Traversée des Alpes : Avignon – Annecy

Le mistral soufflait fort sur la cité des Papes quand François et moi avons débarqué du TGV. Quentin nous attendait dans le hall. Avec ses 4 sacoches rouges, nous ne pouvions pas le louper. Nous avons fait un rapide tour en ville pour quelques courses et un coup d’œil au palais.

Palais des Papes à Avignon

Nous avons ensuite quitté la ville vers le nord-est, le vent nous était plutôt défavorable mais nous avons bien avancé quand même dans la plaine du Rhône. Nous avons pique-niqué à Bédarrides, puis avons rejoint le pied des dentelles de Montmirail à Beaumes-de-Venise. Les 2 cols au programme ce premier jour n’étaient pas bien difficiles : le col de Suzette puis le col de la Chaîne.

Ventoux depuis Suzette

Dentelles de Montmirail

Suzette devant les dentelles

Le Ventoux dominait tout le paysage et nous avons fait étape à Malaucène, au départ d’une des 3 montées possibles vers le sommet du géant de Provence. Le camping s’était vidé peu de temps avant. Ne restaient que quelques touristes étrangers et une piscine à l’eau un peu fraîche mais quand même agréable après une journée de vélo.

Le lendemain nous sommes partis à l’assaut du Ventoux, à notre rythme et sans trop nous distancer les uns des autres. La montée était longue, 21km et 1600m de D+. Il ne faisait pas trop chaud et le vent (110km/h la veille avec des rafales à 130km/h) était tombé, bref des conditions idéales. Nous avons effectué la montée en 3h30.

Ventoux dans les derniers lacets côté Malaucène

Beaucoup d’autres cyclistes faisaient l’ascension. À vélo de route ou bien à VTT à assistance électrique… mais personne d’autre avec des sacoches. Près du sommet, des photographes professionnels nous mitraillaient dans l’espoir de vendre un cliché. Et tout en haut, il y avait foule sous le panneau.

Sommet du Ventoux

La descente côté Sault n’était pas très raide et formait un beau balcon en forêt avec de temps en temps des vues sur le Luberon et la montagne Sainte Victoire. À Sault, nous avons bifurqué plein nord vers Montbrun-les-Bains par une très jolie petite route et le col de Reilhanette.

Montbrun-les-Bains

Mon appareil photo a lâché à ce moment là, après plusieurs faux contacts dans la matinée. Toutes les photos suivantes ont donc été prises avec mon téléphone.

Nous avons longé le Toulourenc puis franchi le petit col d’Aulan avant de rejoindre la vallée de l’Ouvèze. Nous avons fait étape à Montauban-sur-Ouvèze, village dont les commerces : épicerie, café et camping, sont tenus par une seule et même personne, une dame déjà âgée qui tient le village à bout de bras.

Le 3ème jour, nous avons continué de remonter l’Ouvèze jusqu’au col de Perty. C’était un col très facile car jamais très raide dans sa montée en long lacets. Il nous a fait passer des Baronnies à la vallée du Buëch, de la Drôme aux Hautes-Alpes.

Col de Perty

Dans la descente, nous avons passé le village d’Orpierre, dans un très beau site entouré de falaises. Puis nous avons fait les courses et pique-niqué à Laragne-Montéglin. Sur une petite placette, les riverains ont rivalisé d’hospitalité, nous apportant de l’eau, du jus de fruit et même des glaces en dessert.

François nous a quitté ici, le passage du Ventoux, une première en montagne pour lui, l’a décidé à poursuivre des vacances plus calmes. Quentin lui avait un problème mécanique avec une cale. Il nous a fallu trouver un magasin et nous avons emprunté de plus grosses routes vers Sisteron puis Digne-les-Bains.

Sisteron

Résultat, nous avons totalisé 122km au compteur en arrivant dans la vallée de l’Asse au soir, la plus longue étape du parcours et la plus plate, et de loin les routes les moins agréables.

Le lendemain nous sommes montés sur le plateau de Valensole, puis Moustiers-Ste-Marie où nous avons fait quelques courses encore à l’ombre des falaises.

