Bordeaux – Paris

Après une semaine de balade à vélo entre Gironde, Dordogne et Lot-et-Garonne et après une journée de repos à Bordeaux (cf. et ), il est temps de rentrer en région parisienne. J’ai planifié un retour en 5 jours. Comme je suis seul sur ce trajet, j’ai plus que doublé la longueur des étapes qui sont prévues à 130km en moyenne.

La veille j’ai reconnu la piste cyclable du pont d’Aquitaine et vu son état ce n’est pas par là que je quitte Bordeaux ce matin-là mais par le pont Chaban-Delmas. Le ciel est bleu et va le rester 5 jours durant.

Bordeaux depuis le pont Chaban-Delmas

À défaut de passer dessus, je passe sous le pont d’Aquitaine.

Le pont d'Aquitaine

Ensuite j’appréhende un peu l’itinéraire jusqu’à la Dordogne. Je crains de me perdre dans la banlieue bordelaise et son trafic et de rajouter des kilomètres et des minutes inutiles à une journée déjà bien chargée. Finalement ça se passe bien, pas de camions car nous sommes dimanche, et il y a même des tronçons de piste cyclable.  Je dois quand même demander mon chemin une fois pour trouver le pont de Cubzac sur la Dordogne.

Nous sommes passés tout près lors de notre étape dans le Libournais pile une semaine plus tôt. Mais cette fois j’emprunte le pont de l’ex-Nationale 10 construit par Gustave Eiffel.

Le pont Eiffel à Cubzac

À ce niveau j’ai 20km au compteur et symboliquement j’ai l’impression d’avoir enfin quitté Bordeaux. La Garonne et la Dordogne contraignaient beaucoup le début de l’itinéraire mais maintenant j’ai beaucoup plus de choix parmi les petites routes dans les vignobles du Libournais.

Château Déroc à Guîtres

Après Guîtres, fini les vignes. J’emprunte une jolie petite route vers Lagorce et je me retrouve dans une forêt de pins très méditerranéenne dans une petite zone aux franges du Haut-Saintonge. Après La Roche Chalais j’emprunte une longue ligne droite toute en faux plats jusqu’à St-Aulaye qui se revendique cette fois du Périgord. À peine la Dronne franchie je me retrouve en Charente, je longe vraiment les frontières.

Ma principale étape de l’après-midi est le village d’Aubeterre-sur-Dronne.

Aubeterre-sur-Dronne

On y trouve, comme à St-Emilion, une église monolithe, c’est à dire creusée dans la roche. Même si l’érosion a déjà bien entamé son travail de sape, l’église garde tout de même des dimensions impressionnantes avec une voûte qui culmine à 17m de haut.

Eglise monolithe d'Aubeterre

Après une conversation avec quelques touristes intéressés par le vélo chargé sur le parvis de l’église, je m’élance pour les derniers kilomètres. J’en ai déjà 100 au compteur et à partir d’Aubeterre le relief s’accentue, d’autant plus que j’ai choisi une route de crête qui est en réalité en dents de scie.

J’arrive ainsi face au château de Villebois-Lavalette en face duquel habite la famille qui m’accueille ce soir là. Ce premier jour j’ai roulé 130km.

Villebois-Lavalette

Je ne suis qu’à une vingtaine de kilomètres d’Angoulême et cette famille de voyageurs est plutôt active dans la communauté de couchsurfeurs de la ville. Malgré leur position isolée, nombre de voyageurs sont déjà passés par là.

Le lendemain, en partant, j’oublie mon matelas. D’habitude ce sont des choses de moindre importance qu’on oublie. J’ai notamment chez-moi une petite collection de savons, déodorants et gels douches oubliés par mes invités. Mais là sans matelas les 2 nuits de camping à venir vont être fraîches.

Je commence tôt dans les forêts de Haute Charente et j’atteins La Rochefoucauld et son château en milieu de matinée.

Château de La Rochefoucauld

Je suis ensuite une route en apparence assez rectiligne mais toute en bosses qui passe par de typiques villages charentais.

Le village de Vérac

Je franchis la Charente alors qu’elle ne ressemble encore qu’à une petite rivière de montagne puis après la crête suivante je rejoins la vallée de la Vienne. Je longe cette rivière pendant plusieurs kilomètres dans le Confolentais. C’est une région agréable à traverser, les champs sont pleins de moutons.

