Entre Limoges et Angoulême

Au printemps 2014, en rentrant de Bordeaux, je me suis arrêté aux alentours d’Angoulême et j’ai oublié mon matelas de camping chez les couchsurfeurs qui m’hébergeaient. Et voila donc plus de 2 ans que je n’avais pas profité de cette excuse pour retourner les voir. Du coup j’ai planifié une petite boucle dans les environs sur un week-end de 3 jours.

Dimitri, Mathilde et leurs enfants habitent dans un petit village à une bonne vingtaine de kilomètres de la gare d’Angoulême : Magnac-Lavalette, enroulé autour d’une petite colline boisée flanquée sur un côté d’un énorme château avec de grandes colonnades.

Château de la Mercerie à Magnac-Lavalette

Benoit, venant de Paris par le train également, nous a rejoint pour le repas 2h après mon arrivée. Nous avons eu droit à une délicieuse pizza maison et à dormir dans le van qui faisait office de chambre d’amis.

Le lendemain matin nous sommes partis en direction de Villebois-Lavalette. Le village est serré autour de sa vieille halle et blotti sous les remparts de son château dont nous avons fait le tour.

Halles de Villebois-Lavalette

Remparts de Villebois-Lavalette

Toujours continuant vers le sud-est, nous avons dévalé puis regrimpé moult petites bosses, traversant de petits villages et passant quelques ruines comme à La Tour Blanche. Mais l’itinéraire a commencé a être vraiment intéressant seulement une fois arrivé dans la vallée de la Dronne, notamment au magnifique village de Bourdeilles.

Bourdeilles

Plus loin nous sommes passés sous de jolies petites falaises puis nous sommes arrivés à Brantôme. Le vendredi c’était jour de marché et la ville déjà d’ordinaire très touristique était noyée dans la foule. Nous y avons fait les courses mais je n’ai pas vraiment apprécié la « Venise du Périgord ».

Brantôme

Nous sommes sortis de la ville par une quinzaine de kilomètres d’une départementale un peu chargée et surtout, comme l’a remarqué Benoit, aux bas-côtés parsemés de plats à tarte en aluminium. En ville nous avions bien vu qu’une des spécialités locales était la tarte aux noix, vendue dans ce genre de moule.

Beaucoup plus calme et pittoresque que sa voisine, nous avons pique-niqué à St-Jean-de-Côle. Le village au bord d’une rivière est centré sur un ancien prieuré et un château.

Pont à St-Jean-de-Côle

Château de St-Jean-de-Côle

Halle de St-Jean-de-Côle

Après nous être rassasié, nous sommes montés en direction de Thiviers par une petite portion de voie verte, puis nous sommes redescendus dans la vallée de l’Isle pour prendre à nouveau un chemin d’un ancien « tacot » et enfin une belle route en fond de vallée qui nous a mené jusqu’à Jumilhac-le-Grand. Nous y avons trouvé un magnifique château, presque l’image parfaite du château périgourdin tel qu’on se l’imagine. Toute cette partie nord de la Dordogne est appelée Périgord Vert.

Château de Jumilhac

La dernière partie de la journée, nous avons roulé dans les monts du Limousin. Le ciel était bien chargé et l’atmosphère lourde mais les routes agréables entre forêts et étangs. Nous avons passé une dernière ruine de château à Rilhac-Lastours.

Château de Rilhac-Lastours

Nous avons campé dans un camping un peu avant Nexon et la pluie s’est mise à tomber pendant que nous montions les tentes. Mais le camping était particulièrement peu cher et avec des abris pour manger, bref parfait pour des cyclotouristes avec 130km dans les pattes.

Le lendemain la météo était encore un peu hésitante le long de la route très accidentée qui nous a conduit jusqu’à Limoges.

La capitale Limousine n’a pas un charme fou. Le vieux pont de pierre pour traverser la Vienne, débouche sur une 2×2 voies là où on s’attendrait à pénétrer dans le centre-ville. La cathédrale est austère. Seule la gare sort du lot avec son campanile et sa grande coupole. Elle est d’ailleurs régulièrement dans les listes des plus belles gares de France (récemment par Olivier Razemon).

Pont de Limoges

Cathédrale de Limoges

Gare de Limoges Célestins

Nous avons rejoint Audrey chez ses amis et après un rapide café et quelques courses nous avons repris la route tous les 3. La sortie de la ville nous a offert une bonne montée jusqu’aux environs de l’aéroport mais le relief était beaucoup plus calme ensuite.

À Veyrac nous sommes passé près du pont colombier peu mis en valeur bien qu’il soit probablement unique en France (un pont surmonté d’un colombier).

Pont Colombier de Veyrac

Mais la principale visite de la matinée a été le village martyr d’Oradour sur Glane. Un village incendié et dont la population a été massacrée par les nazis en 1944 (642 habitants) et qu’il a été décidé de conserver en l’état, en ruine. C’est le principal site visité de la région, nous n’étions pas tout seul, mais ça n’en diminue pas la forte impression que laisse le lieu.

L’église est le seul bâtiment resté debout.

Eglise d'Oradour-sur-Glane

Oradour-sur-Glane

Presque toutes les maisons de la rue principale sont des commerces, cafés, boulangers, bouchers, coiffeurs, garagistes…

Oradour-sur-Glane

Oradour-sur-Glane

Le long de la grande rue, il reste le seul vestige du tram des chemins de fer de la Haute-Vienne.

Tram à Oradou-sur-Glane

Oradou-sur-Glane

Après une heure sur le site, nous avons repris les vélos auxquels manquait la pompe de Benoit. Ces vols sur les parkings n’incitent pas vraiment à faire du tourisme à vélo, en tout cas en France.

