Le long de la Moselle

Je m’y étais pourtant pris en avance, mais il n’y avait plus de place vélo pour ce samedi de juillet dans les TGV. Résultat, j’ai commencé par une longue journée de trains régionaux pour me rendre en Franche-Comté. La généreuse correspondance de Dijon m’a même bien laissé le temps pour faire un tour en ville.

Les vrais tours de roues n’ont commencé que le lendemain sous un temps un peu plus maussade mais dans l’allégresse d’un départ en vacances en descente et vent dans le dos, mes parents et moi. Notre première rincée a eu lieu dans la vallée de l’Audeux à la Grâce Dieu, puis la seconde dans la descente de Champlive vers la vallée du Doubs.

Cascade de l'Audeux

À Laissey nous avons rejoint JC et Yveline pour terminer l’étape au complet jusqu’à Montbozon, aux portes de la Haute-Saône. Nous avons passé la nuit dans le minuscule camping sur l’île au milieu de l’Ognon, de ce village qui nous a semblé quasi-fantôme.

Le lendemain nous avons suivi une belle voie verte jusqu’à Vesoul et pris une belle averse. L’après-midi, le relief était particulièrement marqué et ce fût notre journée la plus bosselée.

Faverney

Borne de Crue de la Lanterne

Sur une route de Haute-Saône

Nous avons fait étape à Fontenois-la-Ville dans un gîte/camping tenu par un adorable couple de néerlandais qui nous a concocté un excellent et copieux dîner. Seul désagrément, les limaces, incroyablement nombreuses, ont bien essayé de manger les tentes et tout ce qui était à leur portée sous les absides et sur les vélos mais n’ont réussi qu’à tout dégueulasser.

De ce point haut, nous sommes ensuite descendus jusqu’au niveau du canal de l’Est qui nous a fait franchir la ligne de passage des eaux en douceur et dans un cadre assez sauvage.

Highland dans les Vosges

Canal de l'Est

Canal de l'Est

Après un très grand nombre d’écluses, nous avons fini par atteindre la Moselle juste en aval d’Épinal, pour ne plus beaucoup la quitter pendant plusieurs jours. Le paysage s’est fait plus industriel et urbanisé.

J’ai reconnu au passage la rotonde de Thaon où j’avais participé à un gala il y a plusieurs années, au moment où circulaient les tout dernier trains de nuit pour faire Nancy-Paris.

Rotonde de Thaon-les-Vosges

Nous nous sommes arrêté à Charmes, qui en est dépourvu, de charme.

Le jour suivant nous nous sommes séparé en 2 groupes, les uns continuant le long de la Moselle pour une étape un peu plus courte que les précédentes, papa et moi faisant un détour par la colline de Sion. C’est une colline isolée, culminant à 540m, couronnée d’un énorme monastère d’un côté et d’un petit village médiéval de l’autre.

Butte de Sion

Vaudémont

Signal de Vaudémont

Nous nous sommes fait copieusement rincé par 2 averses et avons pique-niqué à l’abri de la grande halle de Vézelise avant de finalement rejoindre les autres dans la boucle de la Moselle.

Halle de Vézelise

Après une étape à Villey-le-Sec, la météo s’est faite plus clémente que les jours précédents et nous avons profité d’un beau soleil à Toul et Liverdun.

Après un petit tour en ville pour quelques courses, nous avons pu confirmer que c’est depuis la voie verte le long de la Moselle que la cathédrale de Toul est la plus belle.

Cathédrale de Toul

Villey dans la boucle de la Moselle

Liverdun

La voie verte le long de la Moselle était parfaite dans les Vosges et en Moselle. Mais entre les 2, en Meurthe-et-Moselle, les aménagements avaient un sérieux retard et il manquait de longues portions. Mais à en juger par les morceaux tous neufs, ces « trous » dans l’itinéraire étaient en train d’être comblés. Aussi, c’est surtout par des départementales que nous avons continué tout l’après-midi en passant par la jolie place centrale de Pont-à-Mousson.

Place Duroc à Pont-à-Mousson

L’étape du soir était Corny-sur-Moselle. Elle fût plus bruyante qu’à l’accoutumée à cause du feu d’artifice anticipé et de nombreux pétards. Nous n’étions que le 13 juillet.

Puisque arrivés dans le département de la Moselle, la voie verte a repris sa continuité et nous a mené jusqu’à Metz dans un corridor de verdure et d’eau.

Jouy-aux-Arches

La Moselle à l'entrée de Metz

Nous avons pris le temps pour un tour de la ville et un café. Ma connaissance des lieux nous a un peu facilité la tâche.

Cathédrale de Metz

Porte des Allemands à Metz

En aval de la ville, la partie la plus industrielle de la Moselle jusqu’à Thionville a finalement été très vite traversée et n’était pas si industrielle que ça. Le plus désagréable a été de longer en ligne droite ce très long canal latéral. Des hauts fourneaux, bien peu reste visible.

