La Jurassienne

Sortie vélo prévue de longue date, j’ai planifié un tour dans le Jura dès le milieu de l’hiver sur le forum velotaf. 6 valeureux compagnons se sont joints à moi après avoir hésité plus ou moins longuement devant les profils altimétriques prévus.

Nous nous sommes retrouvés à Dole à 10h du matin. Certains étaient arrivés la veille, d’autres le matin même, de Dijon, Strasbourg, Lyon et Paris. Les vélos étaient disparates, des randonneuses plutôt lourdes, un carbone, un tricycle couché…

Nous avons commencé à rouler le long de l’Eurovélo 6 jusqu’à Tavaux pour bien éviter tous les axes fréquentés en sortie de ville. Ensuite nous avons obliqué vers le sud et les douces ondulations de la Bresse Jurassienne.

Dole

Après avoir traversé le village de Pleure, nous avons laissé de côté celui de Rye.

Pleure / Rye

Nous nous sommes arrêté au cimetière de Vincent pour re-remplir des bidons déjà à sec au bout de 2h de cagnard et déjeuner à l’ombre d’un grand chêne à proximité.

En début d’après-midi nous sommes passés chercher quelques bouteilles de bières à la brasserie Rouget-de-Lisle à Bletterans, validant ainsi le Houblax de Juillet. La brasserie était une véritable étuve, nous n’avions pas imaginé trouver pire qu’à l’extérieur.

Ensuite, nous avons mis le cap à l’Est vers la bordure du premier plateau du Jura. Nous avons traversé quelques jolis villages et pu à nouveau nous ravitailler en eau.

La Seille à Ruffey-sur-Seille

À mesure que le plateau s’approchait, nous distinguions de nouveaux villages et de nouvelles reculées. Les vignes ont commencé à faire leur apparition autour de nous, ainsi que les châteaux ou autres grosses maisons de domaines viticoles.

Château-Chalon

À Lavigny, nous avons attaqué la montée sur le plateau, le seul relief conséquent de la journée.

Lavigny

Montée de Lavigny

Au sommet, le paysage avait totalement changé en 3km pour se transformer en quelque-chose qui ressemblait un peu plus à une combe jurassienne.

Combe de Rosnay

En haut de la descente, nous dominions l’entrée de la reculée de Baume-les-Messieurs. Le ciel commençait à être bien voilé et des cumulonimbus montaient sur les reliefs. Mais tout cela n’est resté qu’une menace qui ne s’est concrétisée que tard dans la nuit.

Sous la Baume

Descente vers Baume

Nous nous sommes arrêtés au petit camping de Baume-les-Messieurs, au bord de la Seille ou l’un de ses affluents. C’était idéal pour rafraîchir les bières avant l’apéritif. Il en manque déjà une sur la photo, la meilleure en fait pour les grosses chaleurs : la blanche La Marseillaise.

Bières Rouget-de-Lisle dans la Seille

L’un des participants nous a quitté pour partir vers Saint-Laurent-en-Grandvaux, remplacé une heure plus tard par un nouveau venu de Neuchâtel. Les origines des participants sont donc restées variées.

Le camping tout en longueur le long de la rivière était bien rempli et certains de nos voisins n’ont pas eu l’air d’apprécier notre enthousiasme, surtout au réveil.

Le lendemain, nous avons attaqué l’étape la plus ardue. Nous avons d’abord visité un peu l’abbaye de Baume-les-Messieurs dans un village encore bien endormi.

Pont sur la Seille à la Peyrouse

Abbaye de Baume-les-Messieurs

Abbaye de Baume-les-Messieurs

Puis nous avons attaqué la montée vers les Granges-sur-Baume. L’un d’entre-nous en tricycle couché a eu quelques déboires avec sa transmission. Ça plus la visite de Baume-les-Messieurs, en une heure nous n’avions parcouru qu’à peine 4km depuis le départ ! À vol d’oiseau c’était même encore moins car le belvédère des Granges était presque au dessus du camping. La vue sur la reculée et le village était vraiment splendide. Les nuages plus présents que la veille ont bien daigné laisser le soleil éclairer le panorama.

Baume-les-Messieurs depuis les Granges

La Peyrouse, camping depuis les Granges

Après quelques courses dans la petite épicerie de La Marre, certains ont eu la sagesse de rester sur le plateau. Tandis que 3 d’entre-nous ont replongé dans la reculée de Ladoye par une magnifique petite route sous les falaises. Tout ça pour remonter aussitôt sous les encouragements des autres depuis un belvédère situé 150m plus haut.

Blois-sur-Seille

Ladoye-sur-Seille

Le village suivant, perché au bout du plateau gardant l’entrée du système de reculées ramifiées de Baume et Ladoye, était Château-Chalon. Peu après l’entrée du village nous avons débouché sur une petite terrasse offrant une très belle vue d’ensemble sur celui-ci.

