Galloway – Ben Nevis

Si vous avez raté le début du voyage c’est >>ici<<.


19ème jour de voyage, 16ème étape, c’était notre premier réveil en Écosse. Nous avons continué toute la journée le long de l’itinéraire cyclable n°7. D’abord sur une petite route de campagne qui nous a fait regagner la côte. Les faisans que nous apercevions déjà régulièrement depuis notre arrivée en Angleterre étaient plus faciles à photographier ce matin là.

Faisan sur la route de Kirkcudbright

À Kirkcudbright nous avons complété nos provisions avant d’entamer une portion de côte qui avait des allures bretonnes.

Château de Kirkcudbright

Marée basse à Kirkcudbright

Quelques averses nous ont atteint mais jamais plus de quelques minutes, laissant derrière elles à chaque fois une belle lumière.

Cimetière de Girthon

Gatehouse of Fleet est le dernier village que nous avons traversé ce jour là.

Gatehouse of Fleet

Après ce village, nous avons attaqué les collines du Galloway. Les nuages plus gros sur les sommets ne nous ont pas épargnés quelques copieuses douches mais globalement le soleil l’a emporté. Pour pique-niquer nous avons trouvé un super spot près d’un ancien viaduc ferroviaire.

Viaduc dans la forêt de Galloway

L’après-midi il ne restait guère plus de 40km à parcourir. Mais ces 40km étaient essentiellement sur chemin et donc il nous a fallu plus longtemps que d’habitude pour les parcourir. Les panneaux indicateurs nous mettaient clairement en garde.

Panneau off-road sur le NCN 7

Nous étions particulièrement lents dans les montées sur chemin, mais le paysage en valait la peine. C’est juste dommage que cette forêt nationale de Galloway, que je pensais être une réserve naturelle donne l’impression d’être exploitée à outrance  à cause des nombreuses coupes à blanc que nous avons pu observer. Mais bon, avec ou sans exploitation les sommets resteront dénudés.

Nous avons aussi passé quelques lochs.

Loch Grannoch

Le réseau cyclable est régulièrement marqué de bornes sculptées, toutes différentes, ici au bord du lac de Clatteringshaws. La sacoche arrière du vélo porte les traces de boue des chenilles d’un engin de débardage que nous avons du contourner par un fossé humide. Tout donnait l’impression d’être humide et il semblait impossible de sortir des routes et chemins sans s’enfoncer dans une tourbière.

Loch Clatteringshaws

D’habitude, nous tombions régulièrement sur des bancs avec une petite plaque commémorant un être cher. Cet après-midi là nous n’en avons trouvé qu’un seul et presque dans l’endroit le plus reculé de l’itinéraire. Mais c’était aussi l’endroit le plus beau de l’itinéraire.

Craiglee et Craignaw

Nous avons fait étape à Glentrool, au bout de 98km à notre plus faible moyenne du voyage : 13,55km/h. Le camping disposait d’un bothy bien pratique pour échapper au vent et aux averses pendant la soirée.

Le lendemain, le ciel était presque uniformément gris. Ce n’était pas de très bonne augure pour les 2 cols de la matinée. Mais heureusement ils n’étaient pas assez élevés pour qu’on y soit dans le brouillard ou la bruine. Comme la plupart des cols que nous avons passé, nous n’avons pas su leur nom ou leur altitude, il n’y a jamais de panneau pour ça.

Col dans le Galloway

Après le deuxième col, nous sommes partis pour quasiment 15km de descente. Jusqu’à Maybole où nous avons rejoins des routes plus larges à mesure que nous approchions de la côte.

Borne entre Maybole et Newton Stewart

À Alloway, nous avons déambulé dans les jardins du mémorial à Robert Burns. Son nom ne nous disait rien mais ce poète du XVIIIeme siècle est très connu, un véritable héros national pour les écossais.

Burns Memorial

Nous avons ensuite longé la côte, alternant entre petites villes balnéaires, terrains de golfs et même l’aéroport low-cost de Glasgow. Le passage des collines isolées à la plaine densément peuplée a été rapide, un peu comme à la sortie du Snowdon.

Le temps a aussi radicalement changé et nous avons eu un beau soleil tout l’après-midi. Les plages sont quand même restées désertes.

