Bornholm et la route de Berlin

Rønne, 3 août. Comme prévu, je laisse plus des trois quarts de mes affaires à l’auberge avant d’aller faire le tour de l’île. Je suis assez impatient de la découvrir parce que c’est pour moi le principal objectif de ce voyage. Certes il y a eu Copenhague et il y aura Berlin, mais Bornholm c’est l’endroit le plus exotique, le plus éloigné de chez-moi, le plus inconnu.

La capitale de l’île, Rønne, garde des airs de petit village de pêcheurs, avec des maisons basses en briques ou à colombages.

Une rue de Rønne

Rønne

Près de l’auberge, il reste une grosse tour ronde de l’ancienne citadelle qui surveillait le port.

Ancienne citadelle de Rønne

Je commence mon tour à vélo en m’éloignant de la côte pour passer vers l’église ronde de Nyker. Il y a 4 églises rondes de ce type qui sont une spécificité de l’île. J’arrive malheureusement un peu tôt pour qu’elle soit ouverte. La voie verte pour aller à Nyker est construite sur une ancienne voie ferrée. Plusieurs sont dans ce cas et aujourd’hui il n’y a plus de trains sur l’île.

Voie verte entre Rønne et Nyker

Église ronde de Nyker

Après cette brève incursion dans l’intérieur, je redescend vers la côte et emprunte l’itinéraire balisé qui fait le tour de l’île. Arrivé à Hasle, un des premiers bâtiments du village est une fumerie de poissons. Elle a l’air bien entretenue et fonctionne encore.

Fumerie de poisson de Hasle

La route continue le long de la côte dans sa plus belle portion. Un panneau avertit les cyclistes avec bagages qu’il y a des escaliers plus loin et qu’ils sont invités à faire un détour. Justement ça tombe bien je n’ai pas mon chargement aujourd’hui alors je reste sur cette belle route.

Voilier au large de Hasle

Route côtière après au nord d'Hasle

En effet je tombe sur les dits escaliers mais ils permettent de pousser le vélo à côté, rien de bien méchant. Dans cette partie au nord-ouest de Bornholm ça monte et ça descend pas mal sur de petits chemins forestiers avec de temps en temps une ancienne carrière de granit remplie d’eau. Je me dis quand même qu’à ce rythme là le tour de l’île va me prendre un bout de temps car elle fait un peu plus de 100km de circonférence.

Le passage par le nord-ouest vaut quand même le détour pour la forteresse Hammershus. Rien de moins que la plus grande forteresse médiévale de Scandinavie.

Hammershus

Ensuite, le long de la côte nord de l’île, la piste est très roulante et longe la route principale. Je fais une petite incursion dans les terres à nouveau, mais guère plus d’1km en VTT pour aller voir les chutes d’eau de Døndalen. C’est plus impressionnant l’hiver m’a-t-on dit. Ce sont les plus hautes chutes d’eau du Danemark. Ce n’est pas un pays montagneux !

Cascade de Døndalen

Le long de la côte nord je passe par le petit village de pêcheur de Gudhjem.

Moulin à Gudhjem

Mais le village de pêcheur qui est le point le plus éloigné de mon tour de la journée c’est Svaneke. La municipalité la plus orientale du Danemark. Un bout de monde à sa mesure.

Les touristes ne sont pas très nombreux. Je finis par me demander où vont tous les gens qui débarquent 5 ou 6 fois par jour par le ferry. Ils ne sont pas dans les auberges de jeunesses ni sur les sites touristiques. L’île fait sa promotion autour de ses beaux itinéraires cyclables mais il n’y a pas foule sur ceux-ci non plus (enfin selon mes critères biaisés par les traversées des Pays-Bas et de l’Allemagne, selon des critères français, il y a beaucoup de cyclistes !).

Bateau arrivant au port de Svaneke

Svaneke

Je continue un peu vers le Sud le long de la côte puis je coupe l’intérieur de l’île pour rentrer. Il y a là une piste qui est essentiellement en forêt, je me dis que ça changera de paysage. Et en effet assez vite je n’ai plus l’impression d’être sur une île. La forêt est assez surprenante car elle est traversée de failles faisant à chaque fois de petites falaises.

Falaise au centre de Bornholm

Couper par le milieu de l’île ne réduit finalement pas le nombre de kilomètres par rapport à un tour complet. Du coup je n’ai pas jeté un œil aux plages du sud. C’est peut-être là que sont tous les touristes.

Je profite de la soirée pour écrire et envoyer une première salve de cartes postales. Je voulais le faire dès Copenhague mais notre visite de la ville ne nous a pas laissé le temps d’y penser.

Le lendemain matin je dois me lever tôt pour reprendre le ferry vers Sassnitz en Allemagne. J’arrive comme souvent très en avance mais je ne suis pas le premier. Le ferry n’est pas aussi rutilant que celui qui vient de Suède. La traversée est beaucoup plus longue, environ 3h30. Au bout de 2h à peine on aperçoit les falaises blanches de l’île de Rügen, couronnées de forêts.

Falaises de Rügen

Au moins on ne les confond pas avec celles de Douvres. À l’arrivée je regarde avec un peu plus d’attention les autres navires et en repère un qui va installer des éoliennes offshore. La façon d’empiler tous ses énormes morceaux de mâts et de pales fait paraître le bateau tout petit.

Bateau chargé d'éoliennes

Une fois sur Rügen, je m’attendais à avoir de magnifiques itinéraires cyclables, parce que l’île est une destination touristique importante en Allemagne du nord, et réputée pour ces itinéraires côtiers. Mais je me contente de suivre les indications pour vélos, vers Putbus. J’y vais malgré le panneau « Stark Verkher », fort trafic. Et en effet c’est la pire route que j’ai faite des vacances. En pleine saison touristique le trafic est très dense et la route pas si large que ça.

À Putbus, dans le parc du château, quelques cerfs y semblent toutefois complètement indifférents.

Cerfs à Putbus

La traversée de l’île de Rügen est finalement assez rapide. Une fois sur la route qui va vers le bac de Glewitz, le trafic est plus calme. Les automobilistes préfèrent prendre le pont. Mais pour moi le pont serait synonyme d’un grand détour.

Ce bac est le dernier que je vais prendre du voyage (le 10ème si je compte bien). Maintenant j’ai à nouveau mes roues sur le continent.

