Gruyères et Suchet

Fin novembre, j’ai passé 3 jours en Suisse pour voir ma famille dont un membre a récemment émigré vers la Confédération. Nous étions basés à Yverdon-les-Bains, au bord du lac de Neuchâtel, et pour l’occasion dans un brouillard hivernal tenace. Ça ne nous a pas empêché de jouer les touristes.

La première journée nous sommes allés à Gruyères, de l’autre côté du plateau. Le plateau c’est cette zone pas vraiment plate qui n’est ni le Jura, ni les Alpes, un entre-deux d’altitude moyenne qui s’étend de Genève au lac de Constance et où se concentre la grande majorité de la population. Yverdon est au pied du Jura, Gruyères est à la porte des préalpes fribourgeoises.

Gruyères est un village minuscule. Au sommet d’une colline qui verrouille la vallée de la Sarine, il n’est constitué à peu de choses près que d’une seule rue large au bout de laquelle le château surveille.

Place centrale de Gruyères

Preuve que l’hiver s’installe, le Moléson, dépassant à peine les 2000m d’altitude, est déjà bien enneigé. D’ailleurs nous avions d’abord prévu d’aller aux rochers de Naye, mais l’annonce de 50cm de neige à leur sommet (2042m) nous a fait nous replier vers un site moins élevé. La colline de Gruyères culmine à 828m.

Le Moléson au dessus de Gruyères

Le château est compact, ramassé autour d’une seule cour. Sur 3 côtés, elle est entourée de 2 étages de galeries couvertes. De l’autre se trouve le bâtiment principal avec toutes ses pièces, de la salle des gardes aux différentes chambres et salons, en passant par la cuisine. Dans les salons, des mobiliers de différentes époques se côtoient, du Moyen-âge au XIXème siècle. Le trésor du château se sont 2 capes prises aux Bourguignons de Charles le Téméraire lors de la bataille de Morat, épisode important de l’histoire suisse. Le comté de Gruyère ne faisait alors pas partie de la Confédération et en était seulement l’allié.  Certaines salles abritent des expositions temporaires, en l’occurrence des peintures fantastiques contemporaines suisses pas vraiment à mon goût.

Cour du château de Gruyères

A l’extérieur de l’enceinte on trouve la chapelle et le sommet de la colline laisse à peine de place pour un jardin à la française exigu.

Château et jardin français de Gruyères

Façade sud du château de Gruyères

Du tour des remparts, sur le chemin de ronde « Jehan l’éclopé », on a une belle vue sur le col des combes, cerné par la Dent de Broc et la Dent du Chamois.

Col des combes

En aval se trouve la ville de Bulle.

Bulle vue de Gruyères

C’est au dessus de la porte nord de la cité qu’on peut voir l’emblème de Gruyères : une grue blanche sur fond rouge. L’oiseau a pris des formes différentes au fil des siècles, plus ou moins effrayantes.

Blason de Gruyères

Colline et rempart de Gruyères

D’une excursion à Gruyères, nous aurions pu ramener du fromage. Mais nous avons préféré descendre à Broc, à quelques kilomètres à peine où se trouve la chocolaterie Cailler. Après le peu de monde qui visitait Gruyères, nous avons été surpris de trouver un grand parking avec des cars de tourisme. Mais apparemment la chocolaterie est le lieu le plus visitée de Suisse Romande, ayant détrôné il y a peu le château de Chillon sur le lac Léman. Nous n’avons pas visité la fabrique mais le magasin nous a retenu un bon moment.

Sur la route du retour nous n’avons fait que traverser Fribourg. Juste le temps de constater que la ville mériterait une visite plus approfondie une prochaine fois.

Le lendemain nous sommes sortis du brouillard, direction le Jura. Les nuages ont disparus sitôt franchis 700m d’altitude et les sommets jurassiens émergeaient donc largement. Notre randonnée a démarré assez haut juste en dessous du col des Praz à 1270m et nous sommes montés au Suchet 1588m. Le début de la montée s’est fait sur une petite route goudronnée jusqu’à la dernière ferme, puis sur le flanc nord du mont, à l’ombre et en forêt. Par une percée dans la petite barre rocheuse de la face nord-ouest nous avons débouché sur le vaste pâturage s’étalant sur toute la crête. Le sommet, marqué par une petite pyramide métallique, était alors tout proche.

Pelouse sommitale du Suchet

Et c’est là que le panorama s’est ouvert franchement. D’abord derrière nous sur le versant français et tout le plateau du Doubs jusqu’au Mont Poupet (la petite bosse à l’horizon dans la partie gauche de la photo) au dessus de Salins-les-Bains à environ 50km à vol d’oiseau.

Vue du Suchet vers le Mont Poupet

Au sud-ouest, dans l’axe de la vallée de Joux dont l’entrée est gardée à gauche par la dent de Vaulion. Le lac de Joux était dans le brouillard.

Vallée de Joux

A peine plus loin vers le sud, le Mont Tendre avait un peu de neige à son sommet. Pourtant il n’est guère que 90m plus haut que le Suchet qui en était totalement exempt. Plus loin encore, pointe la Dôle, à peu près à la même altitude au dessus des Rousses.

Mont Tendre depuis le Suchet

Au nord-est, toujours dans l’axe de la chaîne jurassienne se détachent au premier plan la falaise des Aiguilles de Baulmes, et derrière le sommet dénudé du Chasseron.

Aiguilles de Baulmes et Chasseron depuis le Suchet

Enfin sur tout le flanc sud-est, s’étalait à nos pied l’épaisse nappe de brouillard qui recouvrait le plateau Suisse et ses plus grands lacs, le Léman et le lac de Neuchâtel. Derrière, les Alpes s’étendent des environs de Lucerne jusqu’au Salève au dessus de Genève

Côté Léman, les silhouettes sont un peu familière, des Dents du midi au massif du Mt Blanc jusqu’aux Aravis.

Vue des Alpes côté Mt Blanc

Côté Oberland par contre c’est beaucoup moins connu. Même si certains noms sont mythiques comme le triptyque Eiger, Mönch, Jungfrau, que je n’aurais pas su reconnaître.

Vue des Alpes côté Oberland

En complément, j’ai trouvé ce panorama annoté depuis le Chasseron, qui de part sa proximité offre une vue quasi-identique.

Nous sommes redescendus par la crête en direction du village de Baulmes avant d’obliquer à nouveau vers le col des Praz.

Le troisième jour, nous nous sommes promenés dans Lausanne, dans le brouillard, et avons visité quelques musées qui sont opportunément groupés dans un unique bâtiment : le Palais de la Rumine. Il faudra encore probablement quelques visites pour mieux découvrir la ville.

 

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