Boulonnais et baie de Somme

Pour continuer à essayer mon nouveau vélo, il fallait mener un test un peu plus poussé que ma dernière escapade briarde, c’est-à-dire avec un peu de chargement. Je suis donc reparti dès le lendemain pour 2 jours de cyclo-camping dans le Pas-de-Calais et la Somme.

J’ai du prendre le train tôt pour arriver à une heure raisonnable à Boulogne-sur-Mer. Dès 7h du matin Gare du Nord pour une arrivée à Boulogne avant 10h.

À la sortie de la gare, la ville n’est pas très engageante.  La gare se situe dans un quartier de grands immeubles à la mode des années 60. En direction du centre-ville, ou plutôt de la ville fortifiée, j’ai pris une côte plutôt raide jusqu’à la porte Gayole. La cité fortifiée est située à une cinquantaine de mètres au dessus du niveau de la mer.

Boulogne, Porte Gayole

C »est l’une des 4 portes de l’enceinte fortifiée. À l’intérieur la ville est très jolie en ruelles étroites et pavées. On y trouve des bâtiments classiques comme le palais de justice et d’autres plus anciens comme l’hôtel de ville et surtout son beffroi.

Boulogne, Palais de Justice

Boulogne, Beffroi et Hôtel de ville

Le beffroi est classé à l’UNESCO depuis 2005 au même titre que 22 autres beffrois français et 33 belges. Dans cette liste je connais déjà ceux de Lille et Amiens et pendant ces 2 jours j’en ajouterai 3 avec ceux de Calais et d’Abbeville. Il ne m’en reste plus que 51 à visiter !

Un coin de la cité fortifiée est occupée par un gros château tout en rondeurs.

Château de Boulogne-sur-Mer

Mais le bâtiment que j’ai trouvé le plus impressionnant est la basilique Notre-Dame parce qu’elle est coiffée d’un dôme qui dépasse énormément au dessus de la cité.

Basilique Notre-Dame de Boulogne

Je suis sorti des remparts en direction du nord et à la sortie de la ville, en haut de la colline, j’ai croisé sur mon chemin Napoléon, debout fièrement sur la colonne de la grande armée.

Napoléon, colonne de la grande armée

Cette colonne commémore le rassemblement de la grande armée en 1804 quand Napoléon voulait s’attaquer à l’Angleterre. Mais elle a eu une histoire mouvementée. La statue représente Napoléon en petit caporal et non en empereur comme à l’origine et elle tourne le dos à la mer parce qu’il a renoncé à l’Angleterre. Toujours est-il qu’avec 50m de haut on ne peut pas la rater.

Colonne de la grande armée

De la colonne je suis redescendu jusqu’à la route côtière. En plein été je l’ai trouvée très fréquentée. Je ne m’attendais pas à autant de touristes dans cette région. Probablement à cause de la proximité de l’Angleterre et de la Belgique.

J’ai suivi la côte d’abord jusqu’au Cap Griz Nez. À ses abords il y a beaucoup de blockhaus dans les champs.

Bunkers près du cap Gris Nez

Bunker près du cap Gris Nez

Du cap on distinguait à peine la côte anglaise. Sous les nuages, les blanches falaises de Douvres n’étincelaient pas. Les sentiers sont biens séparés des champs et des zones naturelles, préservant bien mieux la végétation du piétinement des touristes que ce que j’ai vu en Bretagne en juillet. Et si l’on ne pouvait pas très bien observer nos voisins d’outre-Manche, on voyait très bien le cap Blanc Nez.

Cap Blac Nez vu du Cap Gris Nez

Les moutons étaient omniprésents dans les champs alentours.

Le phare du cap Gris Nez

Les moutons devant la Manche

Je suis reparti le long de la route côtière en direction du deuxième cap, le Blanc-Nez. Celui-ci est beaucoup plus haut et il y a même 2 lacets pour l’atteindre. D’en haut on a une belle vue sur la côte des deux côtés : Sur le cap Gris-Nez et le village d’Escalles au pied de la montée à l’ouest ; sur Sangatte et plus loin Calais à l’est.

Le cap Griz-Nez vu du cap Blanc-Nez

Escalles

Sangatte et Calais vu du cap Blanc-Nez

Sur cette dernière photo, la route au premier plan n’a pas l’air bien raide et pourtant c’est là, en descendant vers Sangatte, que j’ai pu rouler le plus vite.

Au sommet du cap Blanc Nez se dresse le monument de la Dover Patrol en forme d’obélisque.

Obélisque du cap Blanc-Nez

Jusqu’à Calais le vent m’a bien poussé et je suis arrivé très vite au cœur de la ville. J’ai trouvé qu’il était très facile d’entrer et sortir de la ville à vélo sans se poser trop de questions sur la route à suivre.

La ville n’est pas très jolie, le centre ayant lourdement subi les guerres mondiales. Il se dresse toujours une tour de guet sur une place plutôt moderne.

Tour de guet à Calais

Et le plus beau bâtiment c’est bien évidemment l’hôtel de ville et son beffroi.

