Beauvais – Rouen

On the road again pour la Haute-Normandie, nous aurions pu réitérer un Paris-Rouen comme il y a 2 ans, mais cette fois nous avons opté pour une variante plus tranquille en amputant le trajet de toute la sortie de l’agglomération parisienne.

Pas de grasse matinée pour autant parce que le TER picard qui va à Beauvais aime prendre son temps.

À Beauvais la météo était … « picarde ». 14°C des nuages bas et même un peu de bruine. Alors que la météo était presque caniculaire partout ailleurs. Au moins le départ s’est réellement fait « à la fraîche ».

Ça faisait longtemps que je n’avais pas traîné mes roues du côté de Beauvais, presque 4 ans. La cathédrale amputée est toujours là.

À l’arrière des barres métalliques assurant la cohésion des contreforts trahissent la fragilité de l’édifice.

Chevet de la cathédrale de Beauvais

Le portail du transept sud est assez grandiose, il ne lui manque que des statues dans les innombrables niches vides prévues à cet effet.

Porte sud de la cathédrale de Beauvais

Et à l’avant, là où devrait se trouver la nef, plus rien. La cathédrale n’a jamais été achevée, faute d’argent et surtout d’avoir vu trop grand (si vous voulez en savoir plus allez sur votre encyclopédie préférée).

Cathédrale de Beauvais

Nous avons quitté la ville d’abord le long de la vallée du Thérain, puis nous avons gravit le plateau au niveau de Montmille. L’entrée de ce tout petit village est constituée d’une vraie porte.

Entrée de Montmille

Ensuite le relief s’est fait plutôt irrégulier de village en village et les nuages ont finis par se lever complètement au bout d’une trentaine de kilomètres.

À Saint-Germer-de-Fly les restes d’une abbaye offrent une curieuse enfilade de 2 églises.

St-Germer-de-Fly

Quelques kilomètres plus loin nous avons coupé la vallée de l’Epte au niveau de Neuf-Marché. C’est à peu près à ce moment là que nous avons quitté la boutonnière du pays de Bray. En termes géologiques le pays de Bray est à part dans le bassin parisien.

Carte géologique du Pays de Bray

Pour nous ça voulait dire un subtil changement de paysage : d’avantage de forêts et des plateaux réguliers entaillés par des vallées abruptes (bon ça reste la Normandie hein).

En effet ça a grimpé aussitôt passé Neuf-Marché et on a traversé une très belle forêt au niveau de Bézu-la-Forêt.

Ensuite nous sommes passés par Rome, puisque toutes les routes y mènent.

Rome, Normandie

Sur les vieux panneaux, les indications kilométriques sont précises. Elles sont même souvent absentes des panneaux les plus récents. Ça fait plaisir d’en trouver encore quelques-uns.

Indications à Fleury-la-Forêt

Puis nous avons snobé le château de Fleury-la-Forêt.

Château de Fleury-la-Forêt

Enfin nous sommes arrivé au clou de la journée, le petit village de Lyons-la-Forêt, juste à temps avant la fin du marché pour acheter force fruits mûrs et produits laitiers. C’est ici qu’a commencé le versant gastronomique du week-end. Le riz au lait artisanal fût fameux et copieux.

Lyons est dans une petite vallée, cernée par la très morcelée forêt éponyme. On y trouve tout ce qu’il faut de Normandie profonde : des maison pittoresques, à colombages ou en briques et surtout une belle halle de marché.

Maison de Lyons-la-Forêt

Halle de Lyons-la-Forêt

Lyons-la-Forêt

Après le pique-nique nous avons tenté un crochet par l’Abbaye de Mortemer, mais elle est restée cachée à nos regards. Puis nous avons rejoint la vallée de l’Andelle avant une dernière et rude montée sur le plateau qui court jusqu’à Rouen. Dérogeant à l’image d’Épinal qu’on peut se faire de la Normandie, ce plateau est plus un grenier à blé qu’un patchwork de pâturages à bovins.

Voila le tracé du parcours :

Parcours Beauvais - Rouen à véloEn détail :  http://www.openrunner.com/index.php?id=1790583

Chose finalement assez rare, nous avons tenu les 20 km/h de moyenne sur le trajet. Je suis toujours impressionné par les moyennes que certains affichent, tels David, alors qu’ils sont chargés comme des mulets.

