Meuse – Ardennes

Les Ardennes et la Meuse une fin octobre, c’était un coup de poker météorologique… récompensé par 4 jours d’un temps superbe qui a ravi les 7 valeureux participants de cette zythocyclade (une sortie vélo pour aller chercher de la bière) coorganisée avec Florent.

Nous nous sommes donné rendez-vous à Charleville-Mézière. J’étais le seul à venir de Paris en TGV, les autres, lillois et arrageois arrivant par l’intercité direct de Lille. Dans le train j’étais avec un jeune couple de cyclo-randonneurs qui partait 3 jours entre Charleville et Namur avec lequel j’ai bien discuté (les empêchant de finir leur nuit sans doute). À Charleville, je tombe d’abord sur Gilles, un cycliste laonnois avec qui j’étais dans le Luberon en novembre 2015 et avec qui j’ai fait un bout de Laon-Paris. Il partait lui aussi pour la voie verte de la vallée de la Meuse en direction de la Belgique. J’ai finalement retrouvé mes compagnons de route attablés à la brasserie de l’Univers, attendant qu’une crevaison soit réparée chez un bouclard du coin.

Nous ne sommes donc partis qu’en toute fin de matinée. Avons dû réparer une sur-crevaison à cause de l’incompétence du bouclard et avons filé en direction de Sedan. Au lieu de longer la Meuse, nous avons fait quelques détours vraiment tortueux et avec 2 pentes à 15% pour passer par 2 cols nommés, les seuls du coin, pour que Florent se rapproche de son objectif des 100 cols (Moi j’en suis à 102 grâce à mon voyage estival, mais je n’ai pas soumis ma liste au club des cent cols).

Chaumont dans les Ardennes

Seul l’un des 2 cols était orné d’un panneau.

Col de la Marfée

Revenus dans la vallée de la Meuse, nous avons déjeuné tardivement mais copieusement. Florent portait 2 bouteilles de 75cl de bière pour nous mettre tout de suite dans le thème de la sortie.  Puis, après avoir rit bêtement aux tentatives de séduction d’un bouc sur une pauvre chèvre, nous avons avalé les kilomètres jusqu’à Mouzon où nous avons fait un petit détour pour voir une porte fortifiée.

Porte fortifiée de Mouzon

A la sortie de la ville, nous avons suivi une route minuscule qui s’élevait au dessus de la Meuse et passait par de jolis coins de forêt. C’était aussi un beau détour vu la distance à vol d’oiseau qui nous séparait encore de notre étape.

Sur la route entre Mouzon et Beaumont

À Beaumont, de surprenantes arcades bordaient un côté de la place centrale, curiosité architecturale que je ne pensais pas trouver dans cette région mais qui était également présente à Stenay.

Arcades à Beaumont-en-Argonnes

Nous avons fini par atteindre Inor, notre étape. Notre plus luxueuse étape, puisque nous avons dormi à l’Auberge du Faisan Doré. Nous avons pris un apéritif d’Orval et de Charmoy blonde, mangé un gargantuesque repas de gibier arrosé de gris de Toul et dormi comme des loirs.

En reprenant la route le lendemain, j’ai quand même pris une photo de la fameuse gare d’Inor.

Gare d'Inor

Nous n’étions pas vraiment pressés pour la petite dizaine de kilomètre qui nous séparaient de Stenay et nous sommes arrivés pile à l’ouverture du Musée Européen de la Bière. C’était la principale motivation dans le choix de cette destination. Le musée était très complet et nous sommes loin d’avoir tout lu. La petite exposition sur la guerre 14-18 était intéressante et je ne savais rien sur l’opposition des boissons à cette période avec le vin côté français face à la bière côté allemand.

Affiche au musée de la bière de Stenay

Nous avons fait le plein de bouteilles régionales à la sortie du musée, juste avant une pause à la taverne pour y boire de la Charmoy, ambrée cette fois. Puis, en attendant nos pizzas, nous avons fait le tour d’une autre raison de choisir Stenay comme destination : ses rues aux noms originaux.

