Bremen – Nykøbing Falster

Brême, 22 juillet. Nous sortons de la ville en suivant les indications pour Lilienthal et j’ai rarement vu une sortie de ville aussi agréable à vélo. Dès la gare centrale l’itinéraire est dans un parc, puis suit des digues à l’écart de la circulation jusqu’à ce qu’on soit complètement sorti de l’agglomération. Dommage ensuite que ça continue sur une piste parallèle à une route chargée jusqu’à Worpswede.

Nous passons dans cette petite ville un peu par hasard parce qu’elle est soulignée sur la carte. Il s’agit en fait d’une « colonie d’artistes » et il y a des galeries d’art et des sculptures partout.

Sculpture à Worpswede

Nous nous démenons ensuite pour suivre des indications de village en village. Il était hors de question de continuer à suivre la route des pèlerins qui fait de gros détours à notre goût. Du coup les routes de campagne se changent assez vite en chemins.

Chemin vers Hepstedt

Nous faisons étape à Zeven. En face du camping il y a un freibad, une zone de baignade dont j’ignore pourquoi on l’appelle « frei » puisqu’elle n’a rien de gratuit, ni de naturel. Néanmoins c’est très agréable après une journée de vélo.

Eglise de Zeven

Le lendemain une grosse étape s’annonce pour rallier Hambourg. Nous continuons de nous forger un itinéraire au fur et à mesure car les indications sur le terrain ne correspondent pas toujours à ce qu’on a pu repérer sur OpenCycleMap la veille. Nous cheminons entre champs de maïs et forêts. Les maisons sont toujours en briques et de temps en temps avec des toits de chaume, et il y a beaucoup d’éoliennes. D’ailleurs le vent nous fait plutôt face.

Eoliennes vers Ottendorf

Nous pique-niquons à Buxtehude, petite bourgade assez pittoresque de la vallée de l’Elbe. Le fleuve n’est pas tout près mais l’affluent qui y mène est canalisé et il y a un petit port dans le centre-ville.

Maison sur le port de Buxtehude

Nous suivons ensuite cet affluent de l’Elbe sans le voir beaucoup parce qu’une digue nous en sépare. Les villages que nous traversons sont constitués de belles chaumières.

Le long de l'Este

À peine une quinzaine de kilomètres après Buxtehude nous pénétrons dans Hambourg. Comme tous les panneaux d’entrée de ville, la statut administratif est indiqué et l’éventuel comté (Kreis) dont elle fait partie. Ici c’est une ville libre et hanséatique. Je trouve amusant que ce titre de « Hansestadt » hérité du moyen-âge soit encore en usage. Avec Brême et Berlin, Hambourg est une des trois seules villes allemandes a avoir le statut de Land.

Entrée d'Hambourg

En fait nous ne sommes pas encore au centre-ville, mais nous avons pris un raccourci qui fait que notre étape de vélo se termine à Finkenwerder. Les derniers kilomètres sont interminables et dans une circulation dantesque, proximité de la zone portuaire oblige, mais bien plus courts que s’il nous avait fallu pédaler jusqu’au centre en devant faire des détours pour passer sur les rares ponts de la rive gauche de l’Elbe.

À Finkenwerder nous empruntons un ferry de ville qui assure les liaisons avec le centre tous les quarts d’heure. Le petit ferry est bondé parce qu’il fait beau et que c’est une excursion agréable et peu chère qui permet de jeter un œil sur le port.

Port d'Hambourg depuis le ferry

Après une poignée d’arrêts le long de l’Elbe, le ferry nous dépose en plein centre-ville et littéralement au pied de l’auberge de jeunesse où nous allons passer les deux nuits suivantes.

C’est donc à Hambourg que nous passons notre seule journée de repos.

Nous sommes à deux pas de l’église Saint-Michel (surnommée « Der Michel »), qui porte selon le routard la plus grande horloge du pays. Mais rappelez vous qu’à Düsseldorf se trouve la plus grande horloge numérique du monde, j’étais monté au sommet en mars puisqu’il s’agit de la tour de télévision.

Der Michel

Le premier soir nous mangeons sur la place de l’hôtel de ville où se trouve un genre de Biergarten permanent.

