Forêts du Val d’Oise et BRM Briard

Sans projet mensuel comme l’an dernier avec les brasseries, rien ne m’a incité à faire des balades à vélo pendant 2 mois gris et souvent pluvieux. Mais ça y est, c’est reparti et le très ensoleillé weekend dernier, je suis allé explorer les forêts du Val d’Oise avec Adèle et Julien.

Nous nous sommes donné rendez-vous au bord du canal St-Denis près de la porte de la Villette. Avant de les rejoindre je suis passé devant la Philharmonie qui n’a toujours pas l’air terminée, ses abords sont toujours un peu en chantier.

Philharmonie de Paris

La piste le long des maréchaux, construite en même temps que le tramway T3 est pas mal dans cette portion et c’est la première fois que je traversais le canal de l’Ourcq à cet endroit.

Bassin de la Villette

Géode et Sacré-Coeur

Nous avons commencé par suivre l’itinéraire Paris-Londres le long du canal St-Denis, avec toujours ses traversées de zones industrielles mêlant pavés, sable, graviers et rail… Les JO de Londres sont passés depuis 4 ans (l’itinéraire avait été créé l’année des JO) et un vrai itinéraire cyclable digne de ce nom à cet endroit n’a pas l’air plus près de voir le jour qu’à l’époque. Enfin le canal St-Denis est quand même une sortie de Paris super pratique alors ne boudons pas notre plaisir.

Après avoir longé l’île St-Denis et traversé Epinay-sur-Seine, nous sommes tombés par hasard, en prenant par erreur un morceau de Nationale 14 heureusement peu fréquentée à cette heure, sur l’église Notre-Dame-des-Missions. Église surprenante parce qu’elle est un reliquat de l’exposition coloniale de 1931. Elle a été déplacée du bois de Vincennes et reconstruite en dur ici. Elle a donc un style très particulier qui mélange Art Déco et styles d’Asie du Sud-Est.

Notre-Dame des Missions à Epinay

Un peu plus loin nous avons contourné le lac d’Enghien aux abords assez chics et parmi une horde de joggeurs… sur les pistes cyclables évidemment.

Casino d'Enghien

Un peu plus loin, nous avons entamé notre montée dans la forêt de Montmorency et fait un petit détour par le domaine de la Chasse. Un petit château au bord d’un lac attirait là encore des foules de sportifs. La forêt grouillait de coureurs et de vététistes. Il est même surprenant qu’on aperçoive si peu de monde sur la photo.

Château de la Chasse à Montmorency

Nous avons traversé la forêt par la route du faîte, qui comme son nom l’indique est située sur la plus haute crête de la forêt. Il y a quand même un peu de relief en Île-de-France. La Seine était à 28m à l’ile St-Denis et nous sommes montés à 192m ici.

Du coup, après une descente vers Baillet-en-France, tous ces efforts justifiaient bien de se ruer sur la boulangerie et d’engloutir force quiches, croque-monsieurs et viennoiseries.

Nous somme remontés ensuite vers la forêt de l’Isle-Adam par une route en lisière qui laissait de belles vues sur les environs, avant de redescendre jusqu’à la ville éponyme au bord de l’Oise.

Pont de l'Isle-Adam

l'Isle-Adam

Après une longue pause café, nous sommes repartis en passant par une curiosité d’un parc excentré de la ville, un pavillon Chinois. La journée était décidément exotique.

Pavillon Chinois de l'Isle-Adam

Nous avons rejoint une variante de l’itinéraire Paris-Londres le long de l’Oise, pour quelques kilomètres à peine. De nombreuses traces dans la boue témoignaient du passage des cyclistes mais l’itinéraire était vraiment piteux. Une forêt sale en bord de rivière, une centrale électrique de l’autre côté, un passage sous un pont autoroutier et des drainages mal faits qui font dégouliner le chemin de boue alors que le temps était plutôt sec depuis plusieurs jours… Non décidément les cyclos voyageurs ne doivent pas vraiment profiter de l’endroit.

Arrivé à Beaumont-sur-Oise nous avons fait le tour des ruines du château féodal. Ruines littéralement transformées en parking automobile histoire d’être mises en valeur. Mais depuis ce parking, l’église en impose.

