Chantilly – Château-Thierry

Après les environs de Compiègne il y a 2 semaines, je suis reparti pour une balade à vélo d’une journée en Picardie.

Je suis parti de Chantilly. C’est un départ très pratique parce que c’est seulement à 22 minutes de gare du Nord.

Cette fois-ci pour me rendre à Senlis j’ai testé la rive droite de la Nonette, ça veut dire la grande route. Ça m’a donné une perspective différente sur le château que je connais plutôt du côté de son entrée principale (voir mon premier passage en 2009 et une visite du château et son parc ). Sous tous les angles je trouve que c’est un des plus jolis châteaux du bassin parisien

Château de Chantilly

Mais à part cette perspective, l’autre rive de la Nonette, est un bien meilleur itinéraire.

A Senlis j’ai retrouvé les étroites ruelles pavés de ma précédente visite. C’est tape-cul et désagréable quand des voitures suivent de près. Si sous les roues ce n’était pas le bonheur, au moins au dessus la journée s’annonçait radieuse.

Senlis

Après Senlis je me suis enfoncé dans le Valois profond. Cette minuscule région est avant tout une terre à blé et donc le paysage est très ouvert.

Et, chose rare vu la proximité de Paris, j’ai réussi à prendre une photo sans ligne à haute tension. Au loin c’est la forêt d’Halatte qui borde le Valois au Nord-Ouest.

Le Valois

Dès qu’une petite rivière traverse la plaine, le paysage change radicalement, en quelques centaines de mètres à peine.

Vallée de l'Aunette

Plusieurs hameaux sont en fait des grosses fermes fortifiées et leurs dépendances.

Ferme fortifiée du Prieuré

Après cette partie à plat je suis descendu dans la vallée de l’Automne. Ça rompait la monotonie mais je crois que pour une fois j’ai préféré le plateau. J’ai suivi cette vallée en la remontant vers l’Est pour finalement la quitter à Morienval.

Il y a une très belle ancienne abbaye dans ce village. Et ce jour là il y avait un vide-grenier pour l’animation.

Morienval

La sortie du village est un sacré raidillon, mais après cela il ne me restait plus beaucoup à monter avant d’arriver dans la forêt de Retz. Cette forêt est très étendue et encercle presque la ville de Villers-Cotterêts. Il m’a fallu une bonne vingtaine de kilomètres pour la traverser.

Les routes sont assez souvent en ligne droite malgré le relief. Du coup c’est un peu les montagnes russes.

Dans la forêt de Retz

J’ai longé à peu près la « crête » de la forêt. A un moment, une trouée dégage la vue jusqu’à Villers-Cotterêts. On ne devine pas vraiment le château au premier plan mais on voit bien d’énormes usines « boites à chaussures » derrière. Il s’agirait a priori d’usines Volkswagen.

Vue vers Villers-Cotterêts

J’ai commencé à trouver des monuments militaires sur mon chemin. Les lieux de la bataille de la Marne se rapprochaient.

A la sortie de la forêt je suis arrivé au petit village d’Oigny-en-Valois. Il s’y trouve un joli château privé.

Oigny en Valois

Oigny en Valois

Ensuite j’ai rejoint la vallée de l’Ourcq par un chemin pavé sur quelques kilomètres. Ça secouait mais heureusement je pouvais rouler dans l’herbe du bas-côté de temps en temps.

L'enfer du nord

J’ai rejoins l’Ourcq peu avant la Ferté-Milon. La forteresse est assez impressionnante malgré le peu qu’il en reste.

Forteresse de la Ferté Milon

La ville et la vallée marquent la frontière entre le Valois et l’Orxois. Je ne sais pas si la fatigue commençait à se faire sentir mais j’ai trouvé qu’il y avait sensiblement plus de relief dans l’Orxois.

L'Orxois

Je suis passé par quelques jolis villages dont notamment Marigny-en-Orxois qui a une superbe halle.

Halle de Marigny-en-Orxois

La dernière grimpette m’a mené juste au dessus de ma destination, Château-Thierry.

