Expédition à la Petite Brasserie Picarde

Pour le mois d’août, j’avais prévu de visiter une brasserie auvergnate dans le cadre de mon dodéc’houblax (explications dans l’article de janvier). Mais mon séjour en Auvergne ayant été écourté, j’ai pioché une brasserie dans le bassin parisien, en l’occurrence la Petite Brasserie Picarde qui est située dans l’Oise à Grandfresnoy près de Compiègne.

Le trajet depuis Paris ne me tentait pas, je n’avais nulle envie de refaire le canal de l’Ourcq puis le Pays de France sous les couloirs aériens de Roissy. Alors j’ai pris le train jusqu’à Soissons. C’est une ville que je n’aime pas particulièrement sauf pour une seule chose : les ruines de l’abbaye St-Jean des Vignes.

Saint-Jean des Vignes côté Ouest

Je me suis un peu plus baladé sur le site que lors de mes précédents passages. Les travaux de restauration ont progressé et on peut maintenant traverser le réfectoire et l’ancien cloître.

Réfectoire de St-Jean des Vignes

Je n’avais pas vu qu’on pouvait le faire auparavant mais cette fois j’essayais de rejoindre l’autre côté pour avoir la façade Est éclairée par le soleil du matin. Je trouve ces ruines vraiment surprenantes parce qu’il ne reste de l’église que la façade et ses 2 clochers. Ceux-ci sont plus hauts que ceux de la cathédrale toute proche, et il ne reste qu’un squelette de pierre : les grandes fenêtres, la rosace et les portes ont disparues.

St-Jean des Vignes côté Est

Le lieu a perdu son statut d’abbaye à la révolution puis a fini par être démantelé et les matériaux revendus au début du XIXe. Seuls les tours ne devaient pas être détruites. C’est donc à peu près ce qu’il reste.

Je suis parti le long de l’Aisne avec un bon vent dans le dos. La route de la matinée a défilé toute seule sous mes roues, sans forcer. Autour de Vic-sur-Aisne, à cause de la présence d’un grand terrain de camping, la route était pleine de vacanciers à vélo. Au centre du village se trouve un petit château.

Château de Vic-sur-Aisne

Plus en aval, au Francport, j’ai traversé l’Aisne pour rentrer dans la forêt de Compiègne. La rivière à cet endroit donnait envie de se baigner malgré les panneaux d’interdiction.

L'Aisne au Francport

Juste après j’ai fait un tour par la clairière de l’armistice. Je n’ai pas vu le plus intéressant qui doit être le wagon dans lequel l’armistice de 1918 a été signé parce qu’il se trouve à l’intérieur d’un bâtiment musée. À l’extérieure, une pierre marque l’emplacement du wagon en 1918. Et sur un côté de la clairière se trouve une austère statue du maréchal Foch.

Clairière de l'armisitice

Le Maréchal Foch

J’ai continué ma route par l’itinéraire cyclable menant jusqu’au centre de Compiègne le long de l’Aisne puis de l’Oise. Je suis arrivé à la gare avec un peu d’avance pour retrouver Lucie qui allait m’accompagner l’après-midi.

Nous avons pique-niqué le long de la rivière un peu en aval de la ville. Je commence à bien connaître la voie verte qui longe l’Oise à cet endroit, elle est vraiment agréable. Nous ne l’avons pas longé très longtemps et avons traversé la rivière à la passerelle de Jaux pour monter dans les collines. Nous avons pris de petites routes de campagne et même une réservée exclusivement aux vélos et aux engins agricoles, un peu sur le modèle de ce qui ce fait en Flandres ou aux Pays-Bas.

Troupeau près de Jonquières

Après quelques kilomètres nous avons atteint Grandfresnoy et la Petite Brasserie Picarde. Le maître des lieux nous a reçu dans sa jolie cour de ferme qu’il rénove. Un groupe de motards était présent et est parti peu après notre arrivée. Ce qui était marrant c’est qu’ils n’ont rien acheté parce que, vous comprenez, ils étaient à moto, ils n’avaient pas la place ! Alors que nous étions venus à vélo avec l’intention de ne pas repartir les sacoches vides.