Château de Beaumont-sur-Oise

Eglise de Beaumont sur Oise

Des bords de l’Oise nous avons attaqué la côte la plus ardue de la journée, 180m de D+ d’un coup, pour atteindre le sommet de la forêt de Carnelle. Puis nous sommes doucement redescendus de l’autre côté en passant par St-Martin-du-Tertre. Il s’y trouve une tour de guet qui malgré son apparence médiévale date du 19eme siècle. Elle n’a donc pas servie de point de la triangulation pour la mesure de la méridienne comme je le pensais car St-Martin-du-Tertre a bien été un tel point puisque la position élevée du village permet de voir loin.

Tour de guet de St-Martin-du-Tertre

Toujours en roue libre, nous nous sommes laissés glisser jusqu’à Luzarches. Nous sommes arrivés à 15h09 à la gare et le train suivant était annoncé pour 16h06. En gros, on venait d’en rater un. C’était une excuse parfaite pour pousser un peu plus loin.

Halles de Luzarches

Nous avons donc traversé, vent dans le dos, la « plaine de France », plutôt agréablement rurale bien que les terminaux de Roissy se profilaient à l’arrière plan. J’ai laissé mes 2 compagnons à la gare de Goussainville et j’ai décidé de rentrer à vélo.

De façon assez surprenante, il reste des vieux villages dans ce coin de banlieue, comme à Goussainville, le Thillay, Bonneuil-en-France ou même le centre de Gonesse, tous égrainés le long du ruisseau du Crould. Et le trajet était bien plus agréable que ce à quoi je m’attendais. J’ai aussi découvert l’immense parc de la Courneuve. Après, c’était moins agréable mais je me suis rapidement retrouvé porte de la Villette. Et finalement entre Goussainville (l’entrée dans la banlieue) et chez-moi, il n’y avait guère que 28km.

Au total cette journée était une belle balade de 115km dont voici le parcours : http://www.openrunner.com/index.php?id=5802011

BRM 200km de Noisiel

Cette balade dans le Val d’Oise a constitué mon unique entrainement pour, une semaine plus tard, participer au brevet de 200km organisé par l’Audax Club Parisien au départ de Noisiel.

Il a fait froid et gris toute la journée. Le vent était très favorable pour le retour. J’ai roulé en grande partie en compagnie de quelques membres du forum vélotaf.

À l’aller j’ai commencé par rester derrière le peloton de cyclos de Gournay-sur-Marne qui partait en même temps que moi à 7h10. J’ai continué seul quand ils ont fait leur première pause mais je n’ai jamais été seul bien longtemps car les cyclistes étaient encore assez groupés dans la première partie. J’ai eu un peu de mal à garder le même rythme que tout le gros des troupes dans la vallée de la Marne avec le vent de face, mais à Brasles, au premier contrôle, tout le monde faisait un grosse pause pour manger. J’y ai pointé à 11h25 au KM 84.

A cause du froid et comme j’avais déjà bien grignoté à Charly-sur-Marne, j’ai redémarré assez vite, pour me faire rattraper une vingtaine de kilomètres plus loin par mes comparses de vélotaf que j’avais moins de difficulté à suivre maintenant que le vent était plus favorable. Nous nous sommes arrêtés à Marchais-en-Brie, puis au deuxième contrôle à Rebais. Là clairement, nous n’étions plus avec le gros des troupes. Nous avons pointé à 14h40 au bar des 3 routes au KM 141.

Les derniers 60km, d’abord sur des petites routes avec des carrefours sans panneaux indicateurs étaient plutôt agréable. Puis, se rapprochant de Paris, le trafic est devenu plus dense et les routes étaient à nouveau connues. À la pause en haut du mur de Tigeaux, nous avons vu qu’en bourrant un peu nous pourrions arriver avant 18h. Du coup c’est ce que nous avons fait et nous avons pointé à l’arrivée à 17h55.

Pointages du BRM

Ce qui homologue mon premier BRM 200 en 10h45. Un temps dont je suis très content parce que je visais 12h, il faut dire que le froid n’a pas vraiment incité à faire trainer les pauses. 21km/h de moyenne roulante donc environ 9h30 de roulage et 1h15 de pauses.