Vallée de l'Asse depuis le plateau de Valensole

Moustiers-Sainte-Marie

Nous avons ensuite rejoint le lac de Sainte-Croix avant de monter à l’assaut de la corniche sublime, la rive gauche du grand canyon du Verdon. Les 700m de D+ via le village d’Aiguines ont été allègrement récompensés par le balcon au dessus des gorges.

Aiguines

Gorges du Verdon

Un couple d’anglais en tandem bien chargé nous dépassait en descente alors que nous les redoublions en montée. La corniche n’était pas vraiment plate mais chaque virage offrait une nouvelle vue imprenable.

Gorges du Verdon

Le dernier coup d’œil sur les gorges était au niveau du balcon de la Mescla.

Gorges du Verdon

Après cela, la route a franchi un petit col avant de nous laisser bifurquer vers le joli village de Trigance.

Trigance

Nous avons ensuite rejoint le Verdon en amont des gorges jusqu’à Castellane où nous avons fait étape. C’était une jolie bourgade dominée par une chapelle au sommet d’une très haute falaise. Point de passage entre la vallée de la Durance et Nice, elle doit quand même être bien morne hors saison touristique.

Le lendemain, nous avons longé le Verdon vers l’amont toute la matinée. Ça ne grimpait pas très raide, nous avons fait des courses à St-André-les-Alpes puis mangé à Colmars. Cette petite cité toute fortifiée était assez inattendue.

Musée de Colmars

Colmars

Quittant la « grande » route du col d’Allos, nous avons préféré emprunté le plus méconnu Col des Champs, qui relie les vallées du Verdon et du Var. C’est la plus petite route de col que nous avons emprunté, plutôt raide et étroite, et presque sans trafic motorisé pour notre premier col au dessus de 2000m.

Col des Champs

Col des Champs

Col des Champs

La descente fût très rapide jusqu’à St-Martin-d’Entraunes et nous avons campé dans le camping qui fait face au village, de l’autre côté du très large lit du Var. Il y avait pire vue pour boire une bière et c’est là que nous avons mis les pieds dans une piscine pour la dernière fois.

Saint-Martin-d'Entraunes

Il faisait frais le lendemain matin, surtout que nous avons commencé par une longue descente le long du Var. Peu après Guillaumes, nous avons traversé les gorges de Daluis, très impressionnantes avec leurs roches rougeâtres et la succession de tunnels (17 si je me souviens bien).

Gorges de Daluis

Plus bas, nous avons emprunté un moment une route à forte circulation dont nous ne nous sommes écartés que pour visiter le très beau village fortifié d’Entrevaux : un petit dédale de ruelles pavées derrière un unique pont d’entrée.

Entrevaux

Après avoir atteint un carrefour vers 330m d’altitude, nous sommes repartis en montée. Sous le soleil de midi ce n’était pas facile et c’est le dernier moment du voyage où nous avons eu vraiment chaud. Nous avons remonté les Gorges du Cians, d’abord les gorges inférieures et leurs hautes falaises calcaires, puis les supérieures avec à nouveau de spectaculaires strates rouges comme à Daluis.

Gorges supérieures du Cians

En deux endroits, la petite et la grande Clue, la route empruntait des tunnels mais l’ancien tracé via la gorge très étroite était encore empruntable à pied ou à vélo.

Grande Clue du Cians

Une fois les strates rouges franchies, le paysage a changé radicalement, laissant place à des forêts de mélèze et de pins. Nous avons passé le village perché de Beuil avant de nous faire rattraper par un généreux orage qui ne nous a pas fait beaucoup profité du col de la Couillole. Dommage car la descente jusqu’à St-Sauveur-sur-Tinée avait l’air spectaculaire, notamment le village de Roubion.

Après avoir effectué toute la descente crispés sur les freins, nous avons rejoins la route métropolitaine de la vallée de la Tinée. Métropolitaine car la départementale est passée sous la responsabilité de la métropole Nice Côte d’Azur. De là nous avons lentement gagné Isola, ce n’était pas raide mais nous étions trempés. Le camping d’Isola avait des emplacements en gravier pas très adaptés aux tentes mais au moins nous avons pu manger à l’abri en compagnie… du couple d’anglais en tandem vu 3 jours plus tôt dans le grand canyon du Verdon !