Bac de Glewitz

La route vers Greifswald est la plus belle route pavée que j’ai pu prendre, dans le sens la plus roulante. A 30km/h ça vibre un peu mais c’est encore confortable, et avec toute cette herbe qui pousse entre les pavés j’ai vraiment l’impression d’arriver sur de la pelouse, c’est tout vert devant, mais gris dessous.

Route pavée vers Greifswald

Greifswald est une jolie petite cité hanséatique qui me rappelle un peu certaines petites villes de République Tchèque.

Greifswald

Greifswald

La ville est un port relié à la mer par un cour d’eau canalisé que je longe sur son chemin de halage. Vers son embouchure il y a un joli pont levant.

Pont levant de Wieck

Je continue un peu le long de la côte pour trouver un camping. Je tombe sur la plus grande Zeltwiese que j’ai jamais vu. Beaucoup de monde dans ce camping. A ma première tentative d’installation une voiture arrive, ce sont les propriétaires de la tente d’à côté qui me disent que c’est la place de leur voiture. Je préférais la version Münsteroise de la prairie à tente, interdite aux voitures et avec une petite charrette pour amener ses affaires, ça laisse plus de place pour camper.

Le soir il y a un très beau coucher de soleil depuis la plage. La mer semble presque fermée à cause des côtes de Rügen qui me font face au nord. C’est la dernière fois que je vois la Baltique.

Le lendemain je part perpendiculairement à la côte, plein sud. Je me retrouve à nouveau sur des petites routes qui sont en réalité des chemins sableux à quelques reprises. Mais globalement je roule efficacement jusqu’à Neubrandenburg. Le paysage est assez monotone.

À Neubrandenburg, la ville est presque entièrement reconstruite et n’a plus rien d’ancien à part, de façon surprenante, l’intégralité de ses remparts.

Intérieur des remparts de Neubrandenburg

Je pense que les personnages qui ornent cette porte devaient porter quelque chose, drapeaux ou armes, sinon ils ont une position étrange.

Une porte de Neubrandenburg

Après cette ville, le paysage change radicalement et devient beaucoup plus beau et verdoyant. Je prends une petite averse qui ne dure pas et rejoins par une petite route forestière la ville de Burg Stargard. La cité est dominée par un petit fort qui se mérite, vu les énormes pavés des 2 routes qui y mènent.

Burg Stargard

J’emprunte ensuite une route où les voitures et les camions roulent vite et où les arbres d’alignement ne laissent pas beaucoup de place pour dépasser. J’essaye alors de trouver des petites routes pour éviter ça, surtout que j’approche de la fin de l’étape, je ne suis pas pressé. Je tombe sur le plus petit chemin que j’ai pris. A peine marqué alors qu’il traverse un champs au milieu des vaches.

Raccourci vers Feldberg

J’arrive alors dans une très belle région de lacs autour de la petite ville de Feldberg. Au premier camping on me dit que c’est complet. Un mythe s’effondre ! C’est la première fois que ça m’arrive en Allemagne, c’était justement parce que les campings n’étaient jamais complets que je trouvais le principe des Zeltwiese génial.

Je continue donc un peu par une très belle piste forestière jusqu’au hameau idyllique de Carwitz. Cerné par quelques 5 lacs. Il s’y trouve un musée, la maison de Hans Fallada. J’ignore alors totalement qui est ce personnage, mais à mon retour à Paris je suis tombé sur « Seul dans Berlin » dans une librairie, et je l’ai dévoré.

Maison de Carwitz

Bord de lac à Carwitz

Expliquer aux autres cyclos d’où je viens devient déjà compliqué. Je ne sais pas pourquoi tout le monde s’attend à ce que je fasse un itinéraire « officiel » et il y en a beaucoup dans la région, le plateau des lacs du Mecklembourg.

Le lendemain je repart en forêt mais me trompe un moment de route. Le détour n’est pas important mais comme c’est une piste en sable, il me prend un bout de temps. Pour plus de sûreté, je reste finalement sur une grande route jusqu’à Prenzlau. Prenzlau est en fait plein est, pas du tout sur la route de Berlin. Mais j’ai le temps d’y faire un détour avant d’arriver à Berlin.

Château de Boitzenburg

La ville de Prenzlau est assez jolie au bord du lac Unteruckersee. Elle est dominée par une énorme église en briques. D’ailleurs j’y coupe, comme à Greifswald, la Backsteingotik straße, la route du gothique de brique.

Prenzlau

À partir de Prenzlau, je longe un itinéraire « officiel », l’itinéraire cyclable longue distance Berlin-Usedom, Usedom étant l’île de la Baltique qui se situe à la frontière germano-polonaise. En fait ça change radicalement la façon dont je visite la région. L’itinéraire est facile à suivre et surtout les routes sont presque neuves. Fini le sable et les pavés !

Il y a plein de lacs et l’itinéraire est quasi-intégralement dans la forêt. C’est vraiment une route très agréable.

Etang près d'Angermunde

Sous bois vers Joachimsthal

J’arrive en fin d’après-midi au bord du lac le plus turquoise du voyage. À seulement 60km de Berlin, le Werbellinsee m’offre une dernière baignade des vacances magnifique.

Werbellinsee

L’accueil du camping est efficace, pas de papier à remplir avec son nom, un simple ticket de caisse comme au Lidl ! Le lendemain matin, je décolle très tôt. J’ai prévu d’arriver à la mi-journée à Berlin pour déjeuner avec mes hôtes.

Au petit matin, le canal qui sort du Werbellinsee est parfaitement calme, un vrai miroir.

Werbellinkanal

Ce n’est que maintenant que j’arrive à proximité de Berlin que je constate que les allemands commencent à adopter le système des Knooppunten néerlandais. Je vais donc de Knotenpunkt en Knotenpunkt (l’orthographe s’est germanisée), mais ici, les allemands ont gardé toutes la signalétique existante. Doublée d’une petite carte de situation ce sont les carrefours les plus complets que j’ai vu. On peut venir dans les environs de Berlin sans carte !

Knotenpunkt

Bon ce n’est pas tout à fait vrai. En ville ça devient un peu plus délicat et je ne vois plus ces Knotenpunkt une fois rentré dans le Land de Berlin et je dois me référer à plusieurs reprises à la carte que m’avait offert Hazel, la couchsurfeuse berlinoise, au printemps dernier. J’arrive en fin de matinée chez-elle et je peux me rendre présentable avant d’aller au restaurant où nous retrouvons son copain qui travaille dans le quartier de l’Alexanderplatz.