Château-Chalon

Et à la sortie de Château-Chalon, une autre vue splendide s’est offert à nous. Les vignes, jusque là plutôt éparses, se sont étalées généreusement sur les coteaux du Jura. Pas de doute, nous avons vraiment pénétré dans la région viticole.

Vignobles de Château-Chalon

Après une brève descente et un passage en balcon dans les vignes, nous sommes remontés sur le plateau pour la 3ème fois de la matinée à partir du village de Frontenay, dominé par un château.

Toits et château de Frontenay

Enfin nous sommes redescendus franchement jusqu’à Poligny, où nous avons pique-niqué devant l’église avant de faire un petit tour du centre-ville.

Église de Poligny

Tour de la Sergenterie à Poligny

Par chance, la Nationale 5 était fermée pour tout l’été, donc la sortie de la ville ne s’est pas faite au milieu des camions comme je l’avais redouté. Mais le trafic était un peu plus dense quand même sur les petites routes des alentours et notamment la montée vers Chamolle. Celle-ci nous a fait passer sous de belles falaises.

Falaises entre Poligny et Chamolle

Falaises entre Poligny et Chamolle

Par endroit, la forêt laissait une ouverture sur la reculée de Vaux.

Reculée de Vaux-sur-Poligny

Nous avons ensuite traversé la forêt de Poligny, devenant progressivement celle d’Arbois, sur une route se transformant parfois en chemin et où nous n’avons croisé personne à part un ou 2 chevreuils.

Il a fallu redescendre dans la reculée suivante, celle des Planches. Dans le village, la fontaine était potable et l’eau du ruisseau limpide. Nous avons, comme la veille même si la température avait baissé, remplis nos bidons plusieurs fois dans la journée.

Ruisseau à Planches-les-Arbois

Reculée des Planches

Nous avons traversé la petite ville d’Arbois, profondément entaillée par le même ruisseau venant de la reculée avant d’attaquer la 5ème et dernière montée de la journée.

Arbois

Après le premier lacet, une table d’orientation décrit un panorama sur la ville.

Arbois

La montée était la plus régulière et moins pentue de la journée. Comme les précédentes, elle nous a laissé le loisir d’admirer une dernière fois la reculée que nous venions de quitter.

Reculée des Planches

De l’autre côté de la bosse, le relief  a changé pour prendre un aspect un peu plus inhabituel. Salins-les-Bains se glisse le long de la Furieuse, flanqué par 2 forts et dominé en arrière plan par le Mont Poupet.

Salins-les-Bains devant le Mont Poupet

Fort Belin

Nous avons passé la nuit au camping de Salins où nous avons bien profité de la piscine. Pour changer des bières Rouget de Lisle, dont j’ai transporté toute la journée les 2 dernières bouteilles de 75cl quand-même, nous avons complété l’apéritif avec du Macvin et du vin d’Arbois. Il fallait bien ça pour passer une nuit réparatrice après nos 1600m de D+ de la journée et avant le démarrage du lendemain.

Pour démarrer ce 3ème jour, rien de tel que 500m de D+ à foid, sans échauffement. Parce que nous avons commencé directement par partir à l’assaut du Mont Poupet, qui, avec ses 850m d’altitude est le plus haut sommet situé aussi à l’ouest dans le massif du Jura. La montée est plutôt raide sur sa deuxième moitié mais tout le monde est arrivé au bout et a pu profiter du panorama s’étendant jusqu’aux Alpes (Mont Blanc, Dents du Midi et même jusqu’au Cervin s’il avait fait un peu plus clair) .

Salins-les-Bains depuis la croix du Poupet

Le belvédère était situé à la croix du Poupet, 1km avant le sommet de la route. Nous sommes 3 à  être allé jusqu’au bout malgré son manque d’intérêt, juste pour dire qu’on y est allé. En tout cas, les panneaux et les bornes étaient justes. Mon compteur indiquait 10km tout rond juste sous le panneau.

Sommet du Poupet

Nous avons ensuite dévalé les 4km de descente en moins de 5min avant de remonter les dernières petites côtes de la balade vers le village de By.

Route vers By

By

Il était amusant de voir des panneaux vers Rennes dans le village alors que la veille nous étions déjà passés à Blois.

By vers Rennes

Nous sommes redescendus des montagnes pour de bon cette fois par une belle route en forêt très régulière. Il n’y avait même pas besoin de toucher les freins ou d’appuyer sur les pédales et nous nous maintenions autour de 40km/h.

Nous avons traversé la Loue puis gagné Arc-et-Senans et ses salines royales. Sans y pénétrer on ne voit pas grand chose du site et de sa forme caractéristique en demi-cercle. Nous avons tenté d’en faire le tour pour trouver un endroit où pique-niquer et nous avons été bien mal inspiré car tout l’arrière du site servait de toilettes en plein air à un camp de gens du voyage, la municipalité n’étant apparemment pas capable d’offrir ce genre de commodité.