La Vienne dans le Confolentais

Je traverse la petite sous-préfecture de Charente Confolens.

Vieux pont de Confolens

Puis, après quelques kilomètres au nord, je quitte les bords de la Vienne après le château fort de St-Germain-de-Confolens.

La Vienne à St-Germain-de-Confolens

Je monte ensuite sur un plateau entre Vienne et Gartempe. Il y a beaucoup de carrières dans les environs et donc beaucoup de camions sur les départementales avant Adriers. À Adriers je tombe sur une surprenante église fortifiée qui n’est pas sans rappeler la Thiérache.

Eglise fortifiée d'Adriers

À la sortie du village, une vieille dame me jure que l’eau du robinet n’est pas bonne et me voila avec 1,5L deVittel dans le porte-bidon pour les 25km qu’il me reste à parcourir. Je ne vais pas mourir de soif.

À Plaisance, les chapiteaux de la façade de l’église sont amusants. Je crois que celui-ci représente un âne musicien.

Âne musicien à Plaisance

J’atteins rapidement Montmorillon, petite sous-préfecture de la Vienne. La ville s’étend le long de la Gartempe.  Elle abrite la cité de l’écrit et elle grouille de librairies. Le petit camping municipal, à moins de 3€, détrône tous les autres que j’ai pu visiter en terme de rapport qualité-prix.

La Gartempe à Montmorillon

Vieux pont de Montmorillon

Vue de Montmorillon

Cette deuxième étape fait 140km et sous un temps pareil ça passe tout seul.

Le troisième jour je commence par descendre le long de la Gartempe. Comme la Vienne je trouve que c’est une vallée très agréable à vélo.

À Antigny la place principale est occupée par une lanterne des morts.

Lanterne des morts à Antigny

Quelques kilomètres plus loin je tombe sur la grande abbaye romane de St-Savin.

Clocher de St-Savin

La route le long de la Gartempe se rétrécie et passe même sous quelques petites falaises. Un château émerge de temps à autre.

Château le long de la Gartempe

Je fais ensuite un crochet par le très beau village d’Angles-sur-l’Anglin, sans doute le plus beau village de tout ce Bordeaux-Paris. Il est dominé par les ruines d’un imposant château fort.

Angles-sur-l'Anglin

Angles-sur-l'Anglin

À partir d’Yzeures-sur-Creuse je pénètre en région Centre et plus spécifiquement en Touraine. Entre chaque vallée la route monte sur un plateau dégagé où le vent se fait sentir. Pour maintenir un beau temps sec et frais comme ça il souffle un vent d’Est soutenu, donc presque un vent de face. Ici commence la partie la plus éprouvante du voyage à cause de ce vent.

Mais dans chaque vallée il se trouve un beau village chargé d’histoire. Je pique-nique au pied de l’abbatiale de Preuilly-sur-Claise.

Preuilly-sur-Claise

Dans le vallon suivant à la Celle-Guenand il y a un joli château.

Château de la Celle-Guenand

La cité la plus touristique de la journée est sans conteste la cité médiévale de Loches. Je ne l’ai pas vraiment appréciée à cause de ses nombreux sens uniques, ses fontaines qui ne coulent pas et sans robinet pour recharger les bidons et ses parcs soit payants, soit où il est interdit de pique-niquer. Les rues du centre-ville sont bercées de musique classique et de réclames pour les commerces et artisans locaux. C’est trop pour le peu de touristes qui visitent la ville en cette saison.

Je dois lui reconnaître quand même de très beaux restes, ses logis royaux, son donjon, ses fortifications et ses églises.

Collégiale St-Ours

Une porte de Loches

Une autre porte de Loches

Ville haute de Loches depuis l'Indre

De l’autre côté de l’Indre je trouve de quoi remplir mon bidon à Beaulieu-les-Loches. Il s’y trouve une grande église à demi effondrée.

Beaulieu-les-Loches

Je poursuis vers l’Est par une route assez fréquentée en forêt. Au milieu de la forêt émergent les murailles de la chartreuse du Liget.

Chartreuse du Liget

Je fais un léger détour par Montrésor pour refaire le plein de vivres et voir le château. L’étape étant plus courte (120km) je peux me le permettre.

Montrésor

Au camping on me prête cette fois des couvertures et la nuit me parait beaucoup moins fraîche que la précédente.

Le quatrième jour je démarre quand même avec gants et bonnet pour une dernière série de faux-plats ventés jusqu’à Saint-Aignan.