Nous avons roulé jusqu’à St-Junien pour pique-niquer au bord de la Vienne. La ville n’est pas vilaine avec son église ocre et sa salle des fêtes démesurée.

Eglise de St-Junien

Salle des fêtes de St-Junien

La Vienne était sombre, n’incitant pas à la baignade. il faut dire que la vallée est pleine d’industrie, notamment papetière, qui pollue encore beaucoup.

La Vienne à St-Junien

Après avoir traversé puis longé un peu la Vienne, nous sommes montés en direction de Rochechouart, petite sous-préfecture isolée à l’écart des grands axes. Nous avons trouvé une petite ville étonnamment animée et très jolie. Son église possède un curieux clocher tors comme à Puiseaux dans le Gâtinais.

Clocher tors de Rochechouart

L’éperon rocheux sur lequel est situé la petite ville est dominé par un imposant château.

Château de Rochechouart

Le monuments et les affleurements rocheux des environs sont une curiosité géologique. Les nombreuses rues de la météorite ou encore pharmacies de la comète en sont une autre trace. Une météorite est tombée ici il y a 200 millions d’années, il n’en reste pas de trace visible dans le paysage (pas de cratère) mais uniquement dans le sous-sol. C’est l’astroblème de Rochechouart.

La fin de la journée s’est déroulée sur une jolie petite route bordée de fougères jusqu’aux lacs de Haute-Charente à Pressignac.

Pressignac

C’était la fin de saison au camping des lacs, il n’y avait presque plus que nous malgré des installations démesurées, notamment un bar et une piscine pour bien terminer la journée.

Le lendemain, 3ème et dernier jour, nous avons commencé par tourner autour des 2 lacs de Haute-Charente.

Lac de Mas-Chaban

Puis nous avons rejoins une véloroute balisée (apparemment un morceau de l’Eurovélo 3 entre Confolens et Marthon) qui nous a fait traverser une région bien reculée à la limite entre Dordogne et Charente. À Feuillade nous l’avons quitté pour la coulée d’Oc, une ancienne voie ferrée reconvertie en voie verte sur une vingtaine de kilomètres.

Ancienne gare de Marthon

Tour ruinée de Marthon

Marthon

Voie verte de la coulée d'Oc

Dommage que la voie verte s’arrête à une dizaine de kilomètres d’Angoulême. Le balisage continuait mais nous avons fini par le perdre dans la banlieue de la capitale Charentaise. Heureusement qu’un dimanche d’août après-midi le trafic était faible.

Nous avons bien eu le temps de flâner en ville, plus de 3h avant notre train de retour pour Paris. Nous avons fait le tour de la ville haute et mangé d’excellentes glaces. La ville a des allures bourgeoises à cause de ses maisons en pierre mais un peu laissées à l’abandon. Tout une partie du centre connaît un début de restauration.

Maisons à Angoulême

Angoulême

Cathédrale d'Angoulême

Surtout Angoulême est la capitale française de la BD. Ça se voit à tous ses noms de rue dans des bulles, sa rue principale avec un buste d’Hergé, les nombreuses fresques et son musée.

Musée de la BD à Angoulême

Street Art à Angoulême

Nous étions dans 2 rames de TGV séparées pour le retour, et nos chemins depuis la gare Montparnasse se sont séparés immédiatement vers 3 points cardinaux différents. C’était un jolie balade de fin d’été aux confins du Périgord, du Limousin et de la Charente. En voici le parcours (320km en tout) : http://www.openrunner.com/index.php?id=6501343

PS : et le principal, j’ai récupéré mon matelas !

 

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Mons 2015

Cette année, Mons, Belgique, est capitale européenne de la culture. Comme c’est une ville proche de Paris je me suis dit dès que je l’ai su qu’il fallait que j’en profite pour voir à quoi ressemble une ville lors d’un tel événement. Après plusieurs reports et désistements, j’ai décidé d’y aller seul, c’est plus simple, et j’ai ainsi pu y aller avant que l’été ne s’achève.

Pour m’y rendre, j’ai opté pour le TGV vers Valenciennes puis une cinquantaine de kilomètres à vélo pour compléter. Il existe des solutions directes mais j’avais aussi envie de pédaler un peu.

Depuis la gare de Valenciennes, je suis sorti le long du tramway qui s’étend assez loin hors de la ville jusqu’à Condé-sur-l’Escault, une jolie petite ville avec quelques restes de fortifications.

Porte Vautourneux à Condé

Ancien panneau routier sur la porte Vautourneux à Condé

Château à Condé

Je suis sorti de la ville le long de l’Haine canalisée, l’affluent de l’Escault qui a donné son nom à la province belge du Hainaut. De grands étangs servent à la chasse au canard, ils sont couverts de faux canards et d’affûts pour les piéger. Au fond il y a d’anciennes installations minières.

Etangs près de Condé sur l'Escault

La route s’est vite transformée en chemin, la végétation est devenue envahissante, des orties et des renouées surtout. Et le chemin est devenu bien boueux et plein de flaques. J’ai mis un bout de temps à rejoindre le village de St-Aybert, pourtant à quelques kilomètres à peine. Passé la frontière, le chemin de halage est devenu bitumé ou en dalles de béton et le canal beaucoup plus large. Je l’ai longé presque jusqu’à Mons.

Construction indéterminée près du canal

Ce qui devait être un beau Ravel (voie verte wallonne) s’arrêtait malheureusement un peu abruptement sur une zone portuaire. J’ai du rejoindre la ville par des routes beaucoup moins cyclamicales. Je suis arrivé à l’heure prévu chez mes hôtes, 3h à peine après l’arrivée de mon train à Valenciennes. J’ai laissé le vélo dans leur garage pour aller arpenter la ville à pied.