Il se dresse, à la cote 204, un énorme monument commémoratif. Celui-ci est la propriété des Etats-Unis et est bâtie en mémoire des soldats américains et français qui se sont battus pendant la première guerre mondiale dans les environs.

Monument américain de Château-Thierry

L’Amérique à gauche tient l’épée, la France à droite tient le bouclier.

Monument américain de Château-Thierry

Sur le fronton il y a les noms des batailles. Le premier nom semble destiné aux cyclistes qui en bavent quand ça monte.

Grimpettes wood

En face de ce monument la vue embrasse tout le cirque de Château-Thierry. On distingue les vignobles sur les coteaux de chaque côté de la Marne.

Château-Thierry

Du monument, c’est facile, ça descend jusqu’au centre ville, inutile de donner un seul coup de pédale.

La ville n’est pas très jolie, elle m’a rappelé un peu Meaux à proximité. Disons qu’elle pourrait être plus propre et mise en valeur, entre les ruines de son château et la Marne, elle ne manque pas d’atouts.

Centre de Château-Thierry

La marne au pied du monument américain

J’ai eu la chance d’attraper un train direct. Château-Thierry n’était alors qu’à 50 minutes de Paris.

Et voila le parcours de cette balade de 120km : http://www.openrunner.com/index.php?id=2560604

Publicités

Rouen – Caen

Le week-end dernier je suis parti avec un ami pour relier les 2 capitales normandes à vélo. La date était particulièrement bien choisie puisqu’avait lieu à ce moment l’armada de Rouen.

L’évènement n’a lieu que tous les 4 ans et voit converger vers Rouen de grands voiliers et des navires de guerres de différents pays pour un rassemblement festif.

Au départ de Rouen nous avons donc traîné pour admirer les bateaux. Le temps samedi était en plus au beau fixe.

Voilier russe

Armada devant les docks de Rouen

Armada

La goélette « Belle Poule » a probablement été photographiée des milliers de fois devant le pont Gustave Flaubert.

La belle poule

Du pont (peu accessible à vélo, il faut emprunter un escalier interminable) il y a une très belle vue sur le port et la ville. On distingue bien la silhouette de la cathédrale dans le fond. Le matin c’est malheureusement à contre-jour.

Vue générale de l'Armada

Voilier blanc

À l’extrémité la plus éloignée du centre ville, on trouve plutôt des bâtiments militaires.

Armada militaire

À la sortie de la ville nous avons longé la Seine rive droite jusqu’au bac de la Bouille. C’était une piste cyclable sur une bonne partie du parcours et la sortie de Rouen était donc très facile.

À la Bouille, le bac était à quai et nous n’avons pas perdu de temps pour sauter dedans. Le village de la Bouille est situé sur la rive gauche au pied de petites falaises blanches et de forêts. C’est une vraie carte postale des boucles de la Seine.

La Bouille

Après avoir hésité jusqu’à la dernière minute nous avons finalement opté pour un raccourci et coupé complètement la boucle de Duclair. Du coup il ne nous a fallu qu’une petite côte et quelques kilomètres en forêt pour arriver au deuxième bac de la journée à Yville.

En attendant le passage, nous avons vu passer un bateau militaire anglais, en retard à l’armada.

Retardataire pour l'armada

De nouveau rive droite, nous avons traversé la boucle de Jumiège et nous nous sommes arrêtés quelques minutes devant les ruines de sa belle abbaye.

Jumiège

Au bout d’une longue ligne droite face aux ruines se trouve le troisième et dernier bac de la journée.

Nous avons ensuite traversé la forêt de Brotonne, là aussi nous aurions pu faire le tour de la boucle mais la traversée de la forêt sur de petites routes désertes s’est révélée un très bon choix.

Après la forêt nous sommes restés un peu sur le plateau puis sommes redescendus vers la Seine à Quillebeuf, petite ville qui fait face à l’énorme raffinerie de N.-D.-de-Gravenchon.