Nous avons quitté les lieux un peu plus tôt que d’habitude le lendemain. 40km de montée nous attendaient pour quasiment 2000m de D+ pour gravir la cime de la Bonette. Nous avons grimpé à notre rythme, faisant des pauses régulièrement, d’abord à St-Etienne-de-Tinée pour quelques emplettes. Nous avons pique-niqué au camp des Fourches, un ancien baraquement militaire d’altitude.

Camp des Fourches

Nous sommes arrivés au sommet un peu après 14h, après près de 7h de montée. La dernière portion qui fait le tour de la cime était particulièrement raide à 15% pour atteindre les 2802m d’altitude, notre plus haut point du voyage. La construction de cette route ne fut terminée que dans les années 60… alors que Napoléon III l’avait décrétée d’importance impériale.

Cime de la Bonette

Cime de la Bonette

Après nous être bien couverts pour les 24km de descente du versant nord, nous avons dévalé vers la vallée de l’Ubaye. Et très rapidement en milieu d’après-midi, nous nous sommes installés au camping de Jausiers. C’est celui que j’ai trouvé le plus sympathique, un des dernier encore plein de cyclo-campeurs et en plein cœur du village.

Le lendemain nous sommes repartis pour le col de Vars, une étape de repos presque, en comparaison du dénivelé de la veille. Et en effet nous sommes arrivés assez vite au sommet, la montée est passée presque toute seule.

Col de Vars

Nous avons fait halte à Guillestre pour des courses et le pique-nique puis sommes montés dans la combe du Queyras. La pluie s’est mise à tombée, fine, pénétrante et froide. Nous avons roulé très doucement jusqu’au pied de l’Izoard à Brunissard. L’auberge des bons enfants avait encore de la place et nous y avons passé la nuit au sec et au chaud, notre seule étape « en dur ».

Par la fenêtre de la cuisine nous pouvions voir que la pluie était en réalité de la neige quelques centaines de mètres plus haut.

Le réveil a été particulièrement froid sur Brunissard. Le ciel était dégagé et les sommets poudrés.

Brunissard

Dans l’ombre de la montagne, notre effort pour la petite dizaine de kilomètres avant le col de l’Izoard nous a réchauffé, mais au col le thermomètre de mon compteur indiquait quand même 0,7°C. La descente a été particulièrement douloureuse pour les doigts et les orteils.

Col de l'Izoard

Même à Briançon, il ne faisait pas très chaud. Nous avons fait le tour de la jolie cité Vauban, ses remparts dominant toutes la vallées et ses petites ruelles étroites qui doivent être bien froides en hiver.

Briançon

Briançon

Briançon

Nous avons ensuite remonté la vallée de la Guisane en direction du col du Lautaret. Le vent nous ralentissait beaucoup et nous empêchait de nous réchauffer. Nous avons fait halte près du torrent dans un petit hameau d’où nous avons vu notre premier glacier. Et au col, la Meije écrasait le paysage, étincelante des récentes chutes de neige.

La Meije

Nous avons continué de nous élever jusqu’au col du Galibier, doucement mais sûrement. Je m’arrêtais régulièrement pour prendre des photos de la vallée de la Guisane ou des nouveaux sommets qui apparaissaient. J’ai reconnu très vite la barre et le dôme des Écrins à plus de 4000m.

Barre des Ecrins

Au pied du col, le créateur du tour de France a son monument démesuré, à sa « gloire » et non pas simplement en son honneur.

Monument à Desgranges au pied du Galibier

Après une photo pour immortaliser le passage de ce col mythique, nous nous sommes à nouveau bien emmitouflés pour la descente vers Valloire.

Col du Galibier

Nous avons fait étape à Valloire et changé nos plans pour les jours qui suivirent. Tenter l’ascension de l’Iseran nous a semblé déraisonnable au vu des maussades prévisions, du froid et de la neige.

Aussi, le lendemain nous avons descendu la Maurienne au lieu de la monter. Avant cela nous avons facilement gravi le col du Télégraphe, puisque nous l’avons franchi presque en descente.

Col du Télégraphe

En aval de St-Jean-de-Maurienne, nous avons fait un petit détour par les lacets de Montvernier, juste par curiosité pour ce site étonnant et ses 13 épingles à cheveux très serrées.