Salines Royales d'Arc-et-Senans

L’un de nous est parti vers Besançon et le reste de la troupe a poursuivi vers Dole en suivant les indications pour vélo. La traversée de la forêt de Chaux était très monotone, une bonne dizaine de kilomètre sur une piste cyclable en ligne droite parallèle à une départementale.

Arrivés au bord du Doubs et sur l’Eurovélo 6, nous avons rejoins tout d’un coup un tas d’autres cyclistes, dont une proportion  non négligeable portant des sacoches pour un peu plus qu’une balade d’un dimanche après-midi. Quelques gouttes ont commencé à tomber un peu avant Dole. Nous nous sommes réfugiés dans un café pour les quelques heures d’attente avant le train.

Dole

En partant vers la gare, une cycliste a l’air égaré est passée devant nous une deuxième fois. J’ai eu beau proposer mon aide, elle s’est enfuie. Je devais vraiment faire peur. Nous n’avons pas eu plus de succès auprès du préposé de la SNCF qui a catégoriquement refusé de nous accompagner pour accéder aux quais sans emprunter le passage souterrain (sans ascenseur) avec les vélos.

Ces quelques déconvenues de l’après-midi n’ont pas vraiment entamé notre enthousiasme après ces 3 jours de balade qui se sont superbement bien déroulés et qui ont bien plu à tout le monde.

Parcours de la Jurassienne 2015

Le détail des étapes : Dole -> Baume-les-Messieurs, -> Salins-les-Bains, -> Dole. Chacune faisait environ 80km mais les dénivelés étaient très irréguliers.

 

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De Cherbourg à Dreux : 4 jours de diagonale normande

Après avoir longuement hésité sur la destination idéale pour une virée à vélo en cette chaude mi-juillet, j’opte finalement pour la promesse de vent et de fraîcheur normande. Le train pour Caen est plein à craquer. Le TER qui suit vers Cherbourg l’est beaucoup moins, je finis même seul dans le wagon alors que tous les crochets pour vélos étaient pleins au départ de Caen. Tous les cyclistes sont descendus à Carentan, ça doit être une Mecque du vélo.

Dès la sortie de la gare, ça monte sur une 2×2 voies vraiment pas sympa en direction d’Octeville. Je traverse ce quartier et me retrouve en pleine campagne assez vite après n’avoir fait que monter. Je redescends ensuite en direction du Sud-Ouest pour rattraper la mer au niveau de Biville et commencer là un tour du Cap de la Hague.

À Biville, près du petit aérodrome, je débouche subitement au dessus de la mer au belvédère du Thot. Toute l’anse de Vauville est visible avec juste au pied du Thot une belle zone de dunes. La photo est cadrée pour ne pas montrer ce qui limite la baie au sud : le chantier de l’EPR de Flamanville.

Dunes de Biville

Vers le nord, les dunes laissent la place à la mare de Vauville, une petite réserve naturelle. Sur le plateau au delà, on distingue un peu l’usine de la Hague. La nature est belle autour de ce cap, mais l’usine est toujours présente.

Mare de Vauville

Je descend jusqu’au niveau de la mer avant de remonter à nouveau jusqu’au plateau à environ 170m d’altitude. Le cap de la Hague n’est pas la partie la plus facile de cette virée.

Anse de Vauville

Les falaises du Nez de Jobourg sont parmi les plus hautes d’Europe. Au large je distingue Aurigny et Sercq. L’atmosphère n’est pas assez claire pour voir les autres anglo-normandes.

Nez de Jobourg

Sur le plateau, je longe pendant un moment l’usine de retraitement des déchets radiocatifs. Ce n’est pas une usine, c’est quasiment une ville.

Usine de la Hague

Ratant un des panneaux de l’itinéraire cyclable, je termine ma route vers le bout du cap par la route principale et évite du coup une descente au niveau de la mer de plus. La route se termine au minuscule hameau de Goury, après une zone de cultures protégées par un dense réseau de murets.

Port de Goury

Sur un rocher au large, le phare se dresse pour alerter les bateaux qui le contournent.

Phare de la Hague

Histoire d’être sûr d’être bien allé au bout, je vais également jusqu’au sémaphore.

Sémaphore de la Hague

Le retour vers Cherbourg est plus facile. Le vent me pousse et il y a moins de relief sur la côte nord du cap. Je longe d’abord la mer vers Port Racine, avant de m’en éloigner pour me retrouver sur le plateau presque qu niveau de l’usine. Puis enfin la route devient vraiment côtière avant de pénétrer dans l’agglomération de Cherbourg.

Port Racine

Manoir de Dur-Écu

L’entrée dans Cherbourg le long de la mer est très facile à vélo car il y a une belle piste cyclable. Et malgré le beau samedi de juillet elle est presque déserte. En se rapprochant du centre-ville par contre elle devient malheureusement moins claire avant de se perdre dans un parc le long d’un boulevard explicitement interdit aux vélos.

