Boulonnais et baie de Somme

Pour continuer à essayer mon nouveau vélo, il fallait mener un test un peu plus poussé que ma dernière escapade briarde, c’est-à-dire avec un peu de chargement. Je suis donc reparti dès le lendemain pour 2 jours de cyclo-camping dans le Pas-de-Calais et la Somme.

J’ai du prendre le train tôt pour arriver à une heure raisonnable à Boulogne-sur-Mer. Dès 7h du matin Gare du Nord pour une arrivée à Boulogne avant 10h.

À la sortie de la gare, la ville n’est pas très engageante.  La gare se situe dans un quartier de grands immeubles à la mode des années 60. En direction du centre-ville, ou plutôt de la ville fortifiée, j’ai pris une côte plutôt raide jusqu’à la porte Gayole. La cité fortifiée est située à une cinquantaine de mètres au dessus du niveau de la mer.

Boulogne, Porte Gayole

C »est l’une des 4 portes de l’enceinte fortifiée. À l’intérieur la ville est très jolie en ruelles étroites et pavées. On y trouve des bâtiments classiques comme le palais de justice et d’autres plus anciens comme l’hôtel de ville et surtout son beffroi.

Boulogne, Palais de Justice

Boulogne, Beffroi et Hôtel de ville

Le beffroi est classé à l’UNESCO depuis 2005 au même titre que 22 autres beffrois français et 33 belges. Dans cette liste je connais déjà ceux de Lille et Amiens et pendant ces 2 jours j’en ajouterai 3 avec ceux de Calais et d’Abbeville. Il ne m’en reste plus que 51 à visiter !

Un coin de la cité fortifiée est occupée par un gros château tout en rondeurs.

Château de Boulogne-sur-Mer

Mais le bâtiment que j’ai trouvé le plus impressionnant est la basilique Notre-Dame parce qu’elle est coiffée d’un dôme qui dépasse énormément au dessus de la cité.

Basilique Notre-Dame de Boulogne

Je suis sorti des remparts en direction du nord et à la sortie de la ville, en haut de la colline, j’ai croisé sur mon chemin Napoléon, debout fièrement sur la colonne de la grande armée.

Napoléon, colonne de la grande armée

Cette colonne commémore le rassemblement de la grande armée en 1804 quand Napoléon voulait s’attaquer à l’Angleterre. Mais elle a eu une histoire mouvementée. La statue représente Napoléon en petit caporal et non en empereur comme à l’origine et elle tourne le dos à la mer parce qu’il a renoncé à l’Angleterre. Toujours est-il qu’avec 50m de haut on ne peut pas la rater.

Colonne de la grande armée

De la colonne je suis redescendu jusqu’à la route côtière. En plein été je l’ai trouvée très fréquentée. Je ne m’attendais pas à autant de touristes dans cette région. Probablement à cause de la proximité de l’Angleterre et de la Belgique.

J’ai suivi la côte d’abord jusqu’au Cap Griz Nez. À ses abords il y a beaucoup de blockhaus dans les champs.

Bunkers près du cap Gris Nez

Bunker près du cap Gris Nez

Du cap on distinguait à peine la côte anglaise. Sous les nuages, les blanches falaises de Douvres n’étincelaient pas. Les sentiers sont biens séparés des champs et des zones naturelles, préservant bien mieux la végétation du piétinement des touristes que ce que j’ai vu en Bretagne en juillet. Et si l’on ne pouvait pas très bien observer nos voisins d’outre-Manche, on voyait très bien le cap Blanc Nez.

Cap Blac Nez vu du Cap Gris Nez

Les moutons étaient omniprésents dans les champs alentours.

Le phare du cap Gris Nez

Les moutons devant la Manche

Je suis reparti le long de la route côtière en direction du deuxième cap, le Blanc-Nez. Celui-ci est beaucoup plus haut et il y a même 2 lacets pour l’atteindre. D’en haut on a une belle vue sur la côte des deux côtés : Sur le cap Gris-Nez et le village d’Escalles au pied de la montée à l’ouest ; sur Sangatte et plus loin Calais à l’est.

