Mons 2015

Cette année, Mons, Belgique, est capitale européenne de la culture. Comme c’est une ville proche de Paris je me suis dit dès que je l’ai su qu’il fallait que j’en profite pour voir à quoi ressemble une ville lors d’un tel événement. Après plusieurs reports et désistements, j’ai décidé d’y aller seul, c’est plus simple, et j’ai ainsi pu y aller avant que l’été ne s’achève.

Pour m’y rendre, j’ai opté pour le TGV vers Valenciennes puis une cinquantaine de kilomètres à vélo pour compléter. Il existe des solutions directes mais j’avais aussi envie de pédaler un peu.

Depuis la gare de Valenciennes, je suis sorti le long du tramway qui s’étend assez loin hors de la ville jusqu’à Condé-sur-l’Escault, une jolie petite ville avec quelques restes de fortifications.

Porte Vautourneux à Condé

Ancien panneau routier sur la porte Vautourneux à Condé

Château à Condé

Je suis sorti de la ville le long de l’Haine canalisée, l’affluent de l’Escault qui a donné son nom à la province belge du Hainaut. De grands étangs servent à la chasse au canard, ils sont couverts de faux canards et d’affûts pour les piéger. Au fond il y a d’anciennes installations minières.

Etangs près de Condé sur l'Escault

La route s’est vite transformée en chemin, la végétation est devenue envahissante, des orties et des renouées surtout. Et le chemin est devenu bien boueux et plein de flaques. J’ai mis un bout de temps à rejoindre le village de St-Aybert, pourtant à quelques kilomètres à peine. Passé la frontière, le chemin de halage est devenu bitumé ou en dalles de béton et le canal beaucoup plus large. Je l’ai longé presque jusqu’à Mons.

Construction indéterminée près du canal

Ce qui devait être un beau Ravel (voie verte wallonne) s’arrêtait malheureusement un peu abruptement sur une zone portuaire. J’ai du rejoindre la ville par des routes beaucoup moins cyclamicales. Je suis arrivé à l’heure prévu chez mes hôtes, 3h à peine après l’arrivée de mon train à Valenciennes. J’ai laissé le vélo dans leur garage pour aller arpenter la ville à pied.

Roland m’a accompagné un peu pour voir quelques représentations de théâtre de rue. Je ne pouvais avoir mieux choisi mon week-end, il se passait plein de choses en ville. Pour le théâtre de rue, il fallait quand même un minimum de connaissance en politique intérieure belge, notamment connaître Elio di Rupo, le bourgmestre de Mons et président du parti socialiste belge. Mais Roland s’est fait un devoir de combler mon manque de connaissance sur le pays.

Le temps s’est dégagé en fin d’après-midi alors que je visitais le reste du centre-ville. La ville est sur une colline au sommet de laquelle se trouve un très beau beffroi. Le seul beffroi baroque de Belgique.

Beffroi de Mons

Il est l’emblème de la ville et après 35 ans de restauration (quand sa construction n’en a duré que 11 à la fin du XVIIIe, j’ai espionné les discours des guides) il est vraiment superbe. Il dispose d’un carillon et à un moment il a même joué « Comme d’habitude » alors que nous regardions un spectacle satirique. Et ça j’ai trouvé que c’était vraiment la classe de savoir jouer ça au carillon, même si ça ne doit pas servir souvent.

Le côté capitale européenne de la culture, outre les arts vivants, était aussi très apparent via l’omniprésence de sculptures et installations artistiques de toutes sortes.

Sculpture dans les jardins du beffroi

La plus présente est dénommée « La phrase » et s’étale sur presque tous les murs et même les pavés de la ville. Il y en a des kilomètres de phrase.

La phrase de Mons

Les murs n’ont toutefois pas forcément besoin d’art pour être intéressants. J’ai bien aimé cette signalisation de sens unique. La plus verbeuse que j’ai pu voir.

Sens unique rue de Naast

A partir de 19h, la scène sur la Grand Place s’est animée. Le chanteur corse St-André a fait la première partie. C’était vraiment LE week-end pour venir à Mons parce qu’il y avait les fêtes de Wallonie (je ne l’ai découvert que 2 jours avant de venir).

