Le Gâtinais Français

Depuis ma virée dans le Boulonnais, mes balades à vélo se sont faites plus rares et surtout moins intéressantes car cantonnées à Paris et sa banlieue. La semaine dernière j’ai organisé une balade un peu plus loin, aux confins de l’Île-de-France et du Loiret dans la zone géographique un peu floue qu’on appelle le Gâtinais.

Nous sommes partis de Moret-sur-Loing. Ce n’est pas la première fois que je passe dans cette petite cité médiévale. Son centre est minuscule mais parsemé de quelques jolies maisons à colombages dont le logis du bon Saint-Jacques. La ville se trouve sur la route des pèlerins, mais quelle ville ne l’est pas ?

Logis du bon St Jacques à Moret

Enseigne du logis du bon St Jacques

Les poutres des façades à colombages sont vermoulues et les sculptures en deviennent illisibles. Le bois exposé aux éléments accuse le poids des années mais la pierre n’est pas en reste.

Escargot sur l'église de Moret

Visage sculpté sur l'église de Moret

La rue principale de Moret est limitée par 2 belles portes : celle de Samois et celle de Bourgogne. En venant de la gare nous sommes rentrés par la porte de Samois et nous sommes ressortis par la porte de Bourgogne qui débouche immédiatement sur le pont pavé qui traverse le Loing. C’est de l’autre côté de la rivière qu’on découvre la plus belle et la plus connue des vues de la ville. Je vous ai déjà fait le coup du tableau impressionniste en 2011.

Porte de Bourgogne à Moret sur Loing

Nous avons commencé à pédaler le long du canal, en remontant doucement son cours. Un groupe de canoéistes se tenait prêt au départ et suivait avidement les instructions techniques de leur guide :  » … après il va y avoir un splash … ».

La voie verte n’est pas très longue, elle s’arrête au bout de quelques kilomètres à peine à Épisy.  Là nous avons changé de rive pour emprunter une route peu fréquentée qui passe par Montigny-sur-Loing et Grez-sur-Loing.

À Grez se trouve un ancien château en ruine, la tour de Ganne.

Tour de Ganne à Grez

Au pied de cette tour, on a déplacé une borne qui jalonnait la grande route venant de Paris. On se trouve à 36 demi-lieues-de-postes de la capitale. Sachant qu’une lieue de poste mesure 4,288km, Grez se trouve à 77km de Paris.  L’évaluation que nous avons fait sur place à 80km n’était pas mauvaise.

Outre la tour de Ganne, le très joli pont témoigne de l’importance du village à l’époque médiévale… bien que l’actuel « vieux pont » ne soit qu’une réplique à l’identique datant de 1980.

Vieux pont de Grez sur Loing

Le Loing ici, bien plus vieux que le pont, n’a pourtant pas une ride.

Abri à barques sur la rive du Loing

Pêcheurs sur le Loing à Grez

Nous avons franchi le vieux pont pour longer l’autre rive, toujours vers l’amont. À Moncourt nous sommes entrés dans le parc d’un château, puisqu’il nous a semblé public, et en effet le château en question était la mairie du village.

Quelques kilomètres plus loins nous sommes arrivés à Nemours, capitale du Gâtinais Français, ou pas — c’est un titre peu disputé. Un festival andalou y avait lieu et occupait notamment la cour du château, et nous n’avons pu y pénétrer sans verser une obole. De Nemours je garde surtout l’image de cet étrange enfant égyptien qui tient une sorte de tube de pommade (?!) qui me faisait face pendant que j’attendais ma comparse qui s’acquittait de la mission boulangerie.

Nemours, l'enseigne du porte bonne heure

Après Nemours nous avons filé sur la longue ligne droite dans la forêt de la Commanderie qui mène à Larchant.

Larchant avait été la bonne surprise de ma première étape sur Paris-Albi en mars-avril de cette année. Cette fois nous avons fait le tour de la basilique St-Mathurin à demi ruinée pour l’ausculter sous toutes les coutures. On se demande quand même pourquoi on trouve une église aussi grande dans un village aussi reculé et ce qui a pu mener à sa ruine. Apparemment ce sont les guerres de religion qui l’ont mises dans cet état au XVIIème siècle.

Clocher de Larchant

Le portail donne sur une nef engazonnée.

Portail de Larchant

À près de quarante mètres au dessus de nos têtes les gargouilles du clocher sont en très bon état et particulièrement expressives. En fait sans le zoom de l’appareil photo je ne m’en serais pas rendu compte.

Gargouilles à Larchant

C’est au pied de ces murs, sous un soleil généreux que nous avons pique-niqué, reprenant des forces pour la plus grosse difficulté de la journée… une petite côte d’une cinquantaine de mètres de dénivelée.

En haut de cette côte nous sommes arrivés dans les terres de grande culture céréalière du Gâtinais. En cette saison il n’y a plus rien dans les champs hormis les cultures non ramassées de tournesol (ça ne devait pas être une bonne année pour le tournesol à la bourse). Pas une haie et pas un arbre non plus en bord de champ. Le terme anglais « openfield » décrit parfaitement le paysage.

Openfield du Gâtinais

Par endroit, et sans raison apparente, nous avons pris en pleine figure des nuées de fourmis volantes. Il valait mieux avoir des lunettes et surtout garder la bouche bien fermée.

Après cette longue ligne presque droite dans les champs nous avons fait une brève incursion dans le département du Loiret et sommes arrivés à Puiseaux. Le clocher de l’église a une surprenante torsion (on parle de clocher tors) qui malgré sa régularité est tout à fait accidentelle. C’est le bois de la charpente qui, en séchant, a vrillé le clocher.

Clocher de Puiseaux

Ensuite nous avons rejoint la vallée de l’Essonne et l’avons descendue de village en village et — à partir d’Augerville-la-Rivière , son golf et son hôtel quatre étoiles — en forêt au milieu des blocs rocheux plutôt caractéristiques du massif de Fontainebleau jusqu’à atteindre la première gare francilienne du RER D. Je connaissais déjà cette portion de vallée puisque ça a été un itinéraire de choix pour rallier Saint-Maur et Orléans en septembre 2009 (4 ans déjà !).

À Boigneville, suite à un mauvais timing, nous avons attendu le train presque une heure et nous nous sommes rendus compte que celui-ci mettrait encore 1h10 via moult villes de banlieues pour rejoindre Paris Gare de Lyon.

Comme je n’ai mis que des photos de vieilles pierres, je me suis dit qu’il fallait cette fois une vieille carte pour illustrer le parcours :

Carte du parcours de Moret à Boigneville

Même sur les vieilles cartes, le Gâtinais n’a pas de limite précise. Pour simplifier c’est une vaste région rurale centrée sur Montargis, limitée par la Seine au nord et la forêt d’Orléans au sud. La partie dans le Loiret s’appelle le Gâtinais Orléanais, la partie francilienne s’appelle le Gâtinais Français, d’où le titre de cet article.

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Une réflexion sur “Le Gâtinais Français

  1. Même dans les moulures, on retrouve le célèbre escargot de Bourgogne !
    Coïncidence, le Gatinais était ce week-end envahi par les géocacheurs pour un event de la team du même nom… beaucoup d’openfields en effet 😉

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