Du Charolais au lac d’Annecy

Suite du voyage à vélo débuté ici : Diagonale bourguignone.

Étape 4 : Paray-le-Monial – Montmerle-sur-Saône

Ce fut mon premier réveil sous le soleil. Cette fois le beau temps s’est franchement installé et une grosse chaleur avec.

L’étape a commencé dans le Charolais et le Brionnais, 2 pays aux frontières un peu floues, assez vallonnés et dédiés aux pâturages. Il y a de jolies petites routes de campagnes, avec ça et là un raidillon et un peu de vue pour couronner le tout. En toile de fond on voit d’un côté les monts du Beaujolais tout proches et de l’autre les monts de la Madeleine devant lesquels on devine la plaine de la Loire.

Vue du Brionnais

Je me suis dirigé vers le Beaujolais, au pied duquel se trouve la petite ville de la Clayette (prononcer la Clète). Il y a un lac sur lequel trône un beau château.

Château de la Clayette

Château de la Clayette

Après la ville, j’ai commencé à vraiment grimper. J’ai eu envie d’aller au sommet de la montagne de Dun. La carte ne mentionnait pas de pente raide comme à Uchon la veille mais pourtant c’est la montée la plus difficile que j’ai faite même s’il n’y avait que 330m de dénivelée pour atteindre 700m d’altitude.

En haut, la montagne ce situant juste en bordure des monts du Beaujolais, il y a un sacré panorama. Et il s’y trouve, seul vestige de l’ancien village, une petite chapelle en pierres ocres.

Panorama de la montagne de Dun

Chapelle de Dun

Preuve que cette fois on pénètre dans une région montagneuse, la ligne ferroviaire qui va vers Lyon se met à enchaîner les viaducs.

Viaduc de Mussy-sous-Dun

Une fois cette première bosse franchie, j’ai tout redescendu par un autre versant, aussi raide que celui de la montée. C’était pour mieux reprendre mon élan avant la deuxième bosse.

La route a d’abord longé une jolie vallée, très montagnarde par rapport aux paysages bourguignons des jours précédents, avec une rivière qui ressemblait plus à un torrent qu’à un canal et des forêts qui commençaient à se peupler de conifères.

J’ai fini par atteindre le col du Champ Juin (730m) et à partir de là une toute petite route forestière, qui s’est permise du coup des pentes inavouables, m’a mené au sommet du Mont St-Rigaud (1009m). C’est le point culminant des monts du Beaujolais et du département du Rhône. Depuis quelques kilomètres j’avais changé de région. Le sommet est couvert de forêt, alors pour offrir un peu de vue par dessus la cime des arbres un mirador a été construit.

Vue du Mont Saint Rigaud

Vue du Mont Saint Rigaud

La table d’orientation indiquait même 1025m d’altitude et me promettait une nouvelle fois de voir la chaîne des Puys. Mais l’horizon était trop voilé.

En longeant approximativement une crête je suis redescendu jusqu’au col de Crie et de là j’ai continué vers l’Est jusqu’au col du Fût d’Avenas. À 743m d’altitude il a formé pour mois la porte de sortie du massif. À partir de là en effet il n’y avait plus aucun obstacle dans ma descente jusqu’à la Saône presque 600m plus bas.

Du col du Fût d’Avenas, la vue s’étend très loin, mais surtout sur le vignoble du Beaujolais au premier plan. Les montagnes pour le moment étaient restées très forestières.

Vue du Fût d'Avenas

En arrière plan du Mont Brouilly qui se détache de la côte, on distingue les monts d’Or. Lyon n’est qu’à une cinquantaine de kilomètres.

Mont Brouilly

J’ai franchis la Saône et me suis arrêté à Montmerle. Il y a là un immense camping en bord de rivière où bizarrement la majorité des campeurs sont du coin, immatriculés 69.

La Saône coule paresseusement sous une chaleur cette fois écrasante. Je m’en rendais moins compte dans les hauteurs.

