Thiérache & vallée de la Meuse

Partir pour un 2ème week-end à vélo d’affilée, ça ne m’était pas encore arrivé. Et cette fois face aux complications de trafic des trains à cause de travaux Gare du Nord, c’est même dès le vendredi soir qu’on s’est rendu sur le lieu de départ.

La destination ardennaise a donné le ton avant même qu’on soit monté dans le train. Sur le chemin de la gare un violent orage nous a trempé avant d’avoir eu le temps de mettre un quelconque vêtement de pluie.

Une fois arrivé à Laon nous avons quand même pu monter la tente au sec avant de partir à l’assaut de la colline et de trouver un restaurant. Comme nous sommes déjà passés dans cette ville, nous connaissions la petite ruelle pavée qui donne une belle vue sur les tours de la cathédrale, et nous n’avons pas été déçu par la météo orageuse.

Arc en ciel derrière la cathédrale de Laon au coucher de soleil

L’ami venant de Reims à vélo (60km) a eu droit au même traitement humide que nous et n’a pas démérité non plus la cuisine picardo-bretonne.

Samedi matin nous avons mis le cap vers la Belgique avec une longue traversée de la Thiérache en perspective. Les paysages ne sont pas grandioses mais il y a quelques villages sympathiques aux maisons en briques rouges alternant avec la pierre.

A Crécy-sur-Serre il y a même un petit beffroi.

Beffroi de Crécy-sur-Serre

Et la façade de la mairie est sculptée de chevaux.

Détail de la façade de la mairie de Crécy-sur-Serre

La principale curiosité de la Thiérache ce sont les églises fortifiées dans presque chaque village que nous avons traversé. En voila toute une flopée.

Bosmont-sur-Serre

Burelles

Avec leur clocher souvent flanqué de 2 grosses tours, on dirait des fusées (ce n’est pas moi qui l’ai observé).

Gronard

La Bouteille

Origny-en-Thiérache

En arrivant à Hirson, place à un peu de tourisme industriel. D’imposants vestiges témoignent de l’importance passée de ce nœud ferroviaire.

Tour florentine d'Hirson

Rotonde d'Hirson

Nous avons ensuite traversé un morceau de la forêt d’Hirson jusqu’à l’abbaye cistercienne de St-Michel.

Abbaye de St-Michel

Puis nous avons traversé la forêt de St-Michel en une immense ligne droite.

Forêt de St-Michel

Forêt de St-Michel

À la lisière de la forêt, nous sommes entrés en Belgique. On sort de France comme on quitterait un village.

Frontière franco-belge

Les différences avec la France sont immédiatement visibles, par la couleur des panneaux, la race des vaches (plus de laitières mais des vaches à viande aux postérieurs difformes) et la quasi omniprésence de panneaux solaires alors que le climat ardennais ne jouit pas d’une réputation des plus ensoleillée.

Rapidement après la frontière nous avons rejoint Chimay, posé nos affaires et siroté des trappistes éponymes bien méritées dans le joli petit centre-ville.

Grande place de Chimay

Des scènes d’un monument du cinéma franco-belge ont été tournées récemment ici : Rien à déclarer… C’est évidemment ironique, je ne le recommande pas.

Chimay

Les propriétaires et clients du pub anglais spécialisé en bières trappistes (ce n’est pas incompatible) nous ont indiqué la meilleure friterie de la ville.

Pub anglais ET ambassadeur trappiste

Après avoir avalé un seau de frites chacun, nous sommes vite rentrés nous mettre à l’abri alors que la pluie s’intensifiait. Il y a eu 2 violents orages pendant la nuit et une pluie quasiment continue. Je n’ai jamais plié la tente aussi mouillée le matin.

En partant la pluie a toutefois cessé et nous avons pu vraiment profiter de quelques kilomètres de ce beau paysage vallonné de la botte du Hainaut.

Aublain

Château de Boussu-en-Fagne

À Mariembourg, sous une pluie battante, nous avons testé une voie verte wallonne : un RAVeL. L’occasion de quelques pointes de vitesse et d’humidité.

Au bout de 40km nous avons atteint la France au joli village de Hierges.

Hierges

Le tenancier du café nous a indiqué comment éviter la grande route jusqu’au village suivant où nous risquions selon lui de « nous faire culbuter ». Vu la météo, son alternative s’est révélée bien boueuse. Mais finalement à partir de Vireux-Mohain et pour les 70km restants nous sommes restés sur la voie verte « Trans-Ardennes » le long de la Meuse.

La Meuse

Cette voie verte est une des plus belles que j’ai pu prendre jusque-là (ex-æquo avec la traversée de la Franche-Comté le long du Doubs). Sur 70km, mis à part une petite zone de travaux c’était un vrai billard et la vallée encaissée et couverte de forêts était très agréable. Ça doit être encore mieux quand il fait vraiment beau, parce que cette fois le vent de face et les averses intermittentes n’ont tout de même pas joué en la faveur du lieu.