Roland m’a accompagné un peu pour voir quelques représentations de théâtre de rue. Je ne pouvais avoir mieux choisi mon week-end, il se passait plein de choses en ville. Pour le théâtre de rue, il fallait quand même un minimum de connaissance en politique intérieure belge, notamment connaître Elio di Rupo, le bourgmestre de Mons et président du parti socialiste belge. Mais Roland s’est fait un devoir de combler mon manque de connaissance sur le pays.

Le temps s’est dégagé en fin d’après-midi alors que je visitais le reste du centre-ville. La ville est sur une colline au sommet de laquelle se trouve un très beau beffroi. Le seul beffroi baroque de Belgique.

Beffroi de Mons

Il est l’emblème de la ville et après 35 ans de restauration (quand sa construction n’en a duré que 11 à la fin du XVIIIe, j’ai espionné les discours des guides) il est vraiment superbe. Il dispose d’un carillon et à un moment il a même joué « Comme d’habitude » alors que nous regardions un spectacle satirique. Et ça j’ai trouvé que c’était vraiment la classe de savoir jouer ça au carillon, même si ça ne doit pas servir souvent.

Le côté capitale européenne de la culture, outre les arts vivants, était aussi très apparent via l’omniprésence de sculptures et installations artistiques de toutes sortes.

Sculpture dans les jardins du beffroi

La plus présente est dénommée « La phrase » et s’étale sur presque tous les murs et même les pavés de la ville. Il y en a des kilomètres de phrase.

La phrase de Mons

Les murs n’ont toutefois pas forcément besoin d’art pour être intéressants. J’ai bien aimé cette signalisation de sens unique. La plus verbeuse que j’ai pu voir.

Sens unique rue de Naast

A partir de 19h, la scène sur la Grand Place s’est animée. Le chanteur corse St-André a fait la première partie. C’était vraiment LE week-end pour venir à Mons parce qu’il y avait les fêtes de Wallonie (je ne l’ai découvert que 2 jours avant de venir).

Concert sur la Grand Place de Mons

Puis après être allé engloutir un paquet de frites, je suis revenu voir le chanteur le plus attendu de la soirée : Salvatore Adamo. Je ne savais pas qu’il était du coin et j’ai été impressionné par son énergie pendant 2h30 de scène à 70 ans passés. Et puis arriver à mettre l’ambiance sur toute une place avec des chansons comme ‘Tombe la neige » ou « Vous permettez Monsieur », il faut le faire.

Son spectacle s’est terminé par un grand feu d’artifice. Puis le groupe Mister Cover est venu prendre la suite avec des reprises essentiellement des années 80 jusqu’à 2h du matin. Mes hôtes m’avaient laissé leurs clés alors qu’ils passaient la soirée à Bruxelles, du coup j’étais totalement indépendant et quand je suis rentré, eux dormaien mais le chat au moins m’attendait.

Le lendemain matin, j’ai refais un tour de la ville en suivant les œuvres d’art disséminées un peu partout.

City says no

Menhirs moderne de Mons

J’ai beaucoup aimé la colonie de paresseux dans un arbre d’un parc.

Paresseux de Mons

Cascade de livres

Je suis remonté sur la colline du Beffroi pour voir les toits de la ville sous le soleil.

Toits de Mons

Et le beffroi, je ne m’en lasse pas.

Beffroi de Mons

On peut traverser plusieurs cours derrière l’hôtel de ville, c’est là qu’étaient installés quelques théâtres de rue la veille. Il s’y trouve la fontaine du Ropieur, un garçon qui s’amuse à dévier le jet d’eau.

Fontaine du Ropieur

Un autre symbole de la ville que je n’ai jamais pu prendre en photo tellement il y avait de monde, c’est le petit singe fixé sur la façade de l’hôtel de ville. Il faut lui toucher la tête de la main gauche pour avoir un an de bonheur. Je n’ai pas pu le prendre en photo mais j’ai pu lui caresser le crâne quand-même.

Avec ses petites ruelles pavées, ses façades en briques, son folklore, Mons est vraiment une ville que j’ai trouvée très attachante. Ça doit valoir le coup d’y venir pendant la fête du Doudou pendant laquelle la foule reprend le combat de St-Georges face au dragon. C’est la plus grosse fête de la ville, classée au patrimoine mondial immatériel par l’UNESCO.

Façade de Mons

Mes hôtes Roland et Isabelle aidés de leur fils Simon et sa copine Sarah, décidément très actifs, organisaient une fête des voisin dans leur rue. J’y suis resté un peu et ait fait connaissance des très sympathiques riverains. Puis j’ai finalement ré-enfourché mon vélo pour retourner à Valenciennes.

Pour le retour j’ai pris une route bien différente à travers le Borinage et l’Avesnois. Beaucoup moins plate que l’aller et avec quelques surprises pavées.

Chaussée Brunehaut pavée

Cette roue m’a mené jusqu’à Bavay. C’est une des anciennes chaussées romaines et médiévales qui convergent vers Bavay. Aujourd’hui toute petite bourgade, c’était un grand carrefour comme en témoignent les ruines du forum romain et un peu plus récente la colonne Brunehaut qui marque le carrefour central des 7 routes menant vers les autres grandes villes des environs (Reims, Amiens, Tournai, Soissons…). Ces routes sont d’ailleurs encore très visibles sur les cartes.