La Saône à Montmerle

Dans un parc du village j’ai croisé mon premier hérisson du voyage (non écrasé, sinon j’en avais déjà vu des tas). Je l’ai tellement surpris qu’il a appliqué la technique de camouflage « si je ne bouge pas on ne me voit pas ».

Hérisson à Montmerle

Cette étape faisait environ 101km, soit 5km de moins que le premier jour et il m’aura fallu pourtant rouler 45 minutes de plus. Le relief m’a ôté 3km/h de moyenne !

Étape 5 : Montmerle-sur-Saône – Lac d’Ambléon

Toute la matinée de ce 5ème jour j’ai traversé les Dombes. Donc pour changer c’était plat.

Je n’ai pas particulièrement aimé cette partie, les routes sont un peu monotones et on ne voit pas tant d’étangs que ça. Mais surtout il y avait énormément de camions, presque 2 véhicules sur 3, et j’en ignore la raison.

Dans les villages il reste quelques rares maisons typiques, à colombages et en briques.

St Triviers sur Moignans

Quelques châteaux parsèment le paysage.

Château à Bouligneux

Ce sont surtout les chasseurs et les ornithologues qui apprécient la région. J’ai vu des panneaux explicatifs sur les oiseaux qui faisaient l’apologie de la chasse au gibier d’eau.

Étang du Chapelier

Je suis arrivé largement à l’heure à mon rendez-vous à la gare d’Ambérieu en Bugey. Comme c’était plat j’ai avalé les 55km de la matinée en moins de 3h. Mon frère m’a rejoint pour la fin du parcours.

Nous avons grignoté à Vaux-en-Bugey, littéralement au pied du massif du Bugey. Ce petit massif est coincé entre la vallée du Rhône au Sud-Ouest et les cluses de l’Albarine et des Hôpitaux (où passent les trains vers les Alpes) au Nord et à l’Est. Autrement dit, ayant le choix entre 2 itinéraires à plat nous avons choisi de passer entre les 2, par la montagne.

Vaux en Bugey

En plein cagnard nous avons commencé à grimper dans une sorte de reculée entourée de falaises comme on en trouve dans le Jura.

Reculée dans le Bugey

D’un premier col la vue était très étendue sur la vallée du Rhône.

Vallée du Rhône dans le Bugey

Après un court répit, la montée à repris de plus belle pendant 8km avant d’atteindre le col de Portes (le s est important, sans s c’est un col de Chartreuse) à 1015m d’altitude.

Du col nous avons continué à pied jusqu’au calvaire homonyme duquel on a une très belle vue sur ce petit massif et en arrière plan sur les Alpes.

Vue du calvaire de Portes

Cette fois le Mont Blanc s’est laissé photographier dans l’atmosphère voilée. Je l’apercevais déjà dans le lointain depuis les monts du Beaujolais.

Le Mt Blanc depuis le calvaire de Portes

Une fois le col franchi, la route s’est mise à serpenter dans les forêts et pâturages, presque sur un plateau par rapport à la montée dans laquelle on venait de suer. Nous avons traversé les 2 villages « suspendus » d’Ordonnaz et Innimond. Dans ce dernier nous avons fait le plein d’eau à côté de l’église en prévision du bivouac.

Innimond

Après le village, la descente du massif a commencé. À un moment la route surplombe le lac de Cerin et sa tourbière.

Lac de Cerin

Nous avons fait halte au bord du lac d’Ambléon, dont les abords étaient plus propices à planter la tente et qui était aussi un point de baignade bienvenu. Ces rives étaient d’ailleurs encore très fréquentées à l’heure où nous sommes arrivé. Mais après le coucher du soleil il n’est resté que quelques groupes.

Le lac d'Ambléon (le matin)

L’étape faisait environ 104km. Les distances journalières étaient vraiment très régulières.

Étape 6 : Lac d’Ambléon – Annecy

Le lac d’Ambléon est encore à 700m d’altitude. Nous n’avions que commencé la veille notre descente du Bugey. Aussi à peine partis du lac nous avons eu une très belle vue sur les crêtes alpines à contre jour et sur le Bas-Bugey.

