Vallée de la Durance, Rochebrune

Printemps préalpin

Il est 20h gare d’Austerlitz et nous embarquons dans le train de nuit à destination des Hautes-Alpes. C’est l’un des derniers trains de nuit encore en service en France et il embarque les vélos. Nous nous trouvons dans LE compartiment réservé aux cyclistes avec un couple qui se rend dans la Drôme.

La nuit poudre les sommets et les orages s’arrêtent peu avant notre arrivée à Gap à 7h30 du matin (un peu en retard). Nous prenons la route en direction du village de Rambaud. Il est dominé par une petite éminence avec un clocher isolé et une table d’orientation, de laquelle la vue s’étend au nord vers le Champsaur et le massif des Ecrins.

De là, nous passons un petit col sans nom avant de redescendre vers Jarjayes, Valserre et la vallée de la Durance. La route est mouillée et les nuages restent accrochés sur les hauteurs au dessus de Remollon et Rochebrune.

Vallée de la Durance, Rochebrune

Nous attaquons une dernière montée pour rejoindre Bréziers, village qui va nous servir de base pendant une semaine. Cette première journée de trajet aura été plutôt brève, une bonne trentaine de kilomètres et une bonne sieste pour compenser la nuit un peu courte du voyage en train.

Parcours Gap – Bréziers : https://www.openrunner.com/r/9794962

Le lendemain, sur les conseils du local de l’étape, nous partons en direction du col Sarraut, une petite montée facile sans lacets via le village de Gigors, suivie d’une longue descente par Le Faucon-du-Caire, Le Caire et La Motte-du-Caire. Au dessus du Caire, la Grande Fistoire est équipée d’une via ferrata. Le coin est spécialisé dans les arbres fruitiers.

Nous complétons nos victuailles à la Motte-du-Caire et pique-niquons sur une placette de Bayons, devant le porche de l’église surprenamment grande de ce petit village.

Bayons

Bayons est situé dans une vallée bien isolée du monde, l’unique route franchissant une cluse étroite en aval et les tourniquets d’Astoin, une petite série de lacets, en amont. Nous grimpons évidemment ces derniers.

De l’autre côté du col des Sagnes, nous longeons un balcon qui nous fait faire le tour du cirque qui enserre les 3 villages de Turriers, Bellaffaire et Bréziers.

Turriers en descendant du col des Sagnes

Boucle des Tourniquets : https://www.openrunner.com/r/9794910
(inclus une petite boucle via Bellaffaire et Turriers, réalisée quelques jours plus tard)

Pour la deuxième boucle du séjour, nous avons mis le cap vers l’Est et la vallée de la Blanche, une route réputée dangereuse pour ses chutes de pierres. Le bas de la vallée forme une gorge étroite mais s’élargit rapidement et se couvre de forêts en montant.

Nous nous arrêtons dans un restaurant à Selonnet. Les montagnes alentour dépassent bien les 2000m d’altitude, notamment Dormillouse.

Selonnet

Nous poussons ensuite jusqu’à Seyne et visitons sa petite citadelle Vauban qui n’a jamais connu le baptême du feu car elle n’est pas longtemps restée ville frontière. Pendant la visite, on nous a prêté une tablette avec ce plan interactif de la citadelle.

Nous revenons par l’autre rive de la Blanche, en partie sur une piste forestière puis grimpons vers le col des Garcinets avant de rejoindre la même descente vers Bréziers que la veille.

Parcours de la vallée de la Blanche : https://www.openrunner.com/r/9794919

Le jour suivant nous n’enfourchons pas nos vélos et grimpons à pied sur la montagne de la Scie pour une belle vue sur le lac de Serre-Ponçon d’un côté et le bassin de Turriers-Bellaffaire-Bréziers de l’autre. Nous avons la chance d’observer quelques chamois de près pendant cette balade.

La sortie vélo suivante est la plus sportive du parcours. Nous nous attaquons au Mont Colombis qui domine les environs de ses 1734m. La montée est particulièrement soutenue dans le village de Théus et nous offre un peu de répit près de la salle de bal des Demoiselles Coiffées, une grande concentration de cheminées de fée.