Cour de la Petite Brasserie Picarde

Nous avons dégusté 3 bières différentes, la Bronzett’ et la Pinte Douce, une blanche et une blonde plutôt légères avec des goûts d’agrumes un peu acidulés. Et la Mirac’ ed St-Ansbert, une ambrée primée d’un Fourquet de bronze au concours de St-Nicolas de Port. Nous sommes bien restés une heure à papoter installés dans le jardin. Nous avons mis les voiles quand Lucie à commencé à me faire des signes, c’est vrai qu’on avait un train à prendre et je ne regardais pas l’heure tourner. Un petite brasserie que je recommande quoi.

Houblons de la Petite Brasserie Picarde

Nous sommes repartis avec 6 bouteilles de 75cl. Lucie en portait une dans son sac à dos au début mais elle a vite fini avec les autres dans ma sacoche, c’était quand même plus confortable.

Au retour, nous avons traversé des zones industrielles et logistiques entre une énorme sucrerie et des entrepôts aux abords de l’autoroute A1. Puis la route a été un peu plus tranquille dans la vallée de l’Automne et nous avons fini par arriver à Crépy-en-Valois sans vraiment faire de pause.

Crépy-en-Valois

Au total j’ai parcouru 96km et Lucie 50. Voila le parcours : http://www.openrunner.com/index.php?id=5207226

Je n’ai pas vu passer le trajet retour en discutant avec un autre cyclo-voyageur, adhérent de l’association Cyclo Camping International. On l’avait repéré sur le quai parce qu’il avait un Tout Terrain Silkroad, une sacoche Ortlieb, une selle Brooks… pas le btwin de monsieur tout le monde. À la gare du nord ce sont des cyclistes russes de retour de Paris-Brest-Paris qu’on a reconnu facilement car ils avaient encore leur drapeau et leur plaque.

Butin de la Petite Brasserie Picarde

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Des bords de Loire aux volcans d’Auvergne

Pour rallier le gîte loué par ma famille en Auvergne, je suis sorti de la région parisienne en train jusqu’à la Loire à Cosne-sur-Loire puis j’ai complété ce trajet par 3 jours de vélo.

Il n’y a rien à voir à Cosne, la ville, bien que située sur l’itinéraire de la Loire à vélo, double ses panneaux de sens interdit par des panneaux d’interdiction aux vélos. Et la Loire à vélo n’est pas indiquée depuis le centre-ville ou la gare. Bref, une ville où les cyclistes n’ont pas l’air particulièrement bienvenus alors qu’elle pourrait tirer profit de sa situation géographique et des milliers de voyageurs à vélo qui passent à 1km à peine chaque année.

Une fois sur l’itinéraire cyclable, le long du canal latéral à la Loire,  je croise beaucoup de monde, de toutes nationalités et pour la plupart portant un chargement qui indique un voyage de plusieurs jours. L’itinéraire étant protégé, il y a beaucoup de familles avec enfants. Il n’y a guère que sur les tous premiers kilomètres, à cause de l’heure matinale, que j’ai le canal pour moi seul.

Canal latéral à la Loire (Loire à vélo)

Je quitte le canal en suivant les indications pour Sancerre. Après un raidillon, je me retrouve sur une ancienne voie ferrée qui passe au dessus de Saint-Satur sur un viaduc. Sancerre est en arrière plan, mais on ne devine pas grand chose du village au sommet de la colline.

Viaduc de Saint-Satur

Après avoir quitté le viaduc, les indications proposent 2 options pour la montée. Les pourcentages sont fantaisistes, l’option raide que j’emprunte doit quand même dépasser les 15% sur la fin.

Balisage de la montée vers Sancerre

Sur la terrasse panoramique à l’entrée du village, la vue est dégagée sur la vallée de la Loire. Mais la brume de chaleur ne permet pas de voir nettement les collines du Nivernais ou le Morvan.

Saint-Satur

Je tournicote un peu en ville. Je trouve le lacis de ruelles médiévales étroites  finalement un peu décevant. Les maisons sont grises, plutôt quelconques, souvent volets clos. Les commerces sont concentrés sur quelques placettes uniquement. Je repars de la colline en direction de Ménétréol pour ne pas emprunter le même itinéraire qu’à la montée (le seul indiqué). Et je fais bien car c’est sur cette route (D307) qu’il y a la plus belle vue sur le village et les vignobles alentours.

