Après avoir quitté le viaduc, les indications proposent 2 options pour la montée. Les pourcentages sont fantaisistes, l’option raide que j’emprunte doit quand même dépasser les 15% sur la fin.

Balisage de la montée vers Sancerre

Sur la terrasse panoramique à l’entrée du village, la vue est dégagée sur la vallée de la Loire. Mais la brume de chaleur ne permet pas de voir nettement les collines du Nivernais ou le Morvan.

Saint-Satur

Je tournicote un peu en ville. Je trouve le lacis de ruelles médiévales étroites  finalement un peu décevant. Les maisons sont grises, plutôt quelconques, souvent volets clos. Les commerces sont concentrés sur quelques placettes uniquement. Je repars de la colline en direction de Ménétréol pour ne pas emprunter le même itinéraire qu’à la montée (le seul indiqué). Et je fais bien car c’est sur cette route (D307) qu’il y a la plus belle vue sur le village et les vignobles alentours.

Sancerre depuis la route de Ménétréol

Après une descente raide, je retrouve l’itinéraire de la Loire à vélo qui se rapproche du fleuve à travers champs. Je ne sais pas si c’est fait exprès mais un arrosage automatique forme un rideau d’eau en travers de la route et c’est agréable à traverser par cette chaleur.

La ville suivante est la Charité-sur-Loire. Elle est beaucoup plus jolie que Cosne et intéressante à sillonner. Une bonne partie du centre est constitué des bâtiments de l’ancien prieuré clunisien. Les portes sont truffées de nids d’hirondelles.

Porte à la Charité-sur-Loire

La Charité-sur-Loire

Je fais quelques courses pour le pique-nique et je m’installe sur l’île face au centre-ville. Sur le pont, comme pour ces quelques centaines de mètres je ne remets pas mon casque, un automobiliste me lance « il est où le casque ? ». Je manque de répartie. Il aurait bien mérité la réponse universelle à toute question commençant par où.

L’île, dite du Faubourg, est probablement le meilleur endroit pour admirer la ville, mais la plage pour se baigner dans la Loire est sur l’autre rive.

La Charité-sur-Loire

Je continue vers le sud sur une partie un peu moins agréable de la Loire à vélo. La piste cyclable est sur une digue dépourvue d’arbres. Alors que de chaque côté la forêt s’étend souvent, il n’y a pas une parcelle d’ombre sur la piste et je fais de longs kilomètres en plein cagnard, le soleil quasiment de face.

À Marseilles, je manque une indication et me retrouve sur de petites départementales. L’avantage c’est que ça me fait passer dans les villages et ça me permet de me ravitailler en eau dans un cimetière.

Passé le bec d’Allier, le confluent de la Loire et de l’Allier, je ne croise plus aucun cycliste puisque je continue le long de l’affluent. Les indications pour vélo ne vont que jusqu’à Apremont-sur-Allier. C’est un minuscule village aux maisons ocres et aux toits de petites tuiles plates assez joli. Mais c’est surtout son château et son jardin qui attirent les touristes. Je ne fais que traverser.

Apremont-sur-Allier

Je m’éloigne de l’Allier par de minuscules routes de campagne et fini par rallier Saint-Plaisir. Un couple d’amis hollandais, Wilma et André, m’y héberge pour la nuit. Il y a beaucoup de hollandais installés dans ce village à l’allure assez quelconque, perdu au milieu du Bourbonnais. Le dynamisme de ces nouveaux habitants a redonné vie au village. Wilma et André rénovent une énorme maison du centre du village, André a lancé un commerce de bougies artisanales qui marche du tonnerre et ils prévoient d’ouvrir un restaurant l’an prochain. Bref, tout le monde les adore au village et ils ont très vite été intégrés à la communauté.

Le lendemain, la météo est toujours au beau fixe et caniculaire. Je passe d’abord par Bourbon-l’Archambault, dominé par les ruines d’une ancienne forteresse.

