Des 2 côtés de l’Øresund

Nykøbing Falster, 29 juillet. L’heure est déjà venue de quitter nos compagnons d’un jour et de les laisser continuer à leur rythme vers la capitale danoise. Nous partons tous les 3, Anaïs, Marie-Cécile et moi. Les filles sont plus motivées que jamais. Copenhague n’est plus qu’à 2 jours d’ici. L’arrivée au Danemark et la compagnie des cristoliens leur a redonné la motivation nécessaire à la dernière ligne droite.

Nous tentons d’éviter la grande route au début, mais nous finissons quand même par la rejoindre car nos 2 cartes routières sont relativement imprécises, voire partiellement fausses. Il n’y a que rarement des pistes cyclables sur cette partie de notre itinéraire, et souvent elles sont réduites à une très étroite bande de peinture. Je suis un peu déçu par le Danemark sur ce point là. Il faut dire qu’après 2 semaines aux Pays-Bas et en Allemagne la barre de nos attentes en la matière était placée très haut.

Assez rapidement nous arrivons à Stubbekøbing où il est déjà temps de quitter l’île de Falster pour celle de Bogø. Le bac est tout en bois même s’il transporte aussi des voitures. Il nous parait assez cher vu l’étroitesse du bras de mer à traverser. Les prix d’à peu près tout on fait un bond par rapport à l’Allemagne.

Ferry pour Bogø

Sur l’île de Bogø, là encore pas de piste cyclable alors qu’il y a pas mal de trafic, autant automobile que cyclotouriste. Il faut attendre d’avoir pris la digue vers l’île de Møn et d’avoir bifurqué sur une petite route pour se retrouver au calme.

Il fait un soleil de plomb et il n’y a presque rien pour se mettre à l’ombre. À midi nous tombons presque par miracle sur un banc au pied d’un arbre. Il est au ras de la route et nous assistons aux vas-et-viens des tracteurs car nous sommes en pleine moissons. L’île de Møn aussi n’est que champs de blé.

Champs sur l'île de Møn

L’itinéraire balisé que nous suivons sur l’île nous mène vers 2 monuments mégalithiques : un dolmen et un tumulus. Ce ne sont que 2 parmi les 120 monuments néolithiques de ce genre qui parsèment l’île qui n’est pourtant pas grande.

Dolmen sur l'île de Møn

Nous ne prenons pas la peine de sortir les frontales pour voir plus clair dans le tumulus qui possède une assez grande salle.

Tumulus sur l'île de Møn

Devant ce tumulus, une salariée du ministère de la culture fait sa petite enquête sur les visiteurs du site. – Pourquoi êtes vous venus visiter ce site ? En aviez-vous entendu parler avant ? – Ben c’était sur la route entre la France et le Danemark. On est là par hasard !

Nous quittons l’île de Møn par un haut pont qui mène à la ville de Kavlehave. Ça nous parait le plus haut relief de la journée (même si ça ne l’est probablement pas).

Eoliennes et pont de Kalvehave

Nous traversons ensuite au plus vite jusqu’au golfe de Præstø.

Præstø

Ensuite nous nous mettons en quête d’un hébergement dont nous avons piqué les coordonnées GPS sur un guide qu’avaient 2 hollandais rencontrés au ferry de Bogø. C’est un système de camping chez-l’habitant et c’est beaucoup moins cher que les campings « officiels ».

Nous trouvons bien la chaumière mais  nous avons un doute sur le lieu jusqu’à ce que nous apercevions le panneau de la salle de bain dans laquelle toutes les explications sont aussi écrites en anglais. Les propriétaires ne sont pas là alors il faut laisser l’argent dans une enveloppe dans la boîte aux lettres. Nous sommes seuls dans une belle cour de ferme avec les commodités nécessaires pour camper.

Chaumière camping de Snesere

Le lendemain matin il pleuvine malheureusement. Nous coupons au plus direct à travers l’île de Seeland. Nous parvenons à suivre de petites routes le matin mais à partir d’une vingtaine de kilomètres avant Køge nous empruntons la route principale vers Copenhague. Elle se trouve en fait assez rapidement longée par une piste cyclable.

Køge a un petit centre-ville sympathique et très animé.

Køge

Mais la ville est aussi le début de la banlieue de Copenhague. Il nous reste pourtant encore plus de 40km à parcourir dans des banlieues industrielles pas des plus bucoliques. Nous avions croisé d’autres cyclotouristes 2 jours plus tôt qui nous avaient dit qu’ils prendraient le train à Køge. Nous comprenons maintenant pourquoi. Mais il faut aller à Copenhague à vélo. Il ne faut pas tricher. Seuls les bacs et ferries sont autorisés. Comme s’il y avait un autre juge que notre conscience.

