Hendaye – La Rochelle

Deux jours à peine après être rentré de Nogent-le-Rotrou, j’ai repris la direction de la gare Montparnasse. Cette fois avec Audrey, nous sommes partis à Hendaye pour 6 longues heures de trajet en plein milieu de journée. Ce n’est qu’à 16h30 que nous avons commencé à pédaler à quelques encablures de la frontière espagnole. De l’autre côté de la Bidassoa : Irun.

Irun depuis Hendaye

Nous avons fait le tour de la ville avant de longer la corniche basque, une série de montées et descentes le long de l’océan. Dans l’intérieur des terres la Rhune émergeait de temps à autre.

La Rhune vue de la corniche basque

La côte étant très urbanisée, nous sommes vite arrivés à St-Jean-de-Luz et sa très jolie baie. Le centre ville était noir de monde et nous nous y sommes égarés.

Saint-Jean-de-Luz

Nous suivions le balisage de la Vélodyssée, l’itinéraire qui longe en France toute la côte atlantique d’Hendaye à Roscoff. Mais nous ne recommanderions pas la partie basque, pleine de chicanes, de zigzags et de pentes abruptes. Une alternative à la nationale parallèle un peu chargée mais qui nous a fait mettre très longtemps à rejoindre nos hôtes à Biarritz. Ce fût la seule nuit que nous avons passé chez un couple de Warmshowers très intéressant et passionné.

Le lendemain matin, nous avons attaqué notre plus longue journée. D’abord en descendant jusqu’au centre de Bayonne et en achetant un peu de nourriture dont un fromage basque qui nous durera plusieurs jours.

Bayonne

Ensuite nous avons entamé la partie la mieux aménagée de la Vélodyssée. Une piste cyclable complètement séparée des voies de circulation automobile sur quelques centaines de kilomètres. Hors quelques traversées de villages balnéaires comme Cap-Breton, c’était vraiment un itinéraire très facile à suivre par rapport à la corniche basque.

Vélodyssée dans les Landes

Mais comme l’itinéraire était du coup assez peu changeant, pour ne pas dire monotone, je n’ai à peu près pas pris de photos de la journée.

Nous sommes arrivés à Mimizan Plage pour la nuit après 115km de ces pistes agréables dans les dunes et les pins… Et le lendemain c’est reparti pour la même chose ou presque, avec un peu plus de détours autour de l’étang de Parentis.

Sainte-Eulalie-en-Born

Etang de Parentis

La piste nous maintenait à l’écart de la mer. A la pause déjeuner, nous avons marché jusqu’à la plage au niveau de la Salie Nord. Puis nous avons contourné la dune du Pilat avant de rejoindre le centre noir de monde d’Arcachon.

Plage d'Arcachon

La Vélodyssée contourne le bassin, mais nous avons préféré prendre un bac qui rejoint le Cap Ferret pour éviter cette partie très urbanisée et gagner quelques kilomètres.

Dune du Pilat depuis le Cap Ferret

La route du Cap Ferret est de loin la pire que nous ayons emprunté. Nous nous sommes fait frôlés, klaxonnés, insultés et le trafic était d’une densité incroyable pour une péninsule en cul de sac. Bref, nous ne recommandons pas même si le passage par le village ostréicole du Canon était joli. En fait il y a bien une piste cyclable le long du cap, mais elle ne passait pas le long du camping municipal mais à 2km au large, donc nous avons pris la route quasi parallèle sans nous attendre à un tel trafic hors saison.

Village ostréicole du Canon

Les pistes du coin étaient toujours aussi bien aménagées et formaient un réseau parallèle. Une fois passé le bassin d’Arcachon, les villages balnéaires se sont encore éloignés les uns des autres avec parfois plus de 20km de piste entre 2 villages.

Carrefour de la Vélodyssée

Vélodyssée en Gironde

La partie girondine de cette longue côte landaise était toutefois un peu plus monotone que plus au sud. Nous avons eu droit à des lignes droites longeant des départementales sur des segments jusqu’à 9km de long. Avec un vent pas favorable, ça paraissait vraiment interminable.

En fin de journée nous sommes allés sur la plage quasi déserte de la Négade avant de nous arrêter au camping municipal de Soulac. C’était le premier endroit dont nous avons aperçu le phare de Cordouan, marquant l’estuaire de la Gironde.

Plage de la Négade

Le lendemain a été notre plus belle journée, la plus variée. Nous sommes partis comme d’habitude dans les pins autour de Soulac et du Verdon. Soulac-sur-Mer est une jolie station balnéaire belle époque. A la sortie de la ville on trouve une statue de la liberté pour marquer le fait que ce serait le dernier morceau de côte française qu’aurait vu Lafayette en partant pour l’Amérique. Tout ça très hypothétiquement !