Je ne traverse pas le centre-ville, je ne fait que l’effleurer au niveau du port. Mais les immeubles en arrière plan n’étaient pas très engageants et laissaient deviner un centre largement reconstruit.

Port de Cherbourg

Je fais par contre un détour jusqu’à la Cité de la Mer, située dans le bâtiment de l’ancienne gare transatlantique. Le bâtiment fût le plus grand bâtiment art déco de France dans les années 30, il n’en reste qu’une partie. Il n’y a plus de paquebots transatlantiques à Cherbourg. La gare principale, où je suis arrivé le matin même, a reculé dans les terres.

Gare transatlantique de Cherbourg

Je continue ma route vers l’Est en direction de Barfleur. La côte est agréable, légèrement vallonnée. Le trafic va diminuant à mesure que je m’éloigne de Cherbourg. Je comptais faire étape avant mais je pousse finalement jusqu’au phare de Gatteville, le plus beau de la journée.

Phare de Gatteville

Je trouve un petit terrain de camping à la ferme dans les environs. Une poule n’a pas arrêté de venir quémander mes restes.

Le lendemain il fait beaucoup plus gris. Mais la température reste très douce. Je commence par faire un tour dans Barfleur, un des plus jolis ports de pêche de cette côte.

Barfleur

Le cadrage des photos en bord de mer est chose bien plus délicate qu’en montagne. Tout est horizontal et laisse donc de large vides, soit de ciel, soit d’eau.

Barfleur

Un peu au sud, je traverse la ville de St-Vaast-la-Hougue. La ville est classée depuis peu à l’UNESCO au même titre que Besançon ou Rocroi dans le réseau des sites majeurs de Vauban. Ce sont plus précisément la péninsule de la Hougue et l’île de Tatihou qui sont fortifiées.

Port de St-Vaast-la-Hougue

Rempart de la Hougue

Baie de St-Vaast

Sémaphore de la Hougue

La route rentre un moment dans l’intérieur des terres mais les indications vélos me font assez vite regagner la plage et les prés salés. D’ailleurs je ne comprends pas beaucoup le balisage de l’Eurovélo 4 en direction du Mont St-Michel alors que je longe pourtant la côte en m’en éloignant.

Sans les sémaphores qui trônent au milieu, les remparts de la Hougue et Tatihou, assez bas, seraient peu visibles de loin.

La Hougue et Tatihou

Je rejoins à Quinéville les routes touristiques de la bataille de Normandie. Il y a régulièrement des blockhaus éventrés et des monuments commémoratifs.

Monument Leclerc

Blockhaus près de Varréville

Le site le plus visité est celui d’Utah Beach. Mais la fréquentation reste encore assez limitée pour un dimanche.

Monument d'Utah Beach

Je croise beaucoup de coureurs et de cyclistes sur la route de Carentan. L’itinéraire est sur des petites routes tranquilles mais pas très clair au niveau de Carentan même, dont l’accès est rendu malaisé par la voie rapide de la nationale 13. Le centre-ville est aussi un bel embrouillamini de sens uniques.

Je pique-nique sur le port d’Isigny-sur-Mer. La marée est basse.

Port d'Isigny-sur-Mer

J’hésitait sur la façon d’écrire le nom du village car le nom de la laiterie est proche phonétiquement et plus connu : Isigny-Sainte-Mère.

Je me retrouve ensuite plongé dans la foule des touristes venus se recueillir sur les plages du débarquement. Utah-Beach était un très léger prélude.

À Grandcamp, un artiste chinois a offert une gigantesque statue chromée représentant la paix. Je ne la trouve pas du meilleur goût.

Statue de la paix à Grandcamp

Plus loin, je visite la pointe du Hoc. Je me fait interpeller dès l’entrée parce que les vélos y sont interdits, mais je n’ai pas vu de panneau d’interdiction, ni de parking à vélo. On m’indique ce dernier qui était bien caché.

La pointe du Hoc, situé entre Utah Beach et Omaha Beach était un site stratégique à prendre pendant l’opération Overlord. Le terrain a été laissé tel quel avec tous les impacts d’obus et les ruines de blockhaus.

Pointe du Hoc

Pointe du Hoc

J’ai l’impression qu’il n’y a que des touristes américains.

En continuant la route vers l’Est, je descend un moment au niveau de la gigantesque plage d’Omaha Beach puis rejoins le plus important cimetière et mémorial américain de la côte, celui de Colleville. Là c’est une bonne surprise de voir un fléchage vélo dans l’immense parking et des arceaux dignes de ce nom.

Omaha Beach

Le cimetière est d’une propreté impeccable, l’herbe est tondue au millimètre, les buissons taillés au cordeau, les pierres tombales d’une blancheur immaculée. La plupart portent un nom, certaines non.

