Les ballons des Vosges

Pour ces 3 jours de vélo le départ est à Plancher-bas en Haute-Saône à environ 450m d’altitude.

Je vais citer beaucoup d’altitudes cette fois car contrairement à la plupart de mes balades ce n’est pas la distance parcourue qui constitue une difficulté, mais plutôt le dénivelé cumulé des étapes.

À Plancher-Bas nous nous trouvons à la lisière sud du massif. Nous remontons d’abord en faux-plat le Rahin jusqu’à Plancher-les-Mines. Des mines il n’y en a plus, ne reste de cette époque qu’un curieux hôtel de ville très urbain. C’est que le village fût 3 fois plus grand.

Hôtel de ville de Plancher-les-Mines

Ensuite la pente s’accentue, on laisse sur notre droite la montée vers la Planche-des-Belles-Filles. C’est un cul-de-sac, ça ne nous intéresse pas. La route devient étroite et n’est toujours pas officiellement ouverte à la circulation. C’est donc la partie la plus isolée du parcours.

Route du Ballon de Servance

Ça grimpe jusque sous la cime du Ballon de Servance, à 1158m. Plus haut la route est fermée, terrain militaire. En fait de ballons nous n’en gravirons pas un seul, les routes passent toujours légèrement en dessous.

La montée est dans une très belle forêt mixte. Le vert sombre des résineux contraste avec le vert tendre des feuillus. Les échappées sont rares pour voir le paysage mais la forêt est loin d’être oppressante pour autant. Près du sommet les feuilles sont rares, des branches tombées sur la route n’ont pas encore été déblayées et il reste quelques rares plaques de neige dans les fossés.

Vue dans la montée vers Servance

Le Ballon de Servance vu dans la descente

Nous redescendons ensuite sur le flanc ouest vers le col des Croix (679m). Au passage nous surplombons le minuscule hameau de Château-Lambert.

Château-Lambert

Du col on a une belle vue sur la vallée de la Moselle et la petite ville du Thillot. Derrière on voit une bonne partie du massif vosgien.

Vue sur le Thillot

Au lieu de descendre dans la vallée de la Moselle nous choisissons de rester sur la crête qui sépare la Lorraine de la Franche-Comté. Le parcours est un peu bosselé et parsemé d’étangs.

Etang entre col des Croix et Mont de Fourche

Nous atteignons le col du Mont de Fourche (620m) où un vélo géant me rappelle le pied de la côte Jacques Anquetil en Normandie.

Col du Mont de Fourche

Cette fois nous quittons les hauteurs pour un peu de kilomètres faciles le long de la voie verte des Hautes-Vosges. Nous la descendons d’abord presque jusqu’à Remiremont (390m) puis la remontons jusqu’à son terminus Cornimont (500m). Je crois qu’on peut parler de terminus parce que toutes les voies vertes que nous utiliserons dans les Vosges sont d’anciennes voies ferrées réaménagées.

De Cornimont nous retrouvons une étroite route très peu fréquentée qui nous hisse jusqu’au col de la Vierge (1067m). Puis dans un sursaut sur une route plus fréquentée nous rejoignons la route des crêtes (1195m) juste sous le Rainkopf. Le ciel s’est couvert mais pas une goutte de pluie n’est encore tombé.

Le Rothenbachkopf (1316m)

Vue sur la vallée de la Thur

Nous passons la nuit dans une auberge de la crête. Pour cette première journée nous avons roulé 100km tous ronds et 1940m de D+.

Le lendemain il pleut. Tous les vêtements de protection sont mis à contribution, mais heureusement ce ne sera utile qu’un gros quart d’heure. Dommage quand même que la météo nous ait privé du sommet du Hohneck (1363m).

Au niveau du gazon du Faing nous roulons à la limite des nuages, la crête se dévoile parfois.

Le Gazon du Faing (1302m)

De col en col nous descendons doucement : Col de la Schlucht (1139m), col du Calvaire (1144m), col du Louschbach (978m), col du Bonhomme (949m), col du Pré de Raves (1005m), col des Bagenelles (904m).

Vue sur la vallée du Bonhomme

Ensuite c’est le plongeon dans la très jolie vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. Les arbres fruitiers sont en fleurs, ça nous change des rigueurs des crêtes.

Vue sur la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines

Après avoir un peu hésité dans la traversée du village (que de sens uniques !) nous attrapons une courte voie verte pour les quelques kilomètres de vallée qu’il nous reste à descendre.

Voie verte dans la vallée de Sainte-Marie

Finalement nous descendons jusqu’à 270m d’altitude, la plaine d’Alsace est bien basse. C’est pour mieux remonter à l’assaut de notre col de la journée, qui est plutôt un sommet, le château du Haut-Koenigsbourg (707m).

Il y a beaucoup de cyclistes par rapport à la veille et malgré les sacoches et des vélos lourds nous nous défendons correctement en montée. Au château il y a aussi beaucoup de voitures qui peinent à se garer et entre lesquelles nous avons dû nous faufiler pour atteindre l’entrée du site.

