Paris – Albi

La semaine dernière je suis parti jusqu’à Albi à vélo, de chez-moi en région parisienne.

Je suis parti en dépit de la météo encore quasi hivernale et sans être certain de ma capacité à effectuer ce trajet en si peu de jours : 765 kilomètres en 6 jours. C’est le premier voyage depuis de longs mois. Pour mettre toutes les chances de mon côté je suis parti léger, avec 2 sacoches pas très remplies, en prévoyant des étapes en auberges de jeunesse, couchsurfing et un hébergement chez des amis à Toulouse.

Jour 1 : Paris → Montargis – 125km

Comme l’accueil des auberges de jeunesse n’ouvre généralement qu’après 18h, pas besoin de partir dès potron-minet. J’ai mis les voiles un peu avant 10h du matin pour l’étape la plus urbaine du trajet. Au programme de la fin de matinée : les villes industrielles de la vallée de la Seine.

Pont du Port à l'Anglais

Centrale thermique à Ivry

J’alterne rives gauche et droite selon un trajet que je commence à connaître même s’il ne me satisfait pas pleinement. Au niveau d’Évry, entouré de forêts on se croirait presque sorti de l’agglomération, mais c’est sans compter le port fluvial de Corbeil.

Centre de Corbeil-Essonnes

Je quitte la vallée au niveau de Ponthierry, une cinquantaine de kilomètres en amont de Paris, pour suivre une autre vallée plus discrète, celle de l’École. Je traverse le village de Fleury-en-Bière et son beau château, plus connu des touristes comme étant le nom d’une grande gare de péage de l’autoroute A6. Je coupe ensuite la forêt de Fontainebleau, ou plus exactement le massif des 3 Pignons pour plonger ensuite dans la vallée du Loing.

C’est une surprise en arrivant au village de Larchant de tomber sur une énorme église au clocher éventré.

Eglise de Larchant

Ensuite je passe la ville de Nemours. Il y a un gros château et de nombreux canaux sillonnent la ville.

Château de Nemours

Canal à Nemours

Après une portion de route désagréable le long des usines automobiles de Bagneaux-sur-Loing, la route remonte sur le plateau pour mieux aborder Château-Landon. C’est une jolie petite ville sur une arête rocheuse surplombant la vallée du Fusain.

Château Landon

Château Landon

Juste après cette ville je quitte la région Île-de-France et j’arrive avec une heure d’avance à l’auberge de jeunesse de Cepoy, à quelques kilomètres au nord de Montargis. Celle-ci est logée dans un petit château en bordure du canal du Loing. Dommage que le froid empêche de profiter de son parc.

Toute la journée s’est déroulée dans un froid sec et sous un soleil à peine voilé.

Parcours Montreuil - Cepoy

Jour 2 : Montargis → Bourges – 135km

Le lendemain je pars beaucoup plus tôt, vers 8h en pensant passer plus de temps à l’arrivée pour visiter Bourges, la plus grande ville sur mon parcours.

Je traverse Montargis dans le brouillard puis le sud du Gâtinais dans une alternance de champs de céréales à peine verdissant et de forêts encore sans feuilles. Après 50km je franchis la Loire à Gien avec un peu de soleil.

La Loire à Gien

Sur la rive sud de la Loire ça commence à monter un peu. Il faut franchir les contreforts des collines du Sancerrois. Les villages sont assez éloignés les uns des autres et il y a beaucoup de châteaux dans les environs.

Autry le Châtel

Les églises aussi prennent un genre particulier, comme ici à Blancafort.

Blancafort

La pluie finira par me rattraper peu après le village au curieux plan régulier d’Henrichemont, heureusement assez proche de Bourges.

Vue aérienne d'Henrichemont - (c)IGN

Du coup je ne profite que peu de la ville de Bourges dont les tortueuses ruelles médiévales semblent pourtant prometteuses.

Cathédrale de Bourges

La ville et les collines du Sancerrois mériteront une autre visite un jour où la météo sera plus clémente.