Salle de Bal des Demoiselles Coiffées de Théus

La grimpette reprend de plus belle pour un raidillon final et nous pique-niquons au sommet avec une magnifique vue qui s’étend de tout côté vers les Ecrins, le Queyras et l’Ubaye, les Préalpes de Digne, le Dévoluy et même le Mont Ventoux.

Nous effectuons la descente par une piste forestière qui ne nous permet pas de prendre beaucoup de vitesse. Le bitume à partir du col Lebraut est plus que bienvenu.

Le lac de Serre-Ponçon est à un niveau très bas. La fonte des neiges ne l’a pas encore rempli en ce début de printemps et l’énorme barrage en terre émerge largement.

Barrage de Serre-Ponçon

Il ne nous reste plus que la désormais bien connue montée de Bréziers pour terminée la boucle. Nous n’aurons roulé qu’à 11,5km/h de moyenne durant cette journée.

Parcours du Mont Colombis : https://www.openrunner.com/r/9794926

Le lendemain, après une manifestation du 1er mai à Gap, je fais seul une petite boucle via Bellaffaire et Turriers. Je monte notamment à la table d’orientation de Turriers qui domine bien les environs et laisse apercevoir les Ecrins au fond.

Vient finalement l’heure de repartir. Nous avons une journée complète pour rejoindre Gap et le train de nuit qui nous ramènera à Paris. Nous choisissons un itinéraire différent de l’aller en descendant la Durance jusqu’à Tallard et la Saulce.

Château de Tallard

Nous échappons à une averse dans un abri-bus de Lardier-et-Valença, en pleine montée vers le col de Foureyssasse. De là, un beau balcon au pied des falaises de la montagne de Céüse nous ramène en douceur vers le bassin de Gap.

Montagne de Céüse

Nous avons le temps pour un rafraichissement et un restaurant sur les placettes du centre-ville avant de grimper dans le train.

Parcours du retour à Gap : https://www.openrunner.com/r/9794951

L’ensemble des parcours vélo :

Vue d'ensemble des parcours vélo

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Entre lacs de la forêt d’Orient et du Der

Pour l’un des premiers weekend printanier de 2019, nous avons mis le cap sur les grands lacs de Champagne. Des itinéraires cyclables longent en partie ces lacs et les canaux qui les alimentent.

Nous sommes partis de Troyes, à 1h30 en train de Paris-Est. Je suis déjà passé plusieurs fois dans cette jolie ville célèbre pour ses maisons à pan de bois. Mais j’y trouve toujours le balisage vélo lacunaire pour en sortir en direction des lacs de la forêt d’Orient.

Troyes

La route devient évidente seulement quand on se met à longer le canal déversoir du lac d’Orient. D’ailleurs on rejoint très vite ce premier lac que la véloroute se met à contourner, en partie en forêt quand il s’agit de couper les presqu’îles, en partie sur les digues.

Lac d'Orient

Piste le long du lac d'Orient

Ce lac, comme les autres de l’itinéraire, est complètement artificiel. Tous ces lacs régulent le débit de la Seine (lac d’Orient), de l’Aube (lac du Temple et d’Amance) et de la Marne (lac du Der) et ont été construits entre les années 1950 et 1990. Ils sont maintenant bien intégrés dans le paysage et sont même devenu des réserves de faune, notamment pour les oiseaux migrateurs.

En l’occurrence, le début du printemps ne nous a pas semblé très propice à observer les oiseaux. Hormis quelques foulques, cygnes et grèbes huppés, la faune n’était pas particulièrement nombreuse.

Lac du Temple

Le lac du Temple, plus récent que celui d’Orient, présente une digue beaucoup plus spectaculaire. Elle barre le lac dans le sens de la longueur et nous la longeons donc sur quelques kilomètres.

Lac du Temple

Avant d’atteindre le lac d’Amance, nous bifurquons pour un premier détour architectural vers le village de Mathaux. La région compte une douzaine d’églises à pans de bois assez uniques et nous nous sommes faits un devoir d’en visiter quelques-unes pendant le weekend. Par chance elles étaient toutes ouvertes.

Eglise à pans de bois de Mathaux

Nous avons aussi fait une halte à l’écomusée foisonnant de Brienne-la-Vieille. Il débordait de matériel agricole surtout du début XXe et comptait quelques reconstitution assez kitsch d’anciens commerces.