Statue de la liberté à Soulac-sur-Mer

Nous étant renseignés sur les horaires du bac pour Royan, nous ne l’avons pas attendu bien longtemps et nous avons fait un saut à la pointe de la Grave avant.

Pointe de la Grave

Bac du Verdon à Royan

A peine 20min sont nécessaires à la traversée de l’estuaire. Royan complètement bombardée par les alliés pendant la seconde guerre mondiale est une ville refaite en béton comme Brest ou le Havre. Mais sous le soleil, elle n’est pas moche.

Royan

Eglise de Royan

L’itinéraire cyclable devient très joli en Charente Maritime et passe régulièrement des groupes de cabanes de pêche au carrelet.

Cabanes de pêche vers Royan

Les phares aussi, absents ou invisibles sur la côte landaise sont ici très fréquents et fraîchement repeints.

Phare à Saint Palais

Le plus célèbre d’entre-eux reste toutefois loin de nous sur son banc de sable.

Phare de Cordouan

La pointe de la Coubre nous a offert une dernière portion de pinède le long de la côte Sauvage.

Phare de la Coubre

Puis tout à coup, en franchissant le pont sur la Seudre, le paysage a changé radicalement. Fini les pinèdes, nous sommes entrés dans les marais, les prés salés et le bocage. S’il y a un endroit qui matérialise la limite entre le sud et le nord, c’est cette rivière.

La première bourgade importante que nous avons traversé de l’autre côté était Marennes. En milieu d’après-midi la ville était bien endormie et nous avons renoncé à y prendre un café pour poursuivre notre route jusqu’à Brouage. Il nous a fallu quitter l’itinéraire officiel de la Vélodyssée pour y passer.

Eglise de Marennes

Brouage est le village que j’ai trouvé le plus intéressant de tout le parcours. C’est une forteresse au milieu des marais, un ancien port qui se trouve maintenant bien loin de la mer.

Brouage

Nous avons fait un petit tour sur les remparts.

Brouage

Brouage

Vélos à Brouage

Nous avons repris la route quelques kilomètres pour rejoindre la Charente au niveau de Soubise, à quelques kilomètres en aval de Rochefort. Nous avons été surpris d’y trouvé un petit bac à la demande qui nous a fait traverser la rivière sans attendre.

La Charente près de Soubise

Peut-être aurait-il été plus grandiose d’utiliser le fameux pont transbordeur de Rochefort. Mais celui-ci subissait de lourdes réparations, prévues pour durer jusqu’en 2019.

Pont transbordeur de Rochefort

Au camping nous avons retrouvé Laurent. Il descendait la côte en sens inverse en même temps que nous (à vélo aussi bien sûr) et il avait été convenu quelques jours plus tôt, que nous nous croiserions à Rochefort. Nous en avons profité pour passer une soirée en ville et s’offrir un très bon restaurant.

L'Hermione à Rochefort

Le lendemain c’était notre étape de repos. A peine 40km pour rejoindre la Rochelle. Nous avons quitté Laurent après avoir seulement longé la corderie royale, pour le laisser continuer vers le sud.

Corderie royale de Rochefort

C’est la seule journée du voyage où nous avons eu de la pluie. Mais elle ne s’est pas arrêté de la journée. Nous avons à nouveau mangé au restaurant le midi à Châtelaillon-Plage et nous sommes arrivés en début d’après-midi à l’auberge de jeunesse de la Rochelle que nous avions appelé par précaution le matin même. C’était notre seule étape en dur après Biarritz et elle est bien tombée.

Nous n’avons quitté l’auberge que tard dans l’après-midi pour une courte balade le long du port de plaisance, profitant d’une toute petite éclaircie.

Suite et fin du voyage dans un 2ème article à venir prochainement…

 

 

 

 

 

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Poitiers – Nogent-le-Rotrou

Pour le week-end de Pâques, j’ai rejoins Adèle et Julien à Poitiers pour remonter vers le Nord à travers la Touraine et le Perche. Je les ai retrouvés sur la place du marché aux pieds de Notre-Dame la Grande.

Notre-Dame la Grande à Poitiers

Nous avons commencé par longer le Clain, la rivière qui traverse Poitiers et part ensuite se jeter dans la Vienne. Assez rapidement mon câble de dérailleur arrière a cassé, heureusement nous étions samedi et j’ai pu passer chez un vélociste de Châtellerault 30km plus loin.

Au début nous avons pris l’ex-nationale qui part en direction du Futuroscope mais nous avons fini par rejoindre l’autre rive, plus cyclamicale et qui passe par le château de Dissay.

Château de Dissay

Nous n’avons pas trouvé Châtellerault particulièrement attrayante ou mise en valeur mais nous y avons quand même pique-niqué en attendant l’ouverture du vélociste. Et une fois la réparation achevée nous nous sommes empressés d’en ressortir pour les collines boisées qui nous séparaient de la vallée de la Creuse.

Nous avons traversé la Creuse à la Guerche et son austère château.