Colonne de Bavay

J’ai poursuivi ensuite vers Le Quesnoy. La ville était très animée par la fête du lait et il était difficile d’y circuler même à vélo. Elle est encore partiellement ceinte d’impressionnante fortifications.

Remparts du Quesnoy

Le Quesnoy

Le Quesnoy

Avant d’arriver à Valenciennes, j’ai eu la bonne surprise de voir une ancienne départementale, transformée le plus simplement du monde en piste cyclable avec un ruban de bitume par dessus les pavés.

Piste cyclable entre Artres et Valenciennes

J’ai eu ensuite un peu de temps pour tourner dans Valenciennes avant mon train.

Vieille maison de Valenciennes

Place d'armes de Valenciennes

Gare de Valenciennes

En 2 jours, ça fait un beau circuit d’une centaine de kilomètres à vélo : http://www.openrunner.com/index.php?id=5300299

Voila un week-end qui a été très dense et plein de bonnes surprises, entre les arts de rue, les concerts, le feu d’artifice, des hôtes formidables et une météo au top dans une ville qui vaut le détour, j’ai été enthousiasmé par cette escapade près de la frontière belge.

Des bords de Loire aux volcans d’Auvergne

Pour rallier le gîte loué par ma famille en Auvergne, je suis sorti de la région parisienne en train jusqu’à la Loire à Cosne-sur-Loire puis j’ai complété ce trajet par 3 jours de vélo.

Il n’y a rien à voir à Cosne, la ville, bien que située sur l’itinéraire de la Loire à vélo, double ses panneaux de sens interdit par des panneaux d’interdiction aux vélos. Et la Loire à vélo n’est pas indiquée depuis le centre-ville ou la gare. Bref, une ville où les cyclistes n’ont pas l’air particulièrement bienvenus alors qu’elle pourrait tirer profit de sa situation géographique et des milliers de voyageurs à vélo qui passent à 1km à peine chaque année.

Une fois sur l’itinéraire cyclable, le long du canal latéral à la Loire,  je croise beaucoup de monde, de toutes nationalités et pour la plupart portant un chargement qui indique un voyage de plusieurs jours. L’itinéraire étant protégé, il y a beaucoup de familles avec enfants. Il n’y a guère que sur les tous premiers kilomètres, à cause de l’heure matinale, que j’ai le canal pour moi seul.

Canal latéral à la Loire (Loire à vélo)

Je quitte le canal en suivant les indications pour Sancerre. Après un raidillon, je me retrouve sur une ancienne voie ferrée qui passe au dessus de Saint-Satur sur un viaduc. Sancerre est en arrière plan, mais on ne devine pas grand chose du village au sommet de la colline.

Viaduc de Saint-Satur

Après avoir quitté le viaduc, les indications proposent 2 options pour la montée. Les pourcentages sont fantaisistes, l’option raide que j’emprunte doit quand même dépasser les 15% sur la fin.

Balisage de la montée vers Sancerre

Sur la terrasse panoramique à l’entrée du village, la vue est dégagée sur la vallée de la Loire. Mais la brume de chaleur ne permet pas de voir nettement les collines du Nivernais ou le Morvan.

Saint-Satur

Je tournicote un peu en ville. Je trouve le lacis de ruelles médiévales étroites  finalement un peu décevant. Les maisons sont grises, plutôt quelconques, souvent volets clos. Les commerces sont concentrés sur quelques placettes uniquement. Je repars de la colline en direction de Ménétréol pour ne pas emprunter le même itinéraire qu’à la montée (le seul indiqué). Et je fais bien car c’est sur cette route (D307) qu’il y a la plus belle vue sur le village et les vignobles alentours.

Sancerre depuis la route de Ménétréol

Après une descente raide, je retrouve l’itinéraire de la Loire à vélo qui se rapproche du fleuve à travers champs. Je ne sais pas si c’est fait exprès mais un arrosage automatique forme un rideau d’eau en travers de la route et c’est agréable à traverser par cette chaleur.

La ville suivante est la Charité-sur-Loire. Elle est beaucoup plus jolie que Cosne et intéressante à sillonner. Une bonne partie du centre est constitué des bâtiments de l’ancien prieuré clunisien. Les portes sont truffées de nids d’hirondelles.

Porte à la Charité-sur-Loire

La Charité-sur-Loire

Je fais quelques courses pour le pique-nique et je m’installe sur l’île face au centre-ville. Sur le pont, comme pour ces quelques centaines de mètres je ne remets pas mon casque, un automobiliste me lance « il est où le casque ? ». Je manque de répartie. Il aurait bien mérité la réponse universelle à toute question commençant par où.

L’île, dite du Faubourg, est probablement le meilleur endroit pour admirer la ville, mais la plage pour se baigner dans la Loire est sur l’autre rive.

La Charité-sur-Loire

Je continue vers le sud sur une partie un peu moins agréable de la Loire à vélo. La piste cyclable est sur une digue dépourvue d’arbres. Alors que de chaque côté la forêt s’étend souvent, il n’y a pas une parcelle d’ombre sur la piste et je fais de longs kilomètres en plein cagnard, le soleil quasiment de face.

À Marseilles, je manque une indication et me retrouve sur de petites départementales. L’avantage c’est que ça me fait passer dans les villages et ça me permet de me ravitailler en eau dans un cimetière.

Passé le bec d’Allier, le confluent de la Loire et de l’Allier, je ne croise plus aucun cycliste puisque je continue le long de l’affluent. Les indications pour vélo ne vont que jusqu’à Apremont-sur-Allier. C’est un minuscule village aux maisons ocres et aux toits de petites tuiles plates assez joli. Mais c’est surtout son château et son jardin qui attirent les touristes. Je ne fais que traverser.