Château de Saint-Aignan-sur-Cher

Je me retrouve ensuite dans la vallée du Cher, puis en Sologne, dans une région beaucoup plus plate et beaucoup plus protégée des vents par une épaisse forêt. Ma vitesse moyenne augmente donc sensiblement.

Je franchis le Cher à Selles-sur-Cher.

Selles-sur-Cher

Selles-sur-Cher

À part pour une petite portion de grande route prise par erreur sur quelques kilomètres, la traversée de la Sologne m’offre de belles routes ombragées et très très calmes qui vont constituer l’essentiel de ma journée.

Route de Sologne

À Nouan-le-Fuzelier je passe juste avant que la route ne soit fermée pour une étape du tour cycliste du Loir-et-Cher. Déjà qu’il n’y a personne sur les routes, là j’ai la garantie d’être tout seul sur plusieurs kilomètres.

Les villages de Sologne sont tout en maisons basses à pans de bois et n’émergent pas de la forêt.

Village de Chaon

Je termine ma traversée de la Sologne à Sully-sur-Loire où se trouve un très beau château Renaissance.

Château de Sully-sur-Loire

Sully-sur-Loire

Après une étape de 140km, je passe la nuit chez des couchsurfeurs sur la rive nord de la Loire. Comme la famille de Charente, ils ont des poules, serait-ce le nouvel animal tendance ? En tout cas j’aurais profité des œufs dans la pâte de la tarte tatin qu’ils m’ont préparé.

Le cinquième et dernier jour, je commence par traverser la forêt d’Orléans en une grande ligne droite jusqu’à Lorris puis je coupe le canal d’Orléans, canal que j’avais déjà longé à vélo il y a 4 ans.

Le canal d'Orléans

Aux portes du Gâtinais je tombe sur une petite Halle à Ladon.

Halle de Ladon

Puis l’horizon s’éloigne à mesure que les arbres disparaissent pour laisser place aux openfields du Gâtinais. Je suis en terrain connu cette fois.

Le Gâtinais

Je quitte les grandes terres agricoles pour m’enfoncer dans une vallée forestière parsemée de gros blocs de rochers entre Boissy-aux-Cailles et Milly-la-Forêt, aux confins des massifs forestiers de Fontainebleau et des Trois-Pignons. En descendant la vallée de l’Ecole je finis par rejoindre la Seine un peu en amont de Corbeil-Essonnes avec déjà 115km au compteur.

La Seine au Coudray-Montceaux

Je connais maintenant presque sur le bout des pédales l’itinéraire qu’il me faut suivre le long de la Seine jusqu’à son confluent avec la Marne, à une quarantaine de kilomètres en aval. J’ai choisi d’arriver à Paris par une route que je connaissais déjà plutôt que de m’égarer dans l’inextricable banlieue sud.

Confluent de la Seine et de la Marne

J’arrive chez-moi à une heure très raisonnable au vu des 157km de cette dernière journée.

Voila une carte de l’ensemble du parcours : ici

Au compteur ça fait au total environ 685km, soit 137 par jour. C’est un rythme un peu plus soutenu que Paris-Albi l’année dernière où la moyenne était de 127km par jour pendant 6 jours et sans porter de matériel de camping.

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Bastides et Bordeaux

Suite des quelques jours de voyage à vélo dans le Bordelais.

Nous ne sommes plus que deux pour les trois jours de promenade restants. Nous quittons Bergerac relativement tôt par rapport aux jours précédents, en même temps que notre hôte qui part pour son travail.

Le port de Bergerac

Nous partons vers le sud et les marges du Périgord, avec comme premier arrêt le village médiéval d’Issigeac.

Halle d'Issigeac

Ruelle d'Issigeac

Nous obliquons ensuite vers l’Est sur une longue ligne droite face au vent qui nous mène à la première bastide de la journée : Beaumont-du-Périgord. Le village est allongé sur une crête et ne fait que 2 rues de large, c’est suffisant pour faire tenir la traditionnelle place à arcades entre elles. A son coin se trouve une grosse église fortifiée.

Beaumont-du-Périgord

Le relief se fait plus prononcé maintenant que nous sommes dans le Périgord et chaque village offre une belle grimpette.

Nous pique-niquons aux portes de l’ancien abbaye de St-Avit-Sénieur.

