Entre Danube et Rhin

Suite et fin du voyage à vélo de ce mois d’août 2012.

À partir de Passau, nous longeons le Danube en suivant l’euro-véloroute n°6. Du coup nous sommes loin d’être les seuls cyclistes dans les parages.

Bizarrement les étapes le long du Danube sont assez monotones : c’est plat et le paysage ne change pas. Mais au moins nous sommes sur des routes sans voitures la majeure partie du temps. Nous passons par quelques villes comme Vilshofen, Deggendorf et Straubing.

Vilshofen

À Straubing, nous cherchons à remplacer notre bonbonne de gaz vide au camping. Le gérant nous dit qu’il n’en a pas mais un client qui nous a entendu nous donne généreusement une recharge neuve qui nous permettra de manger chaud jusqu’à la fin du voyage.

C’est la fête en ville. Les Lederhosen sont de sortie pour un genre de mini-oktoberfest. Nous passerons la nuit dans une base de loisir un peu à l’écart.

Clochers et tours de Straubing

Le lendemain la vallée du Danube, toujours aussi bleu, devient un peu plus intéressante.

Le beau Danube bleu
Nous passons d’abord par le Walhalla. Navré pour les amateurs de mythologie nordique, ce bâtiment ressemble à un temple grec. C’est une sorte de panthéon germanique, voulu par Louis Ier de Bavière dans les années 1830.

Le Walhalla

Nous y montons histoire d’ajouter un peu de relief à l’étape du jour, encore très plate.

Au Walhalla

Pour la pause déjeuner nous arrivons à Regensburg, aussi connue sous le nom de Ratisbonne pour les français. C’est une très jolie ville avec un grand centre-ville médiéval et une cathédrale gothique. Nous y passons quelques heures.

Regensburg

Regensburg Steinbrücke

Ruelle et Dom de Regensburg

Nous finissons par quitter le Danube au niveau de Kelheim. Petite ville surmontée par un autre bâtiment dans le même goût que le Walhalla, la halle de la libération.

C’est aussi ici que le canal du Danube au Main commence en empruntant la vallée de l’Altmühl (Altmühltal). Cette vallée est plus encaissée que celle du Danube et est de temps à autre surplombée par de jolis châteaux.

Château de Prunn

Nous passons la nuit à Riedenburg. Pour combattre la chaleur nous reprenons quelques boules de glaces après dîner. Ce qui porte à 15 boules pour Julien et 12 pour moi la quantité ingurgitée ce jour.

Le lendemain c’est la journée la plus chaude des vacances. Toujours sous les châteaux de l’Altmühltal que nous quittons après quelques kilomètres pour filer vers le Nord, vers Nuremberg.

Eggersberg

Vue sur Beilingries et l'Altmühltal

Schwabach

Nous arrivons à Nuremberg en suivant des pistes dans des forêts de pins. Avec la chaleur et l’odeur de la sève, on se croirait dans les Landes.

Le camping est situé à quelques kilomètres du centre, mais le jalonnement cyclable qui y mène est très facile à suivre. Nous nous donnons un bref aperçu de la ville dès le soir, mais comme à Prague nous prévoyons d’y passer une journée de repos.

St-Sebald - Nuremberg

Le camping se situe près d’une grande zone de parcs, qui servirent dans les années 30 aux grandes messes du parti national-socialiste. Il ne reste plus grand chose de cette période. Le vestige le plus imposant est le palais des congrès, à moitié abandonné et à moitié reconverti en un musée très intéressant que nous visitons pour voir le point de vue allemand sur cette partie de leur histoire.

Ancien palais des congrès - Nuremberg

La ville historique est ceinte de remparts. Et malgré le fait qu’elle ai été reconstruite en grande partie, on retrouve une atmosphère de ville médiévale. Ce n’est pas une ville très touristique, c’est plutôt une ville active, agréable à vivre.

Il y a aussi beaucoup de commerces de sport. Nous enchaînons les magasins : Jack Wolfskin, Marmot, Mammut, The North Face, Vaude. Dans ce dernier je me procure enfin un nouveau bidon de vélo, ayant perdu inexplicablement le mien à Olomouc 10 jours auparavant.

La "belle fontaine" - Nuremberg

Château de Nuremberg

Nassauerhaus - Nuremberg

Cour des artisans - Nuremberg

La ville est traversée par la rivière Pegnitz. Un itinéraire cyclable longe la rivière pour ensuite continuer vers Fürth. Nous l’utilisons pour continuer notre voyage.

La Pegnitz à Nuremberg

La Pegnitz à Nuremberg

Toute la journée après notre départ de Nuremberg, nous progressons face au vent. Il n’y a pas grand-chose à voir d’intéressant, et la plaque de 300g de milka est la pire que nous ayons goûté (je ne recommande pas la yogurt-crispy).

En fin d’après-midi nous arrivons à Rothenburg par la vallée du Tauber. Quand nous posons nos affaires au camping nous ne voyons encore rien de la cité, uniquement le quartier de Detwang.