Le cap Griz-Nez vu du cap Blanc-Nez

Escalles

Sangatte et Calais vu du cap Blanc-Nez

Sur cette dernière photo, la route au premier plan n’a pas l’air bien raide et pourtant c’est là, en descendant vers Sangatte, que j’ai pu rouler le plus vite.

Au sommet du cap Blanc Nez se dresse le monument de la Dover Patrol en forme d’obélisque.

Obélisque du cap Blanc-Nez

Jusqu’à Calais le vent m’a bien poussé et je suis arrivé très vite au cœur de la ville. J’ai trouvé qu’il était très facile d’entrer et sortir de la ville à vélo sans se poser trop de questions sur la route à suivre.

La ville n’est pas très jolie, le centre ayant lourdement subi les guerres mondiales. Il se dresse toujours une tour de guet sur une place plutôt moderne.

Tour de guet à Calais

Et le plus beau bâtiment c’est bien évidemment l’hôtel de ville et son beffroi.

Beffroi de l'hôtel de ville de Calais

J’ai quitté la ville le long du canal de Calais, puis le long de nombreux autres petits canaux de drainage dans une zone humide sur plusieurs kilomètres avant d’atteindre la petite ville d’Ardres.

Après Ardres j’ai franchi la première grosse colline du pays d’Opale avant de redescendre vers Licques. Puis de village en village j’ai poursuivi jusqu’à Samer (prononcer Samé) où j’ai passé la nuit. À Samer, l’église dispose d’un porche amusant qui se « camoufle » entre les maisons de la place centrale.

Samer

Le lendemain matin le brouillard masquait beaucoup le paysage quand j’ai franchi la cuesta qui marque le bord du Boulonnais. Ça a constitué un beau raidillon pour entamer la journée.

Brouillard sur la cuesta du Boulonnais

Après un passage à 177m d’altitude (le point culminant du Pas-de-Calais n’est guère qu’à 212m), je suis redescendu dans un petit vallon jusqu’à la large vallée de la Canche. Je l’ai remontée sur quelques kilomètres jusqu’à Montreuil-sur-Mer. Le -sur-Mer est un peu usurpé étant donné que la ville est à plus d’une dizaine de kilomètres de celle-ci à Étaples. Mais ça permet de distinguer la ville de son homonyme francilienne.

Cette ville est une vraie citadelle qui domine la vallée de la Canche. Il y a de beaux remparts en pierres et briques, des ruelles pavées et par chance il s’y tenait un marché qui m’a permis de refaire le plein de pain et de fruits pour survivre à la journée.

Remparts de Montreuil

Porte de la citadelle de Montreuil

Après avoir franchi un nouveau plateau cultivé, je me suis retrouvé dans la vallée parallèle de l’Authie. À la sortie de Nampont se trouve une jolie maison forte.

Maison forte de Nampont

Maison forte de Nampont

J’ai continué à descendre la vallée de l’Authie jusqu’à Quend et de là j’ai suivi la route des touristes jusqu’à la plage de Quend-Plage-les-Pins.

Plage de Quend

C’est dans cette petite station balnéaire sans prétention qu’a eu lieu entre 2005 et 2009 le festival du film grolandais. Devant l’affluence à ce festival de Quend, les grolandais ont délocalisé leur festival. C’est vrai que le cinéma est minuscule.

Cinéma de Quend plage

Depuis Quend-Plage j’ai suivi de belles pistes cyclables à travers le Marquenterre, entres champs, forêts de pins, dunes et petits étangs.

Un étang du Marquenterre

J’ai rejoint la Baie de Somme au niveau de la petite ville portuaire du Crotoy. La baie à marée basse n’était qu’une immense étendue de sable jusqu’au Hourdel qu’on devinait sur l’autre rive.

La baie de Somme

Le Crotoy est à la fois un port de pêche et une petite station balnéaire. On y trouve d’un côté quelques hôtels et de l’autre le port, maintenu en eau et relié à la mer par un chenal qui serpente dans le sable de la baie.