Je passe l’après-midi et les 2 jours suivant à explorer la ville et ses environs. Comme ça fait beaucoup de photos, ce sera dans le prochain article.

Les kilomètres entre Bornholm et Berlin : 109 -133 – 113 et 60 km. Pour un total d’environ 2400km depuis Paris. Je mettrais aussi une carte et d’autres chiffres dans le prochain article.

La suite ici >>

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Des 2 côtés de l’Øresund

Nykøbing Falster, 29 juillet. L’heure est déjà venue de quitter nos compagnons d’un jour et de les laisser continuer à leur rythme vers la capitale danoise. Nous partons tous les 3, Anaïs, Marie-Cécile et moi. Les filles sont plus motivées que jamais. Copenhague n’est plus qu’à 2 jours d’ici. L’arrivée au Danemark et la compagnie des cristoliens leur a redonné la motivation nécessaire à la dernière ligne droite.

Nous tentons d’éviter la grande route au début, mais nous finissons quand même par la rejoindre car nos 2 cartes routières sont relativement imprécises, voire partiellement fausses. Il n’y a que rarement des pistes cyclables sur cette partie de notre itinéraire, et souvent elles sont réduites à une très étroite bande de peinture. Je suis un peu déçu par le Danemark sur ce point là. Il faut dire qu’après 2 semaines aux Pays-Bas et en Allemagne la barre de nos attentes en la matière était placée très haut.

Assez rapidement nous arrivons à Stubbekøbing où il est déjà temps de quitter l’île de Falster pour celle de Bogø. Le bac est tout en bois même s’il transporte aussi des voitures. Il nous parait assez cher vu l’étroitesse du bras de mer à traverser. Les prix d’à peu près tout on fait un bond par rapport à l’Allemagne.

Ferry pour Bogø

Sur l’île de Bogø, là encore pas de piste cyclable alors qu’il y a pas mal de trafic, autant automobile que cyclotouriste. Il faut attendre d’avoir pris la digue vers l’île de Møn et d’avoir bifurqué sur une petite route pour se retrouver au calme.

Il fait un soleil de plomb et il n’y a presque rien pour se mettre à l’ombre. À midi nous tombons presque par miracle sur un banc au pied d’un arbre. Il est au ras de la route et nous assistons aux vas-et-viens des tracteurs car nous sommes en pleine moissons. L’île de Møn aussi n’est que champs de blé.

Champs sur l'île de Møn

L’itinéraire balisé que nous suivons sur l’île nous mène vers 2 monuments mégalithiques : un dolmen et un tumulus. Ce ne sont que 2 parmi les 120 monuments néolithiques de ce genre qui parsèment l’île qui n’est pourtant pas grande.

Dolmen sur l'île de Møn

Nous ne prenons pas la peine de sortir les frontales pour voir plus clair dans le tumulus qui possède une assez grande salle.

Tumulus sur l'île de Møn

Devant ce tumulus, une salariée du ministère de la culture fait sa petite enquête sur les visiteurs du site. – Pourquoi êtes vous venus visiter ce site ? En aviez-vous entendu parler avant ? – Ben c’était sur la route entre la France et le Danemark. On est là par hasard !

Nous quittons l’île de Møn par un haut pont qui mène à la ville de Kavlehave. Ça nous parait le plus haut relief de la journée (même si ça ne l’est probablement pas).

Eoliennes et pont de Kalvehave

Nous traversons ensuite au plus vite jusqu’au golfe de Præstø.

Præstø

Ensuite nous nous mettons en quête d’un hébergement dont nous avons piqué les coordonnées GPS sur un guide qu’avaient 2 hollandais rencontrés au ferry de Bogø. C’est un système de camping chez-l’habitant et c’est beaucoup moins cher que les campings « officiels ».

Nous trouvons bien la chaumière mais  nous avons un doute sur le lieu jusqu’à ce que nous apercevions le panneau de la salle de bain dans laquelle toutes les explications sont aussi écrites en anglais. Les propriétaires ne sont pas là alors il faut laisser l’argent dans une enveloppe dans la boîte aux lettres. Nous sommes seuls dans une belle cour de ferme avec les commodités nécessaires pour camper.

Chaumière camping de Snesere

Le lendemain matin il pleuvine malheureusement. Nous coupons au plus direct à travers l’île de Seeland. Nous parvenons à suivre de petites routes le matin mais à partir d’une vingtaine de kilomètres avant Køge nous empruntons la route principale vers Copenhague. Elle se trouve en fait assez rapidement longée par une piste cyclable.

Køge a un petit centre-ville sympathique et très animé.

Køge

Mais la ville est aussi le début de la banlieue de Copenhague. Il nous reste pourtant encore plus de 40km à parcourir dans des banlieues industrielles pas des plus bucoliques. Nous avions croisé d’autres cyclotouristes 2 jours plus tôt qui nous avaient dit qu’ils prendraient le train à Køge. Nous comprenons maintenant pourquoi. Mais il faut aller à Copenhague à vélo. Il ne faut pas tricher. Seuls les bacs et ferries sont autorisés. Comme s’il y avait un autre juge que notre conscience.

Si pour ma part je n’ai pas trop aimé cette partie, bien que très efficace. Marie-Cécile a adoré ce morceau de grande route avalé à toute vitesse. Sur le chemin nous nous arrêtons un peu à l’écart et trouvons un accès à la plage. Elle est presque déserte et nous profitons du vent pour faire sécher les tentes pendant que nous pique-niquons.

Plage au sud de Copenhague

À mesure que nous approchons de Copenhague, les pistes cyclables se font plus systématiques et plus fréquentées. Mais étonnamment il n’y a aucune indication. Nous sommes obligés de demander des explications à quelqu’un pour aller en direction du centre-ville. Une fois au niveau du jardin zoologique de Frederiksberg, je reconnais les lieux (voir mon article d’il y a 4 ans). Du coup je nous guide pour faire une entrée triomphale dans Copenhague entre les éléphants de la brasserie Carlsberg.

Les éléphants de Carlsberg

Chose inconnue jusqu’alors, vous aurez remarqué le taxi avec porte-vélo.