Brevet homologué

Comme j’étais toujours relativement en forme et que je connais bien la route, je suis rentré à vélo (j’étais venu en RER le matin). La côte du pavillon Baltard à Nogent m’a bien achevé. Voila l’itinéraire complet : http://www.openrunner.com/index.php?id=5845732

Il y avait peu de participants, pas beaucoup plus d’une centaine à vu de nez et j’ai apprécié l’organisation assez artisanale : des coups de tampons sur une fiche cartonnée, une totale autonomie des participants considérés comme en « excursion personnelle ».

Il n’y avait presque que des vélos de route légers et beaucoup n’emportaient rien et profitaient des commerces ou des sandwichs du premier point de contrôle. Il y avait quelques randonneuses légères mais je crois bien que j’étais le seul avec une randonneuse lourde (seule concession, j’avais retiré l’antivol), avec une petite sacoche et 1kg de nourriture dedans. D’ailleurs j’ai passé la journée à manger, quand je ne pédalais pas.

 

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Cerdagne et Conflent

Le hall de la gare d’Austerlitz est noir de monde, tous les trains de nuits sont complets. Je pars pour une gare terminus dont j’ignorais jusqu’alors l’existence : Latour-de-Carol-Enveigt, entre France, Espagne et Andorre. Je dors d’une seule traite jusqu’à Tarascon d’Ariège et les voyageurs s’éparpillent à chaque nouvel arrêt. La neige est tombée toute la nuit au dessus de 1000m d’altitude, le train roule jusqu’à 1400m. Au terminus nous sommes encore une petite trentaine à descendre. Et nous ne sommes finalement que deux, Adèle et moi, à terminer le voyage par une heure de train jaune jusqu’à la petite station de Vià. De là, il nous reste encore 45min de marche pour atteindre le centre-ville de Font-Romeu.

Après avoir récupéré l’appartement, nous partons pour une petite promenade au dessus du village. La forêt est parsemée de sculptures en un « musée sans mur ».

Musée sans mur de Font-Romeu

L’Ermitage est le lieu-dit historique de Font-Romeu, point de passage du chemin de St-Jacques.

L'Ermitage

Juste au dessus, en pleine forêt, des terrains de sports et des immeubles en béton forment le CNEA, le Centre National d’Entrainement en Altitude. Les noms des champions locaux sont partout, Martin Fourcade en tête.

CNEA de Font-Romeu

Le village de Font-Romeu est né avec le tourisme au tout début du XXe. Son Grand Hôtel en reste le principal témoin et fait penser au Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

Grand Hôtel de Font-Romeu

L’église et sa statue du christ ont un air de Rio au rabais.

Si loin de Rio

Le lendemain, comme il neige toute la journée, nous optons pour une autre marche à pied. Nous préférons attendre, peut-être à tort, que les pistes soient damées avant de chausser les skis de fond.

Nous partons en direction de Mont-Louis, pour une randonnée avec assez peu de dénivelée mais que la neige rendra quand même assez physique.

Chemin dans la neige fraiche

Le temps est très correct au début, presque beau à Bolquère, le village de la plus haute gare exploitée par la SNCF à 1593m d’altitude.

Bolquère

La neige nous arrive aux chevilles mais reste une poudreuse très légère.

Chemin entre Bolquère et Mont-Louis

La citadelle de Mont-Louis est un énorme camp d’entrainement commando. Les murs de Vauban sont hérissés de treuils, échelles, tyroliennes… que personne n’utilise sous la neige, un temps idéal pour les commandos pourtant !

Parcours d'Audace

Citadelle de Mont-Louis

Enserré dans ses remparts et sous un ciel qui se plombe, le village est minuscule.

Mont-Louis - (c) IGN

La neige s’alourdit et le retour devient un peu plus pénible. Mais après le col de la Perche, de retour sur le flanc Ouest, le soleil fait à nouveau de très belles percées. La ligne du train jaune n’est jamais loin, mais nous n’apercevons le train qu’une seule fois.

Rails du train jaune

De retour à Vià, nous passons par le four solaire avant de remonter à Font-Romeu. Le four solaire, et les autres des villages environnement sont là pour rappeler que la Cerdagne est la région la plus ensoleillée de France.

Four solaire d'Odeillo

Le lendemain, nous louons des skis nordiques. Le temps est beau mais très venteux. Du coup, la moitié du domaine est inaccessible et nous tournons en rond. Les domaines skiables des villages du coin sont tous totalement déconnectés les uns des autres, alors nous sommes cantonnés à la montagne au dessus de Font-Romeu. C’est ce qui nous déplaira le plus par rapport au Jura.

