La Jurassienne

Sortie vélo prévue de longue date, j’ai planifié un tour dans le Jura dès le milieu de l’hiver sur le forum velotaf. 6 valeureux compagnons se sont joints à moi après avoir hésité plus ou moins longuement devant les profils altimétriques prévus.

Nous nous sommes retrouvés à Dole à 10h du matin. Certains étaient arrivés la veille, d’autres le matin même, de Dijon, Strasbourg, Lyon et Paris. Les vélos étaient disparates, des randonneuses plutôt lourdes, un carbone, un tricycle couché…

Nous avons commencé à rouler le long de l’Eurovélo 6 jusqu’à Tavaux pour bien éviter tous les axes fréquentés en sortie de ville. Ensuite nous avons obliqué vers le sud et les douces ondulations de la Bresse Jurassienne.

Dole

Après avoir traversé le village de Pleure, nous avons laissé de côté celui de Rye.

Pleure / Rye

Nous nous sommes arrêté au cimetière de Vincent pour re-remplir des bidons déjà à sec au bout de 2h de cagnard et déjeuner à l’ombre d’un grand chêne à proximité.

En début d’après-midi nous sommes passés chercher quelques bouteilles de bières à la brasserie Rouget-de-Lisle à Bletterans, validant ainsi le Houblax de Juillet. La brasserie était une véritable étuve, nous n’avions pas imaginé trouver pire qu’à l’extérieur.

Ensuite, nous avons mis le cap à l’Est vers la bordure du premier plateau du Jura. Nous avons traversé quelques jolis villages et pu à nouveau nous ravitailler en eau.

La Seille à Ruffey-sur-Seille

À mesure que le plateau s’approchait, nous distinguions de nouveaux villages et de nouvelles reculées. Les vignes ont commencé à faire leur apparition autour de nous, ainsi que les châteaux ou autres grosses maisons de domaines viticoles.

Château-Chalon

À Lavigny, nous avons attaqué la montée sur le plateau, le seul relief conséquent de la journée.

Lavigny

Montée de Lavigny

Au sommet, le paysage avait totalement changé en 3km pour se transformer en quelque-chose qui ressemblait un peu plus à une combe jurassienne.

Combe de Rosnay

En haut de la descente, nous dominions l’entrée de la reculée de Baume-les-Messieurs. Le ciel commençait à être bien voilé et des cumulonimbus montaient sur les reliefs. Mais tout cela n’est resté qu’une menace qui ne s’est concrétisée que tard dans la nuit.

Sous la Baume

Descente vers Baume

Nous nous sommes arrêtés au petit camping de Baume-les-Messieurs, au bord de la Seille ou l’un de ses affluents. C’était idéal pour rafraîchir les bières avant l’apéritif. Il en manque déjà une sur la photo, la meilleure en fait pour les grosses chaleurs : la blanche La Marseillaise.

Bières Rouget-de-Lisle dans la Seille

L’un des participants nous a quitté pour partir vers Saint-Laurent-en-Grandvaux, remplacé une heure plus tard par un nouveau venu de Neuchâtel. Les origines des participants sont donc restées variées.

Le camping tout en longueur le long de la rivière était bien rempli et certains de nos voisins n’ont pas eu l’air d’apprécier notre enthousiasme, surtout au réveil.

Le lendemain, nous avons attaqué l’étape la plus ardue. Nous avons d’abord visité un peu l’abbaye de Baume-les-Messieurs dans un village encore bien endormi.

Pont sur la Seille à la Peyrouse

Abbaye de Baume-les-Messieurs

Abbaye de Baume-les-Messieurs

Puis nous avons attaqué la montée vers les Granges-sur-Baume. L’un d’entre-nous en tricycle couché a eu quelques déboires avec sa transmission. Ça plus la visite de Baume-les-Messieurs, en une heure nous n’avions parcouru qu’à peine 4km depuis le départ ! À vol d’oiseau c’était même encore moins car le belvédère des Granges était presque au dessus du camping. La vue sur la reculée et le village était vraiment splendide. Les nuages plus présents que la veille ont bien daigné laisser le soleil éclairer le panorama.

Baume-les-Messieurs depuis les Granges

La Peyrouse, camping depuis les Granges

Après quelques courses dans la petite épicerie de La Marre, certains ont eu la sagesse de rester sur le plateau. Tandis que 3 d’entre-nous ont replongé dans la reculée de Ladoye par une magnifique petite route sous les falaises. Tout ça pour remonter aussitôt sous les encouragements des autres depuis un belvédère situé 150m plus haut.

Blois-sur-Seille

Ladoye-sur-Seille

Le village suivant, perché au bout du plateau gardant l’entrée du système de reculées ramifiées de Baume et Ladoye, était Château-Chalon. Peu après l’entrée du village nous avons débouché sur une petite terrasse offrant une très belle vue d’ensemble sur celui-ci.

Château-Chalon

Et à la sortie de Château-Chalon, une autre vue splendide s’est offert à nous. Les vignes, jusque là plutôt éparses, se sont étalées généreusement sur les coteaux du Jura. Pas de doute, nous avons vraiment pénétré dans la région viticole.

Vignobles de Château-Chalon

Après une brève descente et un passage en balcon dans les vignes, nous sommes remontés sur le plateau pour la 3ème fois de la matinée à partir du village de Frontenay, dominé par un château.

Toits et château de Frontenay

Enfin nous sommes redescendus franchement jusqu’à Poligny, où nous avons pique-niqué devant l’église avant de faire un petit tour du centre-ville.