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25 bosses & 3 pignons

Depuis ma première randonnée pédestre en forêt de Fontainebleau, sans doute même depuis que j’ai seulement regardé pour la première fois la carte de Fontainebleau, j’ai eu envie de faire le circuit des 25 bosses. Ce nom est très évocateur et dans une région aussi avare en relief que l’Île-de-France ça ne peut que donner en vie.

Le circuit ne se situe pas tout à fait en forêt de Fontainebleau, mais dans une « annexe » de celle-ci appelée massif des Trois Pignons. Concrètement c’est une seule et même forêt et je ne sais pas s’il y a une réelle séparation entre les 2 forêts hormis la saignée de l’autoroute A6.

Les points d’accès sont relativement éloignée de tout moyen de transport. Il y a bien quelques bus qui ne circulent pas le week-end et les gares ferroviaires les plus proches sont à une bonne douzaine de kilomètres.

C’est tout de même en train que nous sommes venus puis nous avons complété à vélo. C’est presque une logique « by fair means ».

A l’aller nous nous sommes arrêté à Bourron-Marlotte (1h de train depuis Gare de Lyon) puis nous avons longé les petites routes très agréables du sud du massif jusqu’au lieu-dit du « Rocher Cailleau » (40min de vélo).

Parking à vélo du rocher cailleau

Pas de parking à vélo mais celui de bus a fait l’affaire. De toute façon à partir de 2 vélos c’est un bus cycliste !

D’autres amis nous ont rejoint et nous avons démarré le circuit des 25 bosses en plein cagnard. La forêt était sensée nous prodiguer ombre et fraîcheur mais son couvert n’est en réalité pas très dense et régulier, surtout dans les zones de rochers.

Dans le massig des 3 Pignons

Elles sont difficiles à distinguer les unes des autres sur la carte mais il y a sûrement réellement 25 bosses sur les 16km du circuit. Celui-ci ne nous épargne aucune difficulté et il faut fréquemment se servir de ses mains si l’on suit scrupuleusement le balisage.

Le balisage est d’ailleurs plutôt facile à suivre puisque c’est un des seuls balisage rouge de la forêt. Les autres sentiers sont habituellement en bleu avec un numéro. On hésite tout de même dans les chaos de blocs mais jamais très longtemps.

Blocs dans les 3 pignons - Justice de Chambergeot

Et ce ne serait pas Fontainebleau sans sable. Il y en a de vraies plages dans plusieurs clairières.

Les sables du cul de chien

La végétation est surtout constitué de pins. Le sous-bois alterne bruyère et fougères. Tous ces éléments donnent un caractère unique à la forêt de Fontainebleau par rapport aux autres forêts du bassin parisien.

Vue de la Justice de Chambergeot

On devine rarement à l’avance par où le chemin va traverser les chaos rocheux.

Chaos rocheux - Pignon des maquisards

Au bout d’une dizaine de kilomètres, on découvre enfin pourquoi la forêt s’appelle « massif des 3 pignons ». Sous un certain angle de vue, 3 des 25 bosses ressortent vraiment au milieu de la forêt.

Les 3 pignons

Certains rochers ont des noms évocateurs. Mais nous les avons rarement repéré, à part la tortue.

La tortue des 3 pignons

De retour au parking nous nous sommes précipités au cimetière du Vaudoué, le village voisin, pour refaire le plein d’eau. Nous étions loin d’en avoir pris assez vu la chaleur.

C’est la randonnée la plus éprouvante que j’ai pu faire à Fontainebleau, malgré sa longueur très raisonnable. La chaleur y est sans doute pour quelque chose. Mais surtout les 4h de randonnée sont presque intégralement dans les rochers. Il faut lever les pieds, tirer sur les bras. Il n’y a presque pas un instant de répit.

Au lieu de rentrer par la même gare, nous sommes partis en direction de Melun, mais le trajet s’est trouvé en réalité presque 2 fois plus long. Et les trains ne se sont pas révélés aussi fréquents que nous l’espérions. Bref c’était un mauvais choix.

Voila une carte de situation de la randonnée avec les accès à vélo depuis les gares de Bourron-Marlotte (en vert) et  Melun (en rouge).

Accès en vélo aux 3 pignons