Hotel des Tourelles au Crotoy

Bâteau échoué au Crotoy

Vue générale du Crotoy

À la sortie de la ville il y a une très belle piste cyclable sur une digue qui donne un aperçu de la partie la plus intérieure de la baie, qui n’est plus constituée de sable mais d’herbus.

Herbus de la baie de Somme

La piste longe ensuite une grande route, en contrebas et du mauvais côté. Pour la vue on repassera. Et finalement les indications pour Abbeville (pour vélo) m’ont mené sur une route à 2×2 voies. Là, à mon avis, il y avait un panneau mal placé ! Mais j’ai pu rejoindre le canal maritime qui relie Abbeville à la mer et le long duquel il y a une vraie voie verte.

Abbeville a pas mal souffert des guerres mais le beffroi, qui date de 1209, est toujours debout.

Beffroi d'Abbeville

C’est aussi le cas de la collégiale gothique flamboyant St-Vulfran. De profil, elle a l’air tronquée parce qu’une moitié de la nef est plus basse que l’autre.

Collégiale St Vulfran d'Abbeville

Collégiale St Vulfran d'Abbeville, d'allure tronquée

Collégiale St Vulfran d'Abbeville, détail

Un autre bâtiment emblématique de la ville, plus inattendu, se trouve être la gare. C’est un petit exemple d’architecture « balnéaire régionale ».

Gare d'Abbeville

C’est là que ce sont achevés ces 2 jours de cyclo-camping improvisé. Vu la météo, je n’étais pas le seul cycliste de sortie. Il a fallut jouer des coudes pour faire rentrer tous les vélos dans le minuscule compartiment du train, mais ça a tenu jusqu’à Paris.

Voila le parcours : http://www.openrunner.com/index.php?id=1944382

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Le Sud Briard

Cette balade a été l’occasion de rôder mon nouveau vélo pour une première sortie longue distance. En effet depuis quelques jours j’ai changé de vélo et je ne l’ai utilisé qu’en ville.

Un ami et moi, nous sommes partis à vélo de Melun pour nous rapprocher des points d’intérêt du sud de la Brie.

Après un rapide tour de la ville, nous sommes sortis en direction du plateau briard par la route des 3 moulins, qui évite une départementale très fréquentée.

Laiterie du lieu-dit 3 moulins

Puis nous avons obliqué en direction du château de Vaux le Vicomte. Notre itinéraire est passé par beaucoup de lieux que je connaissais déjà.

Château de Vaux le Vicomte

La vallée du Ru d’Ancœuil nous a offert ensuite quelques traversées de villages sympathiques et notamment Blandy-les-Tours et son très beau château médiéval. À mon goût l’un des plus beaux en Île-de-France.

Église de Blandy

Château de Blandy-les-Tours

Château de Blandy-les-Tours

Château de Blandy-les-Tours

Ensuite nous avons rallié Bombon. Je ne sais pas pourquoi Lénine y a passé l’été 1909. Drôle de destination de vacances !

Lénine à Bombon

Il s’y trouve aussi un château renaissance. Mais, comme souvent, c’est une propriété privée, nous n’en avons vu que la grille.

Château de Bombon

À la sortie de Bombon nous avons admiré la très belle ferme fortifiée des Époisses.

Ferme fortifiée de Époisses

Ferme fortifiée de Époisses

En nous enfonçant plus avant dans la Brie nous avons fait une pause au joli moulin de Gastins. C’est là que je m’étais arrêté pour mon premier pique-nique sur la route du lac de Constance en 2010 !

Moulin de Gastins

Puis nous avons continué jusqu’à Pécy, point le plus à l’Est de notre parcours. Nous nous trouvions sur l’ancienne frontière entre le royaume de France et la Champagne. Avant le village il y avait un château dont là encore nous n’avons vu que l’entrée.

Château de Beaulieu (Pécy)

Dans Pécy, les douches municipales ne risquent pas d’avoir de coupure d’eau !

Château d'eau de Pécy

Sur le chemin du retour, nous avons commencé par une longue ligne droite en faux-plat descendant. Autant dire que nous sommes arrivés très vite à Rozay-en-Brie où nous avons pique-niqué au pied des vestiges de remparts qui ceinturent la ville. C’est vrai qu’il n’en reste pas de biens grandes tours ni d’impressionnantes portes.