Concert sur la Grand Place de Mons

Puis après être allé engloutir un paquet de frites, je suis revenu voir le chanteur le plus attendu de la soirée : Salvatore Adamo. Je ne savais pas qu’il était du coin et j’ai été impressionné par son énergie pendant 2h30 de scène à 70 ans passés. Et puis arriver à mettre l’ambiance sur toute une place avec des chansons comme ‘Tombe la neige » ou « Vous permettez Monsieur », il faut le faire.

Son spectacle s’est terminé par un grand feu d’artifice. Puis le groupe Mister Cover est venu prendre la suite avec des reprises essentiellement des années 80 jusqu’à 2h du matin. Mes hôtes m’avaient laissé leurs clés alors qu’ils passaient la soirée à Bruxelles, du coup j’étais totalement indépendant et quand je suis rentré, eux dormaien mais le chat au moins m’attendait.

Le lendemain matin, j’ai refais un tour de la ville en suivant les œuvres d’art disséminées un peu partout.

City says no

Menhirs moderne de Mons

J’ai beaucoup aimé la colonie de paresseux dans un arbre d’un parc.

Paresseux de Mons

Cascade de livres

Je suis remonté sur la colline du Beffroi pour voir les toits de la ville sous le soleil.

Toits de Mons

Et le beffroi, je ne m’en lasse pas.

Beffroi de Mons

On peut traverser plusieurs cours derrière l’hôtel de ville, c’est là qu’étaient installés quelques théâtres de rue la veille. Il s’y trouve la fontaine du Ropieur, un garçon qui s’amuse à dévier le jet d’eau.

Fontaine du Ropieur

Un autre symbole de la ville que je n’ai jamais pu prendre en photo tellement il y avait de monde, c’est le petit singe fixé sur la façade de l’hôtel de ville. Il faut lui toucher la tête de la main gauche pour avoir un an de bonheur. Je n’ai pas pu le prendre en photo mais j’ai pu lui caresser le crâne quand-même.

Avec ses petites ruelles pavées, ses façades en briques, son folklore, Mons est vraiment une ville que j’ai trouvée très attachante. Ça doit valoir le coup d’y venir pendant la fête du Doudou pendant laquelle la foule reprend le combat de St-Georges face au dragon. C’est la plus grosse fête de la ville, classée au patrimoine mondial immatériel par l’UNESCO.

Façade de Mons

Mes hôtes Roland et Isabelle aidés de leur fils Simon et sa copine Sarah, décidément très actifs, organisaient une fête des voisin dans leur rue. J’y suis resté un peu et ait fait connaissance des très sympathiques riverains. Puis j’ai finalement ré-enfourché mon vélo pour retourner à Valenciennes.

Pour le retour j’ai pris une route bien différente à travers le Borinage et l’Avesnois. Beaucoup moins plate que l’aller et avec quelques surprises pavées.

Chaussée Brunehaut pavée

Cette roue m’a mené jusqu’à Bavay. C’est une des anciennes chaussées romaines et médiévales qui convergent vers Bavay. Aujourd’hui toute petite bourgade, c’était un grand carrefour comme en témoignent les ruines du forum romain et un peu plus récente la colonne Brunehaut qui marque le carrefour central des 7 routes menant vers les autres grandes villes des environs (Reims, Amiens, Tournai, Soissons…). Ces routes sont d’ailleurs encore très visibles sur les cartes.

Colonne de Bavay

J’ai poursuivi ensuite vers Le Quesnoy. La ville était très animée par la fête du lait et il était difficile d’y circuler même à vélo. Elle est encore partiellement ceinte d’impressionnante fortifications.

Remparts du Quesnoy

Le Quesnoy

Le Quesnoy

Avant d’arriver à Valenciennes, j’ai eu la bonne surprise de voir une ancienne départementale, transformée le plus simplement du monde en piste cyclable avec un ruban de bitume par dessus les pavés.

Piste cyclable entre Artres et Valenciennes

J’ai eu ensuite un peu de temps pour tourner dans Valenciennes avant mon train.