Rafinerie de N.-D.-de-Gravenchon

Heureusement le paysage n’est pas resté industriel très longtemps puisque nous avons coupé à travers le Marais Vernier, une ancienne boucle de la Seine drainée pour l’agriculture. Au loin on distingue le pont de Tancarville.

Pont de Tancarville

Il y avait quelques jolies chaumières au village de Marais-Vernier. Il nous restait une dernière bosse à franchir avant d’arriver à Foulbec et de longer cette fois la Seine pour de bon jusqu’à Honfleur. Nous avons eu la surprise de tomber sur un château original dans un virage.

Château de la Malleraye

Finalement, au lieu de longer la départementale jusqu’au bout nous avons opté pour une chaussée en mauvais état qui nous a mené jusqu’à la digue en bord de Seine pour un final grandiose sous le pont de Normandie, dernier pont sur la Seine. Je vous ai épargné toute la série de photo sous différents angles, il y aurait de quoi tenir un blog d’architecture.

Le Pont de Normandie

A quelques encablures en aval, nous avons atteint Honfleur pour y faire étape. La ville est très très touristique mais c’est compréhensible.

Sur le vieux port toujours en eau (grâce à une écluse qui l’empêche de se vider à marée basse) donnent des immeubles étroits et dans les ruelles alentour on trouve un tas de maisons à colombages. L’église est surprenante car à double nef mais je n’ai pas trouvé d’explication à cela.

Le port de Honfleur

Le Port de Honfleur

Maison à colombage à Honfleur

Dans une ruelle à Honfleur

Sur le port de Honfleur

Entre la ville, son phare et le bord de mer s’étend un grand jardin. Plutôt que de bord de mer, c’est toujours du bord de Seine qu’il s’agit, les digues s’étendent de chaque côté à perte de vue et on distingue en face les grues et cheminées du Havre.

Le Havre vu de Honfleur

Plage de Honfleur

Le deuxième jour il a fait un temps beaucoup plus maussade, frais et gris. Nous sommes partis très tôt le matin pour éviter d’avoir beaucoup de trafic sur la route côtière.

Nous avons enchaîné les stations balnéaires de la côte de grâce puis de la côte fleurie.

Premières de la série : Trouville et sa jumelle Deauville, juste de l’autre côté de la rivière Touques.

Trouville

Deauville est beaucoup plus luxueuse, mais certaines bâtisses du front de mer sont un peu délabrées.

Boutiques de luxe à Deauville

Sur le front de mer de Deauville

Nous avons ensuite traversé Houlgate après un décevant panorama.

Houlgate

Et juste en face Cabourg.

Front de mer à Cabourg

Cabourg est construite sur plan. Les rues rayonnent depuis le Grand Hôtel.

Grand Hotel de Cabourg

La route n’était pas désagréable mais doit être horrible à emprunter à vélo un jour d’été quand il y a beaucoup de touristes.

Au moment de rejoindre la vallée de l’Orne, nous avons rejoint une belle piste cyclable qui nous a mené directement, et rapidement, en plein centre ville de Caen.

Le Pegasus Bridge fonctionne comme un curieux pont-levis, j’aurais apprécié le voir s’ouvrir.

Pegasus Bridge sur l'Orne

C’était jour de marché à Caen, alors nous avons dégusté un bon Livarot.

Il ne faisait pas assez beau pour pleinement profiter de la ville. Malgré ses reconstructions d’après guerre, il y a l’air d’avoir beaucoup de choses à visiter.

Abbaye aux Hommes à Caen

Nous sommes arrivés tellement tôt que nous avons pu être de retour à Paris dès le milieu d’après-midi.

—-

Voila le parcours des 2 étapes. 110km pour la première et 65km pour la deuxième environ.

Parcours de Rouen à Caen

Pour avoir le détail : http://www.openrunner.com/index.php?id=2520926

Je yray voir mes bons amys de Compiengne

Compiègne est une ville que je ne connais pas, pourtant c’est la 2ème fois que j’y passe (la dernière fois en 2010). En fait je trouve que c’est une belle destination pour se promener à pied ou à vélo à cause de l’immense forêt éponyme, et ces activités ne me laissent à chaque fois que peu de temps pour profiter de la ville.