Vestige des remparts de Rozay-en-Brie

Ruelle de Rozay-en-Brie

À Rozay passait la Nationale 4, il en reste un panneau au franchissement de la rivière l’Yerres qui nous rappelle que nous ne sommes pas si loin de Paris.

Ex-N4 à Rozay-en-Brie

Nous avons suivi ensuite l’Yerres, en partie sur l’ancienne voie de chemin de fer reconvertie en voie verte le « chemin des roses ». Un ancien pont donne une beau point de vue sur la rivière. Celle-ci ne coule pas très fort et elle est très eutrophysée probablement du fait de l’agriculture intensive des environs. Ça ne donne pas envie de s’y baigner.

L'Yerres à proximité de Solers

L'Yerres à proximité de Solers

Nous avons quitté la voie verte à Brie-Comte-Robert. Il y reste des vestiges d’une forteresse médiévale que les bénévoles d’une association tentent de mettre en valeur.

Forteresse de Brie-Comte-Robert

Après Brie, le parcours est devenu moins intéressant (à part une halte rafraîchissante chez des amis !). Le franchissement de la francilienne a marqué l’entrée dans la banlieue dont les villes toutes semblables ou presque se sont succédées rapidement et où heureusement le léger trafic routier aoûtien n’est pas venu ternir la fin de cette belle balade.

Voila le parcours, « plat comme la table » pour changer des étapes de montagne de la semaine précédente : http://www.openrunner.com/index.php?id=2805799

Et comme c’est sa première sortie, ça mérite une photo du vélo :

Le Surly à Gastins

Bauges et Chartreuse

Dernière partie du voyage à vélo commencé ici puis .

J’ai voulu relier Annecy et Grenoble en 2 jours en traversant le massif des Bauges le premier jour puis le massif de la Chartreuse le deuxième.

Je suis parti d’Annecy à la fraiche. L’étape prévue jusqu’à Chambéry n’était pas très longue mais la traversée des Bauges me réservait 2 cols dont un plutôt fameux : le Semnoz.

Le long des 17km de montée, les bornes kilométriques portent l’altitude et la pente moyenne du kilomètre à venir. À part les deux derniers kilomètres je n’ai pas trouvé la montée très raide. J’ai atteint le sommet, 1670m d’altitude (le lac d’Annecy est à 448m), 2 heures après mon départ. La montée est complètement en forêt. L’avant dernière étape du tour de France passait par là cette année, la route était bien peinturlurée sur la fin de la montée.

Dans la montée au Semnoz

Du sommet il y a une très belle vue, surtout du côté Est où les crêtes alpines se succèdent sur plusieurs plans : D’abord la silhouette très reconnaissable de la Tournette, puis la chaîne des Aravis avec la pointe percée qui en émerge bien à gauche et seul le mont Charvin qui dépasse à droite, enfin le Mont Blanc dans le fond (quasi invisible sur la photo).

Vue du Semnoz vers la Tournette

Vers le Sud ce sont les sommets des Bauges qui sont au premier plan derrière l’alpage de la crête.

Alpage du Semnoz devant les Bauges

J’ai trouvé la descente vers le col de Leschaux plus raide et étroite que la montée. En quelques longs lacets j’étais déjà en bas au col de Leschaux.

Vue du col de Leschaux

J’ai poursuivi la descente jusqu’à la vallée du Chéran pour remonter en face vers le col de Plainpalais. Cette montée est beaucoup plus facile que la précédente, elle traverse surtout des champs et des villages.

Le col de Plainpalais, n’offre aucun panorama. Je ne m’y suis pas arrêté et j’ai amorcé la descente vers Chambéry sous les falaises du Margeriaz.

Roc de Margeriaz depuis les Déserts

Comme l’étape était relativement courte, j’ai fait un détour par le centre-ville de Chambéry. La vallée où se trouve l’agglomération de Chambéry est parsemée d’itinéraire cyclable et ce fût facile d’aller vers le centre sans emprunter de grands axes. D’autant plus que vu la chaleur écrasante qui régnait dans la vallée, je n’ai pas eu envie d’appuyer bien fort sur les pédales.

