Diagonale bourguignonne

Cette année mon voyage à vélo estival était bien plus modeste que celui de l’année dernière (Karlsruhe – Olomouc aller-retour). Il s’agissait juste de se rendre dans les Alpes, aller-simple.

Comme la sortie de Paris à vélo n’est pas des plus bucolique et qu’en direction du Sud-Est je commence à bien connaître les différentes variantes possibles, j’ai cette fois pris le train pour m’avancer jusqu’à Laroche-Migennes. Au village d’Esnon tout proche des amis m’ont offert l’hospitalité et c’est donc là que commence le voyage.

Étape 1 : Esnon – Avallon

Esnon est un tout petit village dans la vallée de l’Armançon. Il s’y trouve un château privé.

Château d'Esnon

La météo était grise et menaçante. Il pleuvait quelques minutes avant mon départ mais finalement j’ai réussi à passer entre les gouttes toute la journée.

Le relief de cette première étape était peu prononcé. Pour simplifier ça a monté doucement toute la journée le long de la vallée du Serein. J’ai rattrapé cette rivière aux environs de Seignelay.

Halle de Seignelay

J’aurais bien aimé ensuite passer près de l’abbaye de Pontigny mais une course automobile avait lieu ce jour là qui bloquait beaucoup de routes et m’obligea à un petit détour. Finalement je n’ai vraiment été au bord du Serein que peu en aval de Chablis.

Chablis

Un très gros marché s’y tenait et ça m’a permit de charger mes sacoches d’un peu de denrées fraîches.

À partir de Chablis je n’ai plus quitté le Serein pendant de nombreux kilomètres. La vallée fait de jolis méandres et du coup ce n’est pas une grande route qui la longe.

Dans la vallée du Serein

Les quelques villages traversés étaient assez jolis avec des maisons en pierres et à colombages et avec une rue principale assez étroite et cabossée. Mais le plus beau d’entre eux c’était sans conteste Noyers. C’était probablement une ville relativement importante au Moyen-âge vu les beaux bâtiments qu’on y trouve.

Pour agrémenter la visite il y avait des petits concerts de musique classique dans certains lieux.

Place principale de Noyers

Détail d'une façade de Noyers

Porte Sud de Noyers

Le Serein à Noyers

En amont de Noyers, la vallée devient plus encaissée et boisée et la route s’éloigne de la rivière pour grimper sur le plateau.  Un peu plus loin je l’ai retrouvée encore pour quelques traversées de villages mais à Montréal je l’ai définitivement quitté.

Montréal fait partie d’une association des Montréal de France et c’est celui le plus au nord du pays. Ce village est bâti sur une butte isolée du haut de laquelle la vue n’est … pas spectaculaire par temps gris ! Mais on y trouve de beaux restes d’architecture médiévale.

Maison à Montréal

Détail d'un mur à Montréal

De Montréal j’ai obliqué vers le Sud-Ouest, une longue ligne droite pour la douzaine de kilomètres qui me séparait de ma destination : Avallon.

La ville d’Avallon est aussi une jolie ville médiévale avec un beau beffroi et des maisons à colombage. En plus ses fortifications surplombent la vallée très encaissée du Cousin.

Tour de l'horloge d'Avallon

Maison d'Avallon

Tympan de la collégiale St-Lazare

C’est dans le camping municipal, au fond de la vallée du cousin que s’est terminée mon étape, après 106 km et relativement peu de dénivelée. C’était l’étape plate du trajet.

Étape 2 : Avallon – Autun

Avallon est la porte nord du massif du Morvan. Donc en partant vers le Sud ce jour là, ça ne pouvait que monter.

Plutôt qu’un itinéraire par les rivières et les canaux pour aller jusqu’aux Alpes, j’ai choisi un itinéraire par les bosses.

Après une montée peu raide en forêt, j’ai replongé dans une autre vallée, celle de la Cure. Juste avant de la croiser, il y avait une belle vue sur le château de Chastellux-sur-Cure.