Forteresse de Bourbon-l'Archambault

Maison des chanoines à Bourbon-l'Archambault

Sur les indications d’un ami ayant passé son enfance dans les environs, je fais un détour par Saint-Menoux et je mets ma tête dans le débredinoire. C’est un genre de sarcophage dans lequel sont placées des reliques et si on y introduit sa tête, on est plus bredin, c’est-à-dire simple d’esprit.

Débredinoire de Saint-Menoux

Saint-Menoux

Quelques kilomètres plus loin, je tombe en pleine fête médiévale à Souvigny. Le cadre s’y prête bien entre vieilles maisons et un immense prieuré clunisien, comme à la Charité.

Souvigny

Après Souvigny, je m’élève doucement mais sûrement vers le massif central. J’emprunte des petites routes à travers le bocage du Bourbonnais. Ça monte et ça redescend mais je gagne à chaque fois un peu plus d’altitude jusqu’au point culminant de la journée au lieu dit bien nommé « la Bosse », à 720m. De là je distingue la chaîne des Puys et même, de l’autre côté de la plaine de Limagne, les monts de la Madeleine et du Forez. Je redescend d’un seul coup sur Chouvigny, dominant la vallée de la Sioule. C’est en cherchant de l’eau que je découvre que le cimetière, sur un petit promontoire derrière l’église, offre une très belle vue sur le château et la vallée.

Château de Chouvigny

La Sioule forme à cet endroit des gorges très marquées, aux flancs couverts de forêts et où dépassent des rochers. La route emprunte même un tunnel.

Gorges de la Sioule

Il y a beaucoup de touristes venus se baigner ou faire du canoë sur la Sioule. Au Pont de Menat, il y a un ancien pont roman en excellent état.

Pont roman de Menat sur la Sioule

Pont roman de Menat sur la Sioule

Les gorges s’élargissent un peu et la route monte sur leur flanc sous les ruines de  Château-Rocher.

Château-Rocher

Ça redescend ensuite vers le village thermal de Châteauneuf-les-Bains. Des gens se baignent dans un bassin d’eau ferrugineuse naturellement chaude.

Après une petite épaule, je descend à 30km/h sur un faux plat. Il y a une passerelle sur la gauche avec un stop au bout. Une voiture est sur la passerelle, elle passe le stop sans s’arrêter et me percute de plein fouet sur le côté gauche. C’est la sacoche arrière qui encaisse d’abord. Le vélo se couche sur le flanc droit et la voiture me pousse sur le bitume sur une dizaine de mètres, heureusement en pilant et avec un coup de klaxon. Le vélo est sous le capot mais les sacoches l’ont empêché de passer sous les roues avant. J’ai le bras droit et la jambe droite dégoulinant de sang, les mitaines en charpie mais les paumes bien protégées. Je relève le vélo qui miraculeusement s’en tire avec seulement une pédale cassée et la guidoline abrasée.

A priori, ça n’a l’air que d’éraflures, profonde quand même au bras. La conductrice n’habitant qu’à 100m de là, je passe chez-elle pour un premier rinçage et pour désinfecter. Étant proche de l’arrivée de mon étape, je décide de continuer avec un pansement de fortune au bras pour rallier la pharmacie de St-Gervais-d’Auvergne. Je n’ai pas envie de me retrouver avec le vélo coincé à Châteauneuf. Ça monte très raide jusqu’au plateau, 300m de dénivelée sur les quelques kilomètres restants. Les pharmaciennes prennent soin de mes blessures et je prend de quoi renouveler les bandages. J’appelle le 15 où un médecin se montre très peu inquiet. Ça m’encourage à continuer.

Avec Suzie qui m’héberge, nous allons déguster une truffade au restaurant. Le village est très animé à cause du grand bal de l’Europe qui attire quelques 3000 festivaliers pendant toute une semaine. Entre la douleur des blessures, la chaleur, les fêtards dans la rue jusqu’à 3h30 du matin puis l’installation de la brocante dès 6h30, je dors très peu. Mais entre 7 et 8h du matin, un gros orage fait chuter la température et je pars pour une journée sous la pluie à 16°C.

Je retraverse la Sioule une dernière fois au niveau du viaduc ferroviaire des Fades. Malgré sa taille et l’énergie qu’il a fallu pour sa construction dans ce milieu escarpé, le viaduc n’est plus utilisé.

