Liverpool – Galloway

Si vous avez raté le début du voyage c’est >>ici<<.


Le soleil se levait de plus en plus tôt à mesure que nous avancions vers le nord. Ce matin là il m’a réveillé, aidé des oiseaux qui chantaient et je suis parti très tôt. À 6h45 j’étais en route, seul, l’étape prévue étant particulièrement longue et moins intéressante que les jours qui allaient suivre, Audrey a pris un train un peu plus tard pour me rejoindre à la mi-journée. C’est la dernière étape qu’elle n’a pas fait en entier.

J’ai longé plus ou moins la mer d’Irlande dès le départ, avec de jolis passages dans les dunes et un terrain de golf. À Southport la piste était sur le trottoir d’une route plutôt fréquentée pendant des kilomètres. De l’autre côté de la baie on pouvait apercevoir Blackpool.

Blackpool from Southport

Pour éviter les routes encore très fréquentées à cause de la proximité de Liverpool et Preston, l’itinéraire cyclable que j’ai suivi partait ensuite dans l’intérieur des terres, dans une zone très plate, régulièrement sur des digues qui me rappelaient de précédents voyages en Allemagne ou aux Pays-Bas. Finalement il a été plutôt aisé et agréable de rallier Preston où j’ai retrouvé Audrey pour la deuxième moitié de l’étape.

Jardin à Preston

Nous avons suivi l’itinéraire cyclable NCN 6, même s’il zigzaguait beaucoup. C’était un peu plus vallonné que le matin et le vent tantôt nous poussait, tantôt nous freinait. Quelques kilomètres avant Lancaster nous avons quitté les routes peu fréquentées pour une ancienne voie ferrée désaffectée le long de l’embouchure de la rivière Lune.

éoliennes au dessus de la rivière Lune

Cette voie verte nous a mené jusqu’au centre de Lancaster. La ville nous a semblé très agréable et vivante avec beaucoup d’aménagements cyclables, notamment une triple passerelle pour traverser la Lune.

Centre de Lancaster

Pont de Lancaster

À la sortie de la ville nous avons rejoins un petit canal que nous avons longé jusqu’à Bolton-le-Sand. Ensuite, la route jusqu’au camping traversait un passage à niveau qui passait plus de temps fermé qu’ouvert. Il faut dire qu’il protégeait la voie ferrée qui menait à Glasgow au nord, très chargée. Le bord de mer offrait une très belle vue sur la baie de Morecambe et derrière nous avons eu notre premier aperçu des sommets du Lake District.

Morecambe bay et Lake District

La circulation des trains s’est calmée dans la soirée et nous avons très bien dormi, surtout après une journée de 127km.

La journée du lendemain a été particulièrement ensoleillée pour aborder les premières collines du Lake District. La route NCN 6 nous a fait emprunter de jolies petites routes entres les pâturages de moutons.

Pont près de Milnthorpe

Moutons près de Milnthorpe

À Kendal, Audrey a demandé l’avis d’un vélociste au sujet des bruits de son pédalier. Celui-ci a donné quelques coups de clé allen pour resserrer tout ça parce qu’il y en avait bien besoin mais il ne pouvait rien faire pour le bruit.

Kendal

Enfin à Windermere, nous nous sommes retrouvés au pied des montagnes. Le lac de Windermere est sans doute le plus grand lac du district, quelques bateaux permettent même de le traverser. Nous avons pique-niqué dans un beau jardin au bord.

Lac de Windermere

Un peu plus loin, aux environs d’Elterwater, après nous avoir mené sur des petits raidillons, l’itinéraire cyclable nous a fait suivre un sentier de randonnée particulièrement beau et fréquenté par les touristes. Les sommets de Langdale se détachaient en toile de fond.

Langdale Pikes depuis Elterwater

Après le village, les indications cyclables étaient rigolotes.

Challenging option

La « challenging option » était constituée essentiellement de chemins très pentus d’après la carte. Nous avons préféré le léger détour qui nous a fait passer par la véritable entrée de la route des cols Wrynose et Hardknott. Ces cols sont réputés les plus raides d’Angleterre.

Panneau des cols Wrynose et Hardknott

Nous avons suivi cette route jusqu’au hameau de Little Langdale, puis nous l’avons quittée pour un col sans nom. Nous n’avons vu le col de Wrynose que d’en bas.

Wrynose Pass

Mais ce col sans nom s’est révélé assez pentu quand même. Il y avait quelques tricheurs qui montaient sans sacoches.