Lacets de Montvernier

Ensuite nous avons grimpé le col de la Madeleine. La montée était longue et soutenue avec des chiffres proche de ceux du Ventoux aussi bien en distance qu’en dénivelée. Ce fût notre dernier grand col.

Jusque là, les inscriptions politiques sur les routes de cols était fréquentes mais touchaient plutôt à la loi travail et à l’accueil des réfugiés. Les tags SOS réfugiés étaient d’ailleurs souvent masqués en noir. Dans ce col c’était des tags anti PMA et GPA, ceux là n’avaient pas subit de tentative de masquage.

Col de la Madeleine

Après une longue descente vers la vallée de la Tarentaise, nous avons fait halte dans un camping « de routiers » à La Bâthie, presque au bord de la 2×2 voies.

Le lendemain il faisait gris et il a plu une bonne partie de la journée. Nous avons visité la cité médiévale de Conflans au dessus d’Albertville, récemment rénovée et encore en plein travaux, puis utilisé la véloroute en direction d’Annecy.

Cité médiévale de Conflans

Albertville

Nous avons fini par rejoindre le lac et la ville d’Annecy avec quelques beaux rayons de soleil en fin d’après-midi.

Lac d'Annecy

Mon frère et sa petite famille nous ont accueilli et hébergé. C’est là que j’ai arrêté le voyage et Quentin a lui repris la route pour quelques jours supplémentaires vers le Chablais puis Genève.

Avec mon frère nous avons fait un peu de canoë sur le lac, seuls au pied des falaises du roc de Chère c’était un point de vue inhabituel sur le lac.


Le parcours : https://www.bikemap.net/en/route/4206142-traversee-des-alpes-avignon-annecy/

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Lacs jurassiens

Pour un petit weekend en famille dans le Jura, nous avons jeté notre dévolu sur Clairvaux-les-Lacs. Le village ne m’était pas inconnu pour y être passé à peine un an auparavant. Mais Clairvaux n’est pas très bien desservie en transports. Les bus y sont rarissimes hors transports scolaires et les gares les plus proches sont à une bonne vingtaine de kilomètres. Du coup la solution évidente pour moi a été de compléter le trajet en train par un peu de vélo.

J’ai débarqué à Bourg-en-Bresse pour une courte correspondance avant de grimper dans un TER Lyon-Besançon plein à craquer. Heureusement que le trajet jusqu’à Lons-le-Saunier n’était pas très long mais s’extirper de là a été difficile.

Lons m’a donné l’impression d’une toute petite ville. Tout y était à 2 minutes, notamment la place centrale depuis la gare.

Lons-le-Saunier

Tour horloge de Lons-le-Saunier

J’aime bien les rues bordées d’arcades même si celle-ci est gâchée par le stationnement automobile.

Arcades à Lons-le-Saunier

La seule portion désagréable à la sortie de Lons a été le franchissement des 2 ronds points de part et d’autre de la voie ferrée en direction de Perrigny. Les voitures y étaient pare-choc contre pare-choc. Mais après celà il n’y avait plus personne dans Perrigny et son petit raidillon pour rejoindre la voie verte du PLM.

Pas de forte pente et une belle rampe en balcon avec de longs tunnels rafraîchissants, une belle découverte.

Vue sur Vatagna depuis la voie PLM

Tunnel de la voie PLM

Lons depuis la reculée

Ainsi j’ai fini par déboucher au dessus de la reculée du creux de Revigny. L’arrivée de la voie verte en interdit de fait l’accès aux vélos spéciaux ou au remorques, il y a un escalier à côté duquel on peut pousser les vélos mais c’est raide.

J’ai rejoins mon père et mon frère au village de Verges et nous avons continué notre route jusqu’à Clairvaux ensemble.

Les jours suivants, nous avons fait de la randonnée et des petites balades à vélo dans les environs : aux 4 lacs, aux cascades du Hérisson…

Lacs d'Ilay et du grand Maclu

Lac de Narlay

La foule était nombreuse à chercher la fraîcheur le long du Hérisson.

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Cascades du Hérisson

Nous nous sommes baigné à maintes reprises dans le grand lac de Clairvaux dont la température montait de jour en jour.