Châstellux-sur-Cure

Et à peine la rivière franchie il a fallu recommencer, regrimper tout ce que je venais de descendre. Voila en gros comment s’est déroulé toute cette deuxième journée, une succession de courbes, de montées et de descentes, souvent en forêt, parfois dans le bocage.

Je suis passé par Lormes, sur le rebord Ouest du massif et d’où la vue s’étend sur les collines du Nivernais mais la météo ne m’a pas fait plus de cadeaux que la veille.

Paysage près d'Ouroux en Morvan

De virage en virage j’ai fini par atteindre Montsauche-les-Settons. Puis j’ai raté une bifurcation et le temps de m’en apercevoir je n’ai pu que limiter le détour à une dizaine de kilomètres avec de beaux raidillons aux environs de Gouloux.

Je n’étais pas mécontent d’arriver au lac des Settons, enfin du plat puisque j’avais quelques kilomètres en bord de lac.

Le lac des Settons

Vers Gien-sur-Cure, j’ai atteins le point culminant du jour, à environ 700m d’altitude. Pour marquer le coup, la pluie s’est invitée quelques minutes.

Versant Sud, le Morvan est beaucoup plus abrupt. J’ai plongé presque d’un seul coup dans la plaine de l’Arroux alors que la montée avait été bien laborieuse et hésitante. Du coup le pied du Morvan fait un peu plus ressembler le massif à de la montagne de ce côté là. Sur la photo on ne distingue pas la deuxième ligne de collines un peu plus hautes sous les nuages bien chargés.

Pied du Morvan vers Sommant

Une fois dans la plaine de l’Arroux, je suis arrivé à Autun en un clin d’œil et j’ai bien eu le temps de visiter la ville.

Autun malgré sa taille très modeste est vraiment chargée d’histoire. Ses remparts datent en grande partie de l’époque romaine et notamment la porte d’Arroux par laquelle je suis entré.

Porte d'Arroux à Autun

Les ruelles médiévales grimpent ensuite à l’assaut de la colline.

Rue d'Autun

Porte d'immeuble à Autun

Jusqu’à atteindre l’imposante cathédrale St-Lazare qui couronne la ville.

Cathédrale St-Lazare d'Autun

Cathédrale St-Lazare d'Autun

Plus bas dans la plaine c’est un temple romain dont il reste 2 énormes pans de mur qui fait face à la cité : le temple de Janus.

Temple de Janus à Autun

De la plaine la cathédrale et la tour des Ursulines se détachent sur la forêt.

Vue d'Autun depuis le temple de Janus

Cette deuxième journée, étape morvandelle, faisait environ 115km.

Étape 3 : Autun – Paray-le-Monial

Le Morvan terminé, plus beaucoup de relief en perspective ? Regardez la dernière photo d’Autun et la belle colline boisée derrière la ville. C’est par là que j’ai commencé.

300m de dénivelée positive d’une seule traite pour atteindre la croix de la libération d’Autun, et d’après la carte il y a un tout petit tronçon à 20% à la fin. Mais la vue sur la ville est une sacré récompense, malgré le temps, toujours aussi gris.

Vue sur Autun de la croix de la Libération

Il reste des terrils dans la plaine de l’Arroux, vestige d’une exploitation minière.

Plaine de l'Arroux depuis la croix de la Libération

Et plus près du pied de la colline c’est une étrange pyramide qui a attiré mon regard. Apparemment cette « Pierre de Couhard » serait un monument funéraire romain, seul vestige d’une nécropole située hors de la cité.

Pierre de Couhard

La première bosse (à 600m d’altitude) était franchie et j’ai pu savourer une longue descente jusqu’à Mesvres (284m). Juste le temps de se reposer pour la deuxième bosse de la journée.