Hôtel de ville d'Hambourg

Les bords du lac Binnenalster sont tout près et me font penser à Genève, à part cette portion en arcades.

Alsterarkaden Hamburg

Tout nous parait gigantesque dans cette ville, les bâtiments, les très larges avenues et même cette brasserie bavaroise où j’ai goûté de la schwartze Weissbier, littéralement de la bière blanche noire. Mais Weissbier ne veut pas du tout dire bière blanche, c’est une transformation de Weizen (froment) en Weiss (blanc) qui entretient la confusion.

Le lendemain nous grimpons au sommet de « Der Michel ». La vue est splendide. Les toits verts de l’hôtel de ville au centre et le Binnenalster à gauche sont repérables. Mais la ville montre bien qu’elle n’a plus grand-chose d’ancien en son cœur mais essentiellement des immeubles de bureaux sans âmes.

Centre d'Hambourg depuis Der Michel

Nous passons également dans le quartier des entrepôts. Cette ancienne zone portuaire est assez agréable à traverser. Parmi les quelques bateaux amarrés je repère le Tolkien que j’ai vu l’année dernière à la grande armada de Rouen.

Le Tolkien à Hambourg

La philharmonie est encore en construction et est appelée à devenir un des symboles de la ville.

Philharmonie d'Hambourg

Les entrepôts eux sont d’austères bâtiments de briques.

Entrepôts du port aux épices

Le temps se gâte sérieusement et nous rentrons à l’auberge pour passer l’après-midi au sec, à jouer aux dames, lire et préparer l’itinéraire des trois jours suivants. On vient seulement de se procurer une carte du Mecklembourg. Depuis la terrasse de l’auberge on peut suivre les manœuvres des gigantesques cargos qui arrivent au port.

Manœuvre d'un navire dans le port d'Hambourg

Le soir, le mauvais temps est passé et nous allons manger dans un quartier un peu excentré avant de faire le tour complet du lac Ausseralster. Tout son pourtour forme un très grand parc bordé de riches demeures.

Aussenalster Hamburg

Après cette journée de repos, nous repartons pour nos trois dernières étapes allemandes. La sortie d’Hambourg est interminable. Nous suivons un itinéraire d’OpenCycleMap que rien ne matérialise sur le terrain. Ensuite la campagne ressemble à celle des jours précédents jusqu’à Trittau où nous passons à la mi-journée.

À la sortie de Trittau nous rencontrons notre première vraie route pavée. Heureusement elle est longée sur une grande partie par de la terre battue. C’est un beau passage en forêt. Le relief se fait aussi plus marqué dans l’après-midi alors que nous approchons de Ratzeburg, notre ville étape.

Ratzeburg jouit d’une situation exceptionnelle sur une presqu’île au milieu du lac homonyme. Mais pourtant son centre-ville n’est pas très beau.

Ratzeburg

Heureusement le lac lui est magnifique et nous offre à nouveau une baignade agréable. Comme il pleut dans la soirée, nous dînons sous le seul abri des abords du camping au bout d’un ponton.

Ponton sur le lac de Ratzeburg

Le lendemain matin est toujours pluvieux et nous déjeunons à nouveau sur notre ponton. La pluie ne dure pas et nous partons juste dans la grisaille. En essayant d’éviter la grande route nous nous retrouvons sur de petites routes en pavés ou en sable. Ça y est nous sommes arrivés en Allemagne de l’Est. Finalement nous nous rabattons sur la grande route qui est longée par une piste, c’est plus efficace. À la mi-journée nous nous ravitaillons à Gadebusch.

Gadebusch

En milieu d’après-midi nous atteignons Schwerin, la capitale du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (sur le panneau d’entrée elle porte le titre de Landeshauptstadt). L’étape est plutôt longue mais Schwerin seule est une sacré récompense après ces kilomètres. Nous passons par l’île du château avant de flâner dans le centre et d’y boire notre Eiscafé quotidien.

Arrivée au château de Schwerin

Château de Schwerin

Centre-ville de Schwerin

Après cela il ne nous reste qu’à traverser le lac de Schwerin et le longer un peu sur sa rive Est pour atteindre le camping. Ce qui représente tout de même encore une petite trentaine de kilomètres puisque c’est un des plus grands lacs d’Allemagne.