Apremont-sur-Allier

Je m’éloigne de l’Allier par de minuscules routes de campagne et fini par rallier Saint-Plaisir. Un couple d’amis hollandais, Wilma et André, m’y héberge pour la nuit. Il y a beaucoup de hollandais installés dans ce village à l’allure assez quelconque, perdu au milieu du Bourbonnais. Le dynamisme de ces nouveaux habitants a redonné vie au village. Wilma et André rénovent une énorme maison du centre du village, André a lancé un commerce de bougies artisanales qui marche du tonnerre et ils prévoient d’ouvrir un restaurant l’an prochain. Bref, tout le monde les adore au village et ils ont très vite été intégrés à la communauté.

Le lendemain, la météo est toujours au beau fixe et caniculaire. Je passe d’abord par Bourbon-l’Archambault, dominé par les ruines d’une ancienne forteresse.

Forteresse de Bourbon-l'Archambault

Maison des chanoines à Bourbon-l'Archambault

Sur les indications d’un ami ayant passé son enfance dans les environs, je fais un détour par Saint-Menoux et je mets ma tête dans le débredinoire. C’est un genre de sarcophage dans lequel sont placées des reliques et si on y introduit sa tête, on est plus bredin, c’est-à-dire simple d’esprit.

Débredinoire de Saint-Menoux

Saint-Menoux

Quelques kilomètres plus loin, je tombe en pleine fête médiévale à Souvigny. Le cadre s’y prête bien entre vieilles maisons et un immense prieuré clunisien, comme à la Charité.

Souvigny

Après Souvigny, je m’élève doucement mais sûrement vers le massif central. J’emprunte des petites routes à travers le bocage du Bourbonnais. Ça monte et ça redescend mais je gagne à chaque fois un peu plus d’altitude jusqu’au point culminant de la journée au lieu dit bien nommé « la Bosse », à 720m. De là je distingue la chaîne des Puys et même, de l’autre côté de la plaine de Limagne, les monts de la Madeleine et du Forez. Je redescend d’un seul coup sur Chouvigny, dominant la vallée de la Sioule. C’est en cherchant de l’eau que je découvre que le cimetière, sur un petit promontoire derrière l’église, offre une très belle vue sur le château et la vallée.

Château de Chouvigny

La Sioule forme à cet endroit des gorges très marquées, aux flancs couverts de forêts et où dépassent des rochers. La route emprunte même un tunnel.

Gorges de la Sioule

Il y a beaucoup de touristes venus se baigner ou faire du canoë sur la Sioule. Au Pont de Menat, il y a un ancien pont roman en excellent état.

Pont roman de Menat sur la Sioule

Pont roman de Menat sur la Sioule

Les gorges s’élargissent un peu et la route monte sur leur flanc sous les ruines de  Château-Rocher.

Château-Rocher

Ça redescend ensuite vers le village thermal de Châteauneuf-les-Bains. Des gens se baignent dans un bassin d’eau ferrugineuse naturellement chaude.

Après une petite épaule, je descend à 30km/h sur un faux plat. Il y a une passerelle sur la gauche avec un stop au bout. Une voiture est sur la passerelle, elle passe le stop sans s’arrêter et me percute de plein fouet sur le côté gauche. C’est la sacoche arrière qui encaisse d’abord. Le vélo se couche sur le flanc droit et la voiture me pousse sur le bitume sur une dizaine de mètres, heureusement en pilant et avec un coup de klaxon. Le vélo est sous le capot mais les sacoches l’ont empêché de passer sous les roues avant. J’ai le bras droit et la jambe droite dégoulinant de sang, les mitaines en charpie mais les paumes bien protégées. Je relève le vélo qui miraculeusement s’en tire avec seulement une pédale cassée et la guidoline abrasée.

A priori, ça n’a l’air que d’éraflures, profonde quand même au bras. La conductrice n’habitant qu’à 100m de là, je passe chez-elle pour un premier rinçage et pour désinfecter. Étant proche de l’arrivée de mon étape, je décide de continuer avec un pansement de fortune au bras pour rallier la pharmacie de St-Gervais-d’Auvergne. Je n’ai pas envie de me retrouver avec le vélo coincé à Châteauneuf. Ça monte très raide jusqu’au plateau, 300m de dénivelée sur les quelques kilomètres restants. Les pharmaciennes prennent soin de mes blessures et je prend de quoi renouveler les bandages. J’appelle le 15 où un médecin se montre très peu inquiet. Ça m’encourage à continuer.

Avec Suzie qui m’héberge, nous allons déguster une truffade au restaurant. Le village est très animé à cause du grand bal de l’Europe qui attire quelques 3000 festivaliers pendant toute une semaine. Entre la douleur des blessures, la chaleur, les fêtards dans la rue jusqu’à 3h30 du matin puis l’installation de la brocante dès 6h30, je dors très peu. Mais entre 7 et 8h du matin, un gros orage fait chuter la température et je pars pour une journée sous la pluie à 16°C.

Je retraverse la Sioule une dernière fois au niveau du viaduc ferroviaire des Fades. Malgré sa taille et l’énergie qu’il a fallu pour sa construction dans ce milieu escarpé, le viaduc n’est plus utilisé.

Viaduc des Fades

Au village suivant, je m’arrête dans une nouvelle pharmacie. Les bandages refaits le matin tiennent mal, alors on refait tout proprement. Je peux repartir. La pluie tombe franchement et je ne vois pas grand chose de la chaîne des Puys que je longe toute la journée. Je viens quand même à bout de la centaine de kilomètres prévus sous la pluie. Comme c’est l’été, je n’ai pas amené de pantalon de pluie et le bandage au genou fini vite imbibé de flotte. J’arrive le premier au gîte loué par ma famille à Saurier et suis bien heureux de me laver et de changer les bandages.