Viaduc des Fades

Au village suivant, je m’arrête dans une nouvelle pharmacie. Les bandages refaits le matin tiennent mal, alors on refait tout proprement. Je peux repartir. La pluie tombe franchement et je ne vois pas grand chose de la chaîne des Puys que je longe toute la journée. Je viens quand même à bout de la centaine de kilomètres prévus sous la pluie. Comme c’est l’été, je n’ai pas amené de pantalon de pluie et le bandage au genou fini vite imbibé de flotte. J’arrive le premier au gîte loué par ma famille à Saurier et suis bien heureux de me laver et de changer les bandages.

Le lendemain, pas de vélo. Nous partons tous ensemble visiter le village médiéval de Besse et faire une petite randonnée autour du lac Pavin tout proche.

Lac Pavin

Lac Pavin

Puy de Pertuyzat

À court de tulle gras, nous nous mettons en quête d’une pharmacie de garde. Le pharmacien, plus alarmiste que les précédents, nous pousse à aller voir un médecin. Alors nous descendons à Issoire où je visite le service des urgences. Ma plaie au coude est correctement nettoyée et j’ai maintenant une ordonnance pour en prendre soin pendant 8 jours.

En rentrant d’Issoire, nous prenons le temps de visiter les anciennes habitations troglodytiques de Perrier.

Habitations troglodytiques de Perrier

Habitations troglodytiques de Perrier

Situées sur le bord d’un plateau, elles offrent une belle vue sur Issoire et ses environs.

Issoire depuis Perrier

Le lendemain nous prenons la route jusqu’au Gour de Tazenat, un lac de cratère au nord de la chaîne des Puys.

Gour de Tazenat

Pendant toute la journée, nous redescendons progressivement la chaîne en visitant différents sites touristiques. Le deuxième d’entre-eux est le méandre de Queuille, tout près du viaduc des Fades où je suis passé 2 jours plus tôt. Un barrage en aval maintien un beau niveau d’eau au milieu d’une vallée complètement boisée.

Méandre de Queuille

Nous mangeons à Pontgibaud, de l’aligot pour moi cette fois. Décidément les spécialités auvergnates à base de pomme de terre et de fromage fondu ne sont pas des plats d’été.

Nous partons ensuite pour une randonnée pédestre de quelques heures autour des Puys Pariou et de Côme. Au pied des puys nous évoluons toujours en forêt mais au sommet la vue est dégagée. Le cratère du Puy Pariou est un des plus profonds de la chaîne. À cause de sa forme très marquée, ce puy est très fréquentée par les promeneurs. Les sentiers sont bien délimités et il y a même un long escalier en bois sur un des flancs qui fait quasiment 200m de dénivelé.

Cratère du Puy Pariou

Le Puy des Goules, de l’autre côté du col éponyme a une forme de volcan un peu moins marquée.

Puy des Goules

Clermont-Ferrand est un peu voilé mais on distingue nettement sa cathédrale toute noire.

Clermont-Ferrand depuis le Puy Pariou

Nous gravissons ensuite le Puy de Côme dont le sommet est constitué de 2 cratères imbriqués. J’ai trouvé ce puy plus sauvage et beau que le Pariou.

Puy de Côme

De tous ces puys, le paysage est dominé par le Puy de Dôme, qui culmine 200m plus haut et qui est couronné d’une énorme antenne et accessible par un tramway. Mais ce que j’aime beaucoup dans ce paysage c’est que la base des volcans est tapissée par une immense forêt.

Puy de Dôme depuis le Puy de Côme

Sur la route vers le sud nous stoppons encore à Orcival pour sa jolie église typiquement auvergnate.

Orcival

Puis nous montons vers le col de Guéry et son très beau panorama sur les roches Tuilière et Sanadoire, constituées en partie d’orgues basaltiques.

Roches Tuilière et Sanadoire

Le lendemain, nous partons pour une petite balade à vélo sur le plateau du Cézallier. Les paysages y sont assez différents du massif du Sancy et de la chaîne des Puys.