Col de Little Langdale

Juste de l’autre côté du col, après une descente très raide également, nous nous sommes arrêtés au camping de Great Langdale. C’est le seul camping qui avait un tarif « vert » pour les gens qui arrivaient à pied ou à vélo. C’était aussi le plus fréquenté que nous avons trouvé jusque là. Il faut dire que nous étions samedi soir et que les anglais adorent la randonnée.

Cette étape était plutôt courte, 77km, mais vraiment superbe. Dommage que la pluie se soit installée pour toute la soirée.

Le lendemain, point de vélo. Nous avons repris le sac à dos pour notre deuxième randonnée à l’assaut du Scafell Pike. Le sentier empruntait d’abord le fond de la vallée, quasiment plat. Au fond à gauche, on voyait s’approcher le col qu’il allait falloir franchir.

Vallée de Langdale

Après la bifurcation vers Esk Hause, le sentier a commencé à vraiment grimper et le soleil à faire de belles percées.

Esk Hause sign

Vallée de Langdale

Après le col, la montée était beaucoup moins franche mais la vue bien dégagée de tous côtés à mesure que l’itinéraire se transformait en route des crêtes. Les vallées descendant de chaque côté étaient complètement dénuées d’arbres, il n’y avait que des pierriers et de l’herbe.

Vallée du Lake District

Le paysage donnait du coup une impression à la fois d’immensité et d’isolement assez étonnante quand on sait que l’Angleterre est aussi densément peuplée que les Pays-Bas. Le pays a gardé des zones de « remoteness » comme disait notre hôte de Chester. D’ailleurs comme au Pen Y Pass au pied du Snowdon, pendant notre séjour à Great Langdale nous n’avons pas eu de réseau de téléphone portable. En France on aurait sans doute préféré garnir les sommets d’antennes relais au non de la sécurité des randonneurs et de l’égalité des territoires.

Lake District

Malgré son altitude modeste à 978m, le Scafell Pike gardait un peu de brouillard attaché à son sommet. Mais globalement c’est le sommet avec le plus de visibilité que nous avons gravi.

Sommet du Scafell Pike

Dans la descente, nous avons croisé quelques traileurs. L’un était en mini-short et débardeur. Nous avions sous-pull, polaire, veste coupe-vent, gants et bonnet, comme la plupart des gens d’ailleurs.

Le Lake District est un des endroits où nous avons le moins vu de moutons blancs. Sur les crêtes ils étaient gris camouflage.

Mouton camouflage au Scafell Pike

Nous ne sommes pas redescendus exactement par le même itinéraire, nous avons pris un peu plus de crête pour passer par le Bow Fell. Ce qui nous a donné des angles de vues différents sur le Scafell Pike. Au loin on devinait même la mer d’Irlande.

Scafell Pike

Vallée glaciaire et face sud du Scafell Pike

Dans la descente, les moutons n’étaient plus gris mais marrons.

Moutons devant le Pike of Blisco

Après 8h de marche, nous avons finalement rejoint la verte vallée de Great Langdale et nous avons pris une bière méritée à l’auberge de randonneurs du Old Dungeon Ghyll. Un cycliste nous en avait parlé la veille quand nous lui avions annoncé notre destination comme ayant un excellent choix de ales. Bon il faut dire aussi qu’il n’y avait pas d’autres pubs à l’horizon, Great Langdale étant constitué d’environ 3 fermes, un hôtel et un camping.

Great Langdale

Les fermiers n’ont pas l’air d’apprécier qu’on dérange les moutons !

Dogs will be shot

Après cette magnifique randonnée nous nous sommes aussi offert le luxe de manger à l’hôtel… mais de dormir pour la deuxième nuit consécutive au même camping.

Le lendemain matin, nous avons replié la tente et ré-enfourché nos vélos. À Elterwater où nous avons presque recroisé notre itinéraire de 2 jours avant, nous avons passé un petit col fort raide, enfin surtout la descente.

Elterwater

Try your brakes

Au village de Grasmere, nous avons voulu faire les courses mais le magasin censé ouvrir 1h30 plus tôt était toujours fermé et la femme a l’intérieur nous a ignoré au lieu de nous ouvrir. Nous n’avions quasiment rien à manger dans les sacoches.

Nous avons passé un deuxième col par la grande route, une des rares qui permet de passer du sud au nord du Lake District en le traversant. Puis nous avons longé le beau lac de Thirlmere.

Thirlmere

Comme de nombreux lacs du district, c’est un lac de barrage ancien.