Après un passage par l’office de tourisme qui fait face à Tivoli pour récupérer un beau plan des itinéraires cyclables, nous nous dirigeons vers le quartier où habite notre hôte, Silas, contacté via Couchsurfing. Il vit à 6km au nord du centre-ville. Il nous cuisine un succulent plat de pâtes et nous héberge tous les 3 malgré l’exiguïté de son appartement.

Le lendemain c’est journée de repos à Copenhague. Nous partons faire un tour à vélo et commençons par un brunch dans le quartier de Nørrebro. Nous passons ensuite par le château de Rosenborg, le fameux château de campagne de la famille royale qui n’est qu’à 2 kilomètres du château du centre-ville.

Château de Rosenborg

Nous faisons ensuite un tour au jardin botanique, un parc très agréable.

Serres du jardin botanique de Copenhague

Puis nous nous rendons à la citadelle où nous posons à nouveau les vélos pour faire le tour des bastions à pied.

Citadelle de Copenhague

Juste derrière la citadelle, nous pouvons aller voir la principale attraction touristique de la ville. Je n’avais pas pu la voir en 2010 car elle avait été exceptionnellement déplacée à l’exposition universelle de Shangaï. Mais aujourd’hui elle est là, dans toute sa petitesse comme la Joconde où le Manneken Pis : la petite sirène.

La petite sirène

Nous longeons ensuite le port pour revenir vers le centre-ville, face au très moderne opéra.

Opéra de Copenhague

L’Opéra est dans l’axe de la perspective de la place de l’Amalienborg, faisant face à l’énorme dôme de la Frederiks Kirke.

Frederiks Kirke

Nous atteignons finalement le plus coloré des quartiers de Copenhague : Nyhavn, le nouveau port. Sous le soleil il est noir de monde et se transforme en une unique terrasse de restaurant.

Nyhavn

Nous retrouvons notre hôte dans un bar de Nørrebro (à nouveau) avant de regagner chez-lui et de lui cuisiner à notre tour une spécialité française, des crêpes.

Le quartier de notre hôte a un style assez particulier et homogène puisque construit en une seule fois et est dominé par une église plutôt impressionnante.

Coucher de soleil sur la Grundtvigs-Kirke

Le lendemain, premier août, c’est l’heure des adieux. Le voyage en groupe est terminé. Je laisse les filles visiter Copenhague encore quelques jours et je m’élance pour une dernière semaine de voyage tout seul.

Je pars en direction du nord en suivant quelques itinéraires cyclables relativement bien fléchés jusqu’à la ville d’Hillerød. Il s’y trouve un gigantesque château d’un style bien danois, qui n’est pas sans rappeler Rosenborg. L’entrée dans la cour d’honneur est impressionnante sous un énorme clocher.

Entrée du château d'Hillerød

Cour d'honneur du château d'Hillerød

L’itinéraire cyclable permet vraiment de passer dans la cour puis de traverser les grands jardins à la française qui s’étendent de l’autre côté du château.

Château et jardins d'Hillerød

Pavillon dans les jardins d'Hillerød

Les jardins m’ont fait bifurquer plein Est. C’est exactement ce que je veux puisque je me dirige maintenant vers Elseneur (ici j’utilise le nom français, puisqu’il y en a un, parce que c’est plus facile à écrire). Il y a aussi dans cette ville un château royal danois. Celui-là est au cœur d’une citadelle qui défend le détroit de l’Øresund. C’est un peu redondant puisque « Sund » veut déjà dire détroit.

Le château de Kronborg est vaste et impressionnant, balayé par les vents qui s’engouffrent dans le détroit. Il a  des allures de fort de bout du monde alors que pourtant on voit distinctement les côtes suédoises à quelques encablures.

Kronborg

C’est ici que Shakespeare situe l’action de Hamlet. Je n’ai pas lu la pièce, mais le simple fait de savoir ça pourrait me pousser à le faire.

La ville d’Elseneur est plutôt touristique et a un centre ville piétonnier agréable.

Elseneur

Je grimpe dans le ferry pour la Suède, il y en a toutes les 20 minutes et la traversée n’est pas chère. Les aller-retours incessants sont d’ailleurs très bien rodés.

Ferry quittant Elseneur

Temporairement je quitte le Danemark pour la Suède. J’arrive dans la très industrieuse Helsingborg. Je fais rapidement un tour en ville et je prends les mêmes photos qu’il y a 4 ans.

Hotel de ville d'Helsingborg

Helsingborg

Je quitte Helsingborg en longeant l’Øresund vers le sud. Il y a un bel itinéraire cyclable bien balisé qui m’amène le long des plages et dans des petits ports de plaisance. J’arrive à Landskrona et sa jolie citadelle.

Citadelle de Landskrona

Je devais passer la nuit dans le camping de cette ville, mais il n’est même pas 16h. Je décide donc de pousser un peu plus loin. Mais 20km plus loin le camping ne veut de moi que si j’achète une carte de campeur me donnant accès à « plein de campings en Europe ». Étant donné le paquet de campings que j’ai déjà fait en Europe sans avoir jamais vu une telle arnaque je signifie mon refus de payer 35€ pour une nuit et continue encore plus loin. Résultat je fais près de 145km ce jour et termine malgré tout dans un camping relativement cher (en gros c’est un tarif par tente, peu importe le nombre d’occupants : à 2 c’est correct, seul c’est cher). Mais bon être à la plage a un coût. Du coup je n’ai pas une bonne opinion des campings suédois. Mais c’est la seule nuit où je campe en Suède alors je ne vais pas en faire une généralité.

Néanmoins je me suis beaucoup rapproché de Malmö et du pont de l’Øresund qui forment une ligne d’horizon caractéristique avec la fameuse « Turning Torso » de Calatrava. J’assiste à un très beau coucher de soleil.

Malmö

J’ai quand même gagné à faire une si longue étape, le droit d’en faire une très courte le lendemain. Je m’éloigne de la côte en coupant tout droit à travers la Scanie, commençant par passer entre Lund et Malmö. Le paysage est essentiellement agricole à part une petite zone de forêt en plein centre. Mais rien de particulièrement exceptionnel avant d’arriver dans la charmante petite ville d’Ystad.

Il s’y déroule en plus un festival de Jazz et je parcours les rues du centre-ville sur fond musical.
Ystad

Ystad

Je pique-nique dans un parc au bord d’un ruisseau et mets un peu de temps à m’apercevoir de la présence de la sculpture d’un roi grenouille parmi les rochers.