Beffroi de l'hôtel de ville de Calais

J’ai quitté la ville le long du canal de Calais, puis le long de nombreux autres petits canaux de drainage dans une zone humide sur plusieurs kilomètres avant d’atteindre la petite ville d’Ardres.

Après Ardres j’ai franchi la première grosse colline du pays d’Opale avant de redescendre vers Licques. Puis de village en village j’ai poursuivi jusqu’à Samer (prononcer Samé) où j’ai passé la nuit. À Samer, l’église dispose d’un porche amusant qui se « camoufle » entre les maisons de la place centrale.

Samer

Le lendemain matin le brouillard masquait beaucoup le paysage quand j’ai franchi la cuesta qui marque le bord du Boulonnais. Ça a constitué un beau raidillon pour entamer la journée.

Brouillard sur la cuesta du Boulonnais

Après un passage à 177m d’altitude (le point culminant du Pas-de-Calais n’est guère qu’à 212m), je suis redescendu dans un petit vallon jusqu’à la large vallée de la Canche. Je l’ai remontée sur quelques kilomètres jusqu’à Montreuil-sur-Mer. Le -sur-Mer est un peu usurpé étant donné que la ville est à plus d’une dizaine de kilomètres de celle-ci à Étaples. Mais ça permet de distinguer la ville de son homonyme francilienne.

Cette ville est une vraie citadelle qui domine la vallée de la Canche. Il y a de beaux remparts en pierres et briques, des ruelles pavées et par chance il s’y tenait un marché qui m’a permis de refaire le plein de pain et de fruits pour survivre à la journée.

Remparts de Montreuil

Porte de la citadelle de Montreuil

Après avoir franchi un nouveau plateau cultivé, je me suis retrouvé dans la vallée parallèle de l’Authie. À la sortie de Nampont se trouve une jolie maison forte.

Maison forte de Nampont

Maison forte de Nampont

J’ai continué à descendre la vallée de l’Authie jusqu’à Quend et de là j’ai suivi la route des touristes jusqu’à la plage de Quend-Plage-les-Pins.

Plage de Quend

C’est dans cette petite station balnéaire sans prétention qu’a eu lieu entre 2005 et 2009 le festival du film grolandais. Devant l’affluence à ce festival de Quend, les grolandais ont délocalisé leur festival. C’est vrai que le cinéma est minuscule.

Cinéma de Quend plage

Depuis Quend-Plage j’ai suivi de belles pistes cyclables à travers le Marquenterre, entres champs, forêts de pins, dunes et petits étangs.

Un étang du Marquenterre

J’ai rejoint la Baie de Somme au niveau de la petite ville portuaire du Crotoy. La baie à marée basse n’était qu’une immense étendue de sable jusqu’au Hourdel qu’on devinait sur l’autre rive.

La baie de Somme

Le Crotoy est à la fois un port de pêche et une petite station balnéaire. On y trouve d’un côté quelques hôtels et de l’autre le port, maintenu en eau et relié à la mer par un chenal qui serpente dans le sable de la baie.

Hotel des Tourelles au Crotoy

Bâteau échoué au Crotoy

Vue générale du Crotoy

À la sortie de la ville il y a une très belle piste cyclable sur une digue qui donne un aperçu de la partie la plus intérieure de la baie, qui n’est plus constituée de sable mais d’herbus.

Herbus de la baie de Somme

La piste longe ensuite une grande route, en contrebas et du mauvais côté. Pour la vue on repassera. Et finalement les indications pour Abbeville (pour vélo) m’ont mené sur une route à 2×2 voies. Là, à mon avis, il y avait un panneau mal placé ! Mais j’ai pu rejoindre le canal maritime qui relie Abbeville à la mer et le long duquel il y a une vraie voie verte.

Abbeville a pas mal souffert des guerres mais le beffroi, qui date de 1209, est toujours debout.

Beffroi d'Abbeville

C’est aussi le cas de la collégiale gothique flamboyant St-Vulfran. De profil, elle a l’air tronquée parce qu’une moitié de la nef est plus basse que l’autre.

Collégiale St Vulfran d'Abbeville

Collégiale St Vulfran d'Abbeville, d'allure tronquée

Collégiale St Vulfran d'Abbeville, détail

Un autre bâtiment emblématique de la ville, plus inattendu, se trouve être la gare. C’est un petit exemple d’architecture « balnéaire régionale ».

Gare d'Abbeville

C’est là que ce sont achevés ces 2 jours de cyclo-camping improvisé. Vu la météo, je n’étais pas le seul cycliste de sortie. Il a fallut jouer des coudes pour faire rentrer tous les vélos dans le minuscule compartiment du train, mais ça a tenu jusqu’à Paris.

Voila le parcours : http://www.openrunner.com/index.php?id=1944382

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Une réflexion sur “Boulonnais et baie de Somme

  1. Superbe région!
    J’aime bien le boulonnais. ca me rappelle ma jeunesse et de jolies balades côtières.
    Abbeville par contre est très moche dans mes souvenirs, à part la cathédrale.

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