Chapelle de Brionnet

Éoliennes sur le plateau du Cézallier

Notre objectif est le petit village de la Godivelle et ses 2 lacs à 1200m d’altitude.

Arrivée à La Godivelle

Je pensais que le Plomb du Cantal serait visible depuis le plateau du Cézallier. Mais en fait, les petits sommets le masquent et nous n’avons vu que le massif du Sancy, plus proche, en arrière plan vers le nord.

Cézallier et Sancy

Lac d'en Bas de La Godivelle

Lac d'en haut de La Godivelle

Après une petite descente et remontée, nous franchissons le col de la Chaumoune, seul col nommé et le plus bas des 3 points hauts de la journée.

Col de la Chaumoune

Après à nouveau une courte descente jusqu’à Compains, nous remontons jusqu’au lac de Bourdouze.

Lac de Bourdouze

Puis descendons franchement jusqu’à Valbeleix.

Maison à Valbeleix

Nous descendons les gorges de Courgoul, qui sont en fait assez décevantes bien que mises en évidences sur toutes les cartes, avant de remonter au gîte au dessus du village de Saurier.

Saurier

Les vacances se sont arrêtées là à cause d’un événement familial qui nous a fait revenir en région parisienne. J’avais prévu de continuer ma route vers Angoulême à la fin de la semaine  en passant par le Cantal et la Corrèze mais ce ne sera pas pour cette fois. Ça permettra à toutes les blessures de bien cicatriser et de m’occuper du dossier pour l’accident avec l’assurance.

Voila le tracé des étapes à vélo :

Gruyères et Suchet

Fin novembre, j’ai passé 3 jours en Suisse pour voir ma famille dont un membre a récemment émigré vers la Confédération. Nous étions basés à Yverdon-les-Bains, au bord du lac de Neuchâtel, et pour l’occasion dans un brouillard hivernal tenace. Ça ne nous a pas empêché de jouer les touristes.

La première journée nous sommes allés à Gruyères, de l’autre côté du plateau. Le plateau c’est cette zone pas vraiment plate qui n’est ni le Jura, ni les Alpes, un entre-deux d’altitude moyenne qui s’étend de Genève au lac de Constance et où se concentre la grande majorité de la population. Yverdon est au pied du Jura, Gruyères est à la porte des préalpes fribourgeoises.

Gruyères est un village minuscule. Au sommet d’une colline qui verrouille la vallée de la Sarine, il n’est constitué à peu de choses près que d’une seule rue large au bout de laquelle le château surveille.

Place centrale de Gruyères

Preuve que l’hiver s’installe, le Moléson, dépassant à peine les 2000m d’altitude, est déjà bien enneigé. D’ailleurs nous avions d’abord prévu d’aller aux rochers de Naye, mais l’annonce de 50cm de neige à leur sommet (2042m) nous a fait nous replier vers un site moins élevé. La colline de Gruyères culmine à 828m.

Le Moléson au dessus de Gruyères

Le château est compact, ramassé autour d’une seule cour. Sur 3 côtés, elle est entourée de 2 étages de galeries couvertes. De l’autre se trouve le bâtiment principal avec toutes ses pièces, de la salle des gardes aux différentes chambres et salons, en passant par la cuisine. Dans les salons, des mobiliers de différentes époques se côtoient, du Moyen-âge au XIXème siècle. Le trésor du château se sont 2 capes prises aux Bourguignons de Charles le Téméraire lors de la bataille de Morat, épisode important de l’histoire suisse. Le comté de Gruyère ne faisait alors pas partie de la Confédération et en était seulement l’allié.  Certaines salles abritent des expositions temporaires, en l’occurrence des peintures fantastiques contemporaines suisses pas vraiment à mon goût.

Cour du château de Gruyères

A l’extérieur de l’enceinte on trouve la chapelle et le sommet de la colline laisse à peine de place pour un jardin à la française exigu.

Château et jardin français de Gruyères

Façade sud du château de Gruyères

Du tour des remparts, sur le chemin de ronde « Jehan l’éclopé », on a une belle vue sur le col des combes, cerné par la Dent de Broc et la Dent du Chamois.

Col des combes

En aval se trouve la ville de Bulle.