Cette deuxième montée s’est révélée plus difficile que la première. A mi-pente la route se met à enchaîner les raidillons à 18% et pour l’un d’entre eux, juste avant l’entrée du village d’Uchon, ça n’a pas duré que 30m (de toute façon à 5,5km/h c’est long). Et il y a même une petite redescente, elle aussi à 18%, au milieu.

Pente d'Uchon

Du coup Uchon, autoproclamé « perle du Morvan », est bien isolé du monde dans sa forêt. Pour preuve on y trouve un communauté monastique orthodoxe.

L’église du village est comme posée sur de gros blocs de granit.

Eglise d'Uchon

Au dessus du village, tout près du Signal d’Uchon (681m, point culminant de la journée) je suis allé voir les rochers du Carnaval. C’est un chaos granitique d’où on a une vue exceptionnelle (par temps clair).

Vue des rochers du Carnaval

De là on se rend bien compte de la petitesse d’Uchon dont seul l’église émerge de la forêt. En arrière plan on distingue la première colline de la journée.

Uchon vu des rochers du carnaval

Par temps clair on est même sensé apercevoir la chaîne des Puys.

Table d'orientation d'Uchon

Après ce sommet isolé, j’ai pris une très belle descente en forêt puis dans un bocage jusqu’à Montceau-les-Mines.

Là je pensais rejoindre l’Eurovélo 6, itinéraire vélo qui va de l’Atlantique à la mer Noire, mais surprise il n’y a pas la moindre indication le long du canal du Centre. Ça m’a vraiment déçu alors que je m’attendais à retrouver les mêmes aménagements grand luxe que le long de ce même itinéraire en Franche-Comté.

Le long du canal du Centre j’ai suivi une route large et peu fréquentée, pas très jolie et avec de lieu en lieu des vestiges industriels.

Ancienne cheminée le long du canal du Centre

Enfin quelques kilomètres seulement avant Paray-le-Monial, les premières indications pour vélo apparaissent et le premier moignon de voie verte. Bizarrement il était encombré de ce qui ressemblait à des scouts. J’ai eu confirmation plus loin qu’il y avait un gros rassemblement d’une communauté évangélique, 4000 familles avec des petits cartons à leur nom autour du cou.

A Paray-le-Monial se trouve une basilique clunisienne dans un centre-ville très propret et plutôt joli quand le soleil éclaire les pierres ocres.

Basilique de Paray-le-Monial

Hotel de Ville de Paray-le-Monial

Tour St-Nicolas et place Lamartine

C’est la seule photo que j’ai faite avec le vélo. Je donne l’impression d’être bien chargé mais j’ai juste choisi d’avoir 4 sacoches à moitié vides plutôt que 2 pleines à craquer. Ça m’a permis notamment de tout mettre à l’abri de la pluie et d’emporter un sac à dos de randonnée sans l’avoir sur le dos.

L’étape de ce troisième jour faisait environ 95km.

Au camping j’ai rencontré un couple qui voyageait à vélo électrique en faisant des étapes de 100km par jour. Seule contrainte, faire quelques arrêts dans la journée pour recharger les batteries. Ils auraient sans doute été difficilement capable d’en faire autant sans assistance alors j’ai trouvé que c’était une bonne chose que le vélo électrique leur permette de voyager.

Comme voisine j’ai aussi eu une poule un peu cinglée et beaucoup plus intéressée par mes activités que le chat qui traînait aussi dans les parages.

Poule de Paray-le-Monial

La deuxième moitié de ce petit voyage très bientôt…

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2 réflexions sur “Diagonale bourguignonne

  1. La Bourgogne, ça vous cogne.
    Les accros du VAE, vu le temps de charge d’une batterie, vu leurs étapes … ben faut qu’ils prennent … une 2nde batterie.

    • Ben écoute, ils avaient l’air très contents de leur voyage. Si ça se trouve ils en avaient une 2nde. C’est pas le genre de détail qu’on a abordé.

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