Nous partîmes à 9 de Compiègne sur nos bicyclettes, ce qui commence à faire un bon petit groupe, le long de l’Oise puis de l’Aisne. L’objectif était de rejoindre Noyon, une trentaine de kilomètres au nord. Suite à une petite erreur de parcours, nous sommes passés par la clairière de l’armistice à Rethondes.

Monument de Rethondes

Après la traversée de la forêt de Laigue, des panneaux nous indiquent qu’un pont est coupé juste avant Noyon. Nous avons donc du emprunter, heureusement sur une courte portion, la nationale 32 pour rejoindre la ville. Je ne me suis pas senti à l’aise d’emmener des gens sur ce genre de parcours.

C’était jour de marché à Noyon, et des commémorations avaient lieu aussi mais je n’ai pas cherché à en savoir plus sur la signification exacte des nombreux drapeaux.

Rue principale de Noyon

Même si la ville est plutôt petite aujourd’hui, elle a été une ville épiscopale importante au moyen âge. C’est là que Charlemagne a été sacré Roi des Francs par exemple (oui il a aussi été couronné à Reims, mais c’était la 2ème fois quand il est devenu empereur).

Ce quartier, dont la cathédrale, est bien préservé.

Noyon, évêché

Noyon, tours de la cathédrale

Noyon, tours de la cathédrale

Transept de la cathédrale de Noyon

Après avoir déjeuné au pied de la cathédrale, nous sommes repartis, à 3 seulement car une partie du groupe hésitait sur la suite du parcours. Plus tard j’apprendrais qu’ils auront finalement suivis à peu près le même circuit que nous, mais seront arrivés 2h30 plus tard. Au moins chacun a pu rouler à son rythme.

De petites routes en petites routes, nous avons filés plein sud cette fois pour déboucher d’un seul coup sur le château de Pierrefonds. Ça a fait son petit effet sur mes comparses qui ne connaissaient pas le lieu. Je n’ai quand même pas eu le courage de m’arrêter en pleine descente pour prendre une photo du château sous cet angle. Tout en créneaux et tourelles c’est vraiment un stéréotype de château fort. De l’autre côté il est un peu moins impressionnant.

Le château de Pierrefonds

À partir de là il ne reste que la forêt de Compiègne à traverser. En fait la forêt était déjà omniprésente sur tout le parcours mais dans celle-ci il y a des chemins réservés et balisés pour les vélos.

Dans la forêt de Compiègne

Nous avons juste fait un crochet par l’ancienne abbaye fortifiée de St-Jean-aux-Bois. Le hameau, perdu au milieu de la verdure, mérite bien son nom.

Entrée de St-Jean-aux-Bois

En fin d’après-midi, de retour à Compiègne nous tournons un peu dans les ruelles de la vieille ville.

Et là je vous dois l’explication du titre de l’article. Mon illettrisme me vient de Jeanne d’Arc (en plus c’est le nom du collège que j’ai fréquenté !).

Monument de Jeanne d'Arc à Compiègne

Au lieu de rentrer directement à Paris, j’ai mis le cap sur Amiens. Il s’y tenait les rendez-vous de la bande dessinée, un des gros festivals du genre en France dont je venais de découvrir l’existence. Les expositions étaient très intéressantes. L’ami qui m’hébergeait m’a aussi guidé dans un tour de la ville. Je l’avais déjà visitée en 2008 et quelques photos sont déjà en ligne sur ma galerie flickr.

Mais à l’époque je n’avais pas encore vu Jules Verne sortir de sa tombe.

Jules Verne au cimetière de la Madeleine

 

Sur le festival de bande dessinée d’Amiens, organisé par l’association « On a marché sur la bulle » : http://bd.amiens.com/

Et j’ai failli oublié le parcours de la balade.