Traversée des Alpes 2016 : la Suisse

Pour un petit voyage à vélo estival j’ai opté pour une traversée des Alpes entre Bellegarde-sur-Valserine et Munich. Je dis petit voyage parce qu’il n’a duré que 2 semaines et qu’il n’y aura pas de voyage de 4 semaines cette année contrairement aux années précédentes. Sur le blog je ferais 3 articles, un grosso-modo par pays : Suisse, Italie et Autriche.

Le choix de Bellegarde comme point de départ a juste été dicté par le fait qu’il n’y avait plus de place vélo dans le TGV pour Annecy d’où je voulais partir initialement. Dans le train nous étions 2 cyclistes. Carole avec un vélo de route peu chargé partait en direction de « l’étape du tour », une cyclosportive organisée en marge du Tour de France en Haute-Savoie 3 jours plus tard. Nous étions jeudi 7 juillet.

De Bellegarde j’ai longé le Rhône sur une vingtaine de kilomètres sur une route en balcon au pied du Jura avant de le traverser dans la jolie ville double de Seyssel (Ain et Haute-Savoie).

Seyssel

Le Rhône à Seyssel devant le Grand Crêt d'Eau

Après la ville, sur la rive gauche, j’ai emprunté un tout petit bout de la Via Rhôna avant de bifurquer dans le Val de Fier, une étroite gorge qui remonte jusqu’aux environs de Rumilly. J’ai continué à remonter le Fier jusqu’à faire un petit détour touristique par le château de Montrottier et les gorges du Fier.

Château de Montrottier

J’ai visité les gorges dans la fraîcheur bienvenue des passerelles aménagées une vingtaine de mètres au dessus du torrent.

Gorges du Fier

À Annecy, j’ai passé la fin d’après-midi à me promener dans la ville jusqu’au bord du lac avec mon frère et sa petite famille.

Le lendemain je suis reparti plein nord en direction de Genève. Depuis le lac, cela constitue quelques 900m de D+. Peu avant Cruseilles je suis passé sur l’ancien pont de la Caille.

Pont de la Caille

La montée au Salève était régulière mais la chaleur un peu étouffante. Au sommet, la vue était belle des 2 côtés mais un peu voilée. D’un côté le lac d’Annecy bien enfoncé dans les montagnes, de l’autre la ville de Genève et son jet d’eau très reconnaissable.

Vue du Mont Salève en direction d'Annecy

Genève vu du Salève

Je suis redescendu par Annemasse après avoir parcouru toute la crête puis ai filé en direction du centre-ville de Genève. Au bord de l’eau j’ai passé de longues heures à me reposer dans les parcs. Je n’étais pas particulièrement pressé car je n’avais un rendez-vous qu’assez tard dans le Pays de Gex.

Le lac Léman à Genève

En partant en direction de Gex, je suis passé devant le magasin qui fait la très bonne bière cycliste Vélosophe, j’en ai pris 1L. Et en début de soirée je suis arrivé sur le lieu du festival EuroVeloGex, en navigant à vue en direction de la trouée dans la forêt tracée par le télécabine de Crozet.

Je suis resté tout le weekend à ce festival de cyclovoyageurs hors du commun, genre de grand bivouac où tout le monde met la main à la pâte et où j’ai rencontré un tas de gens super dans une ambiance très décontractée.

EuroVeloGex à Crozet

Je n’ai presque pas roulé du week-end du coup. Tout juste avons nous fait un aller-retour au marché de Ferney-Voltaire (le marché le plus cher de France !) et un pique-nique au pied de son château et un autre pique-nique au col de Crozet.

Parmi les présents, je citerai le local de l’étape Claude Marthaler, écrivain voyageur et véritable célébrité dans le monde des voyageurs à vélo. Nathalie et Jérémie qui ont traversé l’Inde du nord au sud et dont j’avais déjà vu le super film au festival de Cyclo-Camping International à Vincennes en janvier, et enfin une autre aventure originale mais dont les 2 protagonistes dijonaises n’étaient pas présentes : une expédition au Japon en plein hiver pour voir des grues.

Le lundi matin, tout le monde a plié le camp et un petit groupe est parti pour un « After Bike Tour ». Au départ il était question d’aller dans la vallée de Joux, mais vu les orages annoncés, c’est devenu un tour du Léman. C’était la même direction que moi et j’ai donc fait cette première étape Suisse avec ce groupe.

Nous avons rejoint le bord du Léman à Nyon puis avons longé le lac. En groupe je prend moins de photos que tout seul. Nous avons mangé près du château de Rolles en essuyant une première averse.

Château de Rolles

Nous avons continué en direction de Lausanne par un itinéraire devenant de plus en plus joli. Même si certaines parties de la côte étaient en réalité interdites au vélo.

Porte de St Prex

Bateau à Morges

Après une seconde douche que nous avons laissé passé près d’un terrain de « bubble football », nous sommes arrivés à Lausanne, ou plus précisément Ouchy.

Château d'Ouchy

Un peu après le musée olympique, je me suis séparé du groupe qui souhaitait continué au bord du lac alors que je souhaitais monté dans les vignobles de Lavaux. Je n’ai pas regretté ce choix car les côteaux sont vraiment superbes. Et puis le soir, bien que nous fassions étape dans la même ville, je ne serais pas resté avec les autres pour camper car j’avais des hôtes Warmshowers qui m’attendaient.

Aran dans le Lavaux

Vignobles de Lavaux

À Vevey, j’ai été hébergé par Christophe et Pascale. Un couple qui plaque tout dans 2 mois pour partir voyager en tandem à travers le monde pour une durée indéterminée. Ils étaient en train de tout vendre, leurs meubles, la plupart de leurs affaires et leurs 14 vélos (il n’en restait plus que 2 de piste dans l’appartement).

Le lendemain, les nuages étaient bien bas au dessus du lac et le Valais n’avait pas l’air particulièrement attirant.

L'entrée du Valais

J’ai longé le bord du lac à travers la Riviera Vaudoise, Montreux encore déserte puis suis passé à côté du joli château de Chillon.

Château de Chillon

Château de Chillon

Au bout du lac, j’ai rejoint le Rhône dont les abords étaient sensiblement plus frais que les alentours dans une petite brume.

Le Rhône se jetant dans le Léman

Un peu au dessus de St-Maurice, la pluie s’est mise à tomber copieusement. J’ai passé 45min sous l’auvent d’une entreprise de menuiserie, puis me suis décidé à continuer quand-même. L’itinéraire balisé était facile à suivre. Le Valais avait l’air joli derrière la pluie avec ses vergers d’abricotiers (c’était la pleine saison des abricots) et ses vignes grimpant sur les pentes. La voie verte offrait une vue assez dégagée puisque sur une digue au bord du Rhône un peu au dessus du niveau de la vallée.

En milieu d’après-midi je suis arrivé aux environs de Sierre chez Tilly et Marc. Un couple de Warmshowers captivant, ancien gardiens de refuge et très accueillants. Je me suis séché et ait été comme un coq en pâte.

Le lendemain le temps était meilleur et j’ai continué de remonter le Valais dans une vallée se rétrécissant. Les villages traversés étaient plutôt jolis avec de beaux chalets et quelques ruines de fortifications régulièrement disséminées dans la vallée. Je suis rentré dans la partie germanophone de mon voyage.

Niedergesteln

Après Brigue, ça s’est mis à monter plus sérieusement jusqu’à la partie de la vallée qui s’appelle le Goms. Là la voie verte était plus souvent sur chemin mais toujours allant de village de chalets en village de chalets.

Pont couvert sur le Rhône

Dans un dernier endroit plat, j’ai longé un petit aérodrome.

Aérodrome dans le Goms

À peine monté ma tente à Ulrichen, il s’est mis à pleuvoir. Le ciel était resté assez gris toute la journée. Je suis resté sous la tente de 16h jusqu’au lendemain matin. À la seule accalmie je suis sorti et j’ai pu voir que les sommets alentours étaient poudrés de neige.

Le lendemain je suis allé jusqu’au fond de la vallée à Oberwald. Et alors que je m’engageais sur la route de la Furka je me suis aperçu que le col était fermé ! Nous étions le 14 juillet, je ne pensais pas que c’était possible. Du coup j’ai du me résoudre à prendre le train pour Andermatt. En 35min j’avais passé mon premier col Suisse par un tunnel. Tous les trains Suisses, même les plus petites lignes sont au minimum cadencées à l’heure, donc je n’ai pas eu à attendre longtemps un départ.

Train de la Furka

À Andermatt, en faisant les courses j’ai pu vérifier ce que m’avais dit Tilly, les Suisses vendent des œufs durs au supermarché. C’est très pratique pour les voyageurs ! La ville était jolie et encore quasi déserte mais avait l’air très touristique.

Andermatt

J’ai ensuite attaqué la montée de l’Oberalppass. La montée était régulière et peu raide, sans doute le col le plus facile du voyage avec seulement 600m de D+. Par contre au sommet j’ai pu constaté qu’il y avait vraiment de la neige, à seulement 2000m.

Montée vers l'Oberalp

J’ai trouvé au col le phare le plus haut du monde. C’est une réplique d’un ancien phare du delta du Rhin, car ici nous sommes à la source du Rhin.

Oberalppass

J’ai eu bien froid aux doigts dans la descente car plutôt habillé pour l’été je n’avais prévu des gants que légers. Je suis arrivé tôt au camping de Disentis (le camping le plus cher du voyage de très loin). J’y ai passé l’après-midi en compagnie de 2 cyclo-voyageuses grenobloises qui entamaient la descente du Rhin. Pour leur première étape elles n’étaient pas mécontentes d’avoir pris le train depuis Andermatt et de n’avoir pas passé l’Oberalp dans la neige.

Le lendemain j’ai descendu la vallée du Rhin par la route principale jusqu’à Illanz. J’ai trouvé le trafic de camion de chantier important sur cette route. Il faut dire qu’en Suisse, sur les routes de montagne, il y a beaucoup de travaux et de feux de circulation alternée. Si les routes sont nickel, on sait pourquoi.

Porte d'Illanz

Le long de la petite route en direction de Bonaduz, j’ai croisé énormément de vieilles voitures avec des plaque Pékin-Paris. Du coup c’était relativement bruyant et très puant malgré le fait que j’ai quitté la grande route. Il y a de belles vieilles voitures mais je ne suis pas spécialement pour qu’on les fasse rouler !

Dans les gorges de la Rheinschlucht j’ai doublé une famille de franciliens qui descendait également le Rhin tous équipés des mêmes sacoches vert fluo.

Tunnel vers Bonaduz

La Rheinschlucht

À Bonaduz, j’ai quitté la vallée du Rhin pour remontée la vallée de Domleschg où il y avait un bel itinéraire cyclable jusqu’à Thusis.

Château à Tomils

Par contre ensuite, il y a eu un passage beaucoup moins agréable avec des tunnels assez chargés puisque c’était sur la route en direction de St-Moritz et Davos, mais dès cette portion sans alternative passée, le balisage a repris des petites routes et chemins beaucoup plus pittoresques.

J’ai fait halte au camping de Filisur où j’ai passé la soirée avec Katja, une cyclo-voyageuse belge à qui les gardiens avaient carrément laissé une caravane (pris de compassion car elle avait l’air d’avoir froid). Au moins on a passé la soirée au chaud. Partie de Louvain, elle avait passé le Grimsel, la Furka et l’Oberalp quelques jours avant moi et continuait dans la même direction que mais à un rythme plus relax avec un seul col par jour. Du coup nous n’avons pas roulé ensemble mais nous nous sommes donné des nouvelles de notre avancement régulièrement. Elle va jusqu’à Bratislava et à l’heure où j’écris elle est en Slovénie.

Le lendemain, finie la météo pourrie. Le soleil s’est mis à briller pour une semaine complète. La montée vers le col de l’Albula était très jolie en forêt, passant par un dernier village magnifique sous la lumière du matin.

Bergün

Les sommets alentours étaient enfin visibles après plusieurs jours cachés dans les nuages. La neige déposée n’ayant pas encore fondu sublimait tout et renforçait l’impression de haute montagne. Le col lui même est à 2312m.

Dans la montée de l'Albula

C’était une sensation assez bizarre de ne pouvoir nommer aucun sommet mais j’ai dû m’y habituer pour le reste du voyage.

Au col de l'Albula

L’Albulapass est le plus beau col que j’ai passé en Suisse. Sur son versant est, la descente était courte jusque dans l’Engadine.

Vallée de l'Engadine

Dans l’Engadine j’ai suivi un itinéraire cyclable mais je n’ai pas été très inspiré car c’était un chemin qui n’arrêtait pas de monter et redescendre alors que la route m’aurait fait gagner pas mal de temps en descente uniquement jusqu’à Zernez.

De Zernez je suis reparti en montée à travers le Parc National Suisse (il n’y a qu’un seul parc national en Suisse) et sur une route très belle mais avec pas mal de trafic. Mais ce col là, le Fuorn ou Ofenpass était très beau aussi.

Parc National Suisse depuis la montée du Fuorn

De l’autre côté, je suis redescendu dans le Val Müstair, la vallée la plus orientale de Suisse et j’ai fait étape à Santa Maria, au pied de la route qui me mènerait le lendemain en Italie. La journée a été particulièrement longue avec ces 2 grands cols, et à guère plus de 11km/h de moyenne j’ai passé plus de 8h en selle. Pour les jours suivant, j’ai revu mes ambitions à la baisse concernant les enchaînements de cols. Mais ça sera pour l’article suivant qui sera consacré exclusivement à la partie italienne du voyage.

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