Arrivée à St-Avit-Sénieur

St-Avit-Sénieur

Dans l’après-midi, nous roulons essentiellement en forêt. Le joli village de Montferrand-du-Périgord nous offre une montée à 15%.

Halle de Montferrand du Périgord

Maison à Montferrand du Périgord

Nous arrivons à la bastide de Monpazier. Celle-ci est de fondation anglaise, contrairement à la majorité des autres bastides du parcours, et elle est particulièrement bien conservée. Elle est clairement délimitée au nord et au sud par 2 grands champs de foire où s’ouvrent les portes de la ville.

Foirail nord de Monpazier

Derrière les portes on retrouve le plan en damier classique et au centre la place à arcades où nous sirotons une  bière amplement méritée.

Halle de Monpazier

Arcades de Monpazier

Porte sud de Monpazier

Après Monpazier il ne nous reste qu’une dizaine de kilomètres de descente dans la vallée du Dropt.

Château dans la vallée du Dropt

Nous nous arrêtons dans un camping au milieu de nulle part, encore plus fréquenté par les canards colverts que par les campeurs.

Le lendemain nous commençons par un détour par Villeréal, pour sa bastide bien sûr mais également sa boulangerie. Et nous prenons le petit-déjeuner à proximité de la halle couverte.

Eglise de Villeréal

Halle de Villeréal

Nous partons ensuite en direction du château de Biron avec quelques passages en montée soutenue. Mais l’imposant château en vaut la chandelle. Il domine tout le paysage sur son promontoire.

Château de Biron

Château de Biron

Dans la forêt nous franchissons la limite entre Dordogne et Lot-et-Garonne, marquée par une énorme borne.

Borne entre Dordogne et Lot-et-Garonne

Le château de Biron était le point culminant de la journée et nous empruntons une petite route qui serpente en descendant dans une agréable vallée.

St-Avit

Juste avant le débouché de cette vallée surgit le donjon de Gavaudun.

Arrivée à Gavaudun

Donjon de Gavaudun

À cet endroit la vallée est assez encaissée et le donjon fait face à d’autres falaises.

Falaises de Gavaudun

Le paysage change radicalement une fois quittée la vallée. Le Lot-et-Garonne est plutôt une terre de labours. Le relief est toujours aussi marqué et la bastide Monflanquin finit par émerger au dessus des collines, sur un promontoire un peu plus élevé que les autres.

Arrivée à Monflanquin

Il nous faut gravir la côte aux Chèvres pour atteindre le centre ville. D’en haut la seule chose qui émerge du paysage c’est finalement le château de Biron. C’est étrange de voir comme tout à l’air plat en dehors alors que ce n’est pas l’impression que l’on a en y pédalant !

Vue vers Biron depuis Monflanquin

Nous prenons un verre dans le centre de la vieille bastide.

Arcades de Monflanquin

Après la colline, nous suivons des petites routes sinueuses vers le sud en direction de la vallée du Lot. Un regard en arrière nous offre encore de belles vues sur Monflanquin.

Monflanquin vu du sud

Nous atteignons finalement Villeneuve-sur-Lot. Une grande ville comme Bergerac, mais son centre ville a moins de charme. Il s’agit là encore d’une bastide mais sa place à arcade n’est pas mise en valeur.

Arcades de Villeneuve-sur-Lot

Sa principale église, tout de brique dénote dans le paysage. Depuis que j’ai vu Albi, j’aime toutefois bien la brique !

Eglise de Villeneuve-sur-Lot

Détail de l'église de Villeneuve-sur-Lot

C’est sur son parvis que notre hôte nous rejoint puis nous guide jusque chez-lui où nous passons une longue soirée à discuter. Après 3 nuits sous la tente, nous dormons sous un toit.

Le lendemain, dernier jour de notre balade autour de Bordeaux, nous commençons par traverser toute la ville en franchissant ses deux portes : la porte de Paris au nord et la porte de Pujols au sud.

Tour de Paris

Tour de Pujols

Le ciel est bien couvert ce matin mais nous ne rencontrons pas de pluie.

À la sortie de Villeneuve nous empruntons une voie verte qui nous mène jusqu’à Casseneuil. Celle-ci s’arrête devant l’énorme usine de maître Prunille.

Maisons de Casseneuil

Un balisage se poursuit ensuite le long du Lot et nous conduit à Ste-Livrade où nous faisons le marché pour trouver gariguettes et pruneaux, puis vers Castelmoron.