Vue sur le bas-Bugey

Nous avons rapidement traversé le Bas-Bugey en serpentant et passé la ville de Belley. Puis nous avons longé le Rhône canalisé, partiellement sur une voie verte (la via Rhona). À cette endroit le Rhône canalisé fait probablement son plus gros détour par rapport à son cours originel. Il passe carrément de l’autre côté d’une petite montagne.

Finalement nous nous sommes vite retrouvé au pied de la crête du Chat, seul obstacle nous séparant du lac du Bourget.

Dent du Chat

Nous l’avons gravit au niveau du village d’Ontex, ce qui a constitué une montée de 500m de dénivelée depuis le Rhône à Lucey, plutôt raide sur la fin. Et au sommet, et surtout un peu plus bas de la terrasse de Gremeau, on jouit d’une vue complète sur les eaux turquoises (ou presque) du lac du Bourget.

Lac du Bourget côté nord

Lac du Bourget côté sud

Plus impressionnant, on surplombe directement de 350m l’abbaye de Hautecombe, située sur la rive du lac.

Abbaye de Hautecombe depuis Gremeau

Nous sommes descendus jusqu’au niveau du lac que nous avons contourné par le nord pour remonter de l’autre côté en direction du col de la Chambotte. C’était une belle route qui montait en balcon, très étroite par endroit, et de laquelle on voyait l’abbaye de Hautecombe et le village d’Ontex au dessus (à droite de la bande d’herbe sous le sommet).

Ontex et Hautecombe vus de la Chambotte

Tunnel sur la route du col de la Chambotte

Après le col de la Chambotte nous sommes arrivés dans l’Albanais (rien à voir avec un pays des Balkans). il nous est resté un deuxième col à franchir, sans nom, nettement plus modeste mais un peu plus inattendu pour nous, avant d’enfin descendre vers Rumilly par une très agréable vallée ombragée.

À Rumilly nous nous sommes permis le luxe d’un déjeuner à l’ombre des arcades et de déguster une glace en dessert.

Les derniers kilomètres avant Annecy, en montée dans la vallée du Fier et en pleine chaleur nous ont achevés. C’est le moment où on a finalement décidé qu’on ne ferait pas trop d’efforts physiques pendant les 2 jours suivants.

L’étape a fait environ 92km.

Annecy

Après ces 6 jours de vélo est venu le temps de se reposer un peu. La mini-canicule est passée entre visites de la ville et surtout des « plages » qui bordent le lac d’Annecy. Et le soir nous avons assisté au feu d’artifice de la fête du lac qui nous en a mis plein les mirettes et les oreilles pendant près d’une heure et quart.

La vieille ville est très jolie et très touristique, Le Thiou y écoule les eaux du lac en plusieurs bras qui valent à la ville le surnom de « Venise des Alpes ».

Eglise ND de Liesse à Annecy

Je ne sais pas pourquoi la fontaine devant Notre-Dame de la Liesse comporte lions et tortues. Ces dernières m’ont rappelé leur plus imposante sœur d’Olomouc ! (voir À travers le sud de la Bohême et la Moravie)

Fontaine aux tortues à Annecy

Pont sur le Thiou

Le bâtiment le plus photographié d’Annecy est sans doute le palais de l’Isle. Il ressemble un peu à une prison et c’est d’ailleurs ce qu’il fût un temps.

Palais de l'Isle

Le lac jouit parait-il d’une eau très pure et en tout cas il a une belle couleur mais surtout il est situé dans un écrin de relativement hautes montagnes qui lui donnent un aspect très différent du lac du Bourget. Il est dominé à l’Est par la Tournette dont on voit ici la silhouette au centre de la photo.

Lac d'Annecy et la Tournette

À l’Ouest et au sud il est bordé par le massif des Bauges.

Lac d'Annecy et massif des Bauges

Après 2 jours de repos à Annecy le voyage continue encore un peu. À suivre…

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