Troon

On distinguait nettement, de l’autre côté du Firth of Clyde, l’île d’Arran, notre destination de la journée.

l'île d'Arran derrière un golf

Pour l’atteindre, il nous a fallu d’abord emprunter tous les détours de l’itinéraire cyclable, tantôt pour nous éviter les grands axes et tantôt pour nous faire passer dans des réserves naturelles ou bien des centres-villes historiques, jusqu’au port d’Ardrossan. Puis nous avons pris le ferry pour une traversée d’environ 1h.

Centre d'Irvine

Ardrossan

À Brodick, sur l’île d’Arran, nous nous sommes rendus compte que les 15km escomptés sont en fait devenus 14 miles, soit 22km, et il est presque 18h quand le ferry nous fait débarquer. Les nuages se sont accrochés sur les reliefs mais la route reste d’abord le long de la côte à plat.

Port de Corrie

Corrie

Mais comme Arran a la réputation d’être une Écosse en mignature, ça s’est terminé par le passage d’un col au milieu de tourbières, avec un fort vent, avant de redescendre sur une baie gardée par les ruines d’un château.

Montagnes d'Arran

Château de Lochranza

Ce soir là nous avons dormi en auberge de jeunesse, notre premier logement en dur depuis Liverpool. Nous avons roulé 121km.

Il a fallu se lever à l’aube pour attraper le ferry mais nous sommes arrivés bien trop en avance pour le minuscule bateau comparé à celui d’Ardrossan. Nous pensions prendre un café dans le ferry et il n’y avait qu’une piteuse salle pour s’abriter du vent et pas l’ombre d’une machine à café.

Ferry de Lochranza à Claonaig

Pas mieux au port d’arrivée de Claonaig : une jetée et rien derrière.

Claonaig

Il nous a fallu passer un col pour couper la péninsule de Kintyre avant de pouvoir nous installer avec une tasse entre les mains à Tarbert.

Port de Tarbert

Pour rallier notre étape d’Oban, nous avions le choix entre une centaine de kilomètres par la route principale, ou bien le bucolique itinéraire cyclable et ses 150km. Sans trop d’hésitation nous n’avons pas joué les touristes. La route principale n’était en outre pas trop fréquentée puisque ne desservant guère plus que la péninsule.

La pluie est arrivée alors que nous voulions pique-niquer à Kilmartin. Nous avons continué un peu mais comme ça ne faisait pas mine de se calmer nous avons trouvé une grange où nous abriter au village suivant. Mais après manger il a fallu quand même continuer.

Pierres levées à Kilmartin

Nous sommes arrivés dégoulinants à Oban, après 30 miles de ce régime (48km) sur les 108km de l’étape. C’était un Machynlleth 2, le retour. Pas de couchsurfeurs pour nous héberger ce soir et l’auberge de jeunesse était complète, mais heureusement nous sommes tombés sur un super hostel. La femme de l’accueil a étalé nos affaires sur tous les radiateurs et dans toutes les pièces pour être sûr que nous repartions secs le lendemain. Elle a également essayé de nous aider, mais sans succès, à trouver un logement en dur pour le lendemain à Fort-William. Les prévisions météo n’étaient vraiment pas brillantes.

Le lendemain matin finalement, la pluie s’est arrêtée un peu avant que nous quittions l’hostel. Nous avons fait un petit tour sur le port d’Oban, dominé par un énorme mémorial. La ville est très touristique, nous avions déjà pu nous en rendre compte la veille avec tous les cars de tourisme et l’auberge de jeunesse complète.

Oban

Oban

Oban

Mais ce matin là, même les locaux jouaient les touristes, parce qu’un peu plus loin dans la baie mouillait le Queen Mary 2, et le passage d’un bateau de croisière aussi prestigieux est en fait assez rare.

Queen Mary 2 à Oban

Le soleil faisait une percée sur l’île de Mull en face. Il n’en fallait pas plus pour envisager la journée sous un bon angle.

Soleil sur l'île de Mull

Alors que nous nous attendions à suivre une grande route, l’itinéraire cyclable 78 nous a quand même réservé une très grande majorité de voies en site propre. Et pour la première fois nous avons pu voir des cerfs de près et vraiment peu farouches sur les quais de la gare désaffectée de Portnacroish.

Cerfs à Portnacroish

C’était juste avant de déboucher sur le fameux Castle Stalker, immortalisé comme Castle of Aughhh dans Monty Python Sacré Graal.

Castle Stalker

La piste cyclable était de mieux en mieux aménagée, parfois surplombant la mer, parfois la longeant.

