Beffrois et champs de batailles picards

Pour un petit week-end ensoleillé je suis parti à vélo d’Abbeville, là où je m’étais arrêté en août l’année dernière.

La petite vallée qui monte vers St-Riquier est longée par une voie verte, la traverse du Ponthieu, que j’ai suivi en partie. La route serpente au milieu des élevages bovins. Ça sent un peu la bouse mais c’est moins désagréable que les pots d’échappement.

À St-Riquier je complète ma collection de beffrois classés.

Beffroi de St-Riquier

Il y a aussi une énorme abbaye médiévale.

Abbaye de St-Riquier

Une fois le plateau au dessus de St-Riquier atteint, il n’y a plus que de la grande culture, les élevages restent cantonnés aux vallées.

À Doullens un deuxième beffroi m’attend.

Beffroi de Doullens

Les maisons de toutes les villes et villages sont en briques. La pierre ne sert que pour les édifices importants.

Maison à Doullens

Encore quelques kilomètres vers le nord-est et j’atteins Lucheux. Le beffroi de Lucheux ressemble plus à une porte et une plaque indique que cette tour gardait la route qui va d’Arras au Crotoy.

Beffroi de Lucheux

Après Lucheux, dans les confins de l’Artois, les raidillons se succèdent à chaque vallée. En milieu d’après-midi j’arrive au parc mémorial Terre-Neuvien de Beaumont-Hamel. Il est la propriété du gouvernement du Canada et commémore le combat mené par un régiment terre-neuvien le 1er juillet 1916, premier jour de la bataille de la Somme. L’offensive a été un désastre et presque tout le régiment a péri. L’emblème de ce régiment était le caribou.

Caribou du mémorial Terre-Neuvien

Noms des membres du régiment Terre-Neuvien

Les tranchées ont été préservées dans le parc et forment un réseau complexe aussi bien côté britannique (Terre-Neuve était alors un dominion britannique) qu’allemand. Le parc constitue le plus grand fragment du champ de la bataille de la Somme conservé en l’état.

Tranchée britannique

Tranchée allemande

Quelques moutons participent à l’entretien du site et seul un cheminement bien délimité est accessible au public.

Moutons du mémorial Terre-Neuvien

De l’autre côté de la vallée de l’Ancre, à peine 3 kilomètres plus loin, se dresse un autre mémorial : la tour d’Ulster, dédiée aux combattants irlandais. Elle est la réplique d’une tour située à Belfast.

Tour d'Ulster

Depuis un peu avant Doullens je rencontre un cimetière militaire britannique dans presque chaque village. Presque à chaque fois une pierre est gravée de la phrase « Their names liveth for evermore ». Mais c’est à Thiepval que se trouve le plus grand monument dédié aux combattants français et britanniques de la bataille de la Somme. C’est même le plus grand monument britannique en France. C’est un énorme arc de triomphe sur les murs duquel sont gravés les noms de quelques 73000 soldats disparus.

Mémorial de Thiepval

Noms sur le mémorial de Thiepval

Tout ça fait bien réaliser l’ampleur du gâchis qu’a été la première guerre mondiale. La bataille de la Somme seule a fait presque un demi million de morts en 5 mois et le front n’a bougé que d’une dizaine de kilomètres.

Dans le village suivant se trouve un monument en hommage aux soldats australiens. Dans le suivant c’est un mémorial sud-africain.

Mémorial Sud-Africain de Longueval

Et les cimetières ne sont pas en reste.

Cimetière sud-africain de Longueval

Un peu plus loin un village porte le nom de la ville de son bienfaiteur norvégien qui a aidé à sa reconstruction : Bouchavesnes-Bergen.

J’atteins Péronne en fin de journée. La ville dispose d’un grand musée sur la première guerre mondiale dans ce qu’il reste de son fort.

Fort de Péronne

Hotel de ville de Péronne

Le lendemain je pars plein sud le long de la Somme et du canal du nord qui la longe. Le trafic des péniches y est assez intense.

Canal du Nord

Je traverse le petit village d’Y, qui porte le nom de commune le plus court de France (je suis passé dans celui portant le plus long en 2012).

Y

Je quitte la Somme au niveau de la ville de Ham. et, après une matinée bien plate, je franchis une petite bosse avec même quelques lacets le long de la route au niveau de la forêt du Noyonnais, juste avant de plonger dans la vallée de l’Oise.

Beaugies-sous-Bois

À Blérancourt je pique-nique et fait sécher mon matériel de camping sur les pelouses au porte du château. Le village est assez fourni en monuments historiques : l’hotel de ville et son fronton curieusement orné d’un mouton, un ancien couvent…

Hotel de Ville de Blérancourt

Ancien couvent à Blérancourt

Quelques minutes plus tard je tombe sur un départ de course cycliste que je suis sur … quelques centaines de mètres.

Coucy-le-Château est dominé, comme son nom l’indique, par les ruines de son gigantesque château fort. Malheureusement ce ne sont plus que des ruines puisqu’il a été dynamité par les allemands lorsque ceux-ci l’ont quitté en 1917.

Ruines du château de Coucy

Toute la ville haute est fortifiée mais très endommagée.

Porte de Soissons à Coucy

À la sortie de la forêt de Saint-Gobain, ma destination est en vue, la colline de Laon.

Arrivée à Laon

Cette fois-ci je ne suis pas monté dans la ville haute mais j’ai filé directement vers la gare. De toute façon je ne pense pas que j’aurais pu prendre une plus belle photo de Laon que celle que j’ai prise un soir orageux de juillet 2012.

Voila le tracé de ces 2 jours à vélo.

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