En fin de journée nous sommes passés par la Ville-aux-Bois, village minuscule dont le centre ne compte guère plus qu’une église et un lavoir.

Le village se trouve à proximité immédiate d’un très grand centre de stockage de déchets nucléaires de l’Andra.

Borne site nucléaire

Et quelques centaines de mètres plus loin, une autre stèle marque pour sa part le lieu du crash d’un avion pendant la seconde guerre mondiale. Quelques flèches dans le sous-bois mènent jusqu’au lieu du crash ou le cratère est encore bien visible, ainsi qu’un arbre étêté par l’avion.

Stèle du crash du Halifax à la Ville-aux-Bois

Nous avons fait étape dans le village suivant (Louze, choisi pour son nom) en chambre d’hôte. Il y avait aussi un petit restaurant, ce qui nous a permis de voyager léger, sans affaires de camping, ni beaucoup de nourriture.

Le lendemain, nous sommes repartis en quête d’églises à pans de bois dans le Dervois, ou pays du Der.

Village du Dervois

L’étang de la Horre était complètement vidé de son eau et laissait une immense vasière à découvert.

Etang de la Horre

Nous sommes passés par les églises de Lentilles, Bailly-le-Franc, Outines puis Chatillon-sur-Broué. Les maisons aussi sont souvent à pans de bois dans les villages, ce qui leur donne un certain charme.

Après ce chapelet de villages, nous avons fini par rejoindre la digue du lac du Der et avons commencé à en faire le tour par le nord-ouest. Ce lac est encore plus connu des ornithologues que les précédents. A l’automne, la migration des grues attire les foules et la ville toute proche de Montier-en-Der accueille un festival de photographie animalière réputé.

Lac du Der

Ambrières

Il ne nous est plus resté qu’à longer le canal d’alimentation du lac pour remonter jusqu’à la vallée de la Marne et la ville de St-Dizier. La ville a des allures plutôt industrielle. C’était le siège des glaces Miko qui ont laissé un bâtiment emblématique dans le centre-ville.

Saint-Dizier

Saint-Dizier

De là nous avons repris le train vers Paris, 2h15 de trajet en TER.

Le parcours est ici : https://www.bikemap.net/en/r/4833994/

Tenerife

Pendant les fêtes de fin d’année, je suis allé en famille une semaine sur l’île de Tenerife. Dans l’archipel espagnol des Canaries, Tenerife est l’île la plus grande et la plus peuplée et est dominée par le Pic de Teide et ses 3700m d’altitude dont on voit nettement la silhouette triangulaire dès l’arrivée en avion.

Nous étions basés à Los Gigantes, une petite ville au nord ouest de l’île et avions loué une voiture 7 places pour nous déplacer tous ensemble. La première impression que nous a laissé Tenerife à l’arrivée est celle d’une île très urbanisée. Le long de l’autoroute s’étalent des entrepôts commerciaux et des parcs d’attraction dans un paysage très sec et poussiéreux.

Le premier jour nous nous sommes éloigné de cette côte vers l’intérieur pour traverser l’île par la route panoramique du Teide, dans l’immense caldeira du volcan. Assez vite avec l’altitude, les villes laissent la place aux villages puis à une forêt de pins assez clairsemée au milieu d’anciennes coulées de lave. La forêt fini par disparaître et la caldeira offre des paysages lunaires.

Caldeira du Teide

Au milieu de la Caldeira se dressent le Teide et, plus trapu, le Pico Viejo, au flanc duquel à gauche on distingue plus sombre les « narines du Teide », lieu de la toute dernière éruption dans la caldeira en 1798.

Le Teide

Nous sommes sortis de la caldeira sur le versant nord de l’île pour aller visiter les 2 villes de la Orotava et Puerto de la Cruz. Ces 2 villes ont conservé des bâtiments de l’époque coloniale dont la Casa de los Balcones est un des plus connu.

Casa de los Balcones

Les jardins publics sont agréables, la côte nord étant plus humide que celle où nous résidions. Nous avons vu de beau spécimen de dragonniers, un arbre emblématique des Canaries mais qu’on ne trouve plus guère dans les forêts.

