Montreuil – Breda

Vous entamez une série de 6 articles avec plus de 200 photos pour un voyage de 4 semaines à vélo entre la France, l’Allemagne et le Danemark. Alors installez-vous confortablement.

Jeudi 10 juillet, il pleut à verse mais c’est mon premier jour de vacances, il va falloir faire avec. J’ai prévu d’aller à vélo jusqu’en Scandinavie alors d’ici là je me dis qu’il devrait s’être arrêté de pleuvoir. Je traverse la banlieue Est de Paris jusqu’à rejoindre le canal de l’Ourcq. Une fois le long du canal, s’extirper de la métropole ne demande plus aucune réflexion.

Une fois dans les champs, je ne sors finalement même pas la carte routière. J’ai tellement potassé l’itinéraire de ce premier jour que je n’hésite même pas aux intersections. Je traverse le Pays de France et le Valois sous une bruine insistante. Sous le poids des sacoches la Goële et ses quelques dizaines de mètres de dénivelé me semble une montagne. Vers Nanteuil-le-Haudouin je croise un groupe de cyclotouristes, capes de pluies de couleurs vives au vent. Je n’ai pas grand chose vers quoi braquer l’objectif de mon appareil photo. Un château à Versigny me fait un peu penser à celui de Compiègne.

Château de Versigny

D’ailleurs je fini par arriver à Compiègne en passant par un petit morceau de sa forêt. Mais sous le ciel maussade je ne prends même pas le temps de faire un détour dans le centre-ville, je continue sur la piste qui longe l’Oise puis l’Aisne avant de continuer en direction de Noyon. Je fais une dernière pause en compagnie d’oies grises au bord de l’Aisne.

Oies sous le pont sur l'Aisne

Une dernière côte (130m de dénivelé) vient corser un peu la fin de journée. Derrière cette colline s’étend une petite zone de pâturages du Noyonais que je trouve plutôt plaisante après une journée dans les champs de céréales. C’est dans un village de cette zone que je passe la nuit chez Philippe contacté sur Warmshowers. Toute la famille est réunie et je leur suis reconnaissant de m’abriter pour cette nuit pluvieuse.

Le deuxième jour je pars toujours dans la grisaille. Je longe par moment le canal du Nord. Les maisons sont maintenant en briques, pas de doute je ne suis plus en région parisienne. Des petites collines viennent ponctuer le milieu de journée et sur leur versant nord je viens rejoindre les bords de l’Escaut. Je suivrai ce fleuve trois jours durant. La première ville d’importance qu’il traverse est Cambrai dont la silhouette à trois tours, deux églises et son beffroi, est très reconnaissable.

Église de Cambrai

La ville n’a pas une taille suffisamment importante pour avoir jugé bon de rendre agréable (traduire « en partie piéton ») son centre-ville. Sa grand’ place est un parking au dessus duquel se dresse un hôtel de ville assez austère.

Hotel de Ville de Cambrai

Beffroi de Cambrai

Je continue le long de l’Escaut et entame une traversée de ville franchement désagréable à Denain, la banlieue de Valenciennes. Il y a beaucoup de trafic et de camions et les routes ne sont pas en bon état. Je commence à être un peu fatigué après les 130km de la veille et j’en suis déjà à une centaine aujourd’hui. Mais ça ne m’empêche pas de faire un détour par Arenberg. Je veux les voir ces fameux pavés du Paris-Roubaix !

Ancienne mine d'Arenberg

Pavés d'Arenberg

Je roule toutefois sur la terre battue qui longe les pavés. Ceux-ci sont trop gros et mouillés pour me donner envie de rouler dessus.

Je passe la nuit dans un petit camping à un kilomètre à peine de la frontière Belge. J’y croise un couple de cyclos qui se rend de Louvain vers la Normandie. On cause météo forcément.