Rue Stine à Stenay

Rue Barbe à Stenay

Rue Tabaga à Stenay

Après un pique-nique et un café, nous avons repris la route vers le village voisin de Mouzay, plus précisément le lieu-dit Charmois pour une visite presque improvisée et privée de la brasserie de Charmoy, sise dans un très sobre château de la renaissance.

Brasserie Charmoy

Entre le brasseur et les lillois amateurs plus qu’éclairés, le courant passait bien et la visite a duré une bonne heure. Le soleil déclinait déjà bien quand nous sommes repartis, lestés de quelques bouteilles de plus et n’ayant pour le moment avalé qu’une quinzaine des 50km prévus pour la journée.

À Charmois se trouve un deuxième château, autrefois identique à celui de la brasserie mais rasé et reconstruit au 19ème siècle dans un style un peu plus tape-à-l’œil.

Château de Charmois

Château de la brasserie Charmoy

Un peu plus loin nous avons grimpé la très abrupte butte de Dun-sur-Meuse pour jouir d’une belle vue sur tout le pays Dunois.

La Meuse à Dun-sur-Meuse

Eglise de Dun-sur-Meuse

Sitôt gravie, sitôt redescendue. nous avons ensuite longé un peu la Meuse avant de la quitter en direction de l’Argonne. Nous avons profité des derniers rayons du soleil à Montfaucon-en-Argonne, colline surmontée de l’énorme colonne du mémorial américain de la bataille Meuse-Argonne de 1918.

Mémorial américain de Montfaucon-en-Argonne

Au pied du monument se trouvent les restes de l’église du village.

Eglise en ruine de Montfaucon-en-Argonne

Nous sommes arrivés à la nuit presque noire à Varennes-en-Argonne. Nous avons passé la nuit à l’hôtel du Grand Monarque. L’hôtel, une énorme bâtisse au carrefour principal du village est un hôtel de campagne resté dans  une bulle temporelle, bien loin des chaînes qu’on trouve aux abords des villes et à un tarif défiant toute concurrence.

Le matin à 7h, c’étaient les cloches de l’église juste devant nos fenêtres qui nous réveillaient en carillonnant.

Eglise de Varennes-en-Argonne

Dormant 2 nuits au même endroit, nous sommes partis légers le jour suivant.

Hôtel du Grand Monarque à Varennes-en-Argonne

Nous avons fait le tour des quelques lieux touristiques de la ville : la tour Louis XVI qui porte la plaque de l’arrestation de la famille royale à Varennes en 1791 et un monument de Pennsylvanie de la première guerre mondiale.

L'Aire à Varennes-en-Argonne

Arrestation de Louis XVI à Varennes-en-Argonne

La tour Louis XVI est couronnée d’une horloge fabriquée à « Morez-du-Jura », drôle de nom que personne n’utilise pour nommer la ville.

Horloge de la tour Louis XVI

Monument de Pennsylvanie à Varennes-en-Argonne

Ce fût la journée la plus historique, mais sur une période concentrée de l’histoire : la grande guerre. Nous avons fait une boucle en direction des champs de bataille de Verdun.

Je n’ai pas trouvé l’aller très agréable avec un vent de face soutenu. Nous étions content d’arriver à Verdun pour nous réchauffer dans un café. La ville abrite un centre mondial de la paix, mais paradoxalement, sa citadelle et ses monuments lui conservent un air martial.

Verdun

La route des champs de bataille s’élève assez vite vers Douaumont. La forêt qui couvre le sommet est parsemée de nombreux monuments.

Lion de Verdun

Le plus imposant et le plus connu est l’ossuaire de Douaumont.

Ossuaire de Douaumont

Autour se trouvent d’autres monuments, l’un aux soldats israélites, l’autre aux soldats musulmans.