Le camping se situe dans une agréable pinède au bord du lac. La baignade est agréable mais même en marchant longtemps dans le lac, l’eau ne monte pas plus haut que la taille. Du coup elle est plutôt chaude entre 22 et 24°C.

Le jour d’après nous partons par des pistes en forêt qui sont assez régulièrement en sable et où il faut rester très attentif. Sur les itinéraires balisés comme sur les raccourcis que nous essayons de prendre, nous n’avons pas plus de veine. À un moment il nous faut même pousser les vélos à la main tellement on s’enlise dans le sable.

Piste sableuse vers Neukloster

Mais assez vite nous rattrapons des routes. D’ailleurs elles sont bien moins souvent longées par des pistes cyclables qu’à l’Ouest. Il y a également moins de trafic.

Après une journée encore particulièrement chaude, nous atteignons enfin la Baltique à Heiligendamm, une station balnéaire chic, et pouvons profiter de la fraîcheur de l’air marin.

Plage de la Baltique

Plage d'Heiligendamm

Ce soir là, juste après s’être baigné dans une eau à 17°C (ça change des lacs !), nous prenons le plus gros orage du voyage. Il reste une heure au dessus du camping et des trombes d’eau s’abattent. Heureusement nous sommes déjà installés et nous ne faisons pas partie de ceux qui voient des mares se former sous leur tente. Il y a beaucoup de cyclistes dans ce camping, mais bizarrement la direction n’a rien prévu pour s’abriter et tout le monde se presse sous le ridicule avant-toit des sanitaires.

Le lendemain matin il fait à nouveau un temps splendide. Nous partons tôt pour attraper un ferry du matin vers le Danemark, nous visons celui de 9h30 ou celui de 11h15. La vingtaine de kilomètres qui nous sépare de Warnemünde est très agréable le long de la mer. Notamment dans de belles forêts de hêtres.

Hêtraie avant Warnemünde

À Warnemünde, point de ferry pour le Danemark (comme il était mentionné dans le routard). Le port de Rostock est en réalité de l’autre côté de l’estuaire et ça implique de prendre un bac et de faire un large détour pour contourner une zone militaire. Donc pour un ferry du matin c’est raté.

Sophie arrête le voyage à Rostock et rentre en France en train après 13 jours de voyage depuis Breda. Nous continuons le voyage à 3.

L’arrivée dans le port par la zone industrielle n’est pas vraiment agréable, heureusement les poids-lourds sont assez peu nombreux (contrairement à Hambourg). Une voiture arrive à notre hauteur et nous apostrophe en français. Il se trouve que ce sont des amis de Créteil, Franck, Diane et leurs enfants, la coïncidence est incroyable. C’est donc ce jour là, après de chaudes journées ensoleillées (depuis Anvers il n’a pas beaucoup plu) que nous apprenons que la météo est catastrophique en France et dans le centre de l’Europe. Mes amis ont donc changé leurs plans à la dernière minute et ont troqué leur voyage à vélo en famille en Autriche pour le Danemark.

Port de Rostock

Nous prenons tous ensemble le ferry de 13h30, avec une foule d’autres cyclotouristes. Puis une fois sur l’île danoise de Falster, nous roulons en groupe (7 cyclistes si je compte les enfants dans la remorque) jusqu’à Nykøbing, sa principale ville. Les paysages sont bien différents de l’Allemagne. Il y a essentiellement des champs de blé et peu d’arbres, en tout cas peu le long des routes.

Nykøbing

La ville de Nykøbing nous semble extraordinairement calme. Ne voyant pas d’indication pour un camping nous devons demander à un commerçant car l’office de tourisme fermait à 14h !  Nous partageons le repas avec la famille et nous racontons les routes passées et à venir. Le lendemain nous nous séparerons car nous avons prévu de rallier Copenhague en 2 jours là où Franck et Diane ont prévu une petite semaine avec les enfants.

Ce sera tout pour cet article. Depuis Brême nous avons roulé : 64 – 72 – (repos à Hambourg) – 74 – 87 – 73  et 68km jusqu’à Nykøbing

Les étapes scandinaves dans le prochain article. A suivre… ici >>

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