Route NCN 78

Vue sur la mer à Kentallen

NCN route 78 vers Glencoe

Nous commencions à apercevoir des petites plaques de neige sur les montagnes depuis le matin mais c’est du côté de Glencoe, au dessus du pont de Ballachulish que nous avons pu apercevoir un premier sommet plus enneigé.

Pont de Ballachulish

Là, les routes venant du sud convergeant, nous nous sommes retrouvés sur une A-road à fort trafic. Et l’itinéraire cyclable n’était pas terminé, il manquait 15km avant Fort William. Heureusement s’est passé assez vite car il y avait peu de relief et un vent dans le bon sens, mais les grumiers et la foule de touristes nous doublant sur une route sans visibilité n’étaient quand même pas rassurants, c’était probablement le pire tronçon de route du voyage sur ce plan-là.

Nous avons atteint Fort William relativement tôt. Elle nous a donné l’impression d’un petit Chamonix au bord de la mer. Tout le monde déambulait en vêtements techniques au milieu des magasins de souvenirs et surtout d’équipement de sport. Faute d’avoir pu réserver une chambre depuis Oban, nous sommes allés au camping de Glen Nevis, sans regrets car il faisait alors un temps radieux, contrairement à ce qu’annonçait la météo la veille. La journée nous a paru plutôt courte malgré 96km au compteur.

N’ayant pas trouvé de nourriture le long de la route et n’ayant pas fait les courses à Oban le matin avant de partir, nous avions à peine grignoté dans la journée et du coup nous sommes allés manger dans un pub assez tôt en début de soirée.

Fort William

Le lendemain, le ciel était complètement bleu au réveil. Nous avons laissé nos affaires au camping pour grimper au sommet du Ben Nevis. C’est le plus haut des 3 sommets du voyage mais la randonnée n’est pas plus longue puisque la montée est très directe. Le chemin est bien empierré pour inciter les gens à rester dessus et ne pas couper les virages ou marcher hors-sentier. Vu la fréquentation du site ça pourrait avoir de grave conséquences.

Chemin du Ben Nevis

Les quelques Bens du fond de la vallée de Glen Nevis étaient bien enneigés.

Vallée du Glen Nevis

Au cours de la montée nous avons vu quelques personnes avec des piolets attachés au sac à dos. Nous pensions en effet trouver des névés mais pas qu’un tel matériel pouvait être nécessaire.

Le ciel s’est couvert assez vite pendant la montée, devenant presque uniformément gris.

Vue en direction de Fort William

Vue du côté Glen Nevis

300m sous le sommet, vers 1050m d’altitude, le chemin bien tracé dans le pierrier s’est perdu sous la neige. Et ce n’était pas qu’un petit névé car nous avons marché dans la neige jusqu’au sommet. En plus des quelques personnes avec des piolets, nous avons aussi croisé quelqu’un qui descendait avec des crampons… et d’autres habillés en Gandalf ou Dumbledore, je ne sais pas quel était l’accoutrement le plus approprié pour une telle ascension du coup.

Montée au Ben Nevis dans la neige

Les nuages étaient juste assez bas pour que le sommet soit dedans. S’il n’y avait pas eu tant de monde ça aurait pu être dangereux dans le brouillard. S’écarter du sentier peut mener à une belle corniche surplombant 600m de falaise.

Corniche de neige au Ben Nevis

Nous ne nous sommes pas attardés au sommet, il faut dire que la vue était plus belle 200m plus bas. Mais voila, un des objectifs du voyage était atteint, gravir les « 3 pics », le Snowdon, le Scafell Pike et le Ben Nevis, ce dernier étant le plus haut d’entre-eux à 1343m.

Sommet du Ben Nevis

J’ai laissé le sac à dos à Audrey après le pic-nique pour nous laisser chacun descendre à notre rythme et j’ai rejoint le camping avec beaucoup d’avance, le temps de prendre une douche faire une lessive et acheter de quoi prendre l’apéritif. Mais peu après le retour d’Audrey, il s’est mis à pleuvoir. C’est sans hésitation que nous sommes retournés dans le même pub que la veille, manger des trucs gras et pas cher arrosés d’une pinte de bière.

Malgré cette pluie du soir, nous n’étions pas aussi pessimistes qu’à Oban pour la suite. Et puis ce qu’il nous restait c’était la dernière ligne droite, plus de sommets à gravir, plus que les Highlands à traverser en 5 jours.

La suite ici >>

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