Cimetière américain de Colleville

Je poursuis le long de la côte jusqu’à Port-en-Bessin. Je trouve qu’il y a de plus en plus de cyclotouristes mais vu le trafic je plains ceux que je croise en famille, avançant beaucoup plus lentement que moi et subissant en permanence la pression des véhicules motorisés, voitures, motos, camping-cars et bus sur une route qui n’offre souvent aucune visibilité car souvent entre les haies et dans les villages.

Port en Bessin

C’est la dernière fois que je vois la mer. Alors que je passe devant une terrasse de café, pas bien vite parce que ça bouchonne, je surprends des voix : « c’est soit un Surly soit un Fahrrad ». Il y a des connaisseurs.

Je m’éloigne de la côte par un long faux-plat vers l’intérieur du Bessin, un pays côtier qui m’a l’air plutôt tourné vers l’agriculture que la pêche. Je rejoins la ville de Bayeux où je fais étape. Bien qu’à seulement quelques kilomètres des plages du débarquement, la ville est curieusement ressortie intacte de la seconde guerre mondiale. Du coup on peut toujours y admirer de belles maisons à colombage et une gigantesque cathédrale.

Maison à colombage à Bayeux

Maison à colombage à Bayeux

La flèche couronnée de cuivre se voit d’assez loin.

Cathédrale de Bayeux

La rivière Aure qui traverse la ville est minuscule mais ça n’empêche pas ses berges d’être aménagées en agréable promenade.

L'Aure à Bayeux

Le camping est situé près d’une rocade un peu bruyante et est plein à craquer. Beaucoup de cyclistes viennent en Normandie.

Le lendemain, je file vers Caen par une petite départementale qui longe à distance la nationale. Du coup, il n’y a personne. J’atteins rapidement la ville, fais quelques courses et traverse le centre-ville encore relativement désert un lundi matin.

Maisons médiévales à Caen

Église St-Pierre de Caen

Château de Caen

Je quitte la ville par l’ex-nationale 13 pour me rendre au Décathlon de Mondeville, solution la plus évidente pour me trouver un couvre-chef avant que mon cuir-chevelu ne passe par toutes les nuances de rouge. La sortie de ville n’est pas du tout aménagée pour les vélos, c’est presque de l’autoroute. Il y a bien quelques morceaux de piste cyclable, mais tellement discontinus que c’est comme s’ils n’existaient pas. Dommage car devant le plus grand Décathlon que j’ai jamais vu il y a tous les arceaux nécessaires mais pas grand monde d’assez téméraire pour venir jusque là autrement que dans un habitacle climatisé. J’en ressort avec un serre-tête bien flashy.

Au sud de la ville, ça ressemble à la Beauce, en à peine moins plat. La campagne de Caen est une terre de grande culture céralière, le Bessin l’était aussi, et ça va un peu à l’encontre de l’image qu’on se fait d’une Normandie verdoyante peuplée de vaches noires et blanches.

Au milieu de tout ça, c’est ma fête, avec 2 mois de retard. Merci, fallait pas.

Saint Sylvain

Au bout de cette partie peu captivante, je tombe sur St-Pierre-sur-Dives un jour de marché. Le petit centre-ville est plutôt joli, avec une abbatiale complètement cernée par un plan d’urbanisme hérité du moyen-âge.

Abbatiale de St-Pierre-sur-Dives

St-Pierre-sur-Dives

Après la ville, le paysage change du tout au tout. Les pâturages remplacent les champs de céréales et surtout, ça grimpe. Mais ça grimpe vraiment, St-Georges-en-Auge se mérite. Les pentes font régulièrement 10% ou plus.

Le Pays d'Auge

Le Pays d’Auge est vraiment très joli. C’est probablement l’endroit que je préfère dans cette virée Normande. Loin des touristes, des toutes petites routes bucoliques, du relief et des forêts. Je croise toutes les vallées perpendiculairement alors forcément les côtes se suivent mais ne se ressemblent pas. Je finis par atteindre Livarot, célèbre pour son fromage et ville étape du tour de France 3 jours plus tôt. La bourgade s’est rendormie. Mais les indices du passage de la grande boucle sont partout dans les vitrines et dans les petits maillots jaunes, verts, blancs et à pois qui flottent partout.

Livarot

Livarot

Les hameaux et maison isolées se succèdent, parfois abandonnées, parfois laissant voir de magnifiques manoirs.

Maison abandonnée en Pays d'Auge

Pigeonnier à Bellou

Manoir de Bellou

Aux Moutiers-Hubert, le tour de France est aussi passé.

Les Moutiers-Hubert

Après une dernière bosse, je rallie Orbec. Le centre-bourg est tout aussi dans son jus que les villages précédents, maisons à colombages et briques un peu partout et notamment la magnifique qui héberge le musée.

Musée d'Orbec

Je fait étape au camping municipal, sur les hauteurs de la ville au milieu des terrains de sport, pas cher et nickel.