Roi grenouille à Ystad

Ystad est au bord de la Baltique, au Sud de la Scanie. Elle a été un comptoir de la ligue Hanséatique et est aujourd’hui un port de passagers important. C’est d’ici que je prends le ferry pour retourner au Danemark, sur l’île de Bornholm. J’en profite aussi pour acheter mon billet pour le ferry entre Bornholm et l’île Allemande de Rügen que je compte prendre 2 jours plus tard. Le ferry vers Bornholm est un catamaran ultra-rapide qui avale la traversée en 1h20, là où un ferry normal mettrait plus du double.

Catamaran de la Bornholmer Faergen-faergen

À Rønne, la principale ville de Bornholm, je m’installe pour 2 nuits dans une auberge de jeunesse. Malgré la saison touristique qui bat son plein je me retrouve seul dans un dortoir de 4 lits. Je profite de l’occasion aussi pour faire une vraie lessive et prépare ma visite de l’île le lendemain, enfin une journée sans toutes les sacoches !

Mais ce sera pour le prochain article. A suivre… ici >>

Les kilomètres entre Nykøbing et Ystad : 82 – 94 – (repos à Copenhague) – 144 et 82km.

 

Bremen – Nykøbing Falster

Brême, 22 juillet. Nous sortons de la ville en suivant les indications pour Lilienthal et j’ai rarement vu une sortie de ville aussi agréable à vélo. Dès la gare centrale l’itinéraire est dans un parc, puis suit des digues à l’écart de la circulation jusqu’à ce qu’on soit complètement sorti de l’agglomération. Dommage ensuite que ça continue sur une piste parallèle à une route chargée jusqu’à Worpswede.

Nous passons dans cette petite ville un peu par hasard parce qu’elle est soulignée sur la carte. Il s’agit en fait d’une « colonie d’artistes » et il y a des galeries d’art et des sculptures partout.

Sculpture à Worpswede

Nous nous démenons ensuite pour suivre des indications de village en village. Il était hors de question de continuer à suivre la route des pèlerins qui fait de gros détours à notre goût. Du coup les routes de campagne se changent assez vite en chemins.

Chemin vers Hepstedt

Nous faisons étape à Zeven. En face du camping il y a un freibad, une zone de baignade dont j’ignore pourquoi on l’appelle « frei » puisqu’elle n’a rien de gratuit, ni de naturel. Néanmoins c’est très agréable après une journée de vélo.

Eglise de Zeven

Le lendemain une grosse étape s’annonce pour rallier Hambourg. Nous continuons de nous forger un itinéraire au fur et à mesure car les indications sur le terrain ne correspondent pas toujours à ce qu’on a pu repérer sur OpenCycleMap la veille. Nous cheminons entre champs de maïs et forêts. Les maisons sont toujours en briques et de temps en temps avec des toits de chaume, et il y a beaucoup d’éoliennes. D’ailleurs le vent nous fait plutôt face.

Eoliennes vers Ottendorf

Nous pique-niquons à Buxtehude, petite bourgade assez pittoresque de la vallée de l’Elbe. Le fleuve n’est pas tout près mais l’affluent qui y mène est canalisé et il y a un petit port dans le centre-ville.

Maison sur le port de Buxtehude

Nous suivons ensuite cet affluent de l’Elbe sans le voir beaucoup parce qu’une digue nous en sépare. Les villages que nous traversons sont constitués de belles chaumières.

Le long de l'Este

À peine une quinzaine de kilomètres après Buxtehude nous pénétrons dans Hambourg. Comme tous les panneaux d’entrée de ville, la statut administratif est indiqué et l’éventuel comté (Kreis) dont elle fait partie. Ici c’est une ville libre et hanséatique. Je trouve amusant que ce titre de « Hansestadt » hérité du moyen-âge soit encore en usage. Avec Brême et Berlin, Hambourg est une des trois seules villes allemandes a avoir le statut de Land.

Entrée d'Hambourg

En fait nous ne sommes pas encore au centre-ville, mais nous avons pris un raccourci qui fait que notre étape de vélo se termine à Finkenwerder. Les derniers kilomètres sont interminables et dans une circulation dantesque, proximité de la zone portuaire oblige, mais bien plus courts que s’il nous avait fallu pédaler jusqu’au centre en devant faire des détours pour passer sur les rares ponts de la rive gauche de l’Elbe.

À Finkenwerder nous empruntons un ferry de ville qui assure les liaisons avec le centre tous les quarts d’heure. Le petit ferry est bondé parce qu’il fait beau et que c’est une excursion agréable et peu chère qui permet de jeter un œil sur le port.

Port d'Hambourg depuis le ferry

Après une poignée d’arrêts le long de l’Elbe, le ferry nous dépose en plein centre-ville et littéralement au pied de l’auberge de jeunesse où nous allons passer les deux nuits suivantes.

C’est donc à Hambourg que nous passons notre seule journée de repos.

Nous sommes à deux pas de l’église Saint-Michel (surnommée « Der Michel »), qui porte selon le routard la plus grande horloge du pays. Mais rappelez vous qu’à Düsseldorf se trouve la plus grande horloge numérique du monde, j’étais monté au sommet en mars puisqu’il s’agit de la tour de télévision.

Der Michel

Le premier soir nous mangeons sur la place de l’hôtel de ville où se trouve un genre de Biergarten permanent.

Hôtel de ville d'Hambourg

Les bords du lac Binnenalster sont tout près et me font penser à Genève, à part cette portion en arcades.

Alsterarkaden Hamburg

Tout nous parait gigantesque dans cette ville, les bâtiments, les très larges avenues et même cette brasserie bavaroise où j’ai goûté de la schwartze Weissbier, littéralement de la bière blanche noire. Mais Weissbier ne veut pas du tout dire bière blanche, c’est une transformation de Weizen (froment) en Weiss (blanc) qui entretient la confusion.

Le lendemain nous grimpons au sommet de « Der Michel ». La vue est splendide. Les toits verts de l’hôtel de ville au centre et le Binnenalster à gauche sont repérables. Mais la ville montre bien qu’elle n’a plus grand-chose d’ancien en son cœur mais essentiellement des immeubles de bureaux sans âmes.

Centre d'Hambourg depuis Der Michel

Nous passons également dans le quartier des entrepôts. Cette ancienne zone portuaire est assez agréable à traverser. Parmi les quelques bateaux amarrés je repère le Tolkien que j’ai vu l’année dernière à la grande armada de Rouen.