Eglise de Detwang

Nous faisons un petit tour en ville, profitant de l’heure déjà avancée et du coup du nombre déjà plus réduit de touristes présents. Parce que Rothenburg-ob-der-Tauber est une des petites villes médiévales les plus visitées d’Allemagne, et il y a de quoi.

Enfin comme souvent dans cette région, il y a peu de français parmi les touristes, c’est ce que confesse une résidente française au Lidl, surprise de nous entendre.

Rothenburg

Les remparts sont encore complets avec quelques très belles portes.

Porte de Rothenburg

La ville surplombe bien la vallée du Tauber.

Vue sur la vieille ville de Rothenburg

Rue de Rothenburg

Rue de Rothenburg

Hotel de Ville de Rohtenburg

Le jour suivant nous commençons par descendre le Tauber, le long de la « route romantique ».

Descendre est bien le mot, même si c’est presque imperceptible parfois, toute la journée nous descendons des rivières, d’abord le Tauber, puis le Jagst après une petite bosse rapidement surmontée.

Château à Weikersheim

Place de Bad Mergentheim

Nous pensons passer la nuit à Möckmühl, mais le camping indiqué sur la carte n’existe pas, nous poursuivons donc, faisons un détour involontaire et finissons par quasiment égaler notre record de distance, et en tout cas battre celui de moyenne avec 147km à 20,5km/h (alors que d’habitude nous roulons plutôt entre 18 et 19, la plus basse ayant été 15,9).

Maison à Möckmühl

Du coup notre avant-dernière étape est très courte, nous n’avons qu’à descendre la vallée du Neckar jusqu’à Heidelberg en profitant des beaux paysages et des châteaux de cette vallée qui coupe l’extrême nord de la Forêt Noire. Dommage que les nuages soient revenus. Pour mémoire nous avions traversé le Neckar à Tübingen le deuxième jour.

Bad Wimpfen

Ruelle de Bad Wimpfen

Neckartal

Château du Neckartal

Hirschhorn sur le Neckar

Nous recevons des trombes d’eau à Heidelberg. Heureusement nous avons pu planter la tente et laisser nos affaires à l’abri. Nous laissons passer le plus gros sous un abribus avant d’aller voir la vieille ville, dominée par un fier château de grès rouge. Ça doit être superbe sous le soleil. Il y a foule en tout cas en ville et Heidelberg réussi à la fois à être jolie, très touristique et très active, non pas muséifiée. Il faut dire que c’est apparemment une ville étudiante.

Château d'Heidelberg

Sur le vieux pont d'Heidelberg

Le dernier jour, nous quittons la vallée du Neckar pour celle du Rhin. D’abord nous traversons toute la ville, puis suivons des indications zig-zagantes jusqu’à Speyer (Spire en français).

La ville possède une énorme cathédrale romane, donc sobre certes, mais rien de moins que la plus grande cathédrale romane au monde.

Speyer Dom

Pendant quelques dizaines de kilomètres, nous faisons une incursion dans le Land de Rhénanie-Palatinat. La véloroute le long du Rhin est très fréquentée et nous la quittons par un petit bac pour retourner dans le Bade-Wurttemberg.

Il ne nous reste ensuite plus qu’une longue ligne droite en forêt pour arriver directement au château de Karlsruhe.

Château de Karlsruhe

Château de Karlsruhe

La boucle est bouclée. Nous voila revenu à notre point de départ. Mais cette fois nous avons le temps de profiter de la ville et ses environs. Centrée sur son château elle n’est pas spécialement jolie, mais il y a des vélos partout, ça suffit à la rendre très agréable à nos yeux.

Nous passons la nuit près de Durlach, un quartier excentré au pied de la forêt Noire. Sur la première colline, la Turmberg offre un joli panorama sur la plaine du Rhin, ses grandes forêts et Karlsruhe.

Durlach et Karlsruhe depuis la Turmberg

Zoom sur les Vosges derrière Karlsruhe

Le TGV nous ramène à Paris le lendemain matin. Cette fois pas de surbooking des places vélo.

—-

En tout sur ces 28 jours de vacances nous avons roulé 26 jours, pris 2 jours de repos : à Prague (J.17) puis Nuremberg (J.24). Au total environ 2800km de circuit, presque 3000km de plus au compteur en ajoutant les visites des villes. De façon surprenante nous n’avons pédalé qu’une cinquantaine de kilomètres sous la pluie, mais subi quand même de copieux orages le soir.

26 nuits en camping (jamais sauvage, ah le luxe des douches quotidiennes !), 2 nuits en pension (à Olomouc (J.13) et Lenora (J.19)).

4 cartes (Freytag & Berndt) ont suffit à ne pas nous perdre pour l’ensemble du voyage : Bad Würtemberg, Bavière Sud et Centre (au 1:200 000), Haute Autriche (au 1:150 000), République Tchèque (au 1:250 000). La qualité du balisage pour vélo dans chacun des 3 pays était exemplaire.

A part les 3 rayons cassés de Julien, pas de soucis techniques. Je n’ai même pas regonflé les pneus une seule fois.

Voila un petit schéma du parcours :

Parcours à vélo du 29 juillet au 26 août 2012

J’ai écrit en gras le nom des plus jolies villes.

2 réflexions sur “Entre Danube et Rhin

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