Le lendemain, je continue ma route toujours vers l’Est, je quitte le Calvados pour l’Eure et le pays d’Auge pour celui d’Ouche. La première petite bourgade que je traverse porte un nom à consonance historique : Broglie, dans la vallée de la Charentonne.

Broglie

Charentonne à Broglie

Il y démarre une jolie voie verte qui permet de descendre la vallée jusqu’à Bernay. Je l’emprunte sur une très courte portion avant de remonter sur le plateau sur de jolies routes champêtres qui me mènent devant les grilles du château de Beaumesnil.

Château de Beaumesnil

Je suis ensuite des départementales un peu plus rectilignes, sauf quand il s’agit de couper une vallée comme celle de la Risle à La Ferrière-sur-Risle, une jolie petite ville avec là encore une vieille halle et des maisons à colombage.

La Ferrière sur Risle

Je rate complètement le centre de Conches-en-Ouche. Il s’y tient un vide grenier à bagnole-land et tout le monde se gare sur les pelouses du beau parc du centre et il y a un trafic désagréable qui ne me donne pas envie de m’attarder.

À partir de là, c’est presque la Beauce qui commence. De grandes lignes droites, peu de relief et des céréales. Je sors définitivement des jolis Pays d’Auge et d’Ouche. L’eau est beaucoup plus rare. L’Iton au faible débit est la seule rivière de ce plateau.

L'Iton à Danville

Les moissonneuses batteuses et les tracteurs commencent leur balai, la récolte est pour bientôt. Pendant 15 jours il faudra éviter ce coin à vélo, trop de poussière et de gros engins sur les petites routes. Les champs seront ensuite transformés en désert jusqu’au printemps suivant.

Dans les villages il y a parfois quelques agréables surprises architecturales comme ce porche en bois.
Porche à Marcilly-la-Campagne

Avant Dreux, je longe un peu la vallée de l’Avre avant de monter dans la forêt qui me fait déboucher dans les quartiers nord de la ville qui ont l’air un peu déshérités. Le centre-ville par contre est très coquet.

Pont à Dreux

Beffroi de Dreux

Il est encore tôt dans l’après-midi, à peine 14h quand je reprends le train pour Paris. Je n’ai aucune envie de continuer les 82km restant (d’après le billet de train). Et Dreux, comme terminus de transilien, était mon objectif.

Les 4 étapes faisaient respectivement : 116, 130, 120 et 105km au compteur. Et tout ça avec le vent dans le dos !

Voila le parcours : http://www.openrunner.com/index.php?id=5042794

 

Le Cyclop de Milly-la-Forêt

Dimanche ensoleillé après quelques jours de canicule, Lucie me propose une excursion culturelle, « 20km de vélo pas plus ». Nous devions être 3 mais ne sommes plus que 2 au départ dans les sous-sol de la Gare de Lyon. Sans préavis, le RER vers Malesherbes est supprimé. C’est celui qui nous aurait amené le plus près de Milly. Le suivant est une heure plus tard. Du coup nous décidons de prendre un direct pour Melun histoire de ne pas perdre trop de temps et d’emprunter un itinéraire totalement différent. Une demi-heure plus tard nous sommes en selle et avons 25km à parcourir jusqu’à Milly. Nous nous tartinons le visage et les avant-bras de crème solaire que la transpiration aura vite fait dégouliner, protection symbolique sur un bronzage agricole déjà bien marqué.

Il est midi passé, les routes se vident de voitures. Les quelques villages traversés ont l’air complètement endormis : Chailly-en-Bière, Saint-Martin-en-Bière, Courances. Dans ce dernier nous nous arrêtons pour pique-niquer en face des grilles du château. Les escaliers monumentaux sont clairement inspirés de ceux de Fontainebleau.

Château de Courances

Lucie étrenne un nouveau vélo qu’elle a trouvé pour une bouchée de pain en Bourgogne. Un cadre italien très sobre dont la marque est très discrètement gravée au sommet des haubans : Vicini. L’antivol et le marquage bicycode, tout plébiscités qu’ils soient par les associations de cyclistes urbains, gâtent un peu sa silhouette.

Vélo Vicini

Entre Moigny-sur-École et Milly-la-Forêt il y a une belle piste cyclable qui évite la route principale. Finalement Milly n’est pas si mal desservi que ça. L’embranchement vers le Cyclop est un petit chemin non indiqué de la direction dans laquelle nous arrivons.

Piste cyclable vers Milly

Le Cyclop est une œuvre monumentale en matériaux de récupération, essentiellement de la ferraille, située en pleine forêt plus précisément dans « le bois des Pauvres ». Il a été construit entre 1969 et 1994 par l’artiste suisse Jean Tinguely, sa femme Niki de St Phalle et quelques-uns de leurs amis. D’abord plus ou moins illégalement avec la bienveillance de la commune, puis finalement inauguré par François Mitterrand et son ministre de la culture de l’époque.

La billetterie du site est aussi de la récupération.