Le centre ville médiéval de la capitale de la Savoie est assez agréable, les rues étroites fournissent de l’ombre. Le château est en pleine ville.

Château de Chambéry

Place de Chambéry

La monument des quatre sans cul commémore les succès en Inde du comte de Boigne, enfant de la ville.

Fontaine des éléphants de Chambéry

J’ai passé la nuit au camping de Challes-les-Eaux, à quelques kilomètres de Chambéry. Mes voisins américains allaient également partir à l’assaut de la Chartreuse le lendemain, mais à pied.

Je suis de nouveau parti très tôt le lendemain. Le soleil n’est passé au dessus des crêtes des Bauges qu’à mi-pente du col du Granier.

Au départ de St-Baldoph, la montée était très raide jusqu’à ce qu’elle n’ai rejoint la route principale au niveau du tunnel du pas de la fosse. Ensuite c’était beaucoup plus tranquille et j’ai retrouvé les mêmes bornes kilométriques que dans la montée au Semnoz.

Durant toute la montée, la falaise du Granier domine le paysage. Avec 700m d’à pic c’est une des plus hautes de France et ce qui est intéressant c’est que cette falaise est plutôt récente puisqu’elle résulte d’un énorme éboulement survenu au milieu du XIIIème siècle durant lequel une bonne partie de la montagne s’est effondrée.

Le mont Granier

Une fois le col du Granier franchi, suit une belle descente vers St-Pierre-d’Entremont. J’ai trouvé le village très joli.

St-Pierre-d'Entremont

C’est reparti ensuite à l’assaut du col du Cucheron, quelques mètres plus haut que le col du Granier (1139m contre 1134m). La montée entre hameaux et champs ressemblait à celle du col de Plainpalais la veille. En face on voit le flanc du Grand Som.

Vue dans la montée au Cucheron

Du col on a une belle vue sur la vallée de St-Pierre d’Entremont. Sur la droite, les falaise des Chartreuse se terminent par l’à pic du mont Granier. Dans l’échancrure du col du Granier, on distingue la pointe de la Croix du Nivolet dans les Bauges.

Vallée de St-Pierre d'Entremont

Je suis ensuite redescendu sur St-Pierre de Chartreuse. La descente était très courte. Le village n’est pas très beau, il ressemble plus à une station de ski avec beaucoup de très larges parkings en bord de route.

Le col de Porte (à ne pas confondre avec Portes, passé quelques jours auparavant dans le Bugey), dernier col de col de l’étape, était aussi le plus élevé des trois à 1326m. Dans la montée on a une très belle vue sur Chamechaude, point culminant du massif de la Chartreuse.

Chamechaude

La fin de la montée passe dans une très belle forêt.

La descente passe sans s’interrompre par le col de Vence, qui forme la véritable porte du massif puisqu’on débouche d’un seul coup sur la plaine de Grenoble.

La ville étouffait dans sa cuvette. Plus un souffle d’air n’était perceptible. La différence de température, en quelques kilomètres, était impressionnante.

Grenoble vu du col de Vence

Cette dernière étape, malgré l’enchaînement des trois cols était très courte, guère plus de 65 kilomètres. Aussi suis-je arrivé très tôt dans l’après-midi chez mon frère.

Les jours suivant la météo s’est gâtée. Nous avons perdu quelques degrés et la pluie s’est invitée. Du coup j’ai remis à plus tard mes projets de traverser le Vercors.

Nous avons « profité » de la grisaille pour visiter le château de Vizille. Il s’y trouve un très intéressant musée consacré à la révolution française. Son parc est très beau et constitue une nature, certes domestiquée, mais préservée dans une vallée de la Romanche plutôt industrielle.

Parc de Vizille

Château de Vizille

Cerf dans le parc de Vizille

Le retour en TER de Grenoble vers Paris m’a pris près de 7h. Je n’étais pas le seul à opter pour le long trajet de Lyon à Paris-Bercy via Dijon, les 5 autres cyclistes du train faisait aussi tout le trajet, personne ne s’arrêtait en Bourgogne.