Dragonnier des Canaries

À Puerto de la Cruz, la ville voisine en bord de mer, se trouve un superbe jardin botanique. Assez ancien, il a pu laisser grandir certaines plantes jusqu’à des dimensions extraordinaires et adapte d’ailleurs le tracé de ses allées aux racines des arbres.

Ficus à Puerto de la Cruz

Le centre-ville est plus touristique que celui de la Orotava, bord de mer oblige et les façades sont égayées de grandes fresques.

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Le ciel s’est chargé en accrochant les nuages au flanc de la montagne, donnant l’impression qu’un orage allait éclaté, mais ce phénomène était en fait très localisé sur la côte nord.

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Une portion de la plage de galet n’était qu’un empilement de cairns.

Puerto de la Cruz

À peine franchi le col pour revenir sur la côte ouest, le soleil brillait à nouveau. Nous constaterons à nouveau à quel point l’île est faite de micro-climats.

Le lendemain nous sommes partis en randonnée dans le massif du Teno, à la pointe nord-ouest de l’île. Ce massif est couvert d’une forêt de lauriers et de bruyères. Et en effet, il accroche bien les nuages et le brouillard et nous ne verrons pas beaucoup le paysage à part au départ à El Palmar et sa montagne creusée par l’homme.

Montana del Palmar

Sur l’autre versant, les vues jusqu’à la côte ont été rares.

Massif du Teno

Sur l’impressionnante route du retour, nous avons fait halte à Masca, au milieu de son cirque volcanique.

Masca

Masca

Le jour suivant, pendant que 2 d’entre-nous sont allés observer les baleines, nous avons fait une randonnée sur le flanc du Teide, au niveau de la limite supérieure des pins, au lieu-dit de la montagne de Samara. Le sentier bien balisé nous a mené entre les coulées de lave de différentes structures dans une atmosphère fraîche et venteuse. Au fond on distinguait les îles voisines de la Gomera, la Palma et El Hierro.

Montana de Samara

Montana de Samara

Le Pico Viejo et le Teide étaient visibles presque en permanence.

Le Teide et le Pico Viejo

La reventada et le Teide

Montana de Samara

La route à cet endroit est un billard sublime et il n’est pas étonnant que la destination soit appréciée des cyclistes en hiver.

Montana de Samara

Route au pied de la Montana de Samara

L’après-midi, nous sommes allés tous ensemble voir les pyramides de Guimar. Le site est assez cher pour ce qu’il y a à y voir, des pyramides dont l’origine reste sujet à spéculation et un jardin botanique qui n’arrive pas à la cheville de celui de Puerto de la Cruz.

Pyramides de Guimar

Nous sommes aussi allé visiter la petite ville côtière de la Candelaria, où se trouve le plus grand centre de pèlerinage de l’île.

La Candelaria

On y a trouvé également un très grand village de santons, avec des détails incongrus.

La Candelaria

Le lendemain nous avons préféré profiter de la ville de Los Gigantes, sans prendre immédiatement la voiture. Nous sommes allés jusqu’au site qui donne son nom à la ville : les immenses falaises qui tombent du Teno dans l’océan Atlantique.

Los Gigantes

L’après-midi nous sommes remontés dans la caldeira pour faire le tour des Roques de Garcia, des rochers aux formes extraordinaires, d’anciennes cheminées volcaniques que l’érosion a laissé et sculpté.

La cathédrale

Roques de Garcia

Roques de Garcia

Et bien sûr tout ceci au pied de l’imposant pic de Teide.

Roques de Garcia

Caldeira

Le jour suivant nous avons décidé de faire un long trajet jusqu’à l’autre bout de l’île, dans le massif de l’Anaga.

Au passage, nous nous sommes arrêté dans la capitale de l’île, Santa Cruz. Nous y avons visité un marché et déambulé dans les rues très actives du centre.

Santa Cruz de Tenerife

Santa Cruz de Tenerife

Comme le massif du Teno, l’Anaga jouit d’un climat particulier, plus humide et où le brouillard s’accroche. La bruyère y atteint des tailles encore plus importante que dans le Teno. Nous nous sommes promené à partir du dernier village de la route jusqu’au phare de l’Anaga, l’extrême pointe nord-est.