Clairvaux les Lacs

Lac de Vouglans

Saut de la Saisse

Les lacs de Clairvaux

Pour le retour, je devais prendre un train à St-Laurent-en-Grandvaux, puis une correspondance à Besançon. Mais vu la météo idyllique, j’ai préféré descendre jusqu’à Besançon à vélo, soit un peu plus de 120km. Mais vu l’horaire tardif du TGV j’avais largement le temps. Et mon père m’a accompagné sur plus de la moitié de la journée.

En direction de Champagnole nous sommes passés par plusieurs belvédères sur les lacs de Chambly puis de Chalain.

Lac de Chambly

Lac de Chalain

Nous n’avons pas vraiment profité de Champagnole, parce que dans ce sens là, la traversée de la ville évite le centre (joie des plans de circulation en sens unique sans double-sens cyclable). Puis le plateau vers Andelot-en-Montagne n’était pas tout à fait plat. Nous avons mangé dans un bel espace vert à Chapois puis nous nous sommes séparé à Crouzet-Migette peu après avoir traversé le pont du diable.

Le pont du diable

De là je suis descendu à Nans-sous-Sainte-Anne, 250m de dénivelée d’un coup.

Nans-sous-Sainte-Anne

Pour tout remonter directement par 5 beaux lacets sur un véritable billard en direction de Saraz et Alaise car il n’y a pas de route qui longe le Lison par la vallée, il faut sans cesse remonter sur le plateau, puis redescendre traverser la rivière.

Gorges du Lison entre Saraz et Alaise

Lizine

Châtillon-sur-Lison

J’ai longé un peu la Loue après son confluent avec le Lison avant de remonter une dernière fois sur le plateau avant Besançon.

La Loue vers Châtillon

Pour la première fois, j’ai débouché sur Besançon par la petite route de la Chapelle des Buis qui offre un très beau point de vue sur la ville. Et je me suis fait plaisir en repassant le tunnel-canal sous la citadelle.

Besançon depuis la Chapelle-des-Buis

J’ai eu un peu de temps pour flâner en ville avant mon train autour de la place du marché et du quartier Battant.

Le pont battant à Besançon

Tous les parcours à vélo du séjour : http://www.openrunner.com/index.php?id=7477433

 

La Rochelle – Granville

Au lendemain de notre courte étape pluvieuse entre Rochefort et La Rochelle, le soleil brillait de nouveau sans partage. Nous avons quitté l’auberge très tôt le matin pour traverser La Rochelle encore presque déserte.

Port de plaisance de La Rochelle

Tour de la Lanterne à La Rochelle

Vieux port de La Rochelle

Porte de la Rochelle

Nous sommes sortis de la ville sans trop de difficulté. Il y avait même quelques aménagements cyclables qui ont finis par nous rabattre vers un bel itinéraire côtier le long de l’anse de l’Aiguillon. la piste était au dessus d’une petite falaise surplombant les parcs ostréicoles et bordée de maisons de pêcheurs.

Parc ostréicole

Au bout de la falaise, le fond de l’anse signalait le début du marais Poitevin. A partir de là, nous avons quitté le bord de mer pour ne le rejoindre que quelques jours plus tard dans la baie du Mont St-Michel.

Anse de l'Aiguillon

Une zone bien plate avec une très grande ligne droite le long d’un canal a démarré et cette traversée du marais Poitevin n’a pas été le plus beau passage de la journée. Nous étions au contraire content de retrouver un peu de bocage et de relief en abordant la Vendée.

Panneau indicateur en Vendée

L’étape ne nous a pas fait passé par des sites exceptionnels ce jour là. Nous avons fait halte à Vendrennes près d’une route un peu bruyante et comme les températures avaient fraîchi, nous avons mangé dans la seule pizzeria du village. Au matin, nous avons eu du givre sur la tente pour la seule fois du voyage. Ce gel qui a abîmé les vignobles a fait la une de Ouest-France.

Nous sommes passés par Clisson en fin de matinée, une des plus jolies petite ville sur notre route, toute en ruelles tortueuses et escaliers et dominée par une belle forteresse au dessus de la Sèvre Nantaise… et accessoirement la ville du Hellfest. Une aspirante cyclo-voyageuse nous a invité chez-elle pour un café dans son appartement superbement situé au bord de la rivière.