Nous quittons ce balisage uniquement pour monter vers Laparade, village perché qui domine toute la basse vallée du Lot. Malheureusement nous ne verrons pas jusqu’aux Pyrénées promises sur la table d’orientation.

Montée vers Laparade

Laparade est également une bastide, la dernière du parcours.

Façades de Laparade

Halle de Laparade

Corniche de Laparade

Nous pique-niquons sur la terrasse qui surplombe le Lot avant de descendre sur l’autre versant en direction de la vallée de la Garonne pour rejoindre la gare de Tonneins où un TER nous ramène jusqu’à Bordeaux.

Ainsi s’achèvent ces 7 jours de balade à vélo entre vignobles et bastides.

Parcours Bordeaux-Tonneins

Bordeaux

Le train est bondé en raison des vacances scolaires qui débutent dans la zone C. Mais heureusement le voyage ne dure qu’1h30, pas de quoi déstabiliser des franciliens rompus au RER. Nous arrivons toutefois avec plaisir sur les grandes esplanades de Bordeaux, d’autant plus que la grisaille du matin ne concerne pas la ville.

Un peu au nord de la gare, la vieille ville garde encore 2 de ses anciennes portes qui sont parmi les plus beaux bâtiments de la ville.
La porte Cailhau

La grosse cloche

Je ne sais pas si c’est une spécialité bordelaise, mais on y trouve 2 clochers isolés : la tour St-Michel et la tour Pey Berland.

Tour St Michel

Tour Pey-Berland

La place de la comédie est la plus bourgeoise, à 2 pas des Quinconces et de l’office de tourisme.
Place de la Comédie

Dans les rues du centre il y a d’autres édifices remarquables mais plus discrets, quasiment à chaque coin de rue.

Notre-Dame

Cinémas à Bordeaux

La principale attraction de la ville reste la longue esplanade qui s’étend sur près de 5km le long de la Garonne. Même très fréquentée, elle est suffisamment large pour qu’on n’y sente jamais la pression de la foule et qu’on puisse l’emprunter à vélo.

C’est le long de la Garonne que Bordeaux aligne ses plus belles façades, une des faces de la porte Cailhau par exemple, et son emblématique place de la bourse.

Place de la Bourse

La bourse maritime présente le même profil.

Bourse maritime

Assez peu de bateaux sillonnent la Garonne. La tête de proue de celui-ci joue des clichés de la région.

Bâteau à quai sur la Garonne

Les quais s’étendent au nord jusqu’au tout récemment inauguré pont Chaban-Delmas, un pont levant comme à Rouen.

Pont Chaban-Delmas

Je suis resté également tout le jour suivant à Bordeaux. Mes hôtes m’ont aussi accompagné dans une partie de mes déambulations et j’ai passé une très bonne journée de repos dans cette ville avec eux.

Après il a fallu rentrer à Paris. Mais j’ai décide de faire ce retour à vélo et non en train pour faire durer le plaisir. Ce retour est décrit dans un autre article.

À vélo dans les vignobles du Bordelais

Pour le premier voyage à vélo de l’année 2014 nous avons opté pour une destination méridionale et, pour ma part au moins, inconnue : le Bordelais. Nous formions un petit groupe de 4 cyclistes, piaffant d’impatience après un hiver particulièrement maussade.

Nous sommes partis de Bordeaux assez tard le premier jour au lendemain d’une soirée déjà riche en découvertes gustatives chez notre hôte. Nous avons rejoint les bords de la Garonne aux environs de la place des Quinconces puis nous avons roulé vers le nord.

Bordeaux, monument aux Girondins

La belle promenade aménagée le long de la Garonne s’arrête malheureusement assez vite et nous sortons de la ville par une zone industrielle et une départementale fréquentée peu agréable qui nous éloigne de la rivière. Nous avalons les kilomètres efficacement dans le Médoc. Le paysage est plat et présente peu d’intérêt. Peu avant Macau nous rattrapons le bord de la Garonne en face de la zone pétrochimique du bec d’Ambès.

Bateau de draguage au bec d'Ambès

Après Macau, les domaines viticoles se font plus nombreux. Tous portent invariablement le nom de château, quelle que soit leur taille ou leur intérêt. Certains propriétaires étrangers s’affichent.

Château Palmer à Margaux

Allée du château Rauzan

Le plus fameux de ces châteaux est Château Margaux. Il est bien indiqué mais plutôt discret au fond d’une allée de graviers blancs impeccablement ratissés dans laquelle nous sommes parmi les premiers à laisser une trace ce jour-là.