Sancerre depuis la route de Ménétréol

Après une descente raide, je retrouve l’itinéraire de la Loire à vélo qui se rapproche du fleuve à travers champs. Je ne sais pas si c’est fait exprès mais un arrosage automatique forme un rideau d’eau en travers de la route et c’est agréable à traverser par cette chaleur.

La ville suivante est la Charité-sur-Loire. Elle est beaucoup plus jolie que Cosne et intéressante à sillonner. Une bonne partie du centre est constitué des bâtiments de l’ancien prieuré clunisien. Les portes sont truffées de nids d’hirondelles.

Porte à la Charité-sur-Loire

La Charité-sur-Loire

Je fais quelques courses pour le pique-nique et je m’installe sur l’île face au centre-ville. Sur le pont, comme pour ces quelques centaines de mètres je ne remets pas mon casque, un automobiliste me lance « il est où le casque ? ». Je manque de répartie. Il aurait bien mérité la réponse universelle à toute question commençant par où.

L’île, dite du Faubourg, est probablement le meilleur endroit pour admirer la ville, mais la plage pour se baigner dans la Loire est sur l’autre rive.

La Charité-sur-Loire

Je continue vers le sud sur une partie un peu moins agréable de la Loire à vélo. La piste cyclable est sur une digue dépourvue d’arbres. Alors que de chaque côté la forêt s’étend souvent, il n’y a pas une parcelle d’ombre sur la piste et je fais de longs kilomètres en plein cagnard, le soleil quasiment de face.

À Marseilles, je manque une indication et me retrouve sur de petites départementales. L’avantage c’est que ça me fait passer dans les villages et ça me permet de me ravitailler en eau dans un cimetière.

Passé le bec d’Allier, le confluent de la Loire et de l’Allier, je ne croise plus aucun cycliste puisque je continue le long de l’affluent. Les indications pour vélo ne vont que jusqu’à Apremont-sur-Allier. C’est un minuscule village aux maisons ocres et aux toits de petites tuiles plates assez joli. Mais c’est surtout son château et son jardin qui attirent les touristes. Je ne fais que traverser.

Apremont-sur-Allier

Je m’éloigne de l’Allier par de minuscules routes de campagne et fini par rallier Saint-Plaisir. Un couple d’amis hollandais, Wilma et André, m’y héberge pour la nuit. Il y a beaucoup de hollandais installés dans ce village à l’allure assez quelconque, perdu au milieu du Bourbonnais. Le dynamisme de ces nouveaux habitants a redonné vie au village. Wilma et André rénovent une énorme maison du centre du village, André a lancé un commerce de bougies artisanales qui marche du tonnerre et ils prévoient d’ouvrir un restaurant l’an prochain. Bref, tout le monde les adore au village et ils ont très vite été intégrés à la communauté.

Le lendemain, la météo est toujours au beau fixe et caniculaire. Je passe d’abord par Bourbon-l’Archambault, dominé par les ruines d’une ancienne forteresse.

Forteresse de Bourbon-l'Archambault

Maison des chanoines à Bourbon-l'Archambault

Sur les indications d’un ami ayant passé son enfance dans les environs, je fais un détour par Saint-Menoux et je mets ma tête dans le débredinoire. C’est un genre de sarcophage dans lequel sont placées des reliques et si on y introduit sa tête, on est plus bredin, c’est-à-dire simple d’esprit.

Débredinoire de Saint-Menoux

Saint-Menoux

Quelques kilomètres plus loin, je tombe en pleine fête médiévale à Souvigny. Le cadre s’y prête bien entre vieilles maisons et un immense prieuré clunisien, comme à la Charité.

Souvigny

Après Souvigny, je m’élève doucement mais sûrement vers le massif central. J’emprunte des petites routes à travers le bocage du Bourbonnais. Ça monte et ça redescend mais je gagne à chaque fois un peu plus d’altitude jusqu’au point culminant de la journée au lieu dit bien nommé « la Bosse », à 720m. De là je distingue la chaîne des Puys et même, de l’autre côté de la plaine de Limagne, les monts de la Madeleine et du Forez. Je redescend d’un seul coup sur Chouvigny, dominant la vallée de la Sioule. C’est en cherchant de l’eau que je découvre que le cimetière, sur un petit promontoire derrière l’église, offre une très belle vue sur le château et la vallée.