Le Tolkien à Hambourg

La philharmonie est encore en construction et est appelée à devenir un des symboles de la ville.

Philharmonie d'Hambourg

Les entrepôts eux sont d’austères bâtiments de briques.

Entrepôts du port aux épices

Le temps se gâte sérieusement et nous rentrons à l’auberge pour passer l’après-midi au sec, à jouer aux dames, lire et préparer l’itinéraire des trois jours suivants. On vient seulement de se procurer une carte du Mecklembourg. Depuis la terrasse de l’auberge on peut suivre les manœuvres des gigantesques cargos qui arrivent au port.

Manœuvre d'un navire dans le port d'Hambourg

Le soir, le mauvais temps est passé et nous allons manger dans un quartier un peu excentré avant de faire le tour complet du lac Ausseralster. Tout son pourtour forme un très grand parc bordé de riches demeures.

Aussenalster Hamburg

Après cette journée de repos, nous repartons pour nos trois dernières étapes allemandes. La sortie d’Hambourg est interminable. Nous suivons un itinéraire d’OpenCycleMap que rien ne matérialise sur le terrain. Ensuite la campagne ressemble à celle des jours précédents jusqu’à Trittau où nous passons à la mi-journée.

À la sortie de Trittau nous rencontrons notre première vraie route pavée. Heureusement elle est longée sur une grande partie par de la terre battue. C’est un beau passage en forêt. Le relief se fait aussi plus marqué dans l’après-midi alors que nous approchons de Ratzeburg, notre ville étape.

Ratzeburg jouit d’une situation exceptionnelle sur une presqu’île au milieu du lac homonyme. Mais pourtant son centre-ville n’est pas très beau.

Ratzeburg

Heureusement le lac lui est magnifique et nous offre à nouveau une baignade agréable. Comme il pleut dans la soirée, nous dînons sous le seul abri des abords du camping au bout d’un ponton.

Ponton sur le lac de Ratzeburg

Le lendemain matin est toujours pluvieux et nous déjeunons à nouveau sur notre ponton. La pluie ne dure pas et nous partons juste dans la grisaille. En essayant d’éviter la grande route nous nous retrouvons sur de petites routes en pavés ou en sable. Ça y est nous sommes arrivés en Allemagne de l’Est. Finalement nous nous rabattons sur la grande route qui est longée par une piste, c’est plus efficace. À la mi-journée nous nous ravitaillons à Gadebusch.

Gadebusch

En milieu d’après-midi nous atteignons Schwerin, la capitale du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (sur le panneau d’entrée elle porte le titre de Landeshauptstadt). L’étape est plutôt longue mais Schwerin seule est une sacré récompense après ces kilomètres. Nous passons par l’île du château avant de flâner dans le centre et d’y boire notre Eiscafé quotidien.

Arrivée au château de Schwerin

Château de Schwerin

Centre-ville de Schwerin

Après cela il ne nous reste qu’à traverser le lac de Schwerin et le longer un peu sur sa rive Est pour atteindre le camping. Ce qui représente tout de même encore une petite trentaine de kilomètres puisque c’est un des plus grands lacs d’Allemagne.

Le camping se situe dans une agréable pinède au bord du lac. La baignade est agréable mais même en marchant longtemps dans le lac, l’eau ne monte pas plus haut que la taille. Du coup elle est plutôt chaude entre 22 et 24°C.

Le jour d’après nous partons par des pistes en forêt qui sont assez régulièrement en sable et où il faut rester très attentif. Sur les itinéraires balisés comme sur les raccourcis que nous essayons de prendre, nous n’avons pas plus de veine. À un moment il nous faut même pousser les vélos à la main tellement on s’enlise dans le sable.

Piste sableuse vers Neukloster

Mais assez vite nous rattrapons des routes. D’ailleurs elles sont bien moins souvent longées par des pistes cyclables qu’à l’Ouest. Il y a également moins de trafic.

Après une journée encore particulièrement chaude, nous atteignons enfin la Baltique à Heiligendamm, une station balnéaire chic, et pouvons profiter de la fraîcheur de l’air marin.

Plage de la Baltique

Plage d'Heiligendamm

Ce soir là, juste après s’être baigné dans une eau à 17°C (ça change des lacs !), nous prenons le plus gros orage du voyage. Il reste une heure au dessus du camping et des trombes d’eau s’abattent. Heureusement nous sommes déjà installés et nous ne faisons pas partie de ceux qui voient des mares se former sous leur tente. Il y a beaucoup de cyclistes dans ce camping, mais bizarrement la direction n’a rien prévu pour s’abriter et tout le monde se presse sous le ridicule avant-toit des sanitaires.

Le lendemain matin il fait à nouveau un temps splendide. Nous partons tôt pour attraper un ferry du matin vers le Danemark, nous visons celui de 9h30 ou celui de 11h15. La vingtaine de kilomètres qui nous sépare de Warnemünde est très agréable le long de la mer. Notamment dans de belles forêts de hêtres.

Hêtraie avant Warnemünde

À Warnemünde, point de ferry pour le Danemark (comme il était mentionné dans le routard). Le port de Rostock est en réalité de l’autre côté de l’estuaire et ça implique de prendre un bac et de faire un large détour pour contourner une zone militaire. Donc pour un ferry du matin c’est raté.

Sophie arrête le voyage à Rostock et rentre en France en train après 13 jours de voyage depuis Breda. Nous continuons le voyage à 3.

L’arrivée dans le port par la zone industrielle n’est pas vraiment agréable, heureusement les poids-lourds sont assez peu nombreux (contrairement à Hambourg). Une voiture arrive à notre hauteur et nous apostrophe en français. Il se trouve que ce sont des amis de Créteil, Franck, Diane et leurs enfants, la coïncidence est incroyable. C’est donc ce jour là, après de chaudes journées ensoleillées (depuis Anvers il n’a pas beaucoup plu) que nous apprenons que la météo est catastrophique en France et dans le centre de l’Europe. Mes amis ont donc changé leurs plans à la dernière minute et ont troqué leur voyage à vélo en famille en Autriche pour le Danemark.