Le lendemain, pas de vélo. Nous partons tous ensemble visiter le village médiéval de Besse et faire une petite randonnée autour du lac Pavin tout proche.

Lac Pavin

Lac Pavin

Puy de Pertuyzat

À court de tulle gras, nous nous mettons en quête d’une pharmacie de garde. Le pharmacien, plus alarmiste que les précédents, nous pousse à aller voir un médecin. Alors nous descendons à Issoire où je visite le service des urgences. Ma plaie au coude est correctement nettoyée et j’ai maintenant une ordonnance pour en prendre soin pendant 8 jours.

En rentrant d’Issoire, nous prenons le temps de visiter les anciennes habitations troglodytiques de Perrier.

Habitations troglodytiques de Perrier

Habitations troglodytiques de Perrier

Situées sur le bord d’un plateau, elles offrent une belle vue sur Issoire et ses environs.

Issoire depuis Perrier

Le lendemain nous prenons la route jusqu’au Gour de Tazenat, un lac de cratère au nord de la chaîne des Puys.

Gour de Tazenat

Pendant toute la journée, nous redescendons progressivement la chaîne en visitant différents sites touristiques. Le deuxième d’entre-eux est le méandre de Queuille, tout près du viaduc des Fades où je suis passé 2 jours plus tôt. Un barrage en aval maintien un beau niveau d’eau au milieu d’une vallée complètement boisée.

Méandre de Queuille

Nous mangeons à Pontgibaud, de l’aligot pour moi cette fois. Décidément les spécialités auvergnates à base de pomme de terre et de fromage fondu ne sont pas des plats d’été.

Nous partons ensuite pour une randonnée pédestre de quelques heures autour des Puys Pariou et de Côme. Au pied des puys nous évoluons toujours en forêt mais au sommet la vue est dégagée. Le cratère du Puy Pariou est un des plus profonds de la chaîne. À cause de sa forme très marquée, ce puy est très fréquentée par les promeneurs. Les sentiers sont bien délimités et il y a même un long escalier en bois sur un des flancs qui fait quasiment 200m de dénivelé.

Cratère du Puy Pariou

Le Puy des Goules, de l’autre côté du col éponyme a une forme de volcan un peu moins marquée.

Puy des Goules

Clermont-Ferrand est un peu voilé mais on distingue nettement sa cathédrale toute noire.

Clermont-Ferrand depuis le Puy Pariou

Nous gravissons ensuite le Puy de Côme dont le sommet est constitué de 2 cratères imbriqués. J’ai trouvé ce puy plus sauvage et beau que le Pariou.

Puy de Côme

De tous ces puys, le paysage est dominé par le Puy de Dôme, qui culmine 200m plus haut et qui est couronné d’une énorme antenne et accessible par un tramway. Mais ce que j’aime beaucoup dans ce paysage c’est que la base des volcans est tapissée par une immense forêt.

Puy de Dôme depuis le Puy de Côme

Sur la route vers le sud nous stoppons encore à Orcival pour sa jolie église typiquement auvergnate.

Orcival

Puis nous montons vers le col de Guéry et son très beau panorama sur les roches Tuilière et Sanadoire, constituées en partie d’orgues basaltiques.

Roches Tuilière et Sanadoire

Le lendemain, nous partons pour une petite balade à vélo sur le plateau du Cézallier. Les paysages y sont assez différents du massif du Sancy et de la chaîne des Puys.

Chapelle de Brionnet

Éoliennes sur le plateau du Cézallier

Notre objectif est le petit village de la Godivelle et ses 2 lacs à 1200m d’altitude.

Arrivée à La Godivelle

Je pensais que le Plomb du Cantal serait visible depuis le plateau du Cézallier. Mais en fait, les petits sommets le masquent et nous n’avons vu que le massif du Sancy, plus proche, en arrière plan vers le nord.

Cézallier et Sancy

Lac d'en Bas de La Godivelle

Lac d'en haut de La Godivelle

Après une petite descente et remontée, nous franchissons le col de la Chaumoune, seul col nommé et le plus bas des 3 points hauts de la journée.

Col de la Chaumoune

Après à nouveau une courte descente jusqu’à Compains, nous remontons jusqu’au lac de Bourdouze.

Lac de Bourdouze

Puis descendons franchement jusqu’à Valbeleix.

Maison à Valbeleix

Nous descendons les gorges de Courgoul, qui sont en fait assez décevantes bien que mises en évidences sur toutes les cartes, avant de remonter au gîte au dessus du village de Saurier.

Saurier

Les vacances se sont arrêtées là à cause d’un événement familial qui nous a fait revenir en région parisienne. J’avais prévu de continuer ma route vers Angoulême à la fin de la semaine  en passant par le Cantal et la Corrèze mais ce ne sera pas pour cette fois. Ça permettra à toutes les blessures de bien cicatriser et de m’occuper du dossier pour l’accident avec l’assurance.

Voila le tracé des étapes à vélo :

Marseille, les Calanques et Toulon

Pas de vélo cette fois, je suis juste parti en mode sac-à-dos visiter Marseille. J’avais un a priori assez négatif de la ville suite à mon passage en février 2012 pour attraper le ferry pour la Sardaigne. Mais à l’époque il y avait des travaux partout et j’étais avec mon vélo dans une ville notoirement peu cyclable. Cette fois j’ai décidé de donner une seconde chance à la ville.