Château de Chouvigny

La Sioule forme à cet endroit des gorges très marquées, aux flancs couverts de forêts et où dépassent des rochers. La route emprunte même un tunnel.

Gorges de la Sioule

Il y a beaucoup de touristes venus se baigner ou faire du canoë sur la Sioule. Au Pont de Menat, il y a un ancien pont roman en excellent état.

Pont roman de Menat sur la Sioule

Pont roman de Menat sur la Sioule

Les gorges s’élargissent un peu et la route monte sur leur flanc sous les ruines de  Château-Rocher.

Château-Rocher

Ça redescend ensuite vers le village thermal de Châteauneuf-les-Bains. Des gens se baignent dans un bassin d’eau ferrugineuse naturellement chaude.

Après une petite épaule, je descend à 30km/h sur un faux plat. Il y a une passerelle sur la gauche avec un stop au bout. Une voiture est sur la passerelle, elle passe le stop sans s’arrêter et me percute de plein fouet sur le côté gauche. C’est la sacoche arrière qui encaisse d’abord. Le vélo se couche sur le flanc droit et la voiture me pousse sur le bitume sur une dizaine de mètres, heureusement en pilant et avec un coup de klaxon. Le vélo est sous le capot mais les sacoches l’ont empêché de passer sous les roues avant. J’ai le bras droit et la jambe droite dégoulinant de sang, les mitaines en charpie mais les paumes bien protégées. Je relève le vélo qui miraculeusement s’en tire avec seulement une pédale cassée et la guidoline abrasée.

A priori, ça n’a l’air que d’éraflures, profonde quand même au bras. La conductrice n’habitant qu’à 100m de là, je passe chez-elle pour un premier rinçage et pour désinfecter. Étant proche de l’arrivée de mon étape, je décide de continuer avec un pansement de fortune au bras pour rallier la pharmacie de St-Gervais-d’Auvergne. Je n’ai pas envie de me retrouver avec le vélo coincé à Châteauneuf. Ça monte très raide jusqu’au plateau, 300m de dénivelée sur les quelques kilomètres restants. Les pharmaciennes prennent soin de mes blessures et je prend de quoi renouveler les bandages. J’appelle le 15 où un médecin se montre très peu inquiet. Ça m’encourage à continuer.

Avec Suzie qui m’héberge, nous allons déguster une truffade au restaurant. Le village est très animé à cause du grand bal de l’Europe qui attire quelques 3000 festivaliers pendant toute une semaine. Entre la douleur des blessures, la chaleur, les fêtards dans la rue jusqu’à 3h30 du matin puis l’installation de la brocante dès 6h30, je dors très peu. Mais entre 7 et 8h du matin, un gros orage fait chuter la température et je pars pour une journée sous la pluie à 16°C.

Je retraverse la Sioule une dernière fois au niveau du viaduc ferroviaire des Fades. Malgré sa taille et l’énergie qu’il a fallu pour sa construction dans ce milieu escarpé, le viaduc n’est plus utilisé.

Viaduc des Fades

Au village suivant, je m’arrête dans une nouvelle pharmacie. Les bandages refaits le matin tiennent mal, alors on refait tout proprement. Je peux repartir. La pluie tombe franchement et je ne vois pas grand chose de la chaîne des Puys que je longe toute la journée. Je viens quand même à bout de la centaine de kilomètres prévus sous la pluie. Comme c’est l’été, je n’ai pas amené de pantalon de pluie et le bandage au genou fini vite imbibé de flotte. J’arrive le premier au gîte loué par ma famille à Saurier et suis bien heureux de me laver et de changer les bandages.

Le lendemain, pas de vélo. Nous partons tous ensemble visiter le village médiéval de Besse et faire une petite randonnée autour du lac Pavin tout proche.

Lac Pavin

Lac Pavin

Puy de Pertuyzat

À court de tulle gras, nous nous mettons en quête d’une pharmacie de garde. Le pharmacien, plus alarmiste que les précédents, nous pousse à aller voir un médecin. Alors nous descendons à Issoire où je visite le service des urgences. Ma plaie au coude est correctement nettoyée et j’ai maintenant une ordonnance pour en prendre soin pendant 8 jours.

En rentrant d’Issoire, nous prenons le temps de visiter les anciennes habitations troglodytiques de Perrier.

Habitations troglodytiques de Perrier

Habitations troglodytiques de Perrier

Situées sur le bord d’un plateau, elles offrent une belle vue sur Issoire et ses environs.