Le troisième jour j’entre donc immédiatement en Belgique. L’asphalte lisse se mue en plaques de bétons instantanément aussi. Je rattrape vite l’Escaut duquel je m’étais un peu éloigné pour la nuit et commence à longer un RAVeL (Réseau Autonome e Voies Lentes), un itinéraire cyclable wallon. Il n’est pas très bien balisé mais le long de la rivière ce n’est pas difficile à suivre. J’arrive au petit matin à Tournai. C’est une jolie ville dont la grand’ place témoigne d’un passé aisé.

Maison de Tournai

Hotel de ville de Tournai

Évidemment il y a aussi un beffroi.

Beffroi de Tournai

Des fortifications de la ville il reste une curieuse porte fluviale que je franchis en continuant vers le Nord.

Porte sur l'Escaut à Tournai

Ensuite, le fleuve canalisé devient franchement monotone. Mais par contre cette journée le long du chemin de halage est terriblement efficace. Ce sera la seule du voyage où j’arriverai à tenir une moyenne au dessus de 20km/h.

La grisaille du matin laisse place à la bruine lorsque j’arrive à Oudenaarde, quelques kilomètres après avoir quitté la Wallonie pour la Flandre.

Église d'Oudenaarde

Hotel de ville d'Oudenaarde

Le RAVel est devenue une Fietsroute ponctuée de Knoopunten. Malgré le temps il y a des hordes de cyclistes du dimanche sur leurs vélos de route. Je trouve aussi qu’il y a beaucoup de lapins qui fuient devant mes roues.

J’arrive à Gand tôt dans l’après-midi et je trouve l’adresse de mon hôte très rapidement. Au moment où je pensais devoir commencer à chercher, je lève les yeux sur les panneaux et constate que je suis déjà dans la bonne rue. Chez Simon je peux faire une lessive, luxe que je ne me suis pas permis au camping précédant sachant que rien ne pourrais vraiment sécher. Il m’accompagne pour une visite de la ville dans un français impeccable. Il est parfaitement bilingue et ses parents sont guides, la ville n’a aucun secret pour lui. Je retrouve ainsi Gand, ma ville Belge préférée (j’étais venu 4 ans plus tôt).

Beffroi de Gand

Malgré la pluie qui s’est maintenant bien installée, les rues sont pleines de monde. C’est normal pour un samedi après-midi.

Korenmarkt

Les quais se préparent pour les fêtes de Gand. Il y a toujours un chantier quelque-part quand on visite une ville.

Le Graslei

Baudelostraat Gand

Nous terminons la visite de la ville par un tour dans un béguinage, petit quartier indépendant où vivait une communauté de femmes autour d’une église (sans pour autant que le lieu soit un monastère). Les bâtiments sont donc très homogènes : maisons de briques rouges et murs des jardins peints en blanc.

Béguinage à Gand

Nous passons la soirée dans un restaurant du centre-ville, en face du château de comtes, sous un fronton allégorique représentant la Lys et l’Escaut, deux fleuves nés en France mais qui se rejoignent à Gand.

Le lendemain, quatrième jour, c’est toujours le long de l’Escaut que je continue ma route. Il faut d’ailleurs que je cesse de l’appeler ainsi puisque depuis mon entrée en Flandres il est connu sous le nom de Schelde. Je n’ai pas de carte pour la journée, il faut que j’arrive à rejoindre Anvers en sachant juste qu’il faut que je longe le fleuve en suivant les itinéraires vélo LF5 puis LF2 (LF pour Landelijke Fietsroute, le réseau d’itinéraires vélo longue distance). Ce n’est pas l’itinéraire le plus direct parce que le fleuve se met à faire de sérieux méandres mais malgré cela ça fera une étape de longueur raisonnable, autour de 100km.

À quelques kilomètres en aval de Gand, le nom a beau avoir été effacé, je reconnais une carcasse d’avion de l’ancienne colonie belge.

Air Congo

La route est assez facile à suivre et reste toujours en hauteur sur une digue du fleuve.