Si pour ma part je n’ai pas trop aimé cette partie, bien que très efficace. Marie-Cécile a adoré ce morceau de grande route avalé à toute vitesse. Sur le chemin nous nous arrêtons un peu à l’écart et trouvons un accès à la plage. Elle est presque déserte et nous profitons du vent pour faire sécher les tentes pendant que nous pique-niquons.

Plage au sud de Copenhague

À mesure que nous approchons de Copenhague, les pistes cyclables se font plus systématiques et plus fréquentées. Mais étonnamment il n’y a aucune indication. Nous sommes obligés de demander des explications à quelqu’un pour aller en direction du centre-ville. Une fois au niveau du jardin zoologique de Frederiksberg, je reconnais les lieux (voir mon article d’il y a 4 ans). Du coup je nous guide pour faire une entrée triomphale dans Copenhague entre les éléphants de la brasserie Carlsberg.

Les éléphants de Carlsberg

Chose inconnue jusqu’alors, vous aurez remarqué le taxi avec porte-vélo.

Après un passage par l’office de tourisme qui fait face à Tivoli pour récupérer un beau plan des itinéraires cyclables, nous nous dirigeons vers le quartier où habite notre hôte, Silas, contacté via Couchsurfing. Il vit à 6km au nord du centre-ville. Il nous cuisine un succulent plat de pâtes et nous héberge tous les 3 malgré l’exiguïté de son appartement.

Le lendemain c’est journée de repos à Copenhague. Nous partons faire un tour à vélo et commençons par un brunch dans le quartier de Nørrebro. Nous passons ensuite par le château de Rosenborg, le fameux château de campagne de la famille royale qui n’est qu’à 2 kilomètres du château du centre-ville.

Château de Rosenborg

Nous faisons ensuite un tour au jardin botanique, un parc très agréable.

Serres du jardin botanique de Copenhague

Puis nous nous rendons à la citadelle où nous posons à nouveau les vélos pour faire le tour des bastions à pied.

Citadelle de Copenhague

Juste derrière la citadelle, nous pouvons aller voir la principale attraction touristique de la ville. Je n’avais pas pu la voir en 2010 car elle avait été exceptionnellement déplacée à l’exposition universelle de Shangaï. Mais aujourd’hui elle est là, dans toute sa petitesse comme la Joconde où le Manneken Pis : la petite sirène.

La petite sirène

Nous longeons ensuite le port pour revenir vers le centre-ville, face au très moderne opéra.

Opéra de Copenhague

L’Opéra est dans l’axe de la perspective de la place de l’Amalienborg, faisant face à l’énorme dôme de la Frederiks Kirke.

Frederiks Kirke

Nous atteignons finalement le plus coloré des quartiers de Copenhague : Nyhavn, le nouveau port. Sous le soleil il est noir de monde et se transforme en une unique terrasse de restaurant.

Nyhavn

Nous retrouvons notre hôte dans un bar de Nørrebro (à nouveau) avant de regagner chez-lui et de lui cuisiner à notre tour une spécialité française, des crêpes.

Le quartier de notre hôte a un style assez particulier et homogène puisque construit en une seule fois et est dominé par une église plutôt impressionnante.

Coucher de soleil sur la Grundtvigs-Kirke

Le lendemain, premier août, c’est l’heure des adieux. Le voyage en groupe est terminé. Je laisse les filles visiter Copenhague encore quelques jours et je m’élance pour une dernière semaine de voyage tout seul.

Je pars en direction du nord en suivant quelques itinéraires cyclables relativement bien fléchés jusqu’à la ville d’Hillerød. Il s’y trouve un gigantesque château d’un style bien danois, qui n’est pas sans rappeler Rosenborg. L’entrée dans la cour d’honneur est impressionnante sous un énorme clocher.

Entrée du château d'Hillerød

Cour d'honneur du château d'Hillerød

L’itinéraire cyclable permet vraiment de passer dans la cour puis de traverser les grands jardins à la française qui s’étendent de l’autre côté du château.

Château et jardins d'Hillerød

Pavillon dans les jardins d'Hillerød

Les jardins m’ont fait bifurquer plein Est. C’est exactement ce que je veux puisque je me dirige maintenant vers Elseneur (ici j’utilise le nom français, puisqu’il y en a un, parce que c’est plus facile à écrire). Il y a aussi dans cette ville un château royal danois. Celui-là est au cœur d’une citadelle qui défend le détroit de l’Øresund. C’est un peu redondant puisque « Sund » veut déjà dire détroit.

