Paris – Gisors à vélo

6h55, il m’a fallu partir alors qu’il faisait encore nuit noire pour arriver à l’heure au rendez-vous. Une heure plus tard, au point kilométrique zéro, je devance de peu les quelques autres courageux venus braver le froid.

La façade de Notre-Dame est bien sombre, je suis tellement habitué à la voir illuminée la nuit que j’en ai oublié que les illuminations cessent une fois les touristes couchés.

Notre-Dame de Paris - 8am

Nous partons vers le nord, par la rue St-Denis qui s’éveille à peine. Les petits hommes verts de la ville de Paris, pour reprendre l’expression d’un participant, s’affairent à rendre les rues présentables avant le lever du soleil. Nous nous efforçons de suivre l’itinéraire de traversée Nord-Sud de la capitale. Puis à Stalingrad nous longeons le bassin de la Villette et le canal de St-Denis.

Au niveau du boulevard périphérique, un panneau nous indique la direction à suivre : « Londres, Aubervilliers ». L’association des 2 noms de lieux est surprenante. Toute la journée nous suivrons, à peu près, l’itinéraire cyclable Paris-Londres, inauguré à la fin du printemps, juste à temps avant l’été olympique.

Les bords du canal de Saint-Denis sont à peu près cyclables, mais toujours aussi pavés, pleins d’éclats de verre et de sable, que dans mon souvenir. Je l’avais longé en janvier dernier pour me rendre au festival du voyage à vélo et mettre un pantalon noir n’avait pas été une très bonne idée.

Les premiers rayons du soleil effleurent nos doigts engourdis (en tout cas les miens l’étaient) au niveau du Stade de France.

Stade de France - Saint-Denis

Nous quittons le canal pour suivre une ligne de tramway à travers Gennevilliers. Peu après le compteur du vélo affiche un temps total de roulage de 999 heures et 59 minutes.

Il n’y a plus de chiffre disponible. Je m’attends à un retour à zéro, mais le fourbe ne s’embarrasse plus des minutes et affiche fièrement 1000h. Mince, il me faudra encore 18ans à ce rythme pour atteindre ses limites !

Compteur 1000h

En aval de Paris, la Seine fait quelques très longs méandres. Nous coupons au travers des zones industrielles et portuaires pour ne longer la rivière qu’à partir de Cormeilles-en-Parisis, où nous descendons du plateau par une courte pente à 20%.

Descente de Cormeil-en-Parisis

La Seine sous Herblay

La route des bords de Seine est plutôt jolie, mais pas spécialement agréable à cause de la circulation automobile. Heureusement nous retrouvons d’autres cyclistes et à 9 personnes dont une en vélomobile, se faire respecter n’est pas un problème.

À Conflans-Sainte-Honorine nous nous offrons un recueillement-chouquettes près de la péniche-chapelle des bateliers.

Barge-chapelle de Conflans-Sainte-Honorine

Au confluent, nous quittons la Seine pour remonter l’Oise jusqu’à Cergy. La rivière créé un lien de 340km entre Conflans-Sainte-Honorine et sa ville jumelle Chimay en Belgique où se situe sa source et où je suis passé cet été (voir Thiérache & vallée de la Meuse).

L’avenue verte Paris-Londres est bien indiquée dans cette partie et la montée sur le plateau de Cergy se fait relativement en douceur.

Indications Avenue Verte et Gisors

Ça y est, la partie urbaine du parcours s’achève enfin. Il aura fallu près de 70km depuis St-Maur pour s’extirper de l’agglomération parisienne.

Le parc naturel du Vexin français commence. En fait à partir de Courdimanche, nous empruntons quasiment le même parcours que celui que j’ai pris l’année dernière pour faire un tour du Vexin en sens inverse.

Les villages sont proches les uns des autres et ont quasiment tous leur château. D’abord Vigny et son château très privé.

La vélomobile à l'entrée de Vigny

Château de Vigny

Puis celui de Théméricourt où est logé la maison du parc du Vexin français. Nous mangeons sur un coin d’herbe ensoleillé en bord de route à proximité. On fait plus bucolique mais la brasserie promise était fermée entre 12 et 14h30, ainsi que le château et son parc. Ah la « province » et ses horaires réduits !

Plus loin, alors que le ciel commence à se faire menaçant, c’est un demi-château que nous observons à Maudétour.

Château de Maudétour

Le vent de face ne nous lâche pas. Le parcours en direction du Nord-Ouest est particulièrement bien choisi et ce qui aurait pu être une promenade de santé relève un peu plus du défi physique. Heureusement passé l’antenne relais d’Arthies, un des points culminants du Vexin (à peine plus de 200m d’altitude, n’allez pas imaginer un Ventoux francilien), ça descend presque en roue libre, à travers le domaine de Villarceaux, jusqu’à la vallée de l’Epte.

Vaches Salers près de Villarceaux

Nous passons à proximité de la Comté, une région à l’intense activité souterraine apparemment.

Vers la Comté

C’est la 3ème fois que j’emprunte la voie verte de la vallée de l’Epte, cette ancienne voie ferrée reconvertie aux circulations douces (ou actives, ça dépend comment vous considérez la marche, le vélo ou le roller), autant dire que je connais bientôt par cœur ses larges courbes, son enrobé bien lisse et ses rares chicanes. Mais l’aménagement est tellement court (25km) qu’on n’a pas le temps de le trouver monotone.

Nous nous attablons pour savourer les bières achetées à la supérette de Bray et Lu et repartons sous un déluge de 10minutes. Au moins tout ce que j’ai emporté comme vêtement de pluie dans ma sacoche aura été utile.

L'Epte à Gisors

À la gare de Gisors, il ne reste plus qu’un train pour Paris Saint-Lazare dans la soirée. Nous attendons 1h30, au chaud dans le train, puis le trajet prend encore 1h30.

Saint-Lazare est la gare parisienne la plus éloignée de chez-moi. Je ne retrouve mes pénates qu’aux environs de 21h30. Le compteur affiche 150km.

Parcours à vélo de St-Maur à Gisors

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2 réflexions sur “Paris – Gisors à vélo

  1. Et Paris – London en vélo c’est pour quand ? Ça pourrait t’aider à augmenter plus rapidement le compteur de ton vélo. Et ça pourrait faire un beau roman photo. Ça devrait être drôlement chouette comme voyage. En fait c’est « seulement » 400km + bateau. Ça te tente pas ?

    • Il y a d’autres endroits qui me tenteraient plus au royaume-uni : Cornouailles, Dartmoor, pays de Galles ou Écosse par exemple, plutôt que la banlieue londonienne ou plus généralement le sud-est de l’Angleterre. Mais bon ce n’est pas pour ça que je ne ferais jamais Paris – Londres à vélo.

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