Bulle vue de Gruyères

C’est au dessus de la porte nord de la cité qu’on peut voir l’emblème de Gruyères : une grue blanche sur fond rouge. L’oiseau a pris des formes différentes au fil des siècles, plus ou moins effrayantes.

Blason de Gruyères

Colline et rempart de Gruyères

D’une excursion à Gruyères, nous aurions pu ramener du fromage. Mais nous avons préféré descendre à Broc, à quelques kilomètres à peine où se trouve la chocolaterie Cailler. Après le peu de monde qui visitait Gruyères, nous avons été surpris de trouver un grand parking avec des cars de tourisme. Mais apparemment la chocolaterie est le lieu le plus visitée de Suisse Romande, ayant détrôné il y a peu le château de Chillon sur le lac Léman. Nous n’avons pas visité la fabrique mais le magasin nous a retenu un bon moment.

Sur la route du retour nous n’avons fait que traverser Fribourg. Juste le temps de constater que la ville mériterait une visite plus approfondie une prochaine fois.

Le lendemain nous sommes sortis du brouillard, direction le Jura. Les nuages ont disparus sitôt franchis 700m d’altitude et les sommets jurassiens émergeaient donc largement. Notre randonnée a démarré assez haut juste en dessous du col des Praz à 1270m et nous sommes montés au Suchet 1588m. Le début de la montée s’est fait sur une petite route goudronnée jusqu’à la dernière ferme, puis sur le flanc nord du mont, à l’ombre et en forêt. Par une percée dans la petite barre rocheuse de la face nord-ouest nous avons débouché sur le vaste pâturage s’étalant sur toute la crête. Le sommet, marqué par une petite pyramide métallique, était alors tout proche.

Pelouse sommitale du Suchet

Et c’est là que le panorama s’est ouvert franchement. D’abord derrière nous sur le versant français et tout le plateau du Doubs jusqu’au Mont Poupet (la petite bosse à l’horizon dans la partie gauche de la photo) au dessus de Salins-les-Bains à environ 50km à vol d’oiseau.

Vue du Suchet vers le Mont Poupet

Au sud-ouest, dans l’axe de la vallée de Joux dont l’entrée est gardée à gauche par la dent de Vaulion. Le lac de Joux était dans le brouillard.

Vallée de Joux

A peine plus loin vers le sud, le Mont Tendre avait un peu de neige à son sommet. Pourtant il n’est guère que 90m plus haut que le Suchet qui en était totalement exempt. Plus loin encore, pointe la Dôle, à peu près à la même altitude au dessus des Rousses.

Mont Tendre depuis le Suchet

Au nord-est, toujours dans l’axe de la chaîne jurassienne se détachent au premier plan la falaise des Aiguilles de Baulmes, et derrière le sommet dénudé du Chasseron.

Aiguilles de Baulmes et Chasseron depuis le Suchet

Enfin sur tout le flanc sud-est, s’étalait à nos pied l’épaisse nappe de brouillard qui recouvrait le plateau Suisse et ses plus grands lacs, le Léman et le lac de Neuchâtel. Derrière, les Alpes s’étendent des environs de Lucerne jusqu’au Salève au dessus de Genève

Côté Léman, les silhouettes sont un peu familière, des Dents du midi au massif du Mt Blanc jusqu’aux Aravis.

Vue des Alpes côté Mt Blanc

Côté Oberland par contre c’est beaucoup moins connu. Même si certains noms sont mythiques comme le triptyque Eiger, Mönch, Jungfrau, que je n’aurais pas su reconnaître.

Vue des Alpes côté Oberland

En complément, j’ai trouvé ce panorama annoté depuis le Chasseron, qui de part sa proximité offre une vue quasi-identique.

Nous sommes redescendus par la crête en direction du village de Baulmes avant d’obliquer à nouveau vers le col des Praz.

Le troisième jour, nous nous sommes promenés dans Lausanne, dans le brouillard, et avons visité quelques musées qui sont opportunément groupés dans un unique bâtiment : le Palais de la Rumine. Il faudra encore probablement quelques visites pour mieux découvrir la ville.