Forteresse de Clisson

Pont de Clisson

Dans l’après-midi nous avons essayé d’éviter les nuages mais avons finalement écopé d’une averse de grêle très passagère peu avant de rejoindre la vallée de la Loire.

Ancenis

Nous avons campé dans le même camping que l’an dernier sur la Loire à vélo. Il n’y avait pas d’autres cyclistes malgré l’espace bien aménagé pour nous avec tables abritées, micro-onde…

Le lendemain nous sommes partis en direction de la Bretagne sous un ciel un peu chargé mais qui finalement ne nous donnera pas de pluie de la journée. Nous avons fait étape dans un petit restaurant à Châteaubriant.

Châteaubriant

Ruelle à Châteaubriant

Le relief était un peu plus prononcé que les jours précédents, surtout par rapport à la première moitié du voyage, mais ce n’était pas désagréable. À l’entrée de la Bretagne, nous avons longé l’étang de Marcillé-Robert.

Etang de Marcillé-Robert

Porche de l'Eglise de Bais

Au terme de cette grosse étape, nous avons rejoint la petite ville de Vitré, une des plus jolies villes du parcours. Nous n’avons visité son centre que le matin sous un beau soleil. Alors que se tenait le marché sur une petite place, le reste de la cité médiévale était encore désert.

Rue Beaudrairie à Vitré

Vélos à Vitré

Outre les ruelles pavées et les maisons à pans de bois, Vitré est dominée par un beau château et ceinte de remparts, le tout formant un des ensembles de monuments historiques les plus dense de France.

Château de Vitré

Remparts de Vitré

Nous avons ensuite continué plein nord en direction de Fougère que nous avons atteint rapidement. A nouveau c’était une jolie ville médiévale avec ses ruelles, ses remparts et son château fort… à seulement une trentaine de kilomètres de Vitré. Je suis heureux d’être repassé dans cette jolie ville que je n’avais vu que de nuit en 2011 sur un itinéraire de Chartres au Mont St-Michel.

Jardin de ville à Fougères

Château de Fougère

Fougères

Fougères

La sortie de la ville était une voie verte en stabilisé sur une ancienne voie ferrée. Nous ne l’avons pas longé très longtemps mais sans regret car le vent nous a ensuite bien poussé sur des départementales peu fréquentées ou des routes minuscules.

Peu après Ducey nous avons enfin aperçu le Mont St-Michel qui ne nous a plus quitté jusqu’à la fin de la journée.

Mont St-Michel

Nous sommes passés par la ville d’Avranches que nous avons trouvé fort déplaisante à vélo, engluée dans un important trafic de samedi après-midi et nettement moins attachante que Vitré et Fougères traversées plus tôt.

Puis nous avons fait un détour par une ferme pour acheter des caramels et par la pointe du Grouin du Sud pour admirer le Mont de plus près.

Mont St-Michel vers St-Léonard

Mont St-Michel de la pointe du Grouin du Sud

Et enfin depuis le village de Genêts où nous avons campé.

Mont St-Michel de Genêts

Le soir, nous sommes retournés dans les prés salés pour regarder le coucher de soleil sur le Mont. Décidément, on ne s’en lassait pas, et les moutons non plus.

Mont St-Michel de Genêts

Mont St-Michel de Genêts

La météo annonçait ensuite d’impressionnant cumuls de précipitations pour les 140 derniers kilomètres qu’il nous restait à parcourir jusqu’à Cherbourg. Du coup nous avons écourté notre randonnée d’une journée et le lendemain nous nous sommes arrêté tôt le matin à Granville pour prendre un train de retour vers Paris, la pluie sur nos talons.

Au total ce voyage nous aura fait parcourir un peu plus de 900km très variés en 11 jours. Avec des étapes autour de 100km sauf la première (Hendaye-Biarritz), la dernière (Genêts-Granville) et l’étape pluvieuse entre Rochefort et La Rochelle qui en faisaient moins de 40.