Pour l’ensemble de ce petit voyage, voila les tracés des différentes étapes avec leurs profils :

Du Charolais au lac d’Annecy

Suite du voyage à vélo débuté ici : Diagonale bourguignone.

Étape 4 : Paray-le-Monial – Montmerle-sur-Saône

Ce fut mon premier réveil sous le soleil. Cette fois le beau temps s’est franchement installé et une grosse chaleur avec.

L’étape a commencé dans le Charolais et le Brionnais, 2 pays aux frontières un peu floues, assez vallonnés et dédiés aux pâturages. Il y a de jolies petites routes de campagnes, avec ça et là un raidillon et un peu de vue pour couronner le tout. En toile de fond on voit d’un côté les monts du Beaujolais tout proches et de l’autre les monts de la Madeleine devant lesquels on devine la plaine de la Loire.

Vue du Brionnais

Je me suis dirigé vers le Beaujolais, au pied duquel se trouve la petite ville de la Clayette (prononcer la Clète). Il y a un lac sur lequel trône un beau château.

Château de la Clayette

Château de la Clayette

Après la ville, j’ai commencé à vraiment grimper. J’ai eu envie d’aller au sommet de la montagne de Dun. La carte ne mentionnait pas de pente raide comme à Uchon la veille mais pourtant c’est la montée la plus difficile que j’ai faite même s’il n’y avait que 330m de dénivelée pour atteindre 700m d’altitude.

En haut, la montagne ce situant juste en bordure des monts du Beaujolais, il y a un sacré panorama. Et il s’y trouve, seul vestige de l’ancien village, une petite chapelle en pierres ocres.

Panorama de la montagne de Dun

Chapelle de Dun

Preuve que cette fois on pénètre dans une région montagneuse, la ligne ferroviaire qui va vers Lyon se met à enchaîner les viaducs.

Viaduc de Mussy-sous-Dun

Une fois cette première bosse franchie, j’ai tout redescendu par un autre versant, aussi raide que celui de la montée. C’était pour mieux reprendre mon élan avant la deuxième bosse.

La route a d’abord longé une jolie vallée, très montagnarde par rapport aux paysages bourguignons des jours précédents, avec une rivière qui ressemblait plus à un torrent qu’à un canal et des forêts qui commençaient à se peupler de conifères.

J’ai fini par atteindre le col du Champ Juin (730m) et à partir de là une toute petite route forestière, qui s’est permise du coup des pentes inavouables, m’a mené au sommet du Mont St-Rigaud (1009m). C’est le point culminant des monts du Beaujolais et du département du Rhône. Depuis quelques kilomètres j’avais changé de région. Le sommet est couvert de forêt, alors pour offrir un peu de vue par dessus la cime des arbres un mirador a été construit.

Vue du Mont Saint Rigaud

Vue du Mont Saint Rigaud

La table d’orientation indiquait même 1025m d’altitude et me promettait une nouvelle fois de voir la chaîne des Puys. Mais l’horizon était trop voilé.

En longeant approximativement une crête je suis redescendu jusqu’au col de Crie et de là j’ai continué vers l’Est jusqu’au col du Fût d’Avenas. À 743m d’altitude il a formé pour mois la porte de sortie du massif. À partir de là en effet il n’y avait plus aucun obstacle dans ma descente jusqu’à la Saône presque 600m plus bas.

Du col du Fût d’Avenas, la vue s’étend très loin, mais surtout sur le vignoble du Beaujolais au premier plan. Les montagnes pour le moment étaient restées très forestières.

Vue du Fût d'Avenas

En arrière plan du Mont Brouilly qui se détache de la côte, on distingue les monts d’Or. Lyon n’est qu’à une cinquantaine de kilomètres.

Mont Brouilly

J’ai franchis la Saône et me suis arrêté à Montmerle. Il y a là un immense camping en bord de rivière où bizarrement la majorité des campeurs sont du coin, immatriculés 69.