La Meuse vers Laifour

Laifour

Monthermé

En « tirant un peu la bourre »,  nous avons réussi à prendre un train relativement tôt dans l’après-midi à Charleville-Mézières. Ce qui n’était pas un luxe parce que le trajet retour a nécessité 2 changements (à Reims et Épernay) et pris près de 3h30.

Les 2 étapes de ce week-end faisaient chacune environ 115km.

Parcours Laon-Chimay-Charleville

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Vallées de la Loire et du Loir

Après 2 week-ends sans quitter la ville, il était temps de repartir explorer de nouveaux lieux à bicyclette.

Comme cette fois j’ai jeté mon dévolu sur le « dernier grand fleuve sauvage d’Europe », j’ai commencé par prendre une photo de la Seine, au niveau de son confluent avec la Marne, en me dirigeant vers la gare d’Austerlitz au levé du soleil.

La Seine à Charenton

Je suis parti d’Orléans et après une rapide traversée du centre-ville j’ai rejoint l’itinéraire « la Loire à vélo » sur la rive gauche. À force de partir d’ici ou d’y arriver, la silhouette de la cathédrale commence à m’être familière.

Cathédrale d'Orléans

Je ne dirai pas du bien de l’itinéraire « la Loire à vélo » à Orléans, il enchaîne les pistes mal faites  sur trottoirs et les indications peu claires jusqu’à la sortie de la ville. Après c’est beaucoup mieux et on suit la crête d’une digue presque jusqu’au changement de rive à Meung-sur-Loire.

Meung-sur-Loire c’est le premier château de la journée, une petite mise en bouche pour la suite.

Meung-sur-Loire

L’itinéraire se poursuit ensuite rive droite avec de très beaux chemins en bord de fleuve jusqu’à Beaugency et son immense pont.

Pont de Beaugency

Et également les restes de son château.

Donjon de Beaugency

La route continue en bord de fleuve et après quelques kilomètres il a déjà l’air beaucoup moins sauvage.

Centrale de Saint-Laurent

Je retraverse entre Mer et Muides. La Loire vue du pont gagne a être comparée à la photo de la Seine plus haut.

La Loire à Muides

Je quitte là « la Loire à vélo » et fonce droit vers le domaine national de Chambord. Vraiment tout droit puisque la route François Ier est une belle ligne droite de 7km qui mène droit au château.

J’avais bien dit que Meung-sur-Loir n’était qu’une mise en bouche. Voila le plat de résistance, ça tombe bien, après 55km c’est l’heure du pique-nique.

Belle baraque.

Chambord

Il y a ensuite un balisage bien marqué qui « descend » vers Blois en zigzaguant dans les villages et fait finalement déboucher sur une belle vue de la ville en bord de Loire.

Blois

Blois a un agréable petit centre-ville piétonnier et ça ne monte finalement pas beaucoup pour aller au château.

Centre-ville de Blois

Château de Blois

Château de Blois - Façade des Loges

C’est ici que je quitte la vallée de la Loire. En une trentaine de kilomètres sur des petites routes désertes à travers les champs de céréales je perds une lettre et rejoint la vallée du Loir à Vendôme.

La ville est installée entre plusieurs bras du Loir en un centre agréable et plutôt touristique.

Vendôme - ancienne abbaye de la trinité

Vendôme - tour St-Martin

Le Loir à Vendôme

Ensuite j’entame la remontée du Loir. Je pensais m’arrêter vers Fréteval mais c’était sans compter sur le festival de Jacky-tuning (faute d’avoir vu une affiche annonçant l’événement, je me contente de ce nom) qui s’y déroulait et barrait complètement la route, m’obligeant à un détour de 15km.

Il m’a fallu plusieurs zig-zags et hésitations pour contourner puis retrouver la vallée. Loi de Murphy oblige, c’était la seule zone hors des 2 cartes que j’avais apporté ! Je continue enfin un peu plus sereinement le long de la rivière.

Le paysage hésite entre champs de céréales et pâturages. En tout cas les champs de blés sont très beau en ce moment, j’ai plutôt l’habitude de les voir déjà récoltés.

Vallée du Loir entre Pezou et Fréteval

Le Loir vers St-Jean-Froidmentel

Le Loir vers St-Jean-Froidmentel

Je passe la nuit à Cloyes-sur-le-Loir. C’est beaucoup plus loin que prévu et les 2 étapes sont très déséquilibrées.

Le matin je me réveille avec le soleil (sans réveil !). Donc très tôt : je suis en selle dès 6h30. Du coup les routes sont à moi tout seul. À la sortie de Cloyes, le château de Montigny-le-Gannelon domine la rivière.

Montigny-le-Gannelon

Je suis rapidement à Chateaudun. Le château est très imposant quand on le longe du bord du Loir.

Arrivée à Chateaudun

Château de Chateaudun

Château de Chateaudