Cerdagne et Conflent

Le hall de la gare d’Austerlitz est noir de monde, tous les trains de nuits sont complets. Je pars pour une gare terminus dont j’ignorais jusqu’alors l’existence : Latour-de-Carol-Enveigt, entre France, Espagne et Andorre. Je dors d’une seule traite jusqu’à Tarascon d’Ariège et les voyageurs s’éparpillent à chaque nouvel arrêt. La neige est tombée toute la nuit au dessus de 1000m d’altitude, le train roule jusqu’à 1400m. Au terminus nous sommes encore une petite trentaine à descendre. Et nous ne sommes finalement que deux, Adèle et moi, à terminer le voyage par une heure de train jaune jusqu’à la petite station de Vià. De là, il nous reste encore 45min de marche pour atteindre le centre-ville de Font-Romeu.

Après avoir récupéré l’appartement, nous partons pour une petite promenade au dessus du village. La forêt est parsemée de sculptures en un « musée sans mur ».

Musée sans mur de Font-Romeu

L’Ermitage est le lieu-dit historique de Font-Romeu, point de passage du chemin de St-Jacques.

L'Ermitage

Juste au dessus, en pleine forêt, des terrains de sports et des immeubles en béton forment le CNEA, le Centre National d’Entrainement en Altitude. Les noms des champions locaux sont partout, Martin Fourcade en tête.

CNEA de Font-Romeu

Le village de Font-Romeu est né avec le tourisme au tout début du XXe. Son Grand Hôtel en reste le principal témoin et fait penser au Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

Grand Hôtel de Font-Romeu

L’église et sa statue du christ ont un air de Rio au rabais.

Si loin de Rio

Le lendemain, comme il neige toute la journée, nous optons pour une autre marche à pied. Nous préférons attendre, peut-être à tort, que les pistes soient damées avant de chausser les skis de fond.

Nous partons en direction de Mont-Louis, pour une randonnée avec assez peu de dénivelée mais que la neige rendra quand même assez physique.

Chemin dans la neige fraiche

Le temps est très correct au début, presque beau à Bolquère, le village de la plus haute gare exploitée par la SNCF à 1593m d’altitude.

Bolquère

La neige nous arrive aux chevilles mais reste une poudreuse très légère.

Chemin entre Bolquère et Mont-Louis

La citadelle de Mont-Louis est un énorme camp d’entrainement commando. Les murs de Vauban sont hérissés de treuils, échelles, tyroliennes… que personne n’utilise sous la neige, un temps idéal pour les commandos pourtant !

Parcours d'Audace

Citadelle de Mont-Louis

Enserré dans ses remparts et sous un ciel qui se plombe, le village est minuscule.

Mont-Louis - (c) IGN

La neige s’alourdit et le retour devient un peu plus pénible. Mais après le col de la Perche, de retour sur le flanc Ouest, le soleil fait à nouveau de très belles percées. La ligne du train jaune n’est jamais loin, mais nous n’apercevons le train qu’une seule fois.

Rails du train jaune

De retour à Vià, nous passons par le four solaire avant de remonter à Font-Romeu. Le four solaire, et les autres des villages environnement sont là pour rappeler que la Cerdagne est la région la plus ensoleillée de France.

Four solaire d'Odeillo

Le lendemain, nous louons des skis nordiques. Le temps est beau mais très venteux. Du coup, la moitié du domaine est inaccessible et nous tournons en rond. Les domaines skiables des villages du coin sont tous totalement déconnectés les uns des autres, alors nous sommes cantonnés à la montagne au dessus de Font-Romeu. C’est ce qui nous déplaira le plus par rapport au Jura.

Le jour suivant, j’opte pour le ski de descente. Il y a énormément de monde car ce sont les vacances de Toulouse, Montpellier, Paris et vraisemblablement quelques espagnols. Le domaine est limité également mais offre de beaux paysages car l’arrière plan, le Puig Carlit, est assez sauvage.

Puig Carlit

Lac des Bouillouses

Après ces 2 journées sur les pistes, nous abandonnons les skis. Nous prenons un bus du département des Pyrénées Orientales pour descendre jusqu’à Villefranche-de-Conflent. C’est pratique, les trajets sont à 1€ symbolique, quelle que soit la distance parcourue.

Villefranche est également une citadelle de Vauban, assez impressionnante malgré sa situation très encaissée en fond de vallée.

Remparts de Villefranche-de-Conflent

Villefranche-de-Conflent

Villefranche est le terminus Est du train jaune. Mais nous arrivons en bus car les horaires du trains ne nous auraient permis d’arriver qu’à la mi-journée alors qu’avec le bus, nous commençons à randonner avant 9h.

Gare de Villefranche-de-Conflent

Nous nous élevons rapidement au dessus de la vallée, passons le fort Libéria et continuons pour 1000m de dénivelée d’une seule traite.

Fort Libéria

D’en haut, on prend mieux la mesure de la cité forteresse de Villefranche.

Villefranche de Conflent

Nous marchons ensuite un peu dans la neige sur un long balcon face au Canigou. Nous grignotons devant un petit refuge non gardé puis redescendons vers les villages de Jujols, puis Olette.

Jujols

C’est en fin de journée que le Canigou se dévoile sous son meilleur jour.

Le Canigou

Nous reprenons un bus à Olette. Le timing est juste assez large pour nous avoir laissé terminer cette grande randonnée de 23km avec 1200m de D+ et prendre un café en attendant le bus.

Le lendemain, nous partons à pied de Font-Romeu direction l’Espagne. Le sentier longe à flanc une gorge assez sauvage et qui a bien conservé la neige que le froid a durci, ce qui rend par endroit le parcours un peu délicat. Mais assez vite nous arrivons dans la cuvette de Cerdagne et la neige disparait.

Cascade dans les gorges de l'Angust

Nous traversons ensuite l’enclave de Llívia. Ce qui nous surprend c’est que la ville est constituée de beaucoup d’immeubles et de maisons quasi-neuves. Mais que presque tout est à l’abandon, volets fermés. Le bulle immobilière des années 2000 en Espagne a éclaté et les logements vacants sont en nombre, partout dans le pays.

Llívia vide

Je m’arrête à Ur et  rentre en bus après 15km de marche. Au départ, nous voulions aller jusqu’à Puigcerdà. Adèle poursuit la boucle à pied. J’ai une tendinite achiléenne qui se déclare et les symptômes d’une grippe, je préfère arrêter là.

Je passe toute la journée suivante à me reposer et bouquiner à l’appartement. La vue sur la Cerdagne n’est pas désagréable.

Sierra del Cadi au dessus de la Cerdagne

Le lendemain, nous libérons les lieux. Adèle retourne faire une dernière journée de ski nordique. Je prend un bus vers Saillagouse puis marche un peu jusqu’aux bains de Llo sous la grande falaise du village. Je passe des heures dans l’eau à 35°C, tantôt à l’intérieur et à l’extérieur, dans des bains plus où moins agités, puis sauna, hammam… Les vacances se terminent en douceur.

Rocher de Llo

Un autre bus me conduit à la gare de Latour-de-Carol. La voiture dans laquelle je suis censé m’installer est absente à cause d’une panne de chauffage. La SNCF m’a prévenu dès le matin. Comme j’ai de l’avance, je préfère descendre en TER jusqu’à Toulouse plutôt que prendre le bus affrété par la SNCF pour remplacer ma voiture. Bien nous en a pris avec quelques autres voyageurs car le contrôleur débrouillard nous trouvera des couchettes en 1ère classe pour Paris avec une correspondance de 5min à peine à Toulouse. De quoi redémarrer une journée en pleine forme à l’arrivée. Il est dimanche, il est 7h, Paris s’éveille.

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