Auxerre – Montargis par la Forterre et la Puisaye

Les grandes vacances sont finies mais l’été a encore de beaux week-ends ensoleillés à offrir. Après l’expédition nordique de cet été, place à des destinations un peu moins exotiques : l’Yonne et le Loiret.

Avec Adèle et Julien, nous prenons le train de Bercy jusqu’à Auxerre, 1h35 de trajet. À Auxerre nous complétons nos vivres, avec notamment les fameuses gougères, tout en faisant un petit tour du centre historique et nous ne commençons à vraiment pédaler que vers 11h du matin.

Tympan de St-Etienne d'Auxerre

Hotel de Ville d'Auxerre

Julien, normand, me fait remarquer que la ville ressemble un peu à Rouen avec sa cathédrale, ses maisons à colombages et son gros’horloge.

Maisons à colombages à Auxerre

Je connais déjà bien les rives de l’Yonne et le début du canal du Nivernais puisque je suis déjà arrivé dans la capitale icaunaise à 2 reprises par là. Heureusement parce que le début du chemin de halage n’est pas indiqué et facile à rater, caché derrière une longue file d’automobilistes se rendant au marché du samedi matin.

Vue d'Auxerre depuis l'entrée du canal du Nivernais

Nous voila donc sur une autoroute à vélo. C’est lisse, c’est plat.

Canal du Nivernais

Pour rompre la monotonie et éviter de commencer la journée par 60km comme ça, j’ai prévu un itinéraire qui se sépare assez rapidement du canal, pour mieux le rejoindre là où il est vraiment joli.

Nous tournons donc en direction de Coulanges-la-Vineuse, village que j’ai choisi juste pour son nom, dégoulinant l’alcoolisme.

Coulanges la Vineuse

Le village n’est en réalité pas très intéressant et les vignes ne sont pas si nombreuses que ça. Mais les routes alentours sont superbes et désertes, avec des côtes qui nous font bien sentir l’approche de l’heure du repas.

Paysage près de Coulanges

Vignes près de Coulanges

Nous continuons après Val-de-Mercy par une belle route forestière le long de laquelle nous apercevons plusieurs chevreuils. Puis nous faisons une pause sur la terrasse de Mailly-le-Château, surplombant l’Yonne et le canal du Nivernais. La rivière a sculpté de belles petites falaises. Dans ce paysage verdoyant ça me rappelle un peu la Suisse Normande. Décidément l’Yonne a des airs de Normandie aujourd’hui.

Bas de Mailly-le-Château

Rochers de Mailly-le-Château

Les gougères manquent un peu de fromage à notre goût mais il y a force victuailles à côté de celles-ci pour repartir en pleine forme. L’équipe est galvanisée par la perspective de reprendre le canal du Nivernais dans ce que j’ai décrit comme sa plus belle portion. Je l’ai peut-être un peu survendue puisque je ne connais qu’une petite partie de ce canal.

Au pied du village, juste avant de traverser l’Yonne, un regard en arrière permet de se rendre compte que nous étions juste à côté du château, que nous n’avions pas vraiment remarqué puisqu’il ne ressemble qu’à une grosse maison vu du village. D’en bas il en jette un peu plus.

Château de Mailly-le-Château

L’Yonne passe ensuite quelques méandres sous de belles petites falaises. Le canal est parfois séparé de la rivière, parfois confondu avec elle.

Vallée de l'Yonne

Les rochers les plus célèbres, en tout cas parmi les grimpeurs, se trouvent à proximité du village du Saussois.

Piste cyclable le long des rochers du Saussois

Alors que mes 2 comparses continuent tête dans le guidon, je m’arrête avec un couple d’anglais pour regarder un funambule achever sa traversée entre 2 falaises. À un moment il chute et se retrouve un pied de chaque côté de la corde. Alors que l’anglais rassure sa femme en lui disant qu’il est attaché, elle lui rétorque que ça ne doit pas faire du bien quand-même !

Funambule entre 2 rochers du Saussois

Un peu plus en amont nous passons près du village de Châtel-Censoir qui domine la vallée sur un petit éperon rocheux.

Châtel-Censoir

Nous quittons les bords du canal un méandre plus loin. D’ailleurs l’itinéraire cyclable s’en sépare aussi un moment. Après une petite pause dans une sorte de guinguette, nous quittons définitivement la vallée pour attaquer LA montée de l’après-midi. Elle commence très doucement jusqu’à Druyes-les-Belles-Fontaines, un beau petit village médiéval dont la ville haute est encore partiellement ceinte de remparts et marquée à un bout par un imposant château fort.

 

Porte de Druyes les Belles Fontaines

Sous les remparts nous trouvons quelques prunes à cueillir. Il y a aussi une petite exposition sur un enfant du village, Jean Bertin, ingénieur à qui l’on a du le concurrent malheureux du TGV dont le rail est toujours visible dans la forêt d’Orléans.

Voila une petite photo des vélos, un Fahrrad Manufaktur, un Amsterdamer, un Surly, que du beau monde.

