De Karlsruhe à Linz à vélo

Fin juillet, départ pour les grandes vacances : 4 semaines à vélo à travers le sud de l’Allemagne, l’Autriche et la République Tchèque, en compagnie de Julien, un ami cycliste et couchsurfeur.

Nous sommes partis de Karlsruhe, première gare allemande sur le TGV Est. En 3h ça nous permet d’être aussi loin qu’en 5 jours si nous avions quitté Paris à vélo. C’est le petit luxe qui fait commencer l’exotisme dès la 1ère étape.

Malgré l’obligation de réserver l’emplacement pour les vélos dans le TGV, nous nous sommes retrouvés avec 7 vélos pour 4 places. Le système de réservation n’est pas encore au point. Mais qu’importe, tout le monde a pu monter et dès la fin de matinée les sacoches sont sur les porte-bagages et en route pour la Forêt Noire.

Karlsruhe est juste à son pied, mais la vraie porte du massif est toutefois pour nous Ettlingen, quelques kilomètres plus au sud.

Ettlingen

Les indications pour les vélos sont partout. C’est un vrai changement par rapport à la France. Et sur la plupart des axes un peu chargés, il y a une petites route parallèle pour les vélos et les engins agricoles. Bref c’est facile.

Une fois dans la forêt noire, les vallées se font plus encaissées et il faut bien commencer à monter et descendre. Les villages sont plutôt jolis et pas de doute on est bien en Allemagne !

Enseigne à Neuenbürg

À Hirsau nous passons près d’une abbaye en ruine.

Hirsau

Et là où nous nous attendions à une petite ville industrielle quelconque nous trouvons un centre ville tout en maisons à colombages à Calw.

Calw

L’itinéraire nous fait généralement suivre des petites routes forestières qui nous sont réservées.

Véloroute en Forêt Noire

Cette première étape nous mène jusqu’à Nagold, et vu la région il n’est pas étonnant que le premier camping soit à côté d’une scierie. Par contre le fait qu’elle commence bruyamment son activité à 5h30 du matin l’est plus !

C’est au matin (tôt) que nous découvrons donc le centre de Nagold.

Nagold

Après une rude grimpette qui nous fait sortir d’un seul coup de la Forêt Noire, nous redescendons tranquillement dans la vallée du Neckar, via notamment la belle ville étudiante de Tübingen et son centre comme suspendu au dessus de la rivière.

Tübingen au bord du Neckar

Nous sommes certes sortis d’un massif mais c’est pour mieux en entamer un autre, car sur l’autre rive du Neckar c’est le Jura Souabe qui commence et qui nous sépare encore du Danube.

Ça monte raide, et pour une fois sans itinéraire cyclable, jusqu’au château de Lichtenstein.

Schloss Lichtenstein

Mais une fois cette épreuve passée, le Jura Souabe est beaucoup plus en plateaux que ne l’était la Forêt Noire.

Dans le Jura Souabe

Et ensuite ça descend presque en continue sur 30km jusqu’au bord du Danube à Ehingen. Le camping n’est pas évident à trouver. En chemin une famille de français nous donne une carte cyclable des environs d’Ulm qui nous en indique un et au bout de 144km la tente peut être montée. Ça démarre plus fort que prévu.

Le 3ème jour nous partons vers Ulm en longeant l’eurovélo 6, un peu décevante sur cette partie, d’autant plus que le Danube est assez loin d’être bleu à cet endroit.

Ulm nous surprend par son enchevêtrement de bâtiments médiévaux et modernes plutôt réussi.

Ulm, les remparts

Ulm Rathaus

Tout ceci sous l’immense tour gothique de la cathédrale, la plus haute flèche d’église au monde avec ses 161m.

Ulm, cathédrale

Ensuite nous quittons le Danube pour traverser la Souabe en diagonale, et accessoirement quitter le Bade-Wurttemberg pour la Bavière.

Au milieu de cette région nous passons par Krumbach, petite ville que je connaissais déjà pour y être allé en jumelage scolaire au lycée.

Krumbach

Comme dans mon souvenir nous avons retrouvé le grand parc du centre ville pour pique-niquer dans l’herbe fraiche.

Dans l’après-midi, au sommet d’une bosse nous distinguons les Alpes en toile de fond. Mais de nombreux kilomètres nous en séparent encore, ce n’est prévu de dormir à leur pied que le lendemain soir.

L’étape du jour se termine dans la superbe ville de Landsberg-am-Lech. C’est une bonne surprise parce qu’éclipsé par Munich toute proche, ce n’est pas un endroit dont nous avons entendu beaucoup parler avant. Nous couronnons les 2 dernières grosses étapes par un gros repas au restaurant.

Landsberg, les bords du Lech

Porte dans les remparts de Landsberg

Place principale de Landsberg

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Le 4ème jour, après Landsberg, nous pénétrons dans la région des lacs. D’abord immenses dans la « plaine » bavaroise tel l’Ammersee, puis de plus en plus petits à mesure que les Alpes se rapprochent.

Bateau sur l'Ammersee

Ammersee

Nous longeons un court instant la rivière Isar avant la belle place centrale de Bad Tölz.