Issoire depuis Perrier

Le lendemain nous prenons la route jusqu’au Gour de Tazenat, un lac de cratère au nord de la chaîne des Puys.

Gour de Tazenat

Pendant toute la journée, nous redescendons progressivement la chaîne en visitant différents sites touristiques. Le deuxième d’entre-eux est le méandre de Queuille, tout près du viaduc des Fades où je suis passé 2 jours plus tôt. Un barrage en aval maintien un beau niveau d’eau au milieu d’une vallée complètement boisée.

Méandre de Queuille

Nous mangeons à Pontgibaud, de l’aligot pour moi cette fois. Décidément les spécialités auvergnates à base de pomme de terre et de fromage fondu ne sont pas des plats d’été.

Nous partons ensuite pour une randonnée pédestre de quelques heures autour des Puys Pariou et de Côme. Au pied des puys nous évoluons toujours en forêt mais au sommet la vue est dégagée. Le cratère du Puy Pariou est un des plus profonds de la chaîne. À cause de sa forme très marquée, ce puy est très fréquentée par les promeneurs. Les sentiers sont bien délimités et il y a même un long escalier en bois sur un des flancs qui fait quasiment 200m de dénivelé.

Cratère du Puy Pariou

Le Puy des Goules, de l’autre côté du col éponyme a une forme de volcan un peu moins marquée.

Puy des Goules

Clermont-Ferrand est un peu voilé mais on distingue nettement sa cathédrale toute noire.

Clermont-Ferrand depuis le Puy Pariou

Nous gravissons ensuite le Puy de Côme dont le sommet est constitué de 2 cratères imbriqués. J’ai trouvé ce puy plus sauvage et beau que le Pariou.

Puy de Côme

De tous ces puys, le paysage est dominé par le Puy de Dôme, qui culmine 200m plus haut et qui est couronné d’une énorme antenne et accessible par un tramway. Mais ce que j’aime beaucoup dans ce paysage c’est que la base des volcans est tapissée par une immense forêt.

Puy de Dôme depuis le Puy de Côme

Sur la route vers le sud nous stoppons encore à Orcival pour sa jolie église typiquement auvergnate.

Orcival

Puis nous montons vers le col de Guéry et son très beau panorama sur les roches Tuilière et Sanadoire, constituées en partie d’orgues basaltiques.

Roches Tuilière et Sanadoire

Le lendemain, nous partons pour une petite balade à vélo sur le plateau du Cézallier. Les paysages y sont assez différents du massif du Sancy et de la chaîne des Puys.

Chapelle de Brionnet

Éoliennes sur le plateau du Cézallier

Notre objectif est le petit village de la Godivelle et ses 2 lacs à 1200m d’altitude.

Arrivée à La Godivelle

Je pensais que le Plomb du Cantal serait visible depuis le plateau du Cézallier. Mais en fait, les petits sommets le masquent et nous n’avons vu que le massif du Sancy, plus proche, en arrière plan vers le nord.

Cézallier et Sancy

Lac d'en Bas de La Godivelle

Lac d'en haut de La Godivelle

Après une petite descente et remontée, nous franchissons le col de la Chaumoune, seul col nommé et le plus bas des 3 points hauts de la journée.

Col de la Chaumoune

Après à nouveau une courte descente jusqu’à Compains, nous remontons jusqu’au lac de Bourdouze.

Lac de Bourdouze

Puis descendons franchement jusqu’à Valbeleix.

Maison à Valbeleix

Nous descendons les gorges de Courgoul, qui sont en fait assez décevantes bien que mises en évidences sur toutes les cartes, avant de remonter au gîte au dessus du village de Saurier.

Saurier

Les vacances se sont arrêtées là à cause d’un événement familial qui nous a fait revenir en région parisienne. J’avais prévu de continuer ma route vers Angoulême à la fin de la semaine  en passant par le Cantal et la Corrèze mais ce ne sera pas pour cette fois. Ça permettra à toutes les blessures de bien cicatriser et de m’occuper du dossier pour l’accident avec l’assurance.