Billetterie du Cyclop

Je ne prends que des photos de l’extérieur car il est interdit de photographier l’intérieur pour des raisons de droit.

Sur une des façades on voit une énorme machinerie imaginée par Tinguely pour ne rien faire à part du bruit et faire rouler des grosses boules en inox à travers la structure.

Rouages du Cyclop

À l’arrière, une grande toise donne la mesure de l’édifice, 22m de haut. La toise est posée le long d’une tour faite de tables, chaises, escabeaux, passerelles métalliques empilés et soudés en tout sens. Une bouche d’aération a été récupérée sur le chantier du centre Pompidou.

Toise du Cyclop

Vers le sommet de la structure, un des rares éléments qui n’a pas été monté à la main est un wagon SNCF identique à ceux qui ont servi à la déportation. L’œuvre à l’intérieur la commémore d’ailleurs.

Des escaliers qui ne mènent nulle-part parsèment la structure. La vraie entrée elle, est bien cachée. Ce stratagème servait à leurrer d’éventuel squatteurs. Dans cet amas insolite domine une gigantesque oreille, c’est le début de l’explication du nom Cyclop.

Wagon et oreille du Cyclop

Parce que la dernière façade constitue le visage du Cyclop. Il est recouvert de fragments de miroirs malheureusement bien ternis. L’entretien et la restauration de l’œuvre sont une tâche bien complexe. L’œil est relié à la machinerie et bouge en permanence.

Visage du Cyclop

L’intérieur ne se visite qu’avec un guide et est truffé d’œuvres et d’inventions plus étonnantes et incongrues les unes que les autres. Il est assez étriqué par rapport à ce que les vastes proportions extérieures peuvent laisser penser.

Des ondées passent pendant que nous visitons l’intérieur. Quand nous repartons dans les rues de Milly, elles s’achèvent et laissent une atmosphère à peine rafraîchie et sentant bon le bitume mouillé.

Milly est un gros village qui a la phobie des vélos. Tous les sens interdits y sont doublés d’un panonceau « Y compris cyclistes ». Sachant que tout le centre est en zone 30, les double-sens cyclables devraient y être la règle. Mais le mythe de la dangerosité de tels aménagement a encore frappé, en dépit des constats, études et recommandations de très sérieux organismes gouvernementaux. Les élus sont parfois d’une ignorance crasse et prêts à tout pour conserver les voix d’un électorat qui, dans une ville mal desservie en transports en commun, ne conçoit pas un déplacement sans prothèse motorisée. Il est étrange que le vélo soit perçu comme un moyen de transport un tout petit peu sérieux uniquement dans les grandes villes alors que ce sont dans les plus petites et moyennes, où les distances sont réduites, qu’il a le plus d’intérêt.

La rivière École forme les douves du château et baigne quelques lavoirs en centre-ville.

Château de Milly-la-Forêt

Pont à Milly-la-Forêt

Un des lavoirs de Milly

Le centre est resserré autour de halles datant de la fin du moyen-âge.

Halles de Milly-la-Forêt

Nous quittons la ville par une route que j’ai déjà emprunté quelques fois en direction du massif des Trois Pignons. La route est entourée d’une forêt qui commence à prendre un aspect un peu plus sauvage après le Vaudoué, parsemée de blocs rocheux et de pins qui embaument l’air.

Après Achères-la-Forêt, une fois la saignée de l’A6 franchie, le massif des Trois Pignons devient la forêt de Fontainebleau. Nous trouvons des routes sans voitures quasiment désertes car probablement trop loin des villages pour que la foule des promeneurs du dimanche les atteigne.

Les routes sont souvent en ligne droite, mais dès que le relief, ou des amoncellement de roches, forme un obstacle, elles se mettent à onduler et se courber légèrement. Ce sont les passages où la forêt est un mélange de pins et de hêtres avec à leurs pieds de hautes fougères et quelque rochers que je préfère. Je trouve que ce sont ceux qui distinguent le plus Fontainebleau des autres forêts du bassin parisien.

Route en Forêt de Fontainebleau

Nous contournons la ville de Fontainebleau par le nord, tout en restant au maximum sur des petites routes fermées au voitures. À un moment nous dominons un verdoyant hippodrome. L’herbe est jaunie par un mois de juin très sec partout ailleurs. Cette vue est étonnante. Quel dommage d’avoir ainsi troué la forêt, surtout que l’endroit n’est pas collé à la ville. D’ailleurs, sur une photo aérienne, on constate que les villes jumelles de Fontainebleau et Avon sont très compactes et n’empiètent pas sur la forêt qui les cerne de toutes parts.  Les seules trouées dans la forêt (hormis les routes) sont un golf au sud-ouest et cet hippodrome au nord. L’illustration caricaturale comme le formule Hervé Kempf que « les riches détruisent la planète ».