Port de Rostock

Nous prenons tous ensemble le ferry de 13h30, avec une foule d’autres cyclotouristes. Puis une fois sur l’île danoise de Falster, nous roulons en groupe (7 cyclistes si je compte les enfants dans la remorque) jusqu’à Nykøbing, sa principale ville. Les paysages sont bien différents de l’Allemagne. Il y a essentiellement des champs de blé et peu d’arbres, en tout cas peu le long des routes.

Nykøbing

La ville de Nykøbing nous semble extraordinairement calme. Ne voyant pas d’indication pour un camping nous devons demander à un commerçant car l’office de tourisme fermait à 14h !  Nous partageons le repas avec la famille et nous racontons les routes passées et à venir. Le lendemain nous nous séparerons car nous avons prévu de rallier Copenhague en 2 jours là où Franck et Diane ont prévu une petite semaine avec les enfants.

Ce sera tout pour cet article. Depuis Brême nous avons roulé : 64 – 72 – (repos à Hambourg) – 74 – 87 – 73  et 68km jusqu’à Nykøbing

Les étapes scandinaves dans le prochain article. A suivre… ici >>

Breda – Bremen

Breda, Pays-Bas, 15 juillet. Le voyage à vélo continue après un prélude de 5 jours en France et en Belgique relaté dans l’article précédent. Dorénavant nous sommes quatre. Nous pédalons en essayant de suivre la liste de knoopunten que nous avons établi la veille. Tantôt en forêt, tantôt en ville ou le long d’un canal, l’itinéraire change régulièrement d’allure. Mais ce n’est qu’en arrivant dans le parc national de Loon et des dunes de Drunense que nous rencontrons une vraie zone naturelle néerlandaise.

Parc naturel de Loon et des dunes de Drunense

Ce parc est essentiellement une forêt dont une partie déboisée a laissé place à des étendues de sable comme on en trouve dans quelques massifs forestiers du bassin parisien. Elle n’est traversée que par des sentiers de randonnée et des pistes cyclables qui zigzaguent un peu plus qu’en temps normal.

À la sortie du parc nous longeons un canal qui, comme déjà remarqué en Belgique, voit ses digues entretenues par des moutons. Je ne sais pas à quoi sert ce canal car il n’est apparemment pas ouvert à la navigation.

Moutons le long du canal vers 's-Hertogenbosch

J’en profite aussi pour prendre une photo du vélo, la première en six jours. Tout tient dans les quatre sacoches, y compris le matériel de camping. Seule la veste de pluie est dehors au cas où car la météo est un peu mitigée.

Vélo sur la digue de Drunense

Après quelques kilomètres le long du canal nous arrivons à ‘s-Hertogenbosch (Bois-le-Duc en français). L’entrée dans la ville est brutale, on passe directement des champs aux immeubles. Il n’y a pas ou peu de zones pavillonnaires qui s’étalent aux portes des villes, on sent que l’espace est plus précieux aux Pays-Bas qu’en France et en Belgique.

La ville est agréable et nous passons un moment en terrasse sur la place principale en compagnie de Clément (je francise son nom, je ne sais pas comment ça s’écrit) un aspirant cyclo-voyageur qui prévoit de traverser l’Europe jusqu’en Bulgarie.

Place principale de 's-Hertogenbosch

Clément nous accompagne aussi pour une petite visite de la ville. Elle possède une grosse cathédrale et un musée dédié à Jérôme Bosch.

Cathédrale de 's-Hertogenbosch

Devant le musée Jérôme Bosch

Nous roulons ensuite tous les cinq, Clément nous servant de guide. Nous le soupçonnons de nous faire faire des détours car nous zappons toutes les indications de knoopunten. Quand il nous abandonne nous ne sommes qu’à quelques kilomètres du camping de Geffen.

Moulin à Geffen

Ce premier camping n’est indiqué qu’au dernier moment. Il est tout petit, familial. Nos voisins nous offrent, avant même que nous ayons monté les tentes, du thé et des gaufres au miel. Il est très calme et confortable avec une salle abritée avec wifi et bouilloire. Dans le fond il y a un enclos avec des wallabys.

Wallaby à Geffen

Le lendemain matin nous repartons à travers une belle forêt en évitant les villes. Nous traversons à nouveau une réserve naturelle qui forme un très vaste enclos ou les chevaux et les vaches des Highlands sont en semi-liberté.

Vache des Highland près de Oss

Etang près de Oss

Cette réserve est encore une bonne surprise. Je n’attendais rien d’extraordinaire de la nature aux Pays-Bas mais je dois dire que c’est la deuxième fois que nous sommes bluffés par la qualité de leurs réserves.

À Ravenstein nous traversons la Meuse qui forme une sorte de très large canal. De l’autre côté nous rencontrons les premiers groupes de marcheur. Nous tombons en plein dans la plus grande manifestation sportive annuelle du coin : la marche de 4 jours de Nimègue. Nous croisons plusieurs fois le cortège des marcheurs à mesure que nous approchons du centre de Nimègue. La ville n’est pas désagréable mais il y a vraiment beaucoup de monde et les monuments sont masqués par les estrades, les scènes de concert, les toilettes, les terrasses et toutes les banderoles déployées pour l’occasion. Tant bien que mal nous parvenons à rejoindre le pont qui traverse le Rhin.

Le Rhin à Nimègue

Pont de Nimègue

Rive droite du Rhin, nous longeons encore un peu le fleuve vers l’amont. Puis nous traversons le canal qui relie le fleuve à la ville d’Arnhem en prenant un petit bac. Nous nous arrêtons à Aerdt dans un camping presque aussi bien que le premier.

Chevaux à Aerdt

Marie-Cécile nous abandonne quelques jours suite à un imprévu. Elle prévoit de nous retrouver à Brême. Nous continuons la route à trois.

Alors que les Pays-Bas n’ont pas failli à leur légendaire platitude nous rencontrons notre première vrai côte à peine franchie la frontière Allemande ! Sur les premières dizaines de kilomètres nous restons proche de la frontière et combinons les deux systèmes de signalisation mais les knoopuntent disparaissent rapidement une fois que nous nous en éloignons.

Dans un des derniers villages néerlandais que nous traversons, Netterden, il y a quelques sculptures à base d’éléments de vélos.

Sculpture vélo à Netterden

Les autres sculptures sont un peu plus traditionnelles.

Sculpture à Megchelen

En Allemagne les indications sont claires et mentionnent des directions qui existent sur la carte (contrairement aux knoopunten) et des distances. Grâce à ça on se rend vite compte que les itinéraires vélo font faire des détours.