Vélos à Druyes

Le château fort de Druyes

La ville basse justifie mieux le nom du village, Druyes-les-Belles-Fontaines, car la rivière y est retenue en un plaisant bassin. Cette fois rien de normand dans les lieux que me rappelle cette eau bien bleue, mais plutôt d’autres sites bourguignons comme la source de la Douix à Châtillon-sur-Seine ou la Fosse Dionne à Tonnerre. Il y aurait de quoi faire un circuit des plus belles sources de la région.

La rivière de Druyes

Après le village, la montée devient plus soutenue dans une très belle forêt aux allures méridionales avec ses pins, ses bas-côtés fleuris et le bruit des insectes. Nous traversons le hameau d’Aubigny sans nous arrêter et, alors que la grimpette a repris de plus belle nous passons devant l’entrée d’une carrière souterraine qu’il serait sûrement intéressant de visiter une prochaine fois.

Nous arrivons enfin sur la crête des collines de la Forterre. Un lieu plutôt dénudé alors que nous étions en pleine forêt quelques kilomètres plus bas à peine.

Crête de la Forterre

Un dernier coup de collier et nous voila au point culminant de la Forterre, autour d’une petite table d’orientation dominant le village de Taingy, à 386m d’altitude (nous sommes partis d’Auxerre à 100m d’altitude et nous étions à 170m à Druyes). La vue s’étend relativement loin dans toutes les directions, mais il n’y a pas beaucoup de lieux reconnaissables pour se repérer, nous sommes vraiment au milieu de nulle-part.

Le village de Taingy

Après Taingy, nous redescendons un peu, mais le vent de face ne nous laisse pas atteindre des vitesses fulgurantes.

Nous passons la nuit quelques kilomètres plus loin au camping municipal de Saints-en-Puisaye. Une affichette sur le bâtiment des sanitaires détaille les tarifs battants toute concurrence et nous enjoint de laisser le règlement dans une enveloppe dans la boite aux lettres de la mairie. C’est une façon de procéder que je m’attendrais plus à trouver en Allemagne qu’ici.

Après une nuit réparatrice ou le plus difficile n’a pas été de récupérer des 90km de la journée mais de la polenta « à la Julien » du dîner, nous repartons en roue libre sous un ciel un peu gris. En roue libre ou presque parce que le démarrage de la journée est plutôt en descente le long de la vallée du Branlin. Nous traversons le Branlin par un gué à Mézilles.

Gué de Mézilles

Puis un peu plus loin le revoilà qui baigne le lavoir de Tannerre-en-Puisaye. La Puisaye est plutôt verdoyante par rapport à la Forterre. C’est amusant de voir que cette dernière est une micro-région qui se limite aux plus hautes collines et que les paysages peuvent ainsi changer radicalement en quelques kilomètres.

Lavoir de Tannerre-en-Puisaye

À Champignelles, sur les indications de petits vieux bavards, nous nous ravitaillons à la boulangerie et testons une deuxième fournée de gougères (meilleures, avec plus de fromage !).

Le terrain s’aplanit doucement, seule les vallées rompent un peu la monotonie du plateau. Nous traversons par un deuxième gué un affluent de l’Aveyron. Oui il y a un Aveyron dans le Loiret.

Gué de Fontainejean

Dans ce même hameau, Fontainejean, se trouve les ruines d’une abbaye cistercienne jadis puissante. À l’écart des routes touristiques et abandonnée depuis plus de 200 ans elle est bien méconnue.

Ruines de l'abbaye de Fontainejean

Un peu plus loin nous pique-niquons sur la colline de Château-Renard qui domine bien le centre de la petite ville.

Eglise de Château-Renard

Château-Renard

La plus belle maison de la vieille ville est celle occupée par l’office de tourisme. Nous profitons d’une petite terrasse sur cette placette.

Maison de Château-Renard

Pour éviter la grande route, nous zigzaguons vers Gy-les-Nonains puis Conflans-sur-Loing sur la rive gauche de l’Ouanne, un affluent important du Loing. À Conflans, sur une route qui ne mène nulle-part ou presque, il y a une borne qui indique quand même les distances de Lille et Marseille.

Borne kilométrique de Conflans-sur-Loing

À partir de là nous rejoignons le canal du Loing. Le week-end aura commencé par un canal et finit par un autre. Mais les bords du canal du Loing sont moins agréables que ceux du nivernais avec un chemin moins roulant. Ça nous permet de rallier le centre de Montargis à l’écart du trafic et avec de belles vues sur les petits canaux qui s’enfoncent dans la cité.

Un canal de Montargis

Nous attrapons un transilien à Montargis. Malgré la distance moindre de Paris, le train met plus de temps que celui d’Auxerre. Et comme tous les transiliens il n’y a bien sûr pas d’espace dédié aux vélos, mais les plates-formes sont suffisamment spacieuses pour qu’ils ne gênent pas trop le passage. Ce deuxième jour est un peu plus court que le premier avec 70km. Du coup nous prenons un train en milieu d’après-midi.

Et bien sûr voila le parcours du week-end.

 

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