A 3h de Paris, c’est vraiment la porte à côté. Sans avoir dû me lever particulièrement tôt, j’étais arrivé avant midi. Comme le ciel se couvrait je suis allé directement à Notre-Dame de la Garde pour avoir une vue d’ensemble. La basilique est le symbole de la ville. On la voit de partout et de là-haut, on voit toute la ville à 360°. Mais je garde les photos du panorama pour un peu plus tard car la lumière était bien meilleure à ma deuxième montée.

Notre-Dame de la Garde

Je suis redescendu vers la place Castellane, un des grands ronds-points de Marseille.

Notre-Dame de la Garde des escaliers vers Castellane

De là j’ai pris le métro vers le sud pour visiter les musées excentrées comme le mac (musée d’art contemporain), qui présentait une expo sur Andy Warhol pas super et le jardin Borély, autour de la bastide du même nom. Il a plu une bonne partie de l’après-midi.

Château Borély

En revenant au centre-ville je suis allé au palais Longchamp, c’est le château d’eau qui marque la fin de l’aqueduc de la Durance. Il héberge dans ses 2 ailes les musées des beaux arts et d’histoire naturelle.

Palais Longchamp

Taureaux du Palais Longchamp

J’ai ensuite retrouvé mes hôtes du soir dans leur appartement du quartier de la gare St-Charles et nous avons passé une tranquille soirée à discuter. Le lendemain il a continué de pleuvoir toute la matinée. J’en ai profité pour visiter le musée d’histoire de Marseille. Malgré son entrée par un centre commercial des années 70, c’est de loin le meilleur musée de la ville. J’y ai passé plus de 2h30.

En sortant j’ai longé le vieux port, dont la rive nord a été reconstruite après guerre, et suis monté dans le quartier du panier en passant devant la maison dite prosaïquement diamantée à cause des pierres de sa façade.

Maison diamantée

Une rue du panier

La pluie tardant à s’interrompre, j’ai enchaîné directement avec le mucem. J’ai trouvé l’exposition permanente très décevante. Vraiment légère par rapport au musée d’histoire et avec une organisation discutable sur le thème « la méditerranée centre du monde ». Par contre le bâtiment est exceptionnel, surtout avec le fort St-Jean rénové juste à côté. Le tout sous l’œil de 2 églises : la cathédrale de la Major et la plus vieille église de Marseille, St-Laurent.

La Major au dessus du Mucem

Eglise St-Laurent

Le fort St-Jean a été superbement rénové et les fortifications très minérales ont été habillées d’un jardin où il est agréable de se promener. Même par grand vent, car le mistral s’est mis à souffler très fort pour chasser les nuages.

Fort St-Jean passerelle Mucem

En face, Notre-Dame de la Garde est aussi sur un fortin. Marseille est une ville lourdement fortifiée.

Notre-Dame de la Garde depuis le fort St-Jean

Cour du Fort St-Jean

Le bâtiment du Mucem n’est finalement qu’un gros parallélépipède.

Le Mucem

Je suis repassé par le panier et la Vieille Charité pour revenir au Vieux Port. Maintenant espace culturel, s’était un hospice.

Vieille Charité

Arcades de la Vieille Charité

Montée des Accoules

Graffiti près des Accoules

Je pris ensuite un bus le long de la corniche vers le sud jusqu’au marégraphe dans l’intention d’en revenir à pied et de prendre le temps d’explorer les petites criques.

Le marégraphe de Marseille

Plus loin au sud s’élève le massif de Marseilleveyre, l’extrémité Ouest des Calanques. J’avais l’intention d’aller randonner là-bas dès que le temps le permettrait.

Marseilleveyre depuis la corniche

La route de la corniche tente de rester à l’horizontal en traversant les criques sur de grands viaducs.

Corniche depuis le jardin Valmer

Entre la route de la corniche et la mer, j’ai emprunté un petit dédale de ruelles et d’escaliers, souvent en cul-de-sac.

Escalier de la Malmousque

Malgré sont bétonnage, la côte reste assez pittoresque.

Côte de la Malmousque

C’est dans cette partie du quartier de la Malmousque que j’étais le plus proche du fameux château d’If. On peut y aller facilement en bateau depuis le vieux port, tout comme aux îles du Frioul en arrière plan, mais ce ne sera pas pour cette fois.

Château d'If

Au dessus du vallon des Auffes se trouve un monument à la gloire des soldats du front d’Orient de la première guerre mondiale. Ce serait le seul en France parce que l’histoire a surtout retenu les tranchées de l’Ouest et a discrédité les soldats de l’Est, vus injustement comme des planqués alors qu’il n’en était rien.

Monument aux soldats d'Orient

Le vallon des Auffes est quant à lui l’endroit que j’ai trouvé le plus inattendu de Marseille. Un joli petit port de pêche dans une métropole de plus d’1 million d’habitant, et à 3km du centre-ville.

Vallon des Auffes

J’ai déambulé ensuite dans le quartier très vallonnée qui s’étend derrière les Auffes pour remonter en direction de Notre-Dame de la Garde. Cette fois, le ciel se dégageant et la lumière de fin d’après-midi m’ont permis de beaux panoramas. Et j’ai pris un troisième escalier.

Escalier vers Notre-Dame de la Garde

Au nord, de l’autre côté du vieux port s’étend le quartier du panier avec la cathédrale de la Major et la tour de la SNCM.

Le Panier et la Major

Au sud Ouest, les collines du quartier Bompard.

Quartier Bompard

Au sud, le stade vélodrome devant les massifs du parc des Calanques.