Le jour suivant, j’opte pour le ski de descente. Il y a énormément de monde car ce sont les vacances de Toulouse, Montpellier, Paris et vraisemblablement quelques espagnols. Le domaine est limité également mais offre de beaux paysages car l’arrière plan, le Puig Carlit, est assez sauvage.

Puig Carlit

Lac des Bouillouses

Après ces 2 journées sur les pistes, nous abandonnons les skis. Nous prenons un bus du département des Pyrénées Orientales pour descendre jusqu’à Villefranche-de-Conflent. C’est pratique, les trajets sont à 1€ symbolique, quelle que soit la distance parcourue.

Villefranche est également une citadelle de Vauban, assez impressionnante malgré sa situation très encaissée en fond de vallée.

Remparts de Villefranche-de-Conflent

Villefranche-de-Conflent

Villefranche est le terminus Est du train jaune. Mais nous arrivons en bus car les horaires du trains ne nous auraient permis d’arriver qu’à la mi-journée alors qu’avec le bus, nous commençons à randonner avant 9h.

Gare de Villefranche-de-Conflent

Nous nous élevons rapidement au dessus de la vallée, passons le fort Libéria et continuons pour 1000m de dénivelée d’une seule traite.

Fort Libéria

D’en haut, on prend mieux la mesure de la cité forteresse de Villefranche.

Villefranche de Conflent

Nous marchons ensuite un peu dans la neige sur un long balcon face au Canigou. Nous grignotons devant un petit refuge non gardé puis redescendons vers les villages de Jujols, puis Olette.

Jujols

C’est en fin de journée que le Canigou se dévoile sous son meilleur jour.

Le Canigou

Nous reprenons un bus à Olette. Le timing est juste assez large pour nous avoir laissé terminer cette grande randonnée de 23km avec 1200m de D+ et prendre un café en attendant le bus.

Le lendemain, nous partons à pied de Font-Romeu direction l’Espagne. Le sentier longe à flanc une gorge assez sauvage et qui a bien conservé la neige que le froid a durci, ce qui rend par endroit le parcours un peu délicat. Mais assez vite nous arrivons dans la cuvette de Cerdagne et la neige disparait.

Cascade dans les gorges de l'Angust

Nous traversons ensuite l’enclave de Llívia. Ce qui nous surprend c’est que la ville est constituée de beaucoup d’immeubles et de maisons quasi-neuves. Mais que presque tout est à l’abandon, volets fermés. Le bulle immobilière des années 2000 en Espagne a éclaté et les logements vacants sont en nombre, partout dans le pays.

Llívia vide

Je m’arrête à Ur et  rentre en bus après 15km de marche. Au départ, nous voulions aller jusqu’à Puigcerdà. Adèle poursuit la boucle à pied. J’ai une tendinite achiléenne qui se déclare et les symptômes d’une grippe, je préfère arrêter là.

Je passe toute la journée suivante à me reposer et bouquiner à l’appartement. La vue sur la Cerdagne n’est pas désagréable.

Sierra del Cadi au dessus de la Cerdagne

Le lendemain, nous libérons les lieux. Adèle retourne faire une dernière journée de ski nordique. Je prend un bus vers Saillagouse puis marche un peu jusqu’aux bains de Llo sous la grande falaise du village. Je passe des heures dans l’eau à 35°C, tantôt à l’intérieur et à l’extérieur, dans des bains plus où moins agités, puis sauna, hammam… Les vacances se terminent en douceur.

Rocher de Llo

Un autre bus me conduit à la gare de Latour-de-Carol. La voiture dans laquelle je suis censé m’installer est absente à cause d’une panne de chauffage. La SNCF m’a prévenu dès le matin. Comme j’ai de l’avance, je préfère descendre en TER jusqu’à Toulouse plutôt que prendre le bus affrété par la SNCF pour remplacer ma voiture. Bien nous en a pris avec quelques autres voyageurs car le contrôleur débrouillard nous trouvera des couchettes en 1ère classe pour Paris avec une correspondance de 5min à peine à Toulouse. De quoi redémarrer une journée en pleine forme à l’arrivée. Il est dimanche, il est 7h, Paris s’éveille.