Parcours Montargis - Bourges

Jour 3 : Bourges → Murat (Creuse) – 170km

Le troisième jour constitue ma plus longue étape. Je mets les voiles presque au lever du soleil. Avec le brouillard qui s’attarde sur la plaine berrichonne je peine à réchauffer mes doigts et mes pieds.

Ma première halte se trouve au franchissement du Cher à Châteauneuf après un trajet interminable et plat en quasi ligne droite. L’église de Châteauneuf, tout en arcs-boutants, est assez originale.

Châteauneuf-sur-Cher

L’autre rive du Cher fait la part belle aux pâturages et devient nettement plus vallonnée. Je passe quelques gros bourgs comme Le Châtelet et Culan, aux confins des régions Centre et Limousin, avant d’arriver dans le département de la Creuse. À peine à mi-étape, je me sens déjà fourbu, mais la situation va en fait s’améliorer dans l’après-midi.

Je m’arrête pour manger près du château de Boussac.

Château de Boussac

J’emprunte ensuite des « grandes routes », rouges sur la carte. Mais vu le département et le jour , dimanche de Pâques, elles sont désertes. C’est sans doute ce qui m’a permit de faire cette longue étape en un temps raisonnable.

Malheureusement à Chénérailles, la route qui poursuit au sud vers Aubusson est coupée. La déviation me rajoute 10km et me fait passer dans la vallée de la Creuse, additionnant encore un peu de dénivelé. Mais l’arrivée le long de la rivière à Aubusson est plutôt agréable.

La Creuse à Aubusson

Tour de l'horloge à Aubusson

Après la sous-préfecture, je monte à l’assaut du plateau de Millevaches par la vallée de la Beauze pour rejoindre le hameau où vit la famille de couchsurfeurs qui m’héberge pour un soir, dans un corps de ferme magnifiquement rénové. Après une si longue étape et un apéritif haut en couleurs avec les locaux je dors comme un loir.

Parcours Bourges - Murat

Jour 4 : Murat → Beaulieu-sur-Dordogne – 145km

Ce jour là, à cause de l’altitude, je crains d’avoir encore plus froid que la veille. Il y a de la gelée blanche mais un très beau soleil quand je pars à 9h du matin. Et finalement je n’ai pas froid du tout.

Il faut dire que ça commence par monter sec pour atteindre les  900m du plateau de Millevaches.

Limousines sur le plateau de Millevaches

Les pâturages se font de plus en plus rares pour laisser la place à des tourbières et des forêts, avec ça et là quelques moutons. C’est l’étape la plus sauvage du parcours. Le plateau est vraiment splendide même s’il n’a de plateau que le nom, les faux-plats et les raidillons se succèdent à un rythme soutenu.

À la limite entre Creuse et Corrèze, je pense franchir le point culminant du parcours, couronné de quelques éoliennes.

Éoliennes près de Pigerolles

Tourbière sur le plateau de Millevaches

Au niveau de Bonnefond, après 50km de ce régime, c’est enfin une longue descente en forêt jusqu’à Égletons. A quelques dizaines de kilomètres, en face de la ville les cimes du massif du Sancy émergent enneigées du plateau de forêts. C’est la seule photo que je regrette de ne pas avoir prise.

Je poursuis en faux-plat descendant, mais le vent de face me mène la vie dure. Pour y échapper je plonge dans les gorges de la Dordogne au niveau du barrage du Gros-Chastang. La vallée couverte intégralement de forêts est sans doute plus belle quand les arbres ont des feuilles.

Barrage du Gros-Chastang

De là, je longe la rivière jusqu’à la fin de l’étape. En passant d’abord par la bourgade d’Argentat.

La Dordogne à Argentat

Les belles demeures se succèdent dans cette riche vallée de la Dordogne mais le plus beau reste la bien nommée Beaulieu-sur-Dordogne où je fais étape.

Arrivée à Beaulieu

Portail de l'abbatiale de Beaulieu

L’auberge est la plus petite et la plus sympathique du parcours même s’il n’y a pas foule.