Sur le barrage de Thirlmere

Village après village, nous n’avons croisé aucun commerce. Après une soixantaine de kilomètres, à Hesket Newmarket, comme le magasin du village était fermé nous sommes allés dans la seule auberge. Nous y avons mangé le meilleur repas des vacances dans un cadre vraiment authentique, c’est à dire avec une épaisse moquette partout et des murs surchargés de tableaux de plus ou moins bon goût.

Hesket Newmarket

C’est donc plutôt de bonne humeur que nous avons quitté le village, en quelque sorte la porte de sortie du Lake District puisque c’est le dernier endroit où nous avons été dominé par des collines dénudées.

Une quinzaine de kilomètres plus loin nous sommes entrés dans Carlisle. Une fois n’est pas coutume en arrivant par une voie verte. Carlisle était une étape importante pour nous, la dernière ville d’Angleterre. Sur la place de la ville, des gens nous ont offert thé et gâteaux. L’un d’eux nous a expliqué que le statut de cité en Angleterre n’était accordé qu’aux villes disposant d’un cathédrale et que Carlisle était la plus petite de ces cités. Avec plus de 100 000 habitants c’est faux. Bath par exemple est une cité bien plus petite.

Carlisle

À cause de sa position stratégique à l’extrémité du mur d’Hadrien, Carlisle possède un château lourdement fortifié.

Château de Carlisle

Après avoir fait le plein de vivres et tenté vainement d’accéder à l’auberge de jeunesse (l’accueil étant fermé le dimanche, il fallait réserver), nous sommes finalement reparti pour quelques kilomètres supplémentaires. Vu qu’il était encore tôt et que ça nous raccourcirait l’étape du lendemain ça ne nous a pas gêné.

Nous avons campé à Blackford, à quelques kilomètres à peine de la frontière écossaise et après une journée de 94km.

Le lendemain matin nous avons franchi une frontière écossaise beaucoup moins grandiose que la frontière du Pays de Galles par le Severn Bridge. Tellement peu remarquable qu’Audrey ne l’a même pas remarquée. La route aurait été plus agréable sans un vent de face soutenu car nous avons mis le cap à l’Ouest vers la péninsule de Galloway. Le paysage était doucement vallonné au bord l’estuaire de la Solway. Pour changer des moutons nous avons vu des lamas.

Lamas près de Powfoot

Pour nous accueillir dûment en Écosse, nous avons eu droit à notre première averse de grêle. À midi, nous aurions aimé pique-niquer sur les pelouses et les tables autour du château de Caerlaverock. Mais l’accueil nous demandait de payer la visite du château. Comme nous ne voulions pas rester 2h, nous avons continué un peu.

Château de Caerlaverock

Et finalement nous avons trouvé une belle table de pique-nique en bord de mer avec vue sur les vaches broutant les prés salés sur fond de Lake District (la dernière fois qu’on pouvait l’observer) et du Criffel. Il y avait aussi de la place pour bien faire sécher la tente au soleil car nous l’avions pliée sous la pluie.

Vaches devant le Lake District

Criffel

Nous nous sommes éloignés de la côte en remontant la rivière vers le centre de Dumfries. Nous n’avons pas vu grand-chose de la ville à part les très grands parcs qui longent la rivière et un beau pont médiéval.

Pont de Dumfries

Après une dernière douche écossaise, nous sommes repartis pour les 14 derniers miles. À Lochfoot il y avait un joli loch pour la pause chocolat de l’après-midi. Comme tous les jolis paysages de pâturages de forêts et d’étangs, ça ressemblait à la Franche-Comté, il a bien fallu le reconnaître.

Lochrutton à Lochfoot

D’ailleurs, un peu avant d’arriver à Castle Douglas, nous sommes tombés à nouveau sur un champ de lamas. C’était vraiment la journée des lamas.

Lama à Hardgate

Nous sommes arrivés assez tard à Castle Douglas au terme des 101km car nous n’étions pas partis particulièrement tôt, espérant que la pluie cesse avant de lever le camp. C’était notre première nuit en Écosse. Le petit vieux à l’accueil du camping m’a demandé mon adresse, j’ai répondu France et il a écrit Holland parce que « de toute façon on ne va pas aller vous chercher ». Ça collait sans doute mieux à nos dégaines de cyclo-touristes.

Castle Douglas était agréablement située au bord d’un lac, et dans le fond on distinguait les collines de la Galloway National Forest, mi-boisées, mi-dénudées que nous allions traverser le lendemain.

Épisode suivant par là >>

Publicités

Une réflexion sur “Liverpool – Galloway

  1. Et bien bravo ! Même si je sais que c’était pas mal humide et que vous avez eu quand même un peu froid, votre magnifique voyage et les paysages que vous avez traversé me donnent envie de retourner en Ecosse…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s