Traversée des Alpes 2016 : l’Autriche et l’Allemagne

Me voila donc arrivé en Autriche, dans la vallée de la Drave. Après avoir été dans les bassins versants du Rhône (Méditerrannée), du Rhin (Mer du Nord), de l’Adige et du Piave (Adriatique), j’entrais dans celui du Danube (Mer Noire) que je ne quitterais plus jusqu’à Munich. Vu sous cet angle, j’ai parcouru le château d’eau de toute l’Europe.

Au petit matin j’ai continué le long de la très belle voie verte le long de la Drave en direction de Lienz. 30 kilomètres en descente régulière jusqu’à cette petite ville capitale du Tyrol oriental.

Drau Radweg vers Lienz

La ville a un petit centre piétonnier agréable et se situe dans une vallée au pied d’un petit massif dolomitique (les dolomites de Lienz). La vallée voit beaucoup de passage puisqu’une route y monte jusqu’à un tunnel permettant de franchir les Hohe Tauern qui n’ont pas tant de points de passages que ça.

Lienz

À la sortie de la ville, je suis monté à un petit col peu élevé, l’Iselsberg, pour passer dans la vallée du Mölltal. Près du sommet j’ai trouvé l’abri bus le plus confortable du monde, juste à côté d’une fontaine pour refaire le plein.

Iselsberg

Dans le Mölltal, j’ai retrouvé une véloroute (Radweg n°8) qui m’a conduit jusqu’à Heiligenblut en évitant pas mal la route principale. Le ciel a commencé à se couvrir assez tôt dans l’après-midi après une semaine de temps splendide.

Cascade dans le Mölltal

J’ai fait étape à Heiligenblut, ou plus exactement Heiligenblut am Groβglockner car la pyramide enneigée au fond c’est le Groβglockner, point culminant de l’Autriche à 3798m.

Heiligenblut

Dans la soirée j’ai eu droit à un violent orage. J’avais planté ma tente dans le sens du vent qui remontait la vallée, mais juste avant l’orage, le vent a tourné de 180°, la plaçant dans le pire angle possible pour supporter les rafales, j’ai cru qu’elle allait se déchirer. Mais finalement elle a bien résisté par rapport à celle de ma voisine française.

Le lendemain, je suis parti tôt pour une dernière série de cols. Je n’étais pas le seul avec des sacoches à la sortie du camping malgré l’heure très matinale, mais je suis parti un peu plus vite que les autres et j’ai été surpris de ne pas m’être fait rattrapé pendant la montée relativement longue.

La Groβglockner Hochalpenstrasse (haute route alpine du Groβglockner) est un franchissement purement touristique des Hohe Tauern. La route est à péage pour les véhicules à moteur (35€ pour une voiture et 25€ pour une moto) et gratuite pour les vélos. Avec l’argent récolté, la route est entretenue en un véritable billard.

Au matin, le ciel était très dégagé et la route encore déserte.

Le Groβglockner

Mölltal

Les moutons s’échappaient facilement sur la route dans les alpages, ça faisait ralentir les premiers automobilistes et motards.

Au sommet, le col est marqué par un tunnel à 2504m d’altitude, la Hochtor (Haute porte). Ça valait bien quelques photos du vélo parce que c’était mon dernier grand col.

Tunnel de la Hochtor

Hochtor

En réalité il y a 3 cols nommés sur cette route. Le 2ème est également marqué par un tunnel mais quasiment sans remontée. Le 3ème a une centaine de mètres de remontée et permet d’admirer le chemin accompli depuis la Hochtor. De là on voit les bouches des 2 tunnels précédents.

Route depuis le Hochtor

C’est aussi là à la Fuscher Törl qu’on peut voir pour la dernière fois le Groβglockner (au fond à gauche derrière 2 belles pyramides que je ne peux nommer).

Vue sur les Hohe Tauern de la Fuscher Törl

La descente était particulièrement raide, régulièrement à 14% sur une douzaine de kilomètres et du coup je ne l’ai pas trouvé très agréable. Et le trafic était beaucoup plus dense en face.

Je suis arrivé dans la vallée après 1750m de descente pour pique-niquer au bord du joli lac de Zell.

Zell am See

À partir de là, même au cœur des Land de Salzbourg et du Tyrol, je n’ai plus rencontré beaucoup de relief. J’ai suivi de bons balisages dans les vallées et franchi des cols presque imperceptibles (d’ailleurs non nommés) en direction de l’Allemagne.

Schloss Prielau

La ville de Saalfelden se trouve au pied de la Steinernes Meer (la mer de pierre), un massif qui sépare l’Autriche de l’Allemagne. De l’autre côté se trouve Berchtesgaden où je suis passé en 2012.

Saalfelden am Steinernen Meer

J’ai finalement fait étape à Waidring. C’était plutôt bien choisi car le soir, j’ai pu assister sur la place du village à un concert en plein air d’un orchestre tyrolien (Bundesmusikkappelle Waidring) en costumes traditionnels.