Anaga

Faro de Anaga

Au retour nous sommes passés par la côte nord au lieu de l’autoroute de la côte sud, la traversée de l’île nous a pris plus de 2h.

Le dernier jour, nous sommes montés à nouveau dans la forêt de pins à mi chemin de la caldeira, près du volcan Chinyero. Et une partie d’entre nous est redescendu jusqu’à Los Gigantes à pied, une vingtaine de kilomètres de descente dans les coulées de lave et les barrenco (ravins), plus loin des autres touristes que d’habitude.

Chinyero

Chinyero

Coulée de lave du Chinyero

Le lendemain nous avons repris l’avion pour refermer cette courte parenthèse ensoleillée au milieu de l’hiver.

 

 

Venise

Après une bonne nuit de sommeil dans le train Thello, nous avons ouvert les rideaux sur le lac de Garde et environ 2h plus tard, au bout de la longue jetée routière et ferroviaire, nous sommes descendus à la gare de Santa Lucia.

Un abonnement de transport en poche et une volée de marche plus loin et ça y est, le grand canal, principale artère de Venise était à nos pieds. Le trafic de vaporettos et embarcations diverses était très dense.

Grand Canal devant la gare Santa Lucia

Plutôt que de faire la queue à la station de vaporetto de la gare, très encombrée, nous avons marché un peu jusqu’à la station suivante. Assez vite, la foule a disparu dans le dédale des ruelles. Nous avons croisé quelques livreurs à pied avec des charrettes conçues pour passer les multiples escaliers mais l’essentiel des livraisons avait l’air de se faire par bateau. Le grand canal n’est pas bordé de quais à cet endroit et on ne peut l’apercevoir qu’au bout de certaines places ou ruelles.

Livraison sur le Grand Canal

Nous avons pris un vaporetto jusqu’à Sant’Elena, l’île la plus à l’Est du centre ville de Venise, pour commencer nos déambulations pédestres. Car Venise est une ville qui se découvre essentiellement à pied. A Sant’Elena, les rues sont un peu plus larges et calmes qu’ailleurs et un vaste jardin s’étend près de la station de vaporetto, face à l’île de San Giorgio Maggiore.

San Giorgio Maggiore vu de Sant'Elena

rue de Sant'Elena / Castello

Notre promenade nous a mené autour du jardin de la biennale, mais nous n’avons pas profité de l’évènement ici car finalement beaucoup d’exposition en off se tenaient un peu partout dans la ville avec des pavillons par pays. C’est à ce niveau que démarre la Riva degli Schiavoni, la longue suite de quai qui forme la limite sud du centre ville et va jusqu’à la place Saint Marc.

Riva degli Schiavoni

Nous avons déambulé franchement en zig-zag pour voir le plus de choses possibles dans l’impressionnant labyrinthe de canaux et de ruelles que constituent tout le centre de Venise. Ce quartier de Castello, mis à part la Riva degli Schiavoni était plutôt un quartier calme et peu fréquenté par les touristes. C’est là que se trouve l’Arsenal, le quartier fermé des chantiers navals dont on ne peut voir que la porte et les hauts murs.

Entrée de l'Arsenal de Venise

Marchand de fruits et légumes sur son bateau

Lorsque la rue longe un canal, il s’agit d’une fondamenta, quand elle se perd entre les hautes maison, c’est plutôt une calle ou un corte, et les places prennent le nom de campo ou campiello. Et il y a quantité d’autres façons de désigner une voie. Venise à son propre vocabulaire. Même si les ruelles ne longent pas un canal, elles en coupent souvent un et cela donne de belles perspectives.

Un canal de Castello

Un canal de Castello

Progressivement, nous sommes revenus plus près de la place Saint Marc et de la grande station de vaporetto de San Zaccaria. De là, nous avons embarqué pour l’île de San Giorgio Maggiore, juste en face, pour profiter de ce premier jour ensoleillé et monter au campanile de San Giorgio.

Le parvis de San Giorgio est vraiment juste en face du palais des Doges et de la place Saint Marc où se dresse le campanile du même nom.