Moutons entretenant une digue

À la mi-journée je traverse Dendermonde (Termonde en français), seule ville un peu intéressante du parcours avec là encore un beffroi qui fait partie de ceux classés à l’UNESCO.

Grand'place de Dendermonde

Après cette ville, les ponts se font plus rare et j’emprunte deux fois des bacs pour changer de rive. Dans le premier je suis tout seul.

Bac de Sint Amands

Le temps s’est amélioré et j’ai enfin un peu de soleil alors que je ne l’avais pas vu des trois premiers jours. Je me prends quand même de copieuses douches orageuses au cours de la journée. La route s’éloigne un temps du Schelde pour passer dans de petits villages dont j’aime bien les rues en petits pavés confortables, presque en briques. Je passe aussi le long d’un joli château.

Château près de Bornem

Après une entrée zigzaguant entre les knoopunten j’arrive à Anvers le long des quais. Il y a beaucoup de monde parce que c’est l’arrivée de la course du triathlon. Je me faufile jusqu’à la place centrale et ses célèbres maisons de marchands.

Maisons de la Grand'place d'Anvers

Maisons de la Grand'place d'Anvers

Maisons et cathédrale d'Anvers

La ville me donne immédiatement envie de revenir la visiter plusieurs jours. Mais je ne fais cette fois que passer. Je suis hébergé par Natalie, une cyclo-voyageuse invétérée qui vit dans les environs de la gare centrale. Elle m’offre gîte et couvert et me fait découvrir un café alternatif, dans une parcelle en friche transformée en agréable jardin, un prélude aux Biergarten à l’allemande.

La gare est un des principaux monuments d’Anvers. Souvent citée dans les classements de magasines ou blogs de voyages parmi les plus belles du monde. Et c’est vrai qu’elle en impose.

Gare d'Anvers

Gare d'Anvers

Juste à côté se trouve le zoo d’Anvers, un des plus anciens d’Europe.

Immeuble à l'entrée du zoo d'Anvers

Le lendemain matin, cinquième jour, je donne rendez-vous à Anaïs sur la grand’place pour partir ensemble en direction des Pays-Bas. Anaïs est partie la veille de Bruxelles et a aussi essuyé de grosses pluies orageuses. Mais aujourd’hui il faut un temps splendide et c’est parti pour durer.

Hotel de ville d'Anvers

Après la sortie du port d’Anvers, nous suivons consciencieusement la LF2 même si elle nous donne l’impression de nous faire faire de longs détours. À la mi-parcours, lassés de ces incessants changements de direction qui nous font stagner sur la carte Michelin d’Anaïs, nous préférons établir nous-même notre liste de knoopunten pour rouler un peu plus directement en direction de Breda. Tant pis pour le beau parc naturel que m’avait fait miroiter Brigitte.

La campagne belge et néerlandaise est très agréable en suivant les itinéraires cyclables. On n’y croise presque aucune voiture. Et malgré les exploitations agricoles, pas un tracteur non-plus.

Route de campagne belge

Au Pays-Bas, nous empruntons souvent des chemins forestiers dont la partie principale, sableuse, est dédiée aux chevaux et où nous sommes cantonnés sur une étroite piste cyclable revêtue. Les cyclistes rapides de Belgique ont fait place à des hordes de personnes âgées sur leurs vélos électriques. Je caricature un peu mais le profil du cycliste moyen a vraiment changé en 24h.

Breda est une très jolie ville avec une église dans le même style architectural que la cathédrale d’Anvers. Nous logeons dans l’auberge de jeunesse que nous trouvons un peu vétuste. Sophie et Marie-Cécile arrivent en train dans la soirée et le voyage à 4 commencera le lendemain.

Eglise de Breda

Voila pour les 5 premiers jours de voyage. La suite ici >>

Distances parcourues : 133 – 136 – 97 – 104 et 73km

 

 

 

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