Château de la Guerche

Après une dernière bosse nous avons rejoins notre étape, un tout petit camping municipal au Grand Pressigny. L’entrée dans la ville laissait voir des vitrines désertes et un triste hôtel fermé mais ce n’était heureusement pas le cas dans le centre du bourg.

Hôtel de l'Espérance à l'entrée du Grand Pressigny

Le Grand Pressigny

Nous sommes allés faire un tour au château et musée de la préhistoire qui domine la vallée pour y rencontrer de surprenantes sculptures.

Bison au Grand Pressigny

Donjon du Grand Pressigny

Vue du Grand Pressigny depuis la terrasse du château

Le lendemain matin, nous sommes repartis sous un ciel bien plus agréable mais une atmosphère très fraîche. Un des premiers villages que nous avons traversé est le Châtelier qui a conservé un beau château encore entouré de douves.

Le Châtelier

Le Châtelier

Un peu plus au nord, un panneau a attiré mon attention sur le bord de la route : nous franchissions l’ancienne ligne de démarcation entre la France libre et la France occupée.

Ligne de démarcation près de Ligueil

Plus tard nous sommes passés à Loches, très belle citée royale que j’avais déjà traversé en 2014 quand j’avais relié Bordeaux et Paris.

Logis royal de Loches

Collégiale St-Ours de Loches

Après avoir pique-niqué à Beaulieu-les-Loches, juste de l’autre côté de l’Indre, nous nous sommes réfugié au chaud dans l’estaminet pour un café et avons été surpris de le trouver bien plein et Grand Corps Malade à la table à côté de nous.

Plus loin nous avons traversé le charmant village de Chédigny. C’était une surprise sur notre itinéraire mais il est très connu pour son fleurissement exceptionnel avec notamment quelques 800 rosiers dans le village.

Chedigny

Plus tard dans l’après-midi nous avons finalement rejoint l’itinéraire de la Loire à vélo et nous n’avons tout d’un coup plus été les seuls cyclistes sur la route. Nous sommes repassés aux mêmes endroits que l’année dernière.

Collection de brocs à Lussault

Après avoir déposé nos affaires au camping d’Amboise, nous sommes retournés faire un tour aux pieds du château.

Amboise

Amboise

Amboise

Le lendemain, nous avons quitté la Loire à vélo aussi promptement que nous l’avions rejointe pour partir plein nord vers le Loir. Nous sommes d’abord passés par Château-Renault pour quelques emplettes.

Maison de Château-Renault

Puis nous avons continué presque toujours plein nord vers le village troglodyte de Troo en passant par l’abbaye de St-Martin-des-Bois et en jetant un œil aux fresques et à la voûte de la petite église de St-Jacques-des-Guérets.

St-Martin-des-Bois

St-Jacques-des-Guerets

Troo est construit sur un escarpement qui domine le Loir et offre une belle vue sur sa large vallée. C’est un village très surprenant avec de nombreuses maisons troglodytes, une motte féodale et quelques anciens bâtiments.

Ancienne maladrerie de Troo

Troo

Toute l’après-midi ou presque, nous avons remonté la vallée de l’Anille en passant par St-Calais dont je ne découvrirais qu’une fois rentré que c’est la capitale du chausson au pommes.

Halles de St-Calais

Après la ville, la route est devenue plus sauvage et tortueuse en pénétrant dans la forêt de Vibraye. Au milieu de la forêt nous sommes tombés sur un château jouxtant une cité ouvrière. Il s’agissait d’une ancienne verrerie, mais elle a également plus tristement servie de camp d’internement pour tziganes pendant la seconde guerre mondiale.

Château de la Pierre en forêt de Vibraye

Le dernier village que nous avons traversé était Semur-en-Vallon avec un très beau château aux belles tours rondes.

Semur-en-Vallon

Château de Semur-en-Vallon

Nous avons fait étape à Lavaré. Le camping était ouvert mais il aurait fallu appeler la veille pour espérer avoir les clés des sanitaires du plus petit camping de la Sarthe. ça ne nous a pas empêché de dormir relativement confortablement sur les tables d’un abri à randonneurs au bord du lac de la base de loisirs.

Le lendemain, dernier jour, nous n’avons pédalé que la matinée pour rejoindre Nogent-le-Rotrou et reprendre le train. Le matin était particulièrement froid et j’ai roulé un peu avec des chaussettes sur les doigts parce que j’avais oublié de prendre des gants.

La seule ville d’importance que nous avons traversé était la Ferté-Bernard.

La Ferté-Bernard

La Ferté-Bernard

Nous avons mangé dans le TER qui nous a ramené à Paris en 1h40. L’objectif initial était d’aller jusqu’à Rouen mais finalement, avoir une journée libre le lendemain nous convenait à tous beaucoup plus et nous nous sommes donc arrêté sans regrets au milieu du Perche.

Le parcours est ici.