Église de Poligny

Tour de la Sergenterie à Poligny

Par chance, la Nationale 5 était fermée pour tout l’été, donc la sortie de la ville ne s’est pas faite au milieu des camions comme je l’avais redouté. Mais le trafic était un peu plus dense quand même sur les petites routes des alentours et notamment la montée vers Chamolle. Celle-ci nous a fait passer sous de belles falaises.

Falaises entre Poligny et Chamolle

Falaises entre Poligny et Chamolle

Par endroit, la forêt laissait une ouverture sur la reculée de Vaux.

Reculée de Vaux-sur-Poligny

Nous avons ensuite traversé la forêt de Poligny, devenant progressivement celle d’Arbois, sur une route se transformant parfois en chemin et où nous n’avons croisé personne à part un ou 2 chevreuils.

Il a fallu redescendre dans la reculée suivante, celle des Planches. Dans le village, la fontaine était potable et l’eau du ruisseau limpide. Nous avons, comme la veille même si la température avait baissé, remplis nos bidons plusieurs fois dans la journée.

Ruisseau à Planches-les-Arbois

Reculée des Planches

Nous avons traversé la petite ville d’Arbois, profondément entaillée par le même ruisseau venant de la reculée avant d’attaquer la 5ème et dernière montée de la journée.

Arbois

Après le premier lacet, une table d’orientation décrit un panorama sur la ville.

Arbois

La montée était la plus régulière et moins pentue de la journée. Comme les précédentes, elle nous a laissé le loisir d’admirer une dernière fois la reculée que nous venions de quitter.

Reculée des Planches

De l’autre côté de la bosse, le relief  a changé pour prendre un aspect un peu plus inhabituel. Salins-les-Bains se glisse le long de la Furieuse, flanqué par 2 forts et dominé en arrière plan par le Mont Poupet.

Salins-les-Bains devant le Mont Poupet

Fort Belin

Nous avons passé la nuit au camping de Salins où nous avons bien profité de la piscine. Pour changer des bières Rouget de Lisle, dont j’ai transporté toute la journée les 2 dernières bouteilles de 75cl quand-même, nous avons complété l’apéritif avec du Macvin et du vin d’Arbois. Il fallait bien ça pour passer une nuit réparatrice après nos 1600m de D+ de la journée et avant le démarrage du lendemain.

Pour démarrer ce 3ème jour, rien de tel que 500m de D+ à foid, sans échauffement. Parce que nous avons commencé directement par partir à l’assaut du Mont Poupet, qui, avec ses 850m d’altitude est le plus haut sommet situé aussi à l’ouest dans le massif du Jura. La montée est plutôt raide sur sa deuxième moitié mais tout le monde est arrivé au bout et a pu profiter du panorama s’étendant jusqu’aux Alpes (Mont Blanc, Dents du Midi et même jusqu’au Cervin s’il avait fait un peu plus clair) .

Salins-les-Bains depuis la croix du Poupet

Le belvédère était situé à la croix du Poupet, 1km avant le sommet de la route. Nous sommes 3 à  être allé jusqu’au bout malgré son manque d’intérêt, juste pour dire qu’on y est allé. En tout cas, les panneaux et les bornes étaient justes. Mon compteur indiquait 10km tout rond juste sous le panneau.

Sommet du Poupet

Nous avons ensuite dévalé les 4km de descente en moins de 5min avant de remonter les dernières petites côtes de la balade vers le village de By.

Route vers By

By

Il était amusant de voir des panneaux vers Rennes dans le village alors que la veille nous étions déjà passés à Blois.

By vers Rennes

Nous sommes redescendus des montagnes pour de bon cette fois par une belle route en forêt très régulière. Il n’y avait même pas besoin de toucher les freins ou d’appuyer sur les pédales et nous nous maintenions autour de 40km/h.

Nous avons traversé la Loue puis gagné Arc-et-Senans et ses salines royales. Sans y pénétrer on ne voit pas grand chose du site et de sa forme caractéristique en demi-cercle. Nous avons tenté d’en faire le tour pour trouver un endroit où pique-niquer et nous avons été bien mal inspiré car tout l’arrière du site servait de toilettes en plein air à un camp de gens du voyage, la municipalité n’étant apparemment pas capable d’offrir ce genre de commodité.

Salines Royales d'Arc-et-Senans

L’un de nous est parti vers Besançon et le reste de la troupe a poursuivi vers Dole en suivant les indications pour vélo. La traversée de la forêt de Chaux était très monotone, une bonne dizaine de kilomètre sur une piste cyclable en ligne droite parallèle à une départementale.

Arrivés au bord du Doubs et sur l’Eurovélo 6, nous avons rejoins tout d’un coup un tas d’autres cyclistes, dont une proportion  non négligeable portant des sacoches pour un peu plus qu’une balade d’un dimanche après-midi. Quelques gouttes ont commencé à tomber un peu avant Dole. Nous nous sommes réfugiés dans un café pour les quelques heures d’attente avant le train.

Dole

En partant vers la gare, une cycliste a l’air égaré est passée devant nous une deuxième fois. J’ai eu beau proposer mon aide, elle s’est enfuie. Je devais vraiment faire peur. Nous n’avons pas eu plus de succès auprès du préposé de la SNCF qui a catégoriquement refusé de nous accompagner pour accéder aux quais sans emprunter le passage souterrain (sans ascenseur) avec les vélos.

Ces quelques déconvenues de l’après-midi n’ont pas vraiment entamé notre enthousiasme après ces 3 jours de balade qui se sont superbement bien déroulés et qui ont bien plu à tout le monde.

Parcours de la Jurassienne 2015

Le détail des étapes : Dole -> Baume-les-Messieurs, -> Salins-les-Bains, -> Dole. Chacune faisait environ 80km mais les dénivelés étaient très irréguliers.

 

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