Château Margaux

Au bout d’une cinquantaine de kilomètres nous atteignons le village de Lamarque. C’est le premier objectif de la journée puisque de là nous pouvons prendre un bac pour Blaye. Seulement le bac n’est pas très fréquent (seulement 4-5 allers-retours par jour) et nous avons le temps de manger dans l’un des très rares restaurants du bourg.

Clocher de Lamarque

Cabanes de pêcheurs à Lamarque

La traversée prend un bon quart d’heure et le bac doit zig-zaguer entre les îles et les bancs de sable de la Gironde.

Vélos sur le bac de Lamarque à Blaye

Une régate a lieu à Blaye ce jour là sous les murs de la citadelle.

Arrivée à Blaye

Blaye est dominée par une citadelle étendue construite par Vauban pour protéger le port de Bordeaux d’une éventuelle attaque d’une flotte remontant la Gironde. Elle forme, avec le fort Médoc sur l’autre rive et le fort Paté sur une île au milieu du fleuve, un verrou stratégique.

Entrée de la citadelle de Blaye

Citadelle de Blaye

Après un petit tour dans la citadelle, nous reprenons la route mais vers le sud cette fois, sur la rive droite de la Gironde. Fini le Médoc, nous voila dans les vignobles des côtes de Blaye, puis des côtes de Bourg.

A partir de Roque de Thau, nous empruntons une petite route dite « Corniche de la Gironde » qui est sans doute la plus belle de la journée. La végétation est plus luxuriante que sur la rive du Médoc et le relief créé de jolies petites falaises dorées. Ça et là, des épaves jonchent le lit de la Gironde.

Epave dans la Gironde

Un court raidillon nous ramène sur le plateau et nous offre un panorama sur la Dordogne. En effet sommes déjà revenus au niveau du bec d’Ambès qui marque le confluent de la Garonne et de la Dordogne (les deux rivières sont visibles sur la photo), il ne s’agit donc plus de la Gironde.

Panorama de la Corniche de la Gironde

L’église de Bayon a un très joli clocher qui domine les vignobles.
Eglise de Bayon-sur-Gironde

Après une descente à 12%, ce passage su le plateau formant le seul véritable relief de la journée, nous rejoignons notre hôte du soir, venu à notre rencontre à vélo. Il nous guide dans le village de Bourg puis sur les petites routes jusqu’à St-Gervais où nous passons la soirée et la nuit.

Vue de Bourg

Au terme du premier jour nous avons roulé environ 80km. C’est notre plus longue journée, les 3 jours suivants ne dépasseront guère 50km.

Le deuxième jour, le brouillard et une fine bruine nous attendent au réveil. Mais le temps  de prendre le petit déjeuner et la bruine s’est arrêtée, nous laissant démarrer sous un ciel couvert mais pas menaçant.

La matinée nous offre plus de relief que la veille dans un beau paysage de vignoble et nous finissons par atteindre Libourne avant la fin du marché.

Hotel de ville de Libourne

Marché à Libourne

Une fois nos emplettes terminées nous pique-niquons sur la rive de l’Isle, l’une des rivières boueuses qui arrose la ville, au pied d’une porte de la bastide.

L'Isle à Libourne

L’après-midi, il ne nous reste que quelques petits kilomètres pour atteindre St-Emilion, ce qui nous laisse du temps pour en arpenter les ruelles.

Le village est très beau, magnifiquement préservé et compact. Aucun lotissement n’est venu le faire déborder de ses murs. Les bâtiments sont tous en pierre dorée et le village présente une belle unité architecturale. A la haute saison il doit grouiller de touristes comme le Mont St Michel mais en avril la fréquentation n’est pas énorme.

Vue de St-Emilion

Vue de St-Emilion

Une des curiosités du village est son église monolithe, creusée dans la roche, une des très rares églises de ce genre en France. Malheureusement pour la visiter il faut passer par une visite guidée avec l’office de tourisme, chose que nous n’avions pas prévu d’avance.

Eglise monolithe de St-Emilion

Dans la soirée nous rejoignons un château du voisinage qui produit un grand cru classé et où une des membres de notre groupe a participé aux vendanges plusieurs années auparavant. Le propriétaire nous reçoit très bien, nous fait déguster ses fûts et visiter le château ainsi que le village des vendangeurs. Dans ce village se trouve le Glou-Glou Bar, qui ne fonctionne qu’en haute saison, mais dont on nous ouvre les portes pour nous donner un aperçu de l’ambiance, disons paillarde, de la période des vendanges.