Le lendemain c’était mon dernier jour de voyage et une des étapes les plus plates jusqu’à Munich. Du coup j’avais prévu plus de kilomètres qu’à l’accoutumé et en effet le soir j’en avais 144 au compteur.

Tant que j’étais dans le Tyrol, le ciel était très couvert.

En direction de Kössen

Mais à peine rejoints les bords de l’Inn, j’ai eu droit à un grand ciel bleu et le vent m’a poussé efficacement hors des Alpes sur la digue de la rivière.

L'Inn en direction de Rosenheim

Rosenheim

À partir de Rosenheim, j’ai suivi un balisage de la Via Julia, difficile à trouver au début mais finalement une fois que j’ai compris que la Via Julia allait en direction de Munich, je me suis laissé guidé le long de la rivière Mangfall et dans la campagne Bavaroise.

Un village bavarois sur la Via Julia

J’ai franchi un petit col près d’Aying puis me suis retrouvé sur de grandes pistes forestières rectilignes. Je suis arrivé à Munich sans voir que j’arrivais en ville. J’ai traversé l’Isar sous le tablier du pont ferroviaire Groβhesseloher. C’était le lendemain des attentats mais les bords de la rivière étaient très animés.

L'Isar en amont de Munich

Des orchestres passaient sur des radeaux à bonne allure en jouant Brazil ou d’autres airs entraînants.

Radeau orchestre sur l'Isar

Je me suis arrêté au camping de Munich, faute d’avoir bien cherché un hébergement en dur (Warmshowers ou autre) que je préfère en général en ville.  J’ai essuyé une troisième soirée d’orage d’affilée. Mais comme je partais tôt le matin, à chaque fois que les orages commençaient j’avais déjà installé le campement. Et puis dans une tente 2 places tout seul, on est au large pour attendre que ça passe.

Sous la tente en attendant l'orage

Le lendemain c’était le retour en France. Je suis parti bien avant mon train pour avoir le temps de faire un tour dans Munich que je n’avais pas du tout vu la veille. Même sans plan il est très facile de se repérer en ville, tout est super bien balisé et la Marienplatz est indiquée de tous les carrefours de la ville.

Marienplatz

Hofgarten (une vraie photo d'arrivée !)

Le long de l'Isar à Munich

Altes Rathaus Munich

Maison de Munich

Dans le train EuroCity qui m’a mené à Stuttgart (c’était bien un EC et non un ICE comme j’ai pu l’écrire un peu vite ailleurs), il y avait 16 places vélo (pour 18 vélos présents). Autant dire qu’il fallait bien respecter la place qui nous était attribuée à la réservation.

Vélos dans un EuroCity

Après un changement à Stuttgart, puis un autre à Karlsruhe pour des trains régionaux beaucoup moins bien pourvus (compartiments à strapontins vites saturés car occupés par des gens qui n’en ont pas besoin alors qu’il reste des places assises ailleurs dans le train), je suis finalement descendu à Appenweier. De là il me restais une grosse vingtaine de kilomètres pour franchir le Rhin et rejoindre Strasbourg. Moyennant une correspondance de plus, j’aurais pu faire ce morceau en train également, mais comme j’avais 3h devant moi, j’ai préféré le faire à vélo.

Passerelle entre Kehl et Strasbourg

Le balisage côté français a encore des progrès à réaliser car les indications pour Strasbourg centre s’arrêtent assez rapidement pour pointer des lieux dont le visiteur de passage n’a aucune idée de l’emplacement par rapport au centre (à un moment on arrive sur « parc de l’étoile » d’un côté et « station tram » de l’autre… et le centre ville c’est par où ?). Idem un peu plus loin parce qu’une fois dans le centre je n’ai jamais vu aucun panneau indiquant la gare et les rues sont un peu compliquées car celles empruntées par les trams sont parfois autorisées et parfois interdites au vélo. Bref tout ça est beaucoup moins lisible qu’en Allemagne.

Cathédrale de Strasbourg

Une fois à la gare, il ne me restait plus que 2h de TGV pour rentrer à la maison.

Gare de Strasbourg

Finalement un voyage retour qui malgré le nombre de correspondances (4 trains) et la durée (11h porte à porte) s’est bien déroulé et était relax.


Au total se fut un périple à vélo de 15 jours et d’environ 1400km et 17500m de D+. J’avais originellement prévu 20000m mais la Furka étant fermée, et ayant zappé le col de Gavia, ceci explique la différence.

J’ai tracé le parcours par morceau sur Openrunner (à la main parce que les calculs d’itinéraires automatiques ne passent jamais là où je suis réellement passé !) :

Vue d'ensemble du parcours Bellegarde - Munich

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3 réflexions sur “Traversée des Alpes 2016 : l’Autriche et l’Allemagne

  1. très chouette ! Le wagon avec 18 vélos est impressionnant ! Nous partons en Autriche demain ! grossglockner en vue pour nous aussi 🙂

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