Stade Vélodrome

Au Nord-Est, le centre-ville, un enchevêtrement de toits où les seuls points de repères sont pour moi l’église des réformés en haut au centre et le palais Longchamp en haut à droite. Ça fait penser aux vues sur Paris depuis Montmartre ou Belleville, sauf que les toits sont moins gris ici.

Marseille centre

L’intérieur de la basilique est intéressant, pas très grand et avec de nombreuses maquettes de bateau qui pendent sous ses coupoles dorées.

Intérieur de Notre-Dame de la Garde

En redescendant par le fort St-Nicolas, j’ai poussé jusqu’au palais du Pharo qui verouille l’entrée du Vieux Port.

Palais du Pharo

Vieux Port depuis le Pharo

J’ai retrouvé mon hôte qui habitait aussi en plein centre et hébergeait ce soir là 2 autres couchsurfeurs. Nous avons mangé les meilleures pizza à emporter de Marseille, dans le quartier de Noailles.

Le lendemain, le soleil s’est franchement installé alors j’ai mis à exécution mon projet de randonnée dans les Calanques. Je suis parti du terminus de la ligne 19, le petit port de la Madrague de Montredon.

La Madrague de Montredon

Ça grimpe assez raide dès le démarrage et assez vite, dès qu’on s’approche d’une crête, il y a de petites cheminées à franchir. Le mistral toujours très soutenu voulait absolument me pousser par dessus les falaises.

Montée vers Béouveyre

Malgré les petites dimensions du massif, le panorama devient très vite grandiose. Au premier sommet, Béouveyre, la vue s’ouvre vers le sud et les rochers de St-Michel (à gauche) et des Goudes (au centre).

Calanques depuis Béouveyre

De l’autre côté, c’est tout Marseille.

Marseille depuis Marseilleveyre

J’ai longé la crête et ses 3 sommets : Béouveyre, Marseilleveyre (le plus haut, 433m) puis le plateau de l’homme mort. De ce dernier, la vue s’étendait sur le reste des Calanques en direction de Cassis.

Calanques depuis le cirque des Walkyries

Je suis redescendu vers la méditerranée par le grand Malvallon, un vallon trotueux sous les falaises et les cheminées de fées.

Le grand Malvallon

C’est dans le Malvallon, après plus de 2h30 de marche, que j’ai croisé les premiers autres randonneurs. Le massif était étonnamment désert vu sa proximité avec la métropole.  Et aussi très très propre, alors que je m’attendais à trouver les plastiques et autre déchets qui jonchent d’habitude la campagne aux abords des villes.

J’ai débouché sur la calanque de Marseilleveyre, accessible uniquement à pied ou en bateau.

Calanque de Marseilleveyre

J’ai trouvé le GR côtier moins intéressant que les crêtes, et aussi plus fréquenté (ce n’était pas difficile). À Callelongue je me suis retrouvé cette fois sous les rochers St-Michel et des Goudes.

Rochers St-Michel et des Goudes

Je suis revenu à l’arrêt de bus de la Madrague et suis reparti illico vers le centre et la gare de Marseille Blancarde où j’ai pris le train pour Toulon, ou plus exactement La Garde, dans la banlieue de Toulon.

Mon hôte du soir est venu me chercher en tandem à la gare (pratique) puis nous sommes allés avec sa copine et un ami écouter un concert d’un groupe de jeunes locaux sur la plage du Pradet. Là aussi à vélo. Nous avons passé une très agréable soirée dans leur petite maisonnette avec potager au pied des immeubles d’une petite cité.

Le lendemain je suis parti directement de La Garde à pied pour monter à l’assaut du Mont Faron. Cette montagne fortifiée se dresse juste au nord de Toulon. J’en ai rejoint la crête au niveau de Fort Faron.

Fortifications du Faron

Toulon est le 2ème port militaire français avec Brest. Il n’y a pas que sur terre que c’est fortifié.

Port militaire de Toulon depuis Fort Faron

Porte de Fort Faron

La promenade le long de la crête est très agréable, bien que toujours ventée, et totalement différente des Calanques car presque toujours dans une pinède. Elle culmine à 584m. Au Nord, très loin, je distinguais des sommets enneigés des Alpes tandis qu’au sud, juste au pied, s’étendait Toulon et sa rade.

Toulon centre

Un vieux téléphérique permet de monter au Faron, mais à cause du vent il était à l’arrêt.

Téléphérique du Faron

Toulon et sa rade

Redescendu au centre-ville,  j’ai poussé la promenade jusqu’à la tour royale, qui gardait l’entrée du port. Dans le jardin attenant se trouve un étonnant sous-marin.

Batyscaphe à côté de la tour royale

Les 2 corsica ferries qui mettaient un peu de couleur dans le port n’ont pas bougé de la journée.

Ferries pour la corse dans la rade

La Tour Royale elle-même est une grosse tour ronde assez basse.

Tour royale à Toulon

Comme le vieux port de Marseille, les immeubles qui donnent directement sur le port de Toulon sont des reconstructions d’après guerre, voire plus tardives.

Port de Toulon

La vieille ville est toute en ruelles étroites et plutôt délabrées. Beaucoup de travaux tentent de lui redonner de l’allure. Il n’y a que peu de monuments qui sortent du lot.

Cathédrale de Toulon

Théatre de Toulon

La plus belle et plus grande place de la ville est dominée par un hôtel.

Place de la Liberté, Toulon

J’ai repris un TGV le soir même après 4 jours dans le sud, dont 2 pluvieux mais quand même mon premier coup de soleil de l’année. C’était l’occasion aussi de refaire une petite cure de couchsurfing en tant qu’invité.

Et la deuxième chance de Marseille ? Finalement j’aime beaucoup cette ville, enfin tant que je n’y viens pas à vélo.