La Saône coule paresseusement sous une chaleur cette fois écrasante. Je m’en rendais moins compte dans les hauteurs.

La Saône à Montmerle

Dans un parc du village j’ai croisé mon premier hérisson du voyage (non écrasé, sinon j’en avais déjà vu des tas). Je l’ai tellement surpris qu’il a appliqué la technique de camouflage « si je ne bouge pas on ne me voit pas ».

Hérisson à Montmerle

Cette étape faisait environ 101km, soit 5km de moins que le premier jour et il m’aura fallu pourtant rouler 45 minutes de plus. Le relief m’a ôté 3km/h de moyenne !

Étape 5 : Montmerle-sur-Saône – Lac d’Ambléon

Toute la matinée de ce 5ème jour j’ai traversé les Dombes. Donc pour changer c’était plat.

Je n’ai pas particulièrement aimé cette partie, les routes sont un peu monotones et on ne voit pas tant d’étangs que ça. Mais surtout il y avait énormément de camions, presque 2 véhicules sur 3, et j’en ignore la raison.

Dans les villages il reste quelques rares maisons typiques, à colombages et en briques.

St Triviers sur Moignans

Quelques châteaux parsèment le paysage.

Château à Bouligneux

Ce sont surtout les chasseurs et les ornithologues qui apprécient la région. J’ai vu des panneaux explicatifs sur les oiseaux qui faisaient l’apologie de la chasse au gibier d’eau.

Étang du Chapelier

Je suis arrivé largement à l’heure à mon rendez-vous à la gare d’Ambérieu en Bugey. Comme c’était plat j’ai avalé les 55km de la matinée en moins de 3h. Mon frère m’a rejoint pour la fin du parcours.

Nous avons grignoté à Vaux-en-Bugey, littéralement au pied du massif du Bugey. Ce petit massif est coincé entre la vallée du Rhône au Sud-Ouest et les cluses de l’Albarine et des Hôpitaux (où passent les trains vers les Alpes) au Nord et à l’Est. Autrement dit, ayant le choix entre 2 itinéraires à plat nous avons choisi de passer entre les 2, par la montagne.

Vaux en Bugey

En plein cagnard nous avons commencé à grimper dans une sorte de reculée entourée de falaises comme on en trouve dans le Jura.

Reculée dans le Bugey

D’un premier col la vue était très étendue sur la vallée du Rhône.

Vallée du Rhône dans le Bugey

Après un court répit, la montée à repris de plus belle pendant 8km avant d’atteindre le col de Portes (le s est important, sans s c’est un col de Chartreuse) à 1015m d’altitude.

Du col nous avons continué à pied jusqu’au calvaire homonyme duquel on a une très belle vue sur ce petit massif et en arrière plan sur les Alpes.

Vue du calvaire de Portes

Cette fois le Mont Blanc s’est laissé photographier dans l’atmosphère voilée. Je l’apercevais déjà dans le lointain depuis les monts du Beaujolais.

Le Mt Blanc depuis le calvaire de Portes

Une fois le col franchi, la route s’est mise à serpenter dans les forêts et pâturages, presque sur un plateau par rapport à la montée dans laquelle on venait de suer. Nous avons traversé les 2 villages « suspendus » d’Ordonnaz et Innimond. Dans ce dernier nous avons fait le plein d’eau à côté de l’église en prévision du bivouac.

Innimond

Après le village, la descente du massif a commencé. À un moment la route surplombe le lac de Cerin et sa tourbière.

Lac de Cerin

Nous avons fait halte au bord du lac d’Ambléon, dont les abords étaient plus propices à planter la tente et qui était aussi un point de baignade bienvenu. Ces rives étaient d’ailleurs encore très fréquentées à l’heure où nous sommes arrivé. Mais après le coucher du soleil il n’est resté que quelques groupes.

Le lac d'Ambléon (le matin)

L’étape faisait environ 104km. Les distances journalières étaient vraiment très régulières.