Hippodrome de Fontainebleau

Après un pittoresque passage en balcon particulièrement tortueux, nous arrivons à la croix du calvaire qui surplombe la ville. Les toits du château sont visibles, quoique discrets.

Centre de Fontainebleau

Le viaduc du train qui va nous ramener vers Paris est juste à nos pieds.

Viaduc d'Avon

En attendant le transilien, les TER Bourgogne et les trains de marchandises traversent la gare à toute allure. Les promeneurs et cyclistes s’accumulent sur le quai. Malgré un train toutes les demi-heures celui-ci est plein à craquer. La foule habituelle d’un dimanche d’été nous rattrape enfin alors que les routes étaient désertes. Ce n’est pas un retour à la civilisation car nous ne l’avons jamais quitté, mais un peu quand-même, la promiscuité, le bruit et l’odeur.

En tout nous avons roulé une bonne soixantaine de kilomètres, au lieu des 20km maximum prévus à l’origine, et nous en revenons bien évidemment ravis. Le tracé du parcours est ici : http://www.openrunner.com/index.php?id=5008292

Laon – Soissons

Quand on m’a annoncé que je devais me rendre à Laon pour une réunion de travail, j’ai immédiatement imaginé toutes les possibilités que ça m’ouvrait pour enchaîner sur une petite balade à vélo. Parce que Laon pour moi ça rime avec vélo (la poésie n’a jamais été mon fort) comme en témoignent les quelques fois où la ville m’a servi de point de départ ou d’arrivée : , , et . La ville est assez proche de Paris et entourée d’un sympathique paysage de collines et de forêts.

La réunion ayant lieu le matin, j’ai posé mon après-midi pour profiter du beau temps et faire une partie du retour à vélo. J’ai eu le temps de faire un tour dans la ville haute, autour des remparts, après l’arrivée de mon train du matin.

Porte d'Ardon à Laon

Tours de la cathédrale de Laon

Laon

Au boulot, mes interlocuteurs ont été un peu surpris de me voir demander innocemment où je pouvais garer mon vélo alors qu’ils savaient que j’arrivais de Paris.

Je n’avais nulle envie de reprendre un itinéraire que je connaissais déjà en direction de la capitale, alors je me suis concocté un large arc de cercle pour m’en éloigner un peu en privilégiant les bosses de la région. Laon déjà en est une de bosse, mais vers le sud, les vallées entaillent avec régularité le plateau et il y a donc moyen d’enchaîner les petites montées d’une centaine de mètres de dénivelé.

En haut de la première, à Chéret, en me retournant je vois la colline de Laon barrer l’horizon.

Laon depuis Chéret

Après une descente aussi longue, ça repart pour une deuxième montée vers le château de La Bove, puis une redescente dans la vallée de l’Ailette où je croise une voie verte abondamment signalée. Sans doute la proximité du Center Parc y est pour quelque-chose. Au milieu de la forêt se trouvent les ruines de l’Abbaye de Vauclair.

Tour de l'abbaye de Vauclair

Abbaye de Vauclair

Je grignote au milieu des ruines et grimpe ensuite vers le chemin des Dames. Je coupe cette route à la Ferme d’Hurtebise et la longe jusqu’à un monument en hommage aux bataillons Basques.

Chemin des Dames - Monument aux Basques

Le soleil tape vraiment fort dans la petite vallée qui vient ensuite et où j’enchaîne les villages et les vallons.

Oulches-la-Vallée-Foulon

À Pargnan, je tombe sur le premier village d’une série un peu particulière qui semble typique de ces alentours de la vallée de l’Aisne : le village est construit contre une petite falaise juste en dessous du niveau du plateau. La falaise est percée de grottes qui prolongent les bâtiments ou offrent des remises et caves sans pour autant que le village soit troglodyte.

C’est le même topo autour du plateau de l’autre côté de la vallée de l’Aisne.

Grottes à Vauxcéré

Après Braine, je monte sur un plateau qui dure un peu plus longtemps. Les champs de céréales sont de temps en temps ponctués d’une ancienne ferme fortifiée ou commanderie. Ça manque un peu d’ombre et je suis heureux de redescendre dans la vallée de la Crise sur quelques kilomètres avant d’arrivée à Septmonts. Les restes du château ne sont pas vilains.

Château de Septmonts

Après ce village, il me reste une dernière côte pour franchir le Mont de Beleu. Du haut de la descente, Soissons se dévoile avec bien reconnaissables les 2 tours de l’abbaye ruinée de St-Jean-des-Vignes.

Soissons vu du mont de Beleu

Je trouve la gare très facilement parce que j’arrive du bon côté de la ville. La route directe depuis Laon ne faisait guère plus de 30km mais avec ce tour j’en ai plus de 80 au compteur.

Si j’avais échappé aux marques de bronzage en Grande Bretagne, cette fois ça y est, elles sont installées pour la saison.

Voila le parcours avec son beau profil en dents de scie :

Profil Laon-Soissons