Camargue et Luberon

Comme l’année dernière, le 11 novembre a été l’occasion d’un ultime voyage à vélo cette année. Et pas pour un simple week-end à rallonge cette fois, mais pour une semaine complète sur les routes de Provence.

J’ai démarré à Montpellier où j’ai rendu visite à quelques amies et écumé les bars à tapas. J’ai dû aussi faire changer en urgence un câble de dérailleur chez les très disponibles gars de Cyclable. En fait j’avais bien tenté de régler mon dérailleur la veille du départ, sans succès et sans comprendre pourquoi, et chez Cyclable il a cassé direct, tout effiloché. Au moins j’ai pu partir sur des bases saines.

Le premier jour sur la route, il a fait plutôt gris. J’ai rejoins la mer à Palavas par un beau chemin de halage le long du Lez. Palavas était la première des stations balnéaires bétonnées de la côte du Languedoc que j’ai longé. Le phare de la Méditerrannée était assez futuriste.

Phare de la Méditerrannée à Palavas

Ensuite, les immeubles se ressemblent.

Immeuble en front de mer à Palavas

À Palavas, Carnon ou la Grande Motte, tout date de la même époque. La piste cyclable qui relie toutes ces villes n’est pas très bien indiquée par endroit et j’imagine qu’en été elle est noire de monde (pas uniquement à vélo).

La Grande Motte

Le Grau du Roi clôt la série des stations, un peu plus dans son jus.

Le Grau du Roi

Je quitte la mer en remontant la rivière canalisée. Là encore c’est assez mal indiqué et je me retrouve sur une bande cyclable le long de la grande route alors que de l’autre côté du canal il y a un superbe chemin de halage. Mais bon, la route jusqu’à Aigues-Mortes n’est pas longue. Les salins du midi dominent le paysage de leurs montagnes de sel. Il y a des flamands rose sur tous les étangs mais je n’ai pas tenté de m’approcher.

Salins du midi

Aigues-Mortes est ceinte de beaux remparts, magnifiquement conservés. Mais les gradins laissés à demeure dans le large terrain vague à leur pied pour les spectacles en saison gâchent les perspectives de loin.

Remparts d'Aigues-Mortes

C’est largement la ville où j’ai croisé le plus de monde ce jour là.

J’ai continué à travers la petite Camargue, sous un ciel toujours bien gris. Je ne m’attendais pas à en trouver encore, mais à la moindre pause les moustiques m’attaquaient.

Petite Camargue

J’ai grignoté à Saint-Gilles puis ai filé jusqu’à Arles en entrant par l’étroit pont suspendu de Trinquetaille.

Pont suspendu de Trinquetaille

J’ai un peu tourné dans Arles qui a un beau centre-ville tout en ruelles tortueuses et quelques monuments comme les imposantes arènes.

Eglise à Arles

Arènes d'Arles

Ruelle à Arles

J’ai retrouvé Cyrille, Coline et leur chat à 3 pattes, de sympathiques couchsurfeurs qui m’ont hébergé pour la nuit.

Le lendemain, je suis parti en direction des Alpilles, le village des Baux-de-Provence exactement. À 9h un lundi matin j’y étais le seul touriste.

Post Tenebras Lux aux Baux-de-Provence

Les Baux-de-Provence

La courte montée vers le village m’a fait quand même gravir un col. Les environs sont plutôt tourmentés.

Rochers autour des Baux

En redescendant de l’autre côté du village, le voile de nuage a enfin commencé à se crever au dessus du château et des Alpilles.

Château des Baux de Provence

Si le paysage ressemble à du Van Gogh, c’est normal.

Les Alpilles

Après avoir longé le pied de la chaîne sur toute sa longueur, je me suis retrouvé à Salon-de-Provence. J’y ai trouvé une drôle de fontaine moussue et un beffroi.

Fontaine moussue de Salon de Provence

Beffroi de Salon de Provence

Je me suis ensuite extirpé plus ou moins péniblement de la ville en franchissant l’A7 et le gros village de Pélissanne pour finalement me retrouver sur la sublime D17, une petite départementale directe, presque rectiligne et peu fréquenté qui rejoint Aix.

À Aix-en-Provence, j’ai trouvé un autre beffroi fort ressemblant.

Beffroi d'Aix-en-Provence

Après un tour de la ville et un plein de calissons, je suis reparti par la route Cézanne qui sort très rapidement de la ville. Cette journée était celle des peintres. La montagne Sainte-Victoire n’a pas tardé à pointer le bout de son nez après chaque épaule.

Montagne Sainte-Victoire

J’ai fini par quitter son pied pour grimper jusqu’au village de Belcodène où j’ai fait étape chez ma cousine et sa famille et nous avons dégusté ensemble la première raclette de la saison.

Le lendemain, j’ai arrêté d’aller vers l’Est et suis parti vers le nord. D’abord dans le brouillard dans la cuvette de Trets, j’ai emprunté une montée assez marrante sur le plateau de Rians. Suivant le cours d’un vallon, elle zigzaguait beaucoup avant de déboucher sur l’arrière de la Sainte Victoire.