Étape 6 : Lac d’Ambléon – Annecy

Le lac d’Ambléon est encore à 700m d’altitude. Nous n’avions que commencé la veille notre descente du Bugey. Aussi à peine partis du lac nous avons eu une très belle vue sur les crêtes alpines à contre jour et sur le Bas-Bugey.

Vue sur le bas-Bugey

Nous avons rapidement traversé le Bas-Bugey en serpentant et passé la ville de Belley. Puis nous avons longé le Rhône canalisé, partiellement sur une voie verte (la via Rhona). À cette endroit le Rhône canalisé fait probablement son plus gros détour par rapport à son cours originel. Il passe carrément de l’autre côté d’une petite montagne.

Finalement nous nous sommes vite retrouvé au pied de la crête du Chat, seul obstacle nous séparant du lac du Bourget.

Dent du Chat

Nous l’avons gravit au niveau du village d’Ontex, ce qui a constitué une montée de 500m de dénivelée depuis le Rhône à Lucey, plutôt raide sur la fin. Et au sommet, et surtout un peu plus bas de la terrasse de Gremeau, on jouit d’une vue complète sur les eaux turquoises (ou presque) du lac du Bourget.

Lac du Bourget côté nord

Lac du Bourget côté sud

Plus impressionnant, on surplombe directement de 350m l’abbaye de Hautecombe, située sur la rive du lac.

Abbaye de Hautecombe depuis Gremeau

Nous sommes descendus jusqu’au niveau du lac que nous avons contourné par le nord pour remonter de l’autre côté en direction du col de la Chambotte. C’était une belle route qui montait en balcon, très étroite par endroit, et de laquelle on voyait l’abbaye de Hautecombe et le village d’Ontex au dessus (à droite de la bande d’herbe sous le sommet).

Ontex et Hautecombe vus de la Chambotte

Tunnel sur la route du col de la Chambotte

Après le col de la Chambotte nous sommes arrivés dans l’Albanais (rien à voir avec un pays des Balkans). il nous est resté un deuxième col à franchir, sans nom, nettement plus modeste mais un peu plus inattendu pour nous, avant d’enfin descendre vers Rumilly par une très agréable vallée ombragée.

À Rumilly nous nous sommes permis le luxe d’un déjeuner à l’ombre des arcades et de déguster une glace en dessert.

Les derniers kilomètres avant Annecy, en montée dans la vallée du Fier et en pleine chaleur nous ont achevés. C’est le moment où on a finalement décidé qu’on ne ferait pas trop d’efforts physiques pendant les 2 jours suivants.

L’étape a fait environ 92km.

Annecy

Après ces 6 jours de vélo est venu le temps de se reposer un peu. La mini-canicule est passée entre visites de la ville et surtout des « plages » qui bordent le lac d’Annecy. Et le soir nous avons assisté au feu d’artifice de la fête du lac qui nous en a mis plein les mirettes et les oreilles pendant près d’une heure et quart.

La vieille ville est très jolie et très touristique, Le Thiou y écoule les eaux du lac en plusieurs bras qui valent à la ville le surnom de « Venise des Alpes ».

Eglise ND de Liesse à Annecy

Je ne sais pas pourquoi la fontaine devant Notre-Dame de la Liesse comporte lions et tortues. Ces dernières m’ont rappelé leur plus imposante sœur d’Olomouc ! (voir À travers le sud de la Bohême et la Moravie)

Fontaine aux tortues à Annecy

Pont sur le Thiou

Le bâtiment le plus photographié d’Annecy est sans doute le palais de l’Isle. Il ressemble un peu à une prison et c’est d’ailleurs ce qu’il fût un temps.

Palais de l'Isle

Le lac jouit parait-il d’une eau très pure et en tout cas il a une belle couleur mais surtout il est situé dans un écrin de relativement hautes montagnes qui lui donnent un aspect très différent du lac du Bourget. Il est dominé à l’Est par la Tournette dont on voit ici la silhouette au centre de la photo.

Lac d'Annecy et la Tournette

À l’Ouest et au sud il est bordé par le massif des Bauges.

Lac d'Annecy et massif des Bauges

Après 2 jours de repos à Annecy le voyage continue encore un peu. À suivre…