Voila le tracé des étapes à vélo :

De Bar-le-Duc à l’Yonne

À 253km à l’Est de Paris, à l’un des terminus du TER « Vallée de la Marne » et donc très facile d’accès avec un vélo depuis la région parisienne, se trouve Bar-le-Duc, préfecture de la Meuse. Il s’agit du Bar que j’avais oublié dans ma côte des Bars il y a 3 ans. La ville est traversée par l’Ornain, un affluent de la Marne. Sur une pile d’un des ponts sur l’Ornain se dresse une minuscule chapelle.

Pont Notre-Dame à Bar-le-Duc

Bar-le-Duc pourrait être un lieu de pèlerinage cycliste car une fontaine du centre-ville a été réaménagé en monument en hommage à Pierre et Ernest Michaux, qui ont fait évoluer la draisienne vers le vélo en y ajoutant des pédales.

Monument aux Michaux à Bar-le-Duc

J’ai pris le temps d’un petit tour dans la ville basse, puis la ville haute avant de quitter la ville.

La ville haute de Bar-le-Duc

Depuis la ville haute on voit la ville basse dans la vallée de l’Ornain et, sur l’autre coteau, la ville moderne et ses cités.

La ville basse de Bar-le-Duc

Le monument le plus emblématique des remparts de la ville haute semble être la tour de l’horloge.

Tour de l'horloge de Bar-le-Duc

J’ai passé une première bosse dès la sortie de la ville pour redescendre dans la vallée parallèle de la Saulx. C’est une vallée très plaisante avec des villages assez jolis. Dans 3 villages de suite, le principal monument historique est un pont. À Rupt-aux-Nonains il date de 1557 et il y a une superbe halte pour un pique-nique juste au bord de la rivière.

Pont de Rupt aux Nonains

La vallée ne pouvait pas rester idyllique bien longtemps et j’ai commencé à être doublé par quelques poids-lourds avant de longer une usine métallurgique. Mais comme j’ai quitté la vallée après le pont suivant à Haironville, je n’ai pas eu à les supporter très longtemps.

Pont de Haironville

Les lavoirs aussi sont tous assez similaires d’un village à l’autre, dans des bâtiments vastes et assez fermés.

Lavoir de Haironville

J’ai continué ma route entre forêts et petits villages jusqu’à rejoindre le canal latéral à la Marne et terminer par une belle voie verte jusqu’à St-Dizier. St-Dizier est beaucoup moins jolie que Bar-le-Duc mais avait l’air un peu plus vivante. En arrivant le long du canal, j’ai débouché sur une ancienne usine Miko reconvertie en cinéma.

Miko à St-Dizier

Après avoir quitté la ville par des routes un peu chargées, j’ai rapidement rejoint le canal d’amenée du Lac du Der. Il ressemble vraiment à une grosse canalisation ouverte avec ses flancs en dalles de béton.

Canal d'amenée du Lac du Der

Le lac du Der est le premier grand réservoir de mon trajet, il régule le débit de la Marne. Une voie verte en fait le tour et je l’ai empruntée sur sa rive sud jusqu’à Giffaumont. 3 villages ont été engloutis lors de la construction du réservoir. L’église de Champaubert, un de ces villages, sert de mémorial au bout d’une presqu’île.

Eglise de Champaubert

Une passerelle métallique relie la presqu’île à Giffaumont. Ce village s’est étendu en une station touristique avec plage et port de plaisance.

Passerelle de Giffaumont

Malgré le grand soleil d’été, il y avait relativement peu de monde. La base nautique ne doit faire le plein que le week-end. La voie verte était presque déserte et j’ai eu l’impression de ne croiser que des hollandais.

Digue du Lac du Der à Giffaumont

J’ai quitté la digue en direction de Châtillon-sur-Broué où j’ai commencé une petite série de villages aux églises en bois que j’avais déjà partiellement visité en 2012. Comme je les trouve très originales, j’en remets une petite série de photos avec celle de Puellemontier et celle de Lentilles.

Eglise de Puellemontier

Eglise de Lentilles

Intérieur de l'église de Lentilles

Après Lentilles, j’ai rejoins un bourg plus important, Brienne-le-Château. Comme son nom l’indique, il est en effet dominé par un imposant château d’aspect récent. J’ai vu qu’il y avait un musée Napoléon et que c’était la capitale locale de la choucroute (fête de la choucroute les 19-20 septembre prochain pour les amateurs).