Plateau entre Rians et la Sainte-Victoire

J’ai tenté une pesée à Rians, mais il y a longtemps que le préposé ne s’est pas pointé au guichet.

Poids publics de Rians

J’ai rejoint la Durance que j’ai traversé au pont de Mirabeau. Non pas le pont Mirabeau parisien mais son homonyme provençal en béton qui a remplacé un pont suspendu dont les piles sont toujours debout.

Pont de Mirabeau

La Durance au pont de Mirabeau

Enfin dans le Luberon, j’ai passé une série de jolis villages : Mirabeau, Beaumont-de-Pertuis, la Bastide-des-Jourdans, avant de grimper le 2ème vrai col de la journée, celui de Montfuron. De la crête la vue commençait à s’étendre assez loin. Mais tout près j’ai eu un autre angle sur Montjustin que celui de l’an dernier en montant au col de l’Aire deï Masco.

Montjustin

Montfuron est couronné par son moulin.

Moulin de Montfuron

Dans la descente s’étalaient devant moi les villages de Mane, Forcalquier et à l’arrière plan la Montagne de Lure, mon objectif du lendemain.

Mane, Forcalquier et la Montagne de Lure

Forcalquier

À Forcalquier, j’ai été hébergé par Sandrine et Mathieu, des aspirants cyclo-voyageurs très sympathiques et motivés. Comme j’avais un peu d’avance et que la température chutait vite, leur propriétaire, pris de pitié, m’a fait rentrer et offert à boire.

Le lendemain je suis parti pour la journée que j’anticipais le plus, l’ascension de la Montagne de Lure. Certes ce n’est pas le Ventoux (à 85m près) mais j’y ai des souvenirs de stage d’il y a 11 ans, donc j’y suis plus attaché.

Forcalquier depuis la route de Fontienne

Le col de Fontienne a constitué une ridicule mise en jambe avant les 18km de montée depuis Saint-Etienne-les-Orgues que j’ai mis près de 2h à avaler.

Route de Lure

Mais le sommet vaut le coup d’œil. Pas tant pour sa station météo et radio mais pour son incroyable panorama à 360° qui permet de voir jusqu’aux Ecrins.

Arrivée au Signal de Lure

Les Ecrins depuis le signal de Lure

C’est aussi le premier endroit d’où j’ai bien vu le Ventoux.

Mont Ventoux depuis le Signal de Lure

Il faisait étonnamment chaud au sommet, alors j’y ai pique-niqué. Mais pour autant, mes compagnons partis d’Apt ne m’ont pas rejoint au sommet comme c’était initialement prévu. Je les ai rattrapé alors qu’ils avaient entamé un petit tiers de la montée, et comme l’heure tournait, nous sommes repartis en direction d’Apt.

Nous sommes passés d’abord sous les ruines du château d’Ongles.

Ruines d'Ongles et Montagne de Lure

Puis sous une lumière déjà bien plus rasante nous avons atteint la vallée du Calavon au niveau d’Opedette et son canyon.

Opedette

Canyon d'Opedette

De là, ça descendait jusqu’à Apt. Le soir nous avons commandé de gigantesques pizzas. Jean-Jacques qui tenait absolument à grimper la montagne de Lure et n’avait pas rebroussé chemin avec nous n’est rentré qu’à la nuit noire.

J’ai posé tout mon barda dans un bungalow et les 3 jours suivants les randonnées ont été bien plus légères.

Nous avons fait une première boucle vers Simiane-la-Rotonde. Benjamin a malheureusement bien vite abandonné à cause d’une douleur au genou, alors que nous n’avions pas encore atteint les premiers villages perchés de Caseneuve et Viens. Ses vacances ont été très courtes et il est reparti dans la journée.

Caseneuve

Je voulais retourner à Simiane-la-Rotonde dont j’avais gardé un bon souvenir et parce que je trouve que ce village a un petit air de Minas-Tirith (avec de l’imagination).

Moutons à Simiane

Simiane-la-Rotonde

Nous avons pique-niqué au pied de sa fameuse rotonde.

Clocher de Simiane

Rotonde de Simiane

Vélos à Simiane

Nous avons repris la route vers le plateau d’Albion. Peu avant le village de Saint-Christol, la vue était très dégagée alors que nous filions droit vers le Ventoux.

Ventoux depuis St-Christol

La montée a ensuite repris un peu jusqu’à nous faire franchir un col à 1100m près du hameau de Lagarde-d’Apt. De là, il ne nous restait plus qu’à descendre directement jusqu’à Apt en une quinzaine de kilomètres à peine.

Avant de nous cuisiner de bourratives pâtes au pesto, nous avons testé (moi pour la première fois), le bar qui a remplacé la salle hors-sac que nous utilisions l’année d’avant. Le camping a été repris par un belge qui est venu avec toutes ses bières. À partir de ce soir, les dégustations se sont enchaînées. De mémoire j’ai bu : Cigale, Chouffe Soleil, Cornett, Mardesous, Triple d’Anvers, Duvel Tripel Hop… pas vraiment ce qu’on s’attend à boire en Provence.