Le ciel ne laisse rien augurer de bon pour le lendemain. Heureusement les plus grosses étapes sont passées.

Parcours Murat - Beaulieu

Jour 5 : Beaulieu-sur-Dordogne → Villefranche-de-Rouergue – 105km

Comme promis, il pleut. La pluie va durer toute la journée sans discontinuer. Le retour à un jour ouvré augmente aussi considérablement le trafic sur les routes. C’est dommage parce que les paysages, villes et châteaux auraient constitué une très belle étape.

Je continue d’abord le long de la Dordogne jusqu’aux environs du château de Castelnau. Je pénètre au passage dans le département du Lot, région Midi-Pyrénées, je suis bientôt arrivé.

Castelnau

J’oblique ensuite vers St-Céré, blotti dans un joli cirque de collines.

Saint-Céré

À partir de là je franchis un premier relief, où les conditions météo sont dantesque au niveau du « col » à 600m d’altitude. Je redescends trempé à Figeac, ville historique qui malheureusement est également un très gros carrefour routier. La jonction avec Capdenac n’est pas très agréable avec tous ces camions.

Je remonte ensuite sur un causse où la encore les conditions empirent avec l’altitude avant d’arriver, bon à essorer de la tête aux pieds, à Villefranche de Rouergue.

La ville est une jolie bastide mais je n’en fais pas de photo sous la pluie.

Vue aérienne de Villefranche de Rouergue - (c)IGN

Parcours Beaulieu - Villefranche

Jour 6 : Villefranche-de-Rouergue → Albi – 85km

Voila la dernière étape de cette méridienne. Un ami me rejoint à la gare dès le matin et nous partons à la découverte de la bastide. Elle était sous la pluie la veille, la voila dans un épais brouillard. Tant pis pour les photos. La place centrale est entourée d’arcades dont même l’énorme clocher de l’église fait partie.

Villefranche de Rouergue

Nous roulons d’abord à plat le long de l’Aveyron avant de monter raide pour aborder le village de Najac par le haut.

Najac

À l’heure où nous arrivons le village et son château à la belle silhouette n’émergent qu’à peine du brouillard.

Château de Najac

Après une petite série de montagnes russes pour couper un méandre de l’Aveyron, le soleil s’est cette fois franchement installé.

St-Vincent près de Varen

Varen

Le clou de la journée est le village de Cordes-sur-Ciel. Quand on l’aborde par l’Ouest, il porte bien son nom vu le raidillon qu’il impose pour l’atteindre.

Arrivée à Cordes-sur-Ciel

C’est un très beau et très touristique village médiéval avec remparts, ruelles pavées, maisons aux fenêtres gothiques…

Porte de Cordes-sur-Ciel

Rue de Cordes-sur-Ciel

Halle de Cordes-sur-Ciel

Façade de Cordes-sur-Ciel

La fin de l’étape a lieu sur un plateau minier avant de plonger sur la ville d’Albi au niveau du sanctuaire de Notre-Dame de la Drèche dont l’architecture préfigure déjà Albi.

Notre-Dame de la Drèche

La ville d’Albi est toute de brique rouge. Le Tarn la traverse en bouillonnant sous ses 2 ponts.

Pont neuf d'Albi

Le Tarn à Albi

Albi

Musée Toulouse-Lautrec

Le plus impressionnant reste la cathédrale Sainte-Cécile qui ressemble à une véritable forteresse de briques.

Sainte-Cécile

Façade de Sainte-Cécile

Dans le centre il y a aussi d’autres recoins préservés comme le cloître saint Salvy.

Cloître Saint-Salvy

Nous prenons ensuite un train vers Toulouse après avoir bien profité de cette journée très ensoleillée.

Parcours Villefranche - Albi

Je passe ensuite une journée à me reposer et visiter Toulouse avant de retourner en région parisienne.

Place du Capitole à Toulouse

Une réflexion sur “Paris – Albi

  1. Admiratif devant cette traversée… ces belles photos permettent de voyager virtuellement, mais ne montrent pas l’effort physique que cela doit représenter !

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