Durness – Thurso et voyage de retour

Cet article est le 6ème et dernier qui relate un voyage à vélo à travers toute la Grande Bretagne. Si vous avez raté le début c’était >>ici<<.


Pour ce dernier jour de pédalage, le soleil s’est montré un peu plus généreux. La côté a changé d’allure, offrant plus de plages et plus de falaises. En quittant Durness nous avons eu une vue d’ensemble de ce minuscule village, probablement un des plus isolés du pays.

Durness

Ce n’était pas tout à fait l’endroit le plus au nord où nous sommes passés. Mais là au moins il y avait un cairn.

Durness Cairn

Côté météo c’était le plus beau démarrage depuis Fort William. Il y avait quand même des douches écossaises vraiment glaciales mais jamais plus de 10 minutes.

Côte nord

Seule une étroite bande de terre entre la mer et les tourbières ou les montagnes est utilisée pour le pâturage des moutons et des vaches des Highlands. Parmi les murets qui délimitent les parcelles il y a quelques ruines, vestiges d’anciens hameaux détruits après les émeutes de Durness lors des Clearances.

Champs sur la côte nord

Le loch Eribol pénètre assez profondément dans les terres et il nous a fallu un moment pour le contourner. D’autant plus que le vent ne nous était pas favorable quand on s’éloignait de la mer. Mais en tout cas ce loch était vraiment splendide et à l’heure matinale où nous sommes passés nous n’étions pas encore obligés de céder constamment le passage aux motos et aux camping-cars sur l’étroite route à passing places.

Loch Eriboll

Nous avons vu assez peu de vaches des Highlands dans les Highlands. Celles-ci sont presque les seules de la journée.

Vache des Highlands au loch Eriboll

Après avoir contourné le loch Eriboll, nous sommes arrivés le long du loch Hope, surmonté par le sommet du même nom. C’est un des derniers grands sommets isolés que nous avons vu.

Loch et Ben Hope

Les montagnes s’éloignaient de la côte à mesure que nous avancions et l’étape alternait les vallées se jetant dans la mer avec les plateaux de tourbières. Les tourbières étaient de plus en plus grandes à mesure que nous progressions vers l’Est.

Ruine dans le Moorland

Le Kyle of Tongue est une des embouchures qui coupe le plateau tourbeux. Sur la route en face, j’ai atteint ma plus haute vitesse du voyage, 63.4km/h, malheureusement j’ai du écraser les freins car un groupe de mouton me regardait arriver, tous bien alignés en travers de la route, et se sont dit qu’il fallait bouger au dernier moment.

Kyle of Tongue

Il n’y avait pas beaucoup de route partant vers l’intérieur des terres. Celle-ci menait à une petite réserve naturelle ou forestière je crois.

The unknown

Comme par hasard, il s’est mis à faire mauvais quand nous avons voulu pique-niquer et ça s’est terminé sous un abri-bus. Et la pluie a cessé à peine remis en selle.

Herbus de la côte nord

La côte est devenu de moins en moins spectaculaire en allant vers l’Est, moins de falaises, moins de montagnes, de plus en plus de villages et même une centrale nucléaire. Il faut dire que malgré ses 8000 habitants, Thurso, notre ville d’arrivée est LA ville du coin. Nous l’avons atteinte avec 122km au compteur.

Thurso

En face de la ville on distinguait bien les falaises des Orcades et celles de Dunnet Head, le cap le plus au nord de Grande Bretagne.

Dunnet Head

Thurso est une ville sans intérêt. L’hostel que nous y avons trouvé était correct mais bien en dessous de ceux où nous avons logé auparavant. Nous y avons rencontré d’autres cyclistes. Un couple en tandem achevait comme moi son voyage ici. Leur voyage était un classique LEJOG (Land’s End to John O’Groats), les 2 caps les plus éloignés de l’île. D’ailleurs c’est tellement une classique qu’à plusieurs reprises les gens pensaient que nous étions partis de Land’s End quand nous leur annoncions notre destination. Mais notre destination n’était pas John O’Groats, que j’ai parfois utilisé parce que plus connu de mes interlocuteurs, mais Thurso. Parce qu’à Thurso il y a une gare, le terminus de la Far North Line.

Alors que nous cherchions des yaourts dans une mini supérette qui n’en vendait pas, nous avons finalement mangé une glace, en remarquant avec ironie que bien qu’à l’extrême nord de la Grande Bretagne et relativement chaudement habillés, c’était notre première et unique glace du voyage. Il fallait au moins ça pour fêter la fin du voyage.

Le lendemain j’ai laissé Audrey dormir avant qu’elle ne prenne le ferry pour les Orcades et continue son voyage. Je suis juste allé à la gare prendre le tortillard qui met près de 4h pour rallier Inverness, à peine à 200km de là. La ligne traverse d’immenses tourbières avec des sommets enneigés dans le lointain. Une voyageuse se plaignait que justement cette neige n’aurait pas dû être là à cette époque de l’année. Quand la ligne passait en bord de mer on voyait des plate-formes pétrolières, parfois étonnamment proches.

À midi j’ai commencé à sillonner Inverness. Tout à coup je me suis retrouvé au milieu des touristes, ça faisait bizarre.

Canoe sur la rivière Ness

La rivière Ness tient une place centrale dans la ville, d’ailleurs ça se voit sur les photos du château et de la cathédrale.

Château d'Inverness

Cathédrale d'Inverness

J’ai particulièrement apprécié les Ness Islands qui forment un parc aux allures assez sauvages en pleine ville. Dommage qu’il y ai eu de la grêle (ça faisait longtemps).