À Dienville, j’ai croisé l’Aube et commencé à longer les réservoirs d’Amance, du Temple et d’Orient. Ils ont un air de famille avec le lac du Der et la voie verte qui les longe sur une digue défile rapidement. Tellement rapidement que j’ai parcouru beaucoup plus de distance que prévu et j’ai campé presque au bout des lacs à Lusigny-sur-Barse après 130km de route.

Lac du Temple

Le lendemain je n’étais pas pressé de partir car je n’avais que 40km à faire avant midi. J’ai pris le temps de faire quelques courses à Lusigny avant de continuer vers le sud-ouest en évitant Troyes. Il y avais beaucoup d’engins agricoles même sur les petites routes en cette fin de période de moissons.

Moisson près de Lusigny-sur-Barse

Une partie de la matinée, j’ai pu profiter de routes ombragées à la lisière de la forêt syndicale d’Aumont. J’ignorais qu’une forêt pouvais être syndicale.

À Jeugny, je suis arrivé en bordure du pays d’Othe et de ses collines. J’ai eu droit au passage d’un petit col avant de redescendre pour trouver Pierre à Sommeval.

Sommeval

C’est Pierre qui m’a proposé de venir pédaler avec lui dans son coin. Il a un vélo de course et s’entraîne pour des triathlons. Avec toutes mes affaires de camping et mon vélo de voyage, je lui ai rendu l’après-midi facile. J’avais prévu un itinéraire assez vallonné et beaucoup en forêt d’Othe. Heureusement d’ailleurs car le soleil tapait très fort.

J’ai dormi chez la famille de Pierre et le lendemain nous sommes partis à la fraîche pour visiter les alentours et grimper à nouveau quelques bosses. Elles ne font pas plus de 80m de dénivelé mais les enchaîner donne tout de suite l’impression que tout est beaucoup plus loin que par la plaine. Nous sommes du coup arrivés à Joigny par le haut et le beau belvédère de la côte Saint Jacques.

Joigny depuis la côte Saint Jacques

Puis nous sommes redescendus et avons évité le centre-ville en restant sur le boulevard le long des anciens remparts.

Porte de Joigny

Nous avons descendu l’Yonne jusqu’au village suivant pour la traverser sur un vieux pont suspendu étroit.

Pont suspendu de Cézy

Cézy, comme d’autres villes et villages de la vallée de l’Yonne, porte la trace de ces anciens fossés et portes.

Porte de Cézy

Nous avons ensuite regrimpé une côte sur l’autre rive, exprès pour arriver à St-Julien-du-Sault par le haut, là où nous allions trouver une surprenante chapelle fortifiée.

Chapelle fortifiée de St-Julien-du-Sault

La chapelle est vraiment très haute mais tombe en décrépitude à l’intérieur.

Chapelle fortifiée de St-Julien-du-Sault

Elle domine le bourg de St-Julien-du-Sault d’un côté et ouvre largement sur la vallée de l’Yonne de l’autre.

St-Julien-du-Sault

Pierre a monté son vélo sur le chemin de silex jusque dans les remparts.

Vélo devant la vallée de l'Yonne

Un train de marchandise est passé bruyamment dans la vallée.
Train dans la vallée de l'Yonne

Après avoir traversé St-Julien en plein marché, nous avons longé rapidement la vallée jusqu’à Villeneuve-sur-Yonne. La ville a gardé de belles portes et un promenade ombragée à la place de ses anciennes fortifications.

Porte de Joigny à Villeneuve-sur-Yonne

Nous nous sommes arrêtés dans une boulangerie apparemment essentiellement fréquentée par d’enthousiastes cyclistes du dimanche et nous avons dégusté nos pains aux raisins au pied d’un très sobre donjon du XIIIe siècle.

Donjon à Villeneuve-sur-Yonne

Porte de Villeneuve-sur-Yonne

Nous sommes ensuite revenus au bercail par une douce montée en fond de vallée et face au vent dans le pays d’Othe. Nous avons pique-niqué au point haut à Villechétive avant de redescendre au pied des collines en tout début d’après-midi après une boucle de 80km. J’ai récupéré mes affaires de camping et j’ai pu attraper un train à Laroche-Migennes en plein cagnard pour regagner Paris.

Voila l’ensemble des parcours des 3 jours : http://www.openrunner.com/index.php?id=5124611

Parcours Bar-le-Duc - Migennes