Le château de Kronborg est vaste et impressionnant, balayé par les vents qui s’engouffrent dans le détroit. Il a  des allures de fort de bout du monde alors que pourtant on voit distinctement les côtes suédoises à quelques encablures.

Kronborg

C’est ici que Shakespeare situe l’action de Hamlet. Je n’ai pas lu la pièce, mais le simple fait de savoir ça pourrait me pousser à le faire.

La ville d’Elseneur est plutôt touristique et a un centre ville piétonnier agréable.

Elseneur

Je grimpe dans le ferry pour la Suède, il y en a toutes les 20 minutes et la traversée n’est pas chère. Les aller-retours incessants sont d’ailleurs très bien rodés.

Ferry quittant Elseneur

Temporairement je quitte le Danemark pour la Suède. J’arrive dans la très industrieuse Helsingborg. Je fais rapidement un tour en ville et je prends les mêmes photos qu’il y a 4 ans.

Hotel de ville d'Helsingborg

Helsingborg

Je quitte Helsingborg en longeant l’Øresund vers le sud. Il y a un bel itinéraire cyclable bien balisé qui m’amène le long des plages et dans des petits ports de plaisance. J’arrive à Landskrona et sa jolie citadelle.

Citadelle de Landskrona

Je devais passer la nuit dans le camping de cette ville, mais il n’est même pas 16h. Je décide donc de pousser un peu plus loin. Mais 20km plus loin le camping ne veut de moi que si j’achète une carte de campeur me donnant accès à « plein de campings en Europe ». Étant donné le paquet de campings que j’ai déjà fait en Europe sans avoir jamais vu une telle arnaque je signifie mon refus de payer 35€ pour une nuit et continue encore plus loin. Résultat je fais près de 145km ce jour et termine malgré tout dans un camping relativement cher (en gros c’est un tarif par tente, peu importe le nombre d’occupants : à 2 c’est correct, seul c’est cher). Mais bon être à la plage a un coût. Du coup je n’ai pas une bonne opinion des campings suédois. Mais c’est la seule nuit où je campe en Suède alors je ne vais pas en faire une généralité.

Néanmoins je me suis beaucoup rapproché de Malmö et du pont de l’Øresund qui forment une ligne d’horizon caractéristique avec la fameuse « Turning Torso » de Calatrava. J’assiste à un très beau coucher de soleil.

Malmö

J’ai quand même gagné à faire une si longue étape, le droit d’en faire une très courte le lendemain. Je m’éloigne de la côte en coupant tout droit à travers la Scanie, commençant par passer entre Lund et Malmö. Le paysage est essentiellement agricole à part une petite zone de forêt en plein centre. Mais rien de particulièrement exceptionnel avant d’arriver dans la charmante petite ville d’Ystad.

Il s’y déroule en plus un festival de Jazz et je parcours les rues du centre-ville sur fond musical.
Ystad

Ystad

Je pique-nique dans un parc au bord d’un ruisseau et mets un peu de temps à m’apercevoir de la présence de la sculpture d’un roi grenouille parmi les rochers.

Roi grenouille à Ystad

Ystad est au bord de la Baltique, au Sud de la Scanie. Elle a été un comptoir de la ligue Hanséatique et est aujourd’hui un port de passagers important. C’est d’ici que je prends le ferry pour retourner au Danemark, sur l’île de Bornholm. J’en profite aussi pour acheter mon billet pour le ferry entre Bornholm et l’île Allemande de Rügen que je compte prendre 2 jours plus tard. Le ferry vers Bornholm est un catamaran ultra-rapide qui avale la traversée en 1h20, là où un ferry normal mettrait plus du double.

Catamaran de la Bornholmer Faergen-faergen

À Rønne, la principale ville de Bornholm, je m’installe pour 2 nuits dans une auberge de jeunesse. Malgré la saison touristique qui bat son plein je me retrouve seul dans un dortoir de 4 lits. Je profite de l’occasion aussi pour faire une vraie lessive et prépare ma visite de l’île le lendemain, enfin une journée sans toutes les sacoches !

Mais ce sera pour le prochain article. A suivre… ici >>

Les kilomètres entre Nykøbing et Ystad : 82 – 94 – (repos à Copenhague) – 144 et 82km.

 

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