Une bonne partie de la journée nous longeons l’Aa, une petite rivière canalisée. Les vaches paissent les pieds dans l’eau.

Vaches les pieds dans l'Aa

À Bocholt nous commençons à pratiquer notre allemand en dégustant notre premier eiscafé (mit oder ohne Sahne?).

Bocholt

La journée s’éternise le long de l’Aa. Nous finissons par essayer de couper au maximum mais nous dépassons malgré tout les 90km de route en arrivant au camping. Les arrière-trains sont endoloris.

Chèvre au camping de Gross Reken

Le camping de Gross Reken est moins sympathique que les campings néerlandais. C’est un camping à l’allemande, essentiellement pour caravanes et mobil homes avec une petite prairie à tente (Zeltwiese) où nous sommes seuls. Mais il y a des poules, des canards et des chèvres pour tenir compagnie (au moins pour les oreilles).

Le lendemain nous partons en décidant de ne pas faire la même erreur que la veille : fini les itinéraires vélo qui font faire des détours. Au moindre doute nous roulons sur ce qui semble le trajet le plus direct. C’est plutôt une bonne solution car beaucoup de routes sont doublées d’une piste cyclable et les passages dans le trafic sont rares. Mais question paysages c’est un peu moins joli. Nous faisons une pause dans la petite ville de Nottuln.

Nottuln

Ensuite nous suivons la route la plus directe vers Münster. Une fois dans la banlieue, la circulation de vélos s’intensifie et nous passons même dans notre première Fahrradstrasse : une rue comme les autres au premier abord sauf que les vélos sont prioritaires partout, les voitures y sont seulement tolérées.

Fahrradstrasse Münster

Les villes allemandes que nous avons traversé pour l’instant n’avait pas un charme fou mais Münster sort du lot. C’est une très belle ville. Pourtant détruite pendant la guerre, tout ou presque a été reconstruit avec soin. Le centre est presque intégralement vide de voitures et il y a beaucoup de vélos.

Arrivée en plein centre de Münster

Nous nous installons au camping (luxueux) un peu à l’écart mais nous revenons ensuite au centre pour manger de délicieuses spécialités westphaliennes et faire un petit tour en ville. Pour commencer, en faire le tour est rapide car le parc qui ceinture le centre est un véritable périphérique pour cyclistes. Dans le centre, les pavés invitent un peu plus à la flânerie.

Münster Überwasserkirche

Tous les styles architecturaux se mêlent mais dans la rue principale on trouve surtout de très belles maisons de marchands.

Münster maison de la Prinzipalmarkt

Maisons de Münster

Le lendemain nous sommes déjà du bon côté de la ville, le camping se trouvant 6km à l’Est. Nous utilisons le balisage de l’itinéraire vélo longue distance numéro 7, dit « le chemin des pèlerins », pour nous éloigner. Il fait très chaud ce jour là et les nombreux passages ombragés sont très appréciables.

Sans m’en rendre compte j’ai pris dans la journée toujours le même type de photo de maisons de campagne.

Pleistermühle

Dans les environs de Telgte

Dans les collines vers Osnabrück

Après Lienen, après un eiscafé sous une chaleur infernale, nous empruntons une véritable route de montagne avec des lacets qui attirent une foule de motards. La région autour d’Osnabrück est très vallonnée, ça change des étapes précédentes. Du coup une descente est l’occasion de la plus grande pointe de vitesse du voyage : 59,70km/h.

Route dans les environs d'Osnabrück

Osnabrück est une jolie ville avec quelques maisons en bois copieusement décorées.

Maison à Osnabrück

Maison à Osnabrück

Indications pour vélo à Osnabrück

Après avoir fait de grosses courses (comme nous sommes samedi), nous grimpons à l’assaut du camping. En effet il se trouve sur une bosse près de la tour de télévision.

Le lendemain nous commençons par essentiellement descendre. Le massif de collines qui entoure Osnabrück s’arrête aussi brusquement qu’il a démarré. En tout nous l’aurons traversé sur 30 ou 40 kilomètres tout au plus. Après cela c’est très très plat dans des zones de marais drainées et maintenant intensivement cultivées. Nous passons notamment près de cultures de fraises prêtes à être ramassées ( c’est-à-dire avec des toilettes de chantier installés tous les 150m pour les saisonniers !).

À la mi-journée nous nous baignons dans le Drümmersee. Même aux bouées qui délimitent la zone de baignade, l’eau ne dépasse guère la taille.

Drümmersee

Le soir nous campons également près d’un petit lac où la baignade est possible à Goldenstedt.

La dernière étape avant Brême nous démarrons sous la pluie. Elle ne dure pas longtemps mais la route n’est pas très intéressante sous la grisaille. Nous faisons sécher les tentes en pique-niquant à proximité de l’aéroport de Brême, lieu-dit Grolland, avant d’arriver en ville en milieu d’après-midi. Nous déposons nos affaires à l’auberge de jeunesse avant de faire un tour en ville.

À la gare nous retrouvons Marie-Cécile qui nous rejoint pour la suite du voyage après 5 jours d’absence.

Bremen Hauptbahnhof

Le centre-ville de Brême est peu étendu, coincé entre le fleuve Weser et les anciennes douves qui forment un parc agréable. Les bâtiments historiques sont énormes et sombres avec des toits de cuivre vert mais dans un beau style renaissance allemand.

Hotel de ville de Brême

Am Markt

Maisons de Brême

Cathédrale de Brême

Je parviens furtivement à prendre une photo des fameux animaux musiciens de Brême pendant qu’aucun touriste ne pose devant.

Les animaux de Brême

Nous mangeons dans une brasserie bavaroise. Tant pis pour les spécialités de la région, je mange un plat de franconie (région de Nürnberg, ça me rappelle plutôt l’été 2012). Jusque là il n’est pas difficile de boire des bières différentes tous les jours. Alors que la nuit tombe nous visitons le quartier sans doute le plus pittoresque, celui des pêcheurs, aux ruelles étroites.

Schnoorviertel Bremen

Voila 12 jours que je suis parti et nous avons déjà traversé la moitié de l’Allemagne. Entre le 15 et le 21 juillet nous avons roulé 74 – 62 – 93 – 61 – 79 – 89 et 55km.

Je décrirais les 5 dernières étapes allemandes dans le prochain article. A suivre donc… ici >>