Château du Haut Koenigsbourg

Le Haut-Koenigsbourg est vraiment au bord des Vosges. Il domine toute la plaine d’Alsace et fait face à la Forêt Noire. Au pied des montagnes s’étend un chapelet de villages étonnamment compacts au milieu des vignes. L’étalement des lotissements pavillonnaires semble maîtrisé ici. Il faut dire que la vigne doit valoir son pesant d’or.

Orschwiller

Après une belle descente zigzaguant en forêt nous débouchons dans la plaine d’Alsace. Enfin sur les bords elle n’est pas très plate et nous rencontrerons quelques beaux raidillons dans l’après-midi.

Encore tôt en saison, les vignes ne sont pas très belles et elles relèvent plutôt de l’élevage de fils de fer.

Haut-Koenigsbourg depuis Saint Hippolyte

Presque tous les villages de la route des vins sont pittoresques. Il y a toujours des maisons à colombage, des vestiges de tours et de remparts ou des nids de cigognes.

Maison à St-Hippolyte

Place de Bergheim

La petite ville de Ribeauvillé est particulièrement jolie, toute en longueur avec dans l’axe de la rue principale les ruines d’un château.

Ribeauvillé

Les villages sont très rapprochés les uns des autres, pas plus de 2 kilomètres ne les séparent. Et entre il n’y a que de la vigne, pas une autre culture ne vient s’intercaler.

Hunawihr

Le plus touristique des villages est Riquewihr (tellement touristique qu’on y croise des collègues !). Ce n’est pourtant pas le village que j’ai préféré.

Porte de Riquewihr

Au niveau de Turckheim nous quittons cette route des vins d’Alsace pour monter doucement dans la vallée de Munster.

La ville de Munster semble le paradis des cigognes. Nous avons compté une bonne vingtaine de nids, tous occupés, sur les bâtiments publics, les arbres et même quelques mâts spécialement installés.

Munster, 8 nids de cigognes sur un bâtiment

Façade de Pharmacie à Munster

Nous passons la nuit dans un hôtel du centre-ville et nous dégustons les spécialités du coin (choucroute, gratin au munster, vin d’alsace et même eau minérale qui vient de Ribeauvillé).

Pour ce 2ème jour nous avons roulé 110km pour 1300m de D+.

Le matin du 3ème et dernier jour il fait bien gris sur les crêtes mais il ne pleut toujours pas. Nous commençons directement par une longue montée, depuis Munster (405m) jusqu’au Breitfirst  (1280m). Là haut nous rejoignons la route des Crêtes (toujours la même !) et la suivons dans les nuages  en direction du Grand Ballon.

Le sommet du Grand Ballon (1424m)

Il y a vraiment beaucoup de motards sur cette route. On en regretterait presque les petites routes du premier jour vers le Ballon de Servance. Mais ici une fois que les nuages se lèvent il y a un panorama plus grandiose. Et surtout il y a une vertigineuse descente de plus de 1000m jusqu’à Bitschwiller  dans la vallée de la Thur. Il faut juste faire un peu attention aux quelques virages pavés.

Le Grand Ballon depuis Bitschwiller

Une fois en bas, nous remontons sur l’autre rive de la Thur pour un col plus modeste, le Hundsruck (761m) afin de passer dans la vallée de la Doller.

C’est au début de cette montée qu’on a la plus belle vue sur le Grand Ballon (photo ci-dessus), on voit bien la différence de végétation et de saison avec la dénivelée. Aussi, j’y ai pensé après coup, la forêt vosgienne m’a paru en très bonne santé, les dernières grandes forêts européennes que j’ai vu (Tatras slovaques en 2011, Forêt de Bohême en 2012) étaient très abîmées par les parasites alors qu’ici les arbres ont l’air en pleine forme. S’ils manquent de feuilles c’est uniquement parce qu’il fait froid sur les crêtes. D’ailleurs nous aurons bien eu besoin des gants et coupe-vent.

Entre Masevaux et Sewen nous suivons une dernière voie verte très agréable. Ensuite ça grimpe à nouveau raide jusqu’au pied du Ballon d’Alsace.

Vallée de la Doller

Nous envisagions d’atteindre son sommet mais le temps s’est à nouveau couvert et nous commençons à en avoir plein les jambes. Alors nous nous contentons du col (1055m).

Une dernière descente enchaîne de belles épingles jusqu’à Giromagny (500m) puis il ne nous reste plus qu’à quitter la vallée de la Savoureuse pour celle du Rahin et rejoindre Plancher-Bas.

Pour ce 3ème jour nous avons parcouru 107km pour environ 2200m de D+.

La dénivelé nous a fait atteindre des moyennes insoupçonnées : 14,8km/h de vitesse moyenne roulante pour le dernier jour (à titre de comparaison,  avec des sacoches je roule plutôt autour de 18-19). Nous avons mis 3h pour parcourir les 30 premiers kilomètres.

Et voila le tracé (et le profil) de cette belle boucle de 3 jours :

Tour des Ballons des Vosges

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