Carte Hendaye - Granville

Hendaye – La Rochelle

Deux jours à peine après être rentré de Nogent-le-Rotrou, j’ai repris la direction de la gare Montparnasse. Cette fois avec Audrey, nous sommes partis à Hendaye pour 6 longues heures de trajet en plein milieu de journée. Ce n’est qu’à 16h30 que nous avons commencé à pédaler à quelques encablures de la frontière espagnole. De l’autre côté de la Bidassoa : Irun.

Irun depuis Hendaye

Nous avons fait le tour de la ville avant de longer la corniche basque, une série de montées et descentes le long de l’océan. Dans l’intérieur des terres la Rhune émergeait de temps à autre.

La Rhune vue de la corniche basque

La côte étant très urbanisée, nous sommes vite arrivés à St-Jean-de-Luz et sa très jolie baie. Le centre ville était noir de monde et nous nous y sommes égarés.

Saint-Jean-de-Luz

Nous suivions le balisage de la Vélodyssée, l’itinéraire qui longe en France toute la côte atlantique d’Hendaye à Roscoff. Mais nous ne recommanderions pas la partie basque, pleine de chicanes, de zigzags et de pentes abruptes. Une alternative à la nationale parallèle un peu chargée mais qui nous a fait mettre très longtemps à rejoindre nos hôtes à Biarritz. Ce fût la seule nuit que nous avons passé chez un couple de Warmshowers très intéressant et passionné.

Le lendemain matin, nous avons attaqué notre plus longue journée. D’abord en descendant jusqu’au centre de Bayonne et en achetant un peu de nourriture dont un fromage basque qui nous durera plusieurs jours.

Bayonne

Ensuite nous avons entamé la partie la mieux aménagée de la Vélodyssée. Une piste cyclable complètement séparée des voies de circulation automobile sur quelques centaines de kilomètres. Hors quelques traversées de villages balnéaires comme Cap-Breton, c’était vraiment un itinéraire très facile à suivre par rapport à la corniche basque.

Vélodyssée dans les Landes

Mais comme l’itinéraire était du coup assez peu changeant, pour ne pas dire monotone, je n’ai à peu près pas pris de photos de la journée.

Nous sommes arrivés à Mimizan Plage pour la nuit après 115km de ces pistes agréables dans les dunes et les pins… Et le lendemain c’est reparti pour la même chose ou presque, avec un peu plus de détours autour de l’étang de Parentis.

Sainte-Eulalie-en-Born

Etang de Parentis

La piste nous maintenait à l’écart de la mer. A la pause déjeuner, nous avons marché jusqu’à la plage au niveau de la Salie Nord. Puis nous avons contourné la dune du Pilat avant de rejoindre le centre noir de monde d’Arcachon.

Plage d'Arcachon

La Vélodyssée contourne le bassin, mais nous avons préféré prendre un bac qui rejoint le Cap Ferret pour éviter cette partie très urbanisée et gagner quelques kilomètres.

Dune du Pilat depuis le Cap Ferret

La route du Cap Ferret est de loin la pire que nous ayons emprunté. Nous nous sommes fait frôlés, klaxonnés, insultés et le trafic était d’une densité incroyable pour une péninsule en cul de sac. Bref, nous ne recommandons pas même si le passage par le village ostréicole du Canon était joli. En fait il y a bien une piste cyclable le long du cap, mais elle ne passait pas le long du camping municipal mais à 2km au large, donc nous avons pris la route quasi parallèle sans nous attendre à un tel trafic hors saison.

Village ostréicole du Canon

Les pistes du coin étaient toujours aussi bien aménagées et formaient un réseau parallèle. Une fois passé le bassin d’Arcachon, les villages balnéaires se sont encore éloignés les uns des autres avec parfois plus de 20km de piste entre 2 villages.

Carrefour de la Vélodyssée

Vélodyssée en Gironde

La partie girondine de cette longue côte landaise était toutefois un peu plus monotone que plus au sud. Nous avons eu droit à des lignes droites longeant des départementales sur des segments jusqu’à 9km de long. Avec un vent pas favorable, ça paraissait vraiment interminable.

En fin de journée nous sommes allés sur la plage quasi déserte de la Négade avant de nous arrêter au camping municipal de Soulac. C’était le premier endroit dont nous avons aperçu le phare de Cordouan, marquant l’estuaire de la Gironde.