Monument israélite de Douaumont

Monument musulman de Douaumont

Après être redescendus des champs de bataille, nous nous sommes arrêtés pour pique niquer au bord de la rivière dans le camping fermé de Charny-sur-Meuse (il y a une forte densité de campings dans le coin). Nous avons passé un bon moment à nous prélasser au soleil.

Vaches buvant dans la Meuse

Le vent nous étant beaucoup plus favorable qu’à l’aller, le retour de la vallée de la Meuse au pied de la forêt d’Argonne a été plutôt rapide. Nous sommes passés devant la nécropole nationale d’Esnes-Malancourt et avons laissé nos vélos pour marcher quelques minutes autour de la colline de Vauquois. Un site stratégique complètement défoncé par les mines qui n’est pas sans rappeler le Lochnagar Crater dans la Somme (visité lors de Paris-Arras en septembre). Il ne reste rien de l’ancien village et les combats ont été d’une violence inouïe.

Nécropole d'Esnes-Malancourt

Butte de Vauquois

Nous avons regagné Varennes un peu avant la tombée de la nuit. Au lieu de manger à l’hôtel, nous avons mangé d’excellentes pizzas dans un petit café restaurant qui ne payait vraiment pas de mine.

Le lendemain matin après un copieux petit déjeuner dans le bar déjà animé dès 7h30 du matin, nous avons repris la route en direction de Charleville. Nous avons descendu la vallée de l’Aire dans une atmosphère sensiblement plus fraîche que les jours précédents. Puis le terrain est devenu un peu plus vallonné avec une série de villages au sommet de buttes. Le premier, St-Juvin, était couronné d’une jolie église fortifiée, un peu dans le style de la Thiérache dont c’est la spécialité, les briques en moins.

Eglise fortifiée de St-Juvin

Le seul village d’importance de la matinée était Buzancy. On y trouve 2 surprenants bâtiments symétriques en forme de croissants, une écurie et une bouverie, l’un en ruine et l’autre restauré.

Ecurie en ruine à Buzancy

Bouverie de Buzancy

Les bœufs qui ornent le fronton n’ont pas consommé n’importe quelle herbe visiblement.

Détail du fronton de la bouverie de Buzancy

Nous avons continué sur de toutes petites routes, roulant souvent de concert en plein milieu, passé quelques villages aux églises toujours aussi trapues.

St-Pierremont

Nous avons pique-niqué au village de Stonne, lieu d’une bataille de la seconde guerre mondiale cette fois. Les mémoriaux étaient des chars d’assaut.

Nous avons laissé les arrageois partir au plus direct pour être sûrs d’attraper leur train en fin d’après-midi. Avec les 2 derniers lillois, nous avons suivi l’itinéraire prévu pour passer par l’ancienne chartreuse de Mont-Dieu, dans un vallon entouré de forêt, le plus joli site de ces 4 jours.

Porte de la chartreuse de Mont-Dieu

Ancienne chartreuse de Mont-Dieu

Après quelques villages aux alentour du canal des Ardennes et le passage d’un col sans nom dans une belle forêt domaniale, nous sommes redescendus sur le hameau d’Elan, là aussi lieu d’une ancienne abbaye.

Abbaye d'Elan

Eglise d'Elan

Assez rapidement, nous avons retrouvé la vallée de la Meuse, puis la voie verte qui la longe entre Nouvion et Charleville.

J’ai échangé mon billet de retour facilement pour un train beaucoup plus tôt que celui que j’avais réservé initialement (un direct certes, mais qui partait à 21h20 et me faisait arriver à Paris à 23h). Et nous avons retrouvé nos 2 arrageois pour un café sur la place ducale. Comme quoi, même en restant groupé, nous aurions eu de la marge pour les retours en train.

Place ducale de Charleville

Le tracé des 4 jours (d’un seul trait) : http://www.openrunner.com/index.php?id=6740182

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