Hauts fourneaux à Uckange

Nous avons mangé à Thionville sur les remparts et avons fait une visite éclair de la vieille ville.

Thionville : beffroi et moine

Les collines ont commencé à se resserrer autour de la rivière et le soir nous sommes arrivés à Sierck-les-Bains, notre dernière étape en France. Le village est surmontée d’un imposant château des ducs de Lorraine. De loin il était très beau, mais le centre ville était en réalité dans un état de délabrement assez triste.

Sierck-les-Bains

Nous avons eu droit à un deuxième feu d’artifice ce soir-là sans avoir besoin de sortir de la tente.

Le lendemain, nous avons assez vite franchi la frontière allemande, puis luxembourgeoise au symbolique tri-point de Schengen.

Schengen

Nous avons choisi de rester sur la rive luxembourgeoise de la Moselle, mais la rive allemande aurait sans doute été un choix plus inspiré. Des zones de travaux nous ont en effet contraint à rouler sur la chaussée alors que la rive allemande semblait plus paisible. Mais les 2 côtés étaient très jolis surtout depuis l’apparition des vignobles aux environs de Sierck.

Wasserbillig

Après quelques dizaines de kilomètres au Luxembourg, nous sommes entrés en Allemagne pour de bon. Nous avons fait un petit détour dans la très touristique ville de Trèves, connue pour ces ruines romaines imposantes telle la Porta Nigra.

Porta Nigra à Trèves

Centre ville de Trèves

Pour notre première étape en Allemagne, à Schweich, nous avons bien profité des Schnitzels et de quelques pintes d’Hefeweizen après un court égarement du côté de la très dispensable Birburger, la pils servie par défaut.

Le lendemain a été entièrement dans les vignobles dont les noms s’affichaient en grosses lettres blanches sur les coteaux. Y compris les noms les plus inattendus.

Hollywood an der Mosel

La rivière s’écoulait en sinueux méandres, de plus en plus prononcés, et l’eau était souvent à peine troublée par le vent. Ainsi le massif de l’Eifel ne nous a pas semblé bien difficile à traverser.

Piesport

La Moselle près de Piesport

La véloroute était très fréquentée, avec une proportion importante de vélos à assistance électrique. La foule se faisait plus dense près de certains villages touristiques tel Traben-Trarbach, mais jamais vraiment étouffante.

Traben-Trarbach

Le soleil un peu timide ne s’est dévoilé qu’en fin de journée, alors que nous atteignions notre étape à Pünderich.

Reil an der Mosel

Ce soir là nous avons dîné presque sur le pouce d’une Curry Wurst et d’un verre de vin blanc doux très très local puisque dès le lendemain matin nous sommes passé au niveau des vignes portant son nom.

Pündericher Marienburg

Cette deuxième étape dans les vignobles et les méandres de la Moselle a sans doute été la plus belle de toute du point de vue des paysages. Chaque village toujours plus beau que le précédent et surmonté d’un château.

Zell

Le chat noir de Zell

Zell

Beilstein

Et cette partie de méandres s’arrêtait en apothéose à Cochem, le plus grand des châteaux, le village le plus touristique aussi.

Cochem

À partir de là, le cours de la rivière s’est fait plus direct en direction de Coblence, mais nous réservait encore quelques belles surprises.

Nous avons passé la nuit sur une île à Hatzenport, reliée à la rive par une digue en gros pavés de guingois.

Hatzenport

Dans la matinée, nous sommes passés par le joli village de Kobern-Gondorf dont la petite place centrale était plutôt une surprise.

Kobern-Gondorf

La piste cyclable d’abord en bord de rivière, mais surtout en bord de route, a ensuite laissé place à un itinéraire de l’autre côté de la voie ferrée, plus calme et au pied des vignes toujours aussi escarpées.

Vignobles de la Moselle

Nous sommes ainsi arrivés à Coblence, lieu de confluence de la Moselle et du Rhin, une ville au centre plutôt agréable.

Coblence

Coblence

Et au confluent même, le Deutsches Eck, trône un gigantesque monument, une statue équestre de Guillaume Ier.

Deutsches Eck

A partir d’ici nous avons longé le Rhin, et à nouveau fleuve, nouvel article, bientôt…

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2 réflexions sur “Le long de la Moselle

  1. Hello Sylvain. Sympathique récit. Tu nous en dirait plus sur les kilométrages, La fréquence des campings sur le trajet et ton évaluation de la faisabilité avec des jeunes enfants ? Parce que c’était une option qu’on avait réfléchie. Avant de finalement faire enfin le danube autrichien sous le soleil 😉 (on est en train de rentrer c’était top)

    • A part en Meurthe-et-Moselle c’est une voie verte continue. Les moments sur route sont rarissimes. Donc la Moselle c’est tout à fait faisable en famille. Les campings sont nombreux. Perso on a fait dans les 70-80km par jour mais il est possible de faire plus ou de faire moins.
      Bon retour !

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