Le Glou-Glou Bar

Lézard sur la façade du Glou-Glou Bar

Le propriétaire nous laisse planter nos tentes sur son domaine et en prime nous offre 3 bouteilles de ses différentes productions. Afin de ne pas surcharger nos montures nous nous sommes fait un devoir de les vider le soir même.

La nuit ventée achève de chasser les nuages qui s’étaient déjà bien dissipés dans l’après-midi, si bien qu’à l’aube du troisième jour nous partons sous un franc soleil.

Nous repassons par St-Emilion pour un petit-déjeuner dans une boulangerie puis nous roulons dans les vignobles en direction de Montagne. Comme le nom des villages le laisse supposer, il y a un peu plus de relief que les jours précédents. Enfin ça reste gentiment vallonné quoi.

Vignobles de St-Georges

Les chapiteaux de la petite église de St-Georges sont des personnages aux drôles de postures. Nous ne les aurions pas vus si nous ne nous étions pas arrêtés là par hasard.

Eglise de St-Georges

Nous continuons dans les vignes au nord de la Dordogne jusqu’à St-Michel-de-Montaigne où se trouve le château de Montaigne, demeure du philosophe de la Renaissance éponyme.

Château de Montaigne

Puis nous obliquons vers le sud et franchissons la Dordogne à Pessac, où nous tombons quasi-miraculeusement sur une petite épicerie encore ouverte et un spot de rêve pour pique-niquer en surplombant la rivière.

Pessac-sur-Dordogne

Nous empruntons ensuite la route qui longe la rivière sur sa rive sud. Nous persévérons malgré les nombreux panneaux route barrée jusqu’à tomber sur deux coulées de boue qui barrent complètement le passage. Nous parvenons à les franchir en nous crottant un peu, vélo à la main. Au moins nous avons évité un détour et l’inévitable montée qui l’aurait accompagné.

C’est ensuite un jeu d’enfant de rallier Sainte-Foy-la-Grande. La ville est une ancienne bastide donc a un plan très quadrillé autour d’une place à arcades centrale.

Arcades à Ste-Foy-la-Grande

Un des membres du groupe s’arrête ici et reprend un train vers Paris le soir même. Les 3 autres nous séjournons dans le camping de la ville.

Le quatrième jour nous commençons par un petit déjeuner au café de la gare qui nous avait tapé dans l’œil la veille. Puis nous roulons vers Bergerac en faisant un grand détour vers le Sud pour trouver des paysage différents des vergers de la large vallée de la Dordogne.

Château Théobon

Nous progressons ainsi jusqu’à la colline de Puyguilhem et son hameau perché.

Colline de Puyguilhem

Ruelle de Puyguilhem

Nous revenons ensuite tout droit vers Bergerac pour retrouver des paysages de vignobles autour de Monbazillac.

Vignobles de Monbazillac devant Bergerac

Nous profitons de ce dernier arrêt pour une petite dégustation en terrasse plutôt qu’un pique-nique sorti de nos sacoches.

Eglise de Monbazillac

Le château de Monbazillac est très joli depuis l’extérieur, précédé de 2 parcelles de vignes.

Château de Monbazillac

La route qui nous mène à Bergerac descend ensuite fortement et nous amène directement au centre de la ville. C’est là qu’une nouvelle participante nous quitte et rentre à Paris en train. Nous ne serons plus que deux pour la suite de la balade.

Il nous reste l’après-midi pour visiter la ville. Elle dispose de jolies ruelles et placettes bordées de maisons à colombages.

Place de Bergerac

Ruelle de Bergerac

Vieille église à Bergerac

Les bords de la Dordogne sont très agréables sous le chaud soleil de l’après-midi. Les équipes d’aviron profitent du cours très calme de la rivière.

La Dordogne à Bergerac

C’est en longeant la Dordogne que nous sommes arrivés chez notre hôte du jour, dans un quartier pavillonnaire très calme. Nous avons planté les tentes dans son jardin et avons passé une bonne soirée autour d’une bouteille de Bergerac.

Le voyage continue encore quelques jours mais quitte cette fois les zones de vignobles pour s’enfoncer dans le Périgord. La suite est ici >>