L'Isar

Bad Tölz

Cette fois nous sommes dans les Alpes. Le camping suivant est au bord du Schliersee.

Schliersee

Le lendemain constitue notre étape la plus Alpine. Avec quelques cols même. Enfin le premier est plutôt relax, l’essentiel de la montée s’est faite la veille sans qu’on s’en rende vraiment compte.

A la sortie de Bayrischzell

Et c’est notre première frontière. Bienvenue dans le Tirol.

La frontière Autrichienne

Nous descendons jusqu’au beau lac de montagne de Thiersee, puis jusqu’à la ville de Küfstein dans la vallée de l’Inn.

Thiersee

Küfstein

Ensuite ça remonte et nous repassons en Allemagne, sur la route allemande des Alpes, qui offre de très beaux paysages de montagne pas trop escarpées et couvertes de forêts.

Ruhpolding de la route allemande des Alpes

Dans la soirée nous ratons un camping (présent sur la carte, mais introuvable sur le terrain), et quoi de plus agréable après 130km que de terminer la journée par 6km de côte à 12% (c’est ce qui était écrit sur le panneau en bas, mais je n’ai pris qu’une photo en haut même si l’altitude n’est guère impressionnante).

Col à 868m d'altitude

Notre récompense est d’apercevoir les hauts sommets qui dominent la vallée de Berchtesgaden dès ce soir-là.

Le Watzmann

Le Hochkalter

Heureusement parce que le lendemain, 6ème jour, c’est notre première matinée sous la pluie, une bruine fine et un temps couvert qui du coup nous dissuadent d’aller voir le Königsee, normalement un très beau lac en fjord. Et nous filons directement à Salzburg. C’est la plus courte étape du voyage, 45km de descente ! Avec juste une courte pause à Berchtesgaden, un peu décevant du coup.

Cette fois nous sommes en Autriche pour de bon. Mais pour les cyclistes que nous sommes c’est toujours aussi facile, il y a des aménagements et des indications pour les vélos partout.

Indications pour vélos à Salzburg

Salzburg c’est aussi la première grosse ville touristique (à raison) que nous traversons. Nous entendons à nouveau parler français dans la rue.

Le joli petit centre ville est tout serré entre l’imposant château et la rivière, et Mozart est omniprésent dans les vitrines, sur les affiches, … Nous passons l’après-midi entière à visiter la ville.

Le château de Salzburg

Intérieur de la cathédrale de Salzburg

Le centre de Salzburg

Le camping est situé directement sur la véloroute qui monte doucement vers le Salzkammergut, une région de lac qui constitue notre 7ème étape.

Dans la montée nous croisons des lamas tondus comme des caniches. Ils sont fous ces autrichiens.

afro-lama

Le relief devient plus escarpé. En plus les nuages changeants donnent parfois un aspect mystérieux à la montagne.

La falaise du Drachenwand

Puis les fameux lacs du Salzkammergut se succèdent au pied des montagnes.

Le Mondsee

Chacun a sa couleur. Le Wolfgangsee est bleu lagon. Nous nous baignons et pique-niquons sur ses rives.

Après la ville de Bad Ischl, nous descendons la vallée de la Traun avec un fort vent de face. Le Traunsee est beaucoup plus noir et agité que les lacs précédents. C’est plutôt la voile que la baignade qu’on y pratique.

Le Traunsee

Au camping à Gmunden ce soir là nous sommes à côté d’un chanteur d’opéra, français expatrié à Innsbruck, et de son amie. Il nous recommande chaudement de voir Passau, nous prenons note.

Ensuite un violent orage éclate. C’est la 3ème nuit d’affilée, il y a 2cm d’eau dans tout le camping, nous avons l’impression de dormir sur un matelas d’eau. En tout cas l’étanchéité du sol de la tente n’est plus à prouver.

Le lendemain nous quittons les Alpes, après un passage au centre de Gmunden auquel fait fasse un petit château sur une île.

Le Traunsee à Gmunden

Nous suivons toute la journée la Traun (le Traunweg) et parfois la traversons sur d’étroites passerelles.

Passerelle sur la Traun

La véloroute nous fait voir quelques belles églises, comme près de Lambach.

Lambach

Mais à partir de Wels, c’est une longue ligne droite monotone, une digue nous cache la rivière, mais au moins c’est plat et nous arrivons assez rapidement à Linz.

Plus industrielle, beaucoup moins muséifiée que Salzburg, c’est une ville agréable à vivre sur les bords du Danube que l’on recroise.

Place principale de Linz

Une rue de Linz

En quittant le restaurant le soir, l’orage menace.

Linz by night

Mais les caprices de la météo restent cantonnés sur les collines au nord de la ville, leur donnant un petit côté « Mordor ». Collines qui nous attendent pour le lendemain, dernier obstacle avant la frontière Tchèque.

Le voyage se poursuit ici >>

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2 réflexions sur “De Karlsruhe à Linz à vélo

  1. C’est bien, c’est beau, c’est… [insérer le nom d’une marque dont le nom fait penser à un terme pour désigner un pays traversé]… du travail de pro !

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