San Marco vu de San Giorgio Maggiore

Le campanile de San Giorgio est beaucoup moins fréquenté que celui de San Marco, mais malgré la très faible capacité de son ascenseur (6 places), nous n’avons pas attendu longtemps pour jouir du panorama sur toute la cité avec au premier plan la punta della Dogana, l’embouchure du grand canal et la place Saint Marc.

Punta della Dogana depuis San Giorgio

San Marco depuis San Giorgio

Quartier de Castello depuis San Giorgio

Nous avons ensuite regagné le centre ville et le quartier de Cannaregio, le quartier le plus populaire du centre, pour récupérer les clés de notre logement dans une rue perpendiculaire aux fondamente Nove, les quais nord de la ville.

Après nous être heurté à quelques restaurants vides mais complètement réservés, nous avons dîné dans une pizzeria du quartier.

Le lendemain, profitant encore du temps très favorable, nous avons décidé de partir visiter les îles de Burano et Murano. La première se trouve à 40min de vaporetto de la station fondamente Nove. Elle est connue pour son artisanat de dentelle et ses petites maisons très colorées.

Le voyage en vaporetto a été l’occasion de se rendre compte que si la lagune est vaste, les chenaux de navigation sont bien balisés et hormis quelques rares pêcheurs, les embarcations à moteur doivent s’y tenir.

A peine débarqués, nous nous sommes rués sur une petite boulangerie qui vendait les fameux essi de Burano, des petits biscuits en forme de S, pour les dévorer en buvant un café puis en marchant.

Burano

Il est vrai que les façades colorées se prêtent particulièrement à la photo. Et la promenade matinale y a été fort agréable car nous étions pratiquement seuls.

Burano

Burano

Burano

Burano

Une passerelle relie Burano à Mazzorbo où nous avons repris un vaporetto pour Murano.

Burano

Murano est plus industrieuse et beaucoup plus fréquentée que Burano. Les boutiques vendent quasi exclusivement du verre : de la vaisselle, des bijoux, des sculptures diverses… toutes en verre multicolore.

Sur l’île, nous avons visité une église ou une côte de baleine passe pour un os de dragon.

Murano

Nous sommes ensuite revenus dans le centre ville et nous sommes promenés à la nuit tombée autour de la place Saint Marc.

San Zaccaria

Le lendemain, le temps à peine plus gris, nous a incité à opter pour les musées et notamment les 2 sites de la fondation Pinault : le palazzo Grassi et la Punta della Dogana qui hébergeaient une exposition de Damien Hirst. L’exposition était l’histoire fantasmée d’une découverte d’une épave pleine d’artefacts de différentes civilisations amassées par un esclave affranchi.

Palazzo Grassi

D’abord présentée sous un jour crédible, avec même des vidéos des plongeurs remontant les statues du fond de l’océan, la découverte vire à la farce quand les objets représentant d’abord des éléments des mythologies grecques, romaines ou égyptiennes dérivent vers les civilisations d’Amérique centrale ou du nord, voire aux personnages de Disney.

Palazzo Grassi

Entre les deux sites de l’exposition, nous avons visité quelques pavillons off de la biennale d’art contemporain et emprunté la passerelle de l’Académie pour rejoindre le quartier de Dorsoduro.

Campo San Vio

Le deuxième site est un ancien bâtiment des douanes (Punta della Dogana) qui a eu droit à une rénovation très réussie. Dans sa globalité, l’exposition était vraiment chouette.

Nous avons fait le tour de la pointe de la douane puis longé les quais sud de Dorsoduro avant de traverser pour l’île de la Giudecca. Les banderoles pour exprimer le mécontentement des habitants envers les navires de croisières étaient nombreuses dans le quartier car ces énormes immeubles flottants passaient entre Dorsoduro et la Giudecca jusqu’à la fin de l’année 2017.

Dorsoduro depuis la Giudecca

L’île de la Giudecca avait l’air plutôt boudée des touristes car elle n’est pas très dense en attractions. Le principal bâtiment qui nous y a attiré est le Molino Stucky, une ancienne minoterie gigantesque reconvertie en hôtel de luxe.

Molino Stucky

Les ruelles de l’île étaient vraiment désertes.

Giudecca

Cheminées à la Giudecca

Comme toutes les autres îles, la Giudecca est en réalité constituée de plusieurs îles car elle est coupée de part en part par de nombreux canaux.