Plage de la Négade

Le lendemain a été notre plus belle journée, la plus variée. Nous sommes partis comme d’habitude dans les pins autour de Soulac et du Verdon. Soulac-sur-Mer est une jolie station balnéaire belle époque. A la sortie de la ville on trouve une statue de la liberté pour marquer le fait que ce serait le dernier morceau de côte française qu’aurait vu Lafayette en partant pour l’Amérique. Tout ça très hypothétiquement !

Statue de la liberté à Soulac-sur-Mer

Nous étant renseignés sur les horaires du bac pour Royan, nous ne l’avons pas attendu bien longtemps et nous avons fait un saut à la pointe de la Grave avant.

Pointe de la Grave

Bac du Verdon à Royan

A peine 20min sont nécessaires à la traversée de l’estuaire. Royan complètement bombardée par les alliés pendant la seconde guerre mondiale est une ville refaite en béton comme Brest ou le Havre. Mais sous le soleil, elle n’est pas moche.

Royan

Eglise de Royan

L’itinéraire cyclable devient très joli en Charente Maritime et passe régulièrement des groupes de cabanes de pêche au carrelet.

Cabanes de pêche vers Royan

Les phares aussi, absents ou invisibles sur la côte landaise sont ici très fréquents et fraîchement repeints.

Phare à Saint Palais

Le plus célèbre d’entre-eux reste toutefois loin de nous sur son banc de sable.

Phare de Cordouan

La pointe de la Coubre nous a offert une dernière portion de pinède le long de la côte Sauvage.

Phare de la Coubre

Puis tout à coup, en franchissant le pont sur la Seudre, le paysage a changé radicalement. Fini les pinèdes, nous sommes entrés dans les marais, les prés salés et le bocage. S’il y a un endroit qui matérialise la limite entre le sud et le nord, c’est cette rivière.

La première bourgade importante que nous avons traversé de l’autre côté était Marennes. En milieu d’après-midi la ville était bien endormie et nous avons renoncé à y prendre un café pour poursuivre notre route jusqu’à Brouage. Il nous a fallu quitter l’itinéraire officiel de la Vélodyssée pour y passer.

Eglise de Marennes

Brouage est le village que j’ai trouvé le plus intéressant de tout le parcours. C’est une forteresse au milieu des marais, un ancien port qui se trouve maintenant bien loin de la mer.

Brouage

Nous avons fait un petit tour sur les remparts.

Brouage

Brouage

Vélos à Brouage

Nous avons repris la route quelques kilomètres pour rejoindre la Charente au niveau de Soubise, à quelques kilomètres en aval de Rochefort. Nous avons été surpris d’y trouvé un petit bac à la demande qui nous a fait traverser la rivière sans attendre.

La Charente près de Soubise

Peut-être aurait-il été plus grandiose d’utiliser le fameux pont transbordeur de Rochefort. Mais celui-ci subissait de lourdes réparations, prévues pour durer jusqu’en 2019.

Pont transbordeur de Rochefort

Au camping nous avons retrouvé Laurent. Il descendait la côte en sens inverse en même temps que nous (à vélo aussi bien sûr) et il avait été convenu quelques jours plus tôt, que nous nous croiserions à Rochefort. Nous en avons profité pour passer une soirée en ville et s’offrir un très bon restaurant.

L'Hermione à Rochefort

Le lendemain c’était notre étape de repos. A peine 40km pour rejoindre la Rochelle. Nous avons quitté Laurent après avoir seulement longé la corderie royale, pour le laisser continuer vers le sud.

Corderie royale de Rochefort

C’est la seule journée du voyage où nous avons eu de la pluie. Mais elle ne s’est pas arrêté de la journée. Nous avons à nouveau mangé au restaurant le midi à Châtelaillon-Plage et nous sommes arrivés en début d’après-midi à l’auberge de jeunesse de la Rochelle que nous avions appelé par précaution le matin même. C’était notre seule étape en dur après Biarritz et elle est bien tombée.

Nous n’avons quitté l’auberge que tard dans l’après-midi pour une courte balade le long du port de plaisance, profitant d’une toute petite éclaircie.

Suite et fin du voyage dans un 2ème article à venir prochainement…