Les Ness Islands

Comme j’avais le temps, toute l’après-midi, je suis même allé jusqu’au Loch Ness, à une quinzaine de kilomètres. Juste pour dire que j’y suis allé. Le lac est tellement long qu’on n’en voit pas l’autre extrémité.

Le loch Ness

Côté mer, j’ai poussé mes explorations jusqu’à l’extrémité du Caledonian Canal, que nous avions longé du côté de Fort William. Je l’avais repéré quand le train l’a traversé le matin même sur un pont tournant.

Traversée ferroviaire du Caledonian Canal

Sur la rivière, les 2 plus beaux ponts d’Inverness sont 2 passerelles piétonnes suspendues de la fin du XIXeme siècle. J’ai eu le temps de les traverser un certain nombre de fois en attendant mon rendez-vous avec le chauffeur qui allait transporter mon vélo jusqu’à Londres.

Passerelle d'Inverness

Parce que quand il n’y a pas assez de place dans le train de nuit pour transporter le vélo, un utilitaire le transporte par la route en parallèle. Et c’est gratuit. C’était le cas pour 4 vélos ce soir là. Le train de nuit Caledonian Sleeper était vraiment très confortable avec seulement 2 couchettes par compartiment et un personnel aux petits soins.

Le lendemain matin à London Euston, le livreur attendait pour me remettre le vélo en main propre sur le parvis de la gare.

Il était environ 9h du matin et il faisait un temps chaud et ensoleillé sur la capitale. J’ai été ravi de pouvoir la sillonner à vélo à cette heure-là, alors qu’il n’y avait quasiment pas de trafic. Je suis repassé dans tout un tas de lieux connus grâce à ma récente visite en 2012.

Holborn

Old Bailey

St-Paul cathedral et Millenium Bridge

La Tamise, le tower bridge et the Shard

Comme mon compagnon de train m’a dit qu’il y avait un rassemblement de « tall ships » à Greenwich, j’y suis allé. J’ai trouvé qu’il était vraiment facile de se diriger à vélo dans Londres. Pourtant je n’avais pas de carte et c’était la première fois que je venais à vélo, avec des perceptions totalement différents d’à pied et en métro.

Canary Wharf

Finalement, à Greenwich, pas un tall ship en vue. Mon compagnon de train se sera visiblement trompé (apparemment ce sera fin août). Mais je suis quand même content d’être allé jusque là.

Greenwich

Je commençais à avoir faim car je n’avais pas pris de petit déjeuner. Mais j’avais une adresse en tête un peu au nord de la City. J’y suis donc retourné aussi vite que j’en était venu. Cette fois au lieu de traverser au Millenium bridge, je suis passé sur le Tower Bridge et le long de la tour de Londres. Je ne me suis pas rendu compte en prenant la photo que the Shard était pile dans l’axe.

Tour de Londres et the Shard

City

J’ai pris mon petit déjeuner chez Look Mum No Hands, un célèbre café-atelier de réparation de vélo. C’est branché, très très à la mode, il y a de l’espace, du monde qui passe les mains pleines de cambouis et la déco est amusante. La nourriture est bonne mais chère, en tout cas par rapport à ce que nous avions connus ailleurs en Angleterre, donc après tout ce n’étaient peut-être que les prix londoniens.

Après, je suis allé dans le quartier de Covent Garden pour faire un tour dans ma librairie de voyage préférée : Stanfords, sans égale à Paris. J’en suis ressorti avec 2 bouquins, dont l’un d’une fille qui a fait le tour de Grande Bretagne à vélo en longeant au plus près la côte, le genre de projet farfelu qui me parle, d’autant plus que je commence à être un peu plus familier de la géographie britannique. Il y a une galerie photo qui va avec.

Covent Garden

J’ai été déposer mon vélo 3h avant mon Eurostar, pour être sûr qu’il arrive en même temps que moi à Paris. Ça coûte cher, £25, presque aussi cher que ma propre place dans le train. Et en plus, il ne faut rien laisser sur le vélo, donc je me suis retrouvé avec mes 4 sacoches et ma tente sous le bras. Je ne suis pas allé bien loin et je suis resté à bouquiner dans les environs de St-Pancras et du Russels Square.

Hotel Russels

Arrivé à Paris, j’ai mis du temps avant de pouvoir récupérer mon vélo, au bout d’un quai de service crasseux et plein de nids de poule de la gare du Nord. Je l’ai vu arriver valdinguant pendu seul à un râtelier tandis qu’on le tirait à vive allure sur le quai en maugréant que « y’en a marre des vélos, on en a trop eu ce weekend ! ». Pour le prix du service… heureusement que côté anglais ils étaient un minimum affables.

J’ai retrouvé les rues de Paris complètement embouteillées (comme quoi la zone de congestion charge à Londres, ça a l’air de marcher).


Voila, comme c’est la fin de cette série d’article sur ce voyage en Grande Bretagne, il est temps de mettre une carte :

Parcours Grande Bretagne à vélo 2015

Et quelques chiffres :

  • distance moyenne : 96km/jour.
  • plus longue étape : 134km entre Shiel Bridge et Gairloch.
  • étape la plus courte : 30km entre Porthmadog et le Snowdon.
  • meilleure moyenne : 19.4km/h entre Pen Y Pass et Chester
  • plus faible moyenne : 13.55km/h entre Castle Douglas et Glentrool
  • 17 nuits de camping
  • 5 en auberges de jeunesse ou hostels
  • 6 en couchsurfing et warmshowers
  • 1 dans le train
  • 12 en Angleterre
  • 11 en Écosse
  • 4 au Pays de Galles
  • une en France
  • total des dépenses : 1315€
  • 14 cartes postales rédigées
  • 236 photos en ligne (à peu près le quart du total)
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