Pour une deuxième balade, nous sommes montés jusqu’au village perché de Saignon qui offre une belle vue sur Apt car il se termine par un éperon rocheux bien détaché.

Saignon

Apt depuis Saignon

Rocher de Saignon

Mais la principale attraction de la journée c’était surtout le fort de Buoux dans la commune éponyme. Nous avons dû l’atteindre par une route bien reculée dans une vallée cernée de falaises.

Grimpeur à Buoux

Le fort est situé sur un impressionnant plateau cerné de falaises. Le village qui le précède et le fort lui-même ne sont plus que ruines mais très intéressantes.

Fort de Buoux

Silos du fort de Buoux

La vallée de l’Aiguebrun est vraiment splendide.

Vallée de l'Aiguebrun depuis le fort

L’extrémité la plus élevée du fort, après 3 fossés et remparts, se dresse sur des arches naturelles.

Fort de Buoux

Pour la descente, il nous a fallu emprunter un escalier dérobé taillé dans la falaise.

Escalier dérobé de Buoux

En attendant de nous regrouper près des vélos après la visite, nous avons entendu un cri. Gilles a glissé sur les feuilles mortes et les cailloux, il s’est fait une entorse (ce ne sera diagnostiqué que le lendemain). Il parviendra à rentrer mais plus de vélo pour lui les 2 derniers jours.

Vélos à Buoux

Chemin de Buoux sous la falaise en surplomb

Au retour, nous avons opté pour un passage par Bonnieux plutôt que le plus direct col du Pointu.

Devant le prieuré St-Symphorien

La descente de Bonnieux vers Apt est comme ces pistes vertes de retour à la station : ça descend, mais il faut pédaler quand même pour que ça avance un peu. J’ai trouvé ça un peu longuet.

Nous fêtons la fin des vacances (Marc part dès le lendemain matin) au restaurant où nous avons nos habitudes : le même que l’année dernière qui propose des digestifs gourmands en dessert.

Le lendemain matin, je découvre sur mon téléphone une kyrielle de messages inquiets. Il s’est passé quelque-chose d’effroyable à Paris. Nous sommes décontenancés, dégoutés, inquiets, mais il n’y a rien que nous puissions faire dans l’immédiat sinon prendre des nouvelles des proches, les rassurer, continuer à vivre et à rouler.

Pour la dernière balade, j’ai décidé de repartir en solo. Jean-Jacques et Lincoln, les 2 valides restant ce jour, ayant déjà fait une bonne partie du tour qui m’intéressait en début de semaine alors que j’étais dans ma rando itinérante. En solo du coup, j’ai gambergé toute la journée sur les attentats, coup de bourdon dans un cadre magnifique.

Je suis monté via St-Saturnin directement au col de la Liguère pour rallier ensuite les gorges de la Nesque.

Col de la Liguère

Je n’ai jamais pris autant de photo du vélo que pendant ce petit séjour.

Chapelle Saint-Jean

Rive gauche, il n’y a qu’un seul endroit avec un vrai panorama sur les gorges de la Nesque, mais avec le Ventoux en arrière plan, c’est pas mal.

Gorges de la Nesque et Mont Ventoux

Après quelques petits cols, je suis revenu dans le Luberon aux villages de Murs, puis de Gordes.

Murs

Château de Gordes

J’ai trouvé Gordes, de loin le plus beau village du coin. Quand on a une vue comme ça depuis son spot de pique-nique, on ne se plaint pas.

Gordes

Après avoir rejoint le Calavon, je suis remonté en face, sur le flanc nord du Luberon, pour égrainer la série de villages perchés que sont Oppède-le-Vieux, Ménerbes et Lacoste. Oppède est en grande partie en ruine.

Entrée d'Oppède-le-Vieux

Ménerbes n’est pas le plus proéminent des villages et s’étale tout en longueur sur son éperon.

Ménerbes

Depuis Lacoste enfin, c’est Bonnieux en face qui s’illumine sous le soleil déclinant.

Bonnieux depuis Lacoste

J’ai finalement rejoint la voie verte du Calavon au niveau du pont Julien pour remonter jusqu’à Apt.

Pont Julien sur le Calavon

Le lendemain, nous sommes partis très tôt par un frisquet 2,5°C pour avaler les 60km nous séparant d’Avignon.

Avec un peu d’avance et par 17°C cette fois 3h plus tard, nous avons dégusté les excellentes patisseries du même salon de thé que l’année dernière avant de remonter dans le TGV.

Pâtisseries à Avignon

——

Les différents parcours de cette semaine :

Pour la partie itinérante :

Pour la partie « en marguerite » :

Et le retour :

Soit un total d’environ 700km dans la semaine. Et le Surly a franchi les 18.000km le dernier jour.

 

 

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Une réflexion sur “Camargue et Luberon

  1. Attention : une des bières n’est pas la Mardesous mais la Maredsous ! 😉
    Sinon, comme d’habitude, belles photos et agréable récit : merci !

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