Vieille maison de Valenciennes

Place d'armes de Valenciennes

Gare de Valenciennes

En 2 jours, ça fait un beau circuit d’une centaine de kilomètres à vélo : http://www.openrunner.com/index.php?id=5300299

Voila un week-end qui a été très dense et plein de bonnes surprises, entre les arts de rue, les concerts, le feu d’artifice, des hôtes formidables et une météo au top dans une ville qui vaut le détour, j’ai été enthousiasmé par cette escapade près de la frontière belge.

Publicités

Boucle jusqu’aux Bières de Brie

Pour le dernier houblax estival, j’opte pour une brasserie relativement proche, la brasserie Rabourdin à Courpalay en Seine-et-Marne, à peu près aux deux tiers de la distance entre Paris et Provins.

Il fait un temps très gris. Quelques gouttes tombent même alors que j’attends Adèle et Julien sur le pont de Tolbiac.

BNF depuis le pont de Tolbiac

Malgré les prévisions très peu engageantes, ils sont venus. Nous empruntons les bords de Marne jusqu’au port de Bonneuil. Je cafouille un peu dans Sucy-en-Brie, pensant retrouver facilement la variante qui fait éviter la route principale. Puis nous nous retrouvons en forêt Notre-Dame et enfin sur la voie verte du chemin des roses. Heureusement il ne pleut toujours pas. Sinon nous serions déjà repeints car une bonne partie de ce trajet n’est pas revêtue.

À Guignes, nous complétons nos vivres à la boulangerie et notre eau au cimetière. Le ciel est toujours menaçant au dessus des torchères de la raffinerie de Grandpuits au loin. Mais nous parvenons à Courpalay toujours secs.

La brasserie Rabourdin a quitté la ferme familiale cette année pour emménager dans l’ancien silo à grain des années 30 du village. L’énorme construction en béton est austère, même repeinte en blanc. Il y a un espace de vente et dégustation à l’intérieur. Nous goûtons 2 excellentes bières, faisons nos emplettes et allons pique-niquer sur un banc public du village.

Silo de Courpalay

Peu après manger, il se met à pleuvoir des cordes. La petite route qui nous fait passer devant le château de la Plumassière se couvre vite d’un centimètre d’eau et est martelée bruyamment. L’averse se calme mais dure encore une partie de l’après-midi sur les jolies routes entre Marles-en-Brie, Neufmoutier et Favières.

Au franchissement des voies TGV je sors quand même l’appareil photo pour immortaliser le passage du col du Lapin.

Col du Lapin

La pluie cesse à Favières et nous avons même le temps de sécher avant d’atteindre Jossigny, un village encore étonnamment petit vu sa situation dans la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, entre 2 villes sorties de terre en vingt ans : Bussy-St-Georges et Val-d’Europe. D’ailleurs c’est à Bussy-St-Georges que je laisse Adèle et Julien rentrer en RER. C’est la fin que j’avais prévue pour la balade. Ils ont parcourus déjà 114km. Comme il fait plutôt beau, je décide de rentrer à vélo.

Je rejoins les bords de Marne à la chocolaterie de Noisiel.

Chocolaterie de Noisiel

Puis je longe la rivière par la voie cyclable jusqu’au pont de Bry. En m’engageant dessus je vois le rideau de pluie descendre de la colline de Nogent. Une minute après je suis trempé et les 20 dernières minutes du trajet se sont déroulées sous une averse carabinée. Les voitures roulaient au pas et la raide montée du pavillon Baltard était un véritable torrent. Mais quand on sait qu’on est presque arrivé, c’est un plaisir un temps comme ça.

C’est le deuxième Houblax que je fais en boucle depuis chez-moi après celui de la Brasserie Parisis en février. Et c’est également le deuxième plus arrosé après celui de la Franche en avril !

Au final un parcours de 137km :

Parcours du Houblax#09

 

Bières de Brie

J’espère qu’elles seront meilleures que celles de la Petite Brasserie Picarde qui se sont révélées très décevantes en bouteille.