Canal traversant la Giudecca

Le soir nous avons à nouveau dîné le long de la fondamenta Misericordia, une longue fondamenta du quartier de Cannaregio, à proximité immédiate de notre logement et plutôt bien garnie en restaurants.

Le lendemain, nous nous sommes levés un peu plus tôt pour aller visiter le palais des Doges (Palazzo Ducale) dès l’ouverture. Même s’il fallait traverser toute la ville à pied pour y aller, le trajet ne nous a pas pris plus de 20 minutes. La ville est vraiment à taille humaine.

Palazzo Ducale

La basilique Saint Marc forme un côté de la cour intérieure du palais des Doges. Les salles sont richement décorées et la salle du grand conseil est une des plus vastes pièces que j’ai pu voir (54m x 25m).

Palazzo Ducale

Le pont des soupirs relie le palais aux prisons et contrairement à la grande majorité des touristes je ne l’ai même pas pris en photo.

Prisons du palais des Doges

Nous étions rentrés dans le palais par le quai San Zaccaria, nous en sommes sortis côté place Saint Marc, dans l’axe de l’escalier d’honneur où les quelques 120 doges qui ont régné successivement sur la sérénissime ont été investis.

Nous avons ensuite visité la basilique Saint-Marc à l’heure où les mosaïques dorées sont illuminées. C’est le seul bâtiment pour lequel nous avons un peu fait la queue, sur des palettes et tréteaux car la basilique étant au point le plus bas de Venise, elle se fait facilement cerner par les eaux à marée haute.

Place Saint Marc

Du balcon de la basilique la vue est splendide sur la place.

Place Saint Marc

Palais des Doges vu de la basilique

Dans l’après-midi nous sommes retourné dans le quartier de Dorsoduro pour l’arpenter en long, en large et en travers. Nous y avons mangé une délicieuse glace, la première du séjour et fait une pause pour un spritz, pas le premier du séjour, l’apéritif traditionnel vénitien au coucher du soleil.

Le quartier un peu excentré devient rapidement délaissé des foules et offre des balades agréables et plusieurs places sympathiques. Proche de l’université, certaines parties du quartier sont très fréquentées des étudiants.

Chantier Naval à Dorsoduro

Canal à Dorsoduro

Campo San Barnaba

En revenant vers le pont du Rialto, nous avons retrouvé une ville moins plaisante, plus dédiée au tourisme et aux souvenirs. Mais il est vrai que dans ce quartier, les palais qui bordent le grand canal sont parmi les plus beaux.

Gondoles près du Rialto

Le dernier jour de notre séjour, nous avons laissé notre sac à la consigne de la gare pour déambuler plus librement dans le quartier de Cannaregio, notre quartier de résidence et pourtant celui que nous avions le moins visité jusque là.

Canal de Cannaregio

C’est un quartier plutôt populaire, au sein duquel se loge le ghetto. Il est caractérisé par de très longues fondamenta, dont la fondamenta misericordia que nous connaissions bien pour y avoir mangé plusieurs soirs. Il s’y trouve moins de palais exceptionnels qu’ailleurs mais une atmosphère plus authentique s’en dégage, celle d’un quartier où les gens vivent vraiment.

Sonette vénitienne

Nous avons visité Ca’Pesaro, le musée d’art moderne et la galerie d’art asiatique… tout ça dans le même palais au bord du grand canal puis nous avons un peu tourné dans les quartiers de San Polo et Santa Croce entre le Rialto et la gare.

Grand Canal

Notre train partait en début de soirée pour nous ramener à Paris seulement le lendemain midi pour cause de travaux sur la partie Suisse du parcours. Un trajet bien long.

Venise est une ville dont je redoutais la fréquentation touristique. Finalement la foule n’était présente que dans quelques quartiers et ce n’était pas vraiment gênant pour une visite en profondeur. Et même dans les zones fréquentées, la ville était excessivement calme, notamment car les voitures et 2 roues motorisés en sont absents.

En tout cas cette ville est extraordinaire et tout ce qu’on peut en dire ne restera que bien en deçà de l’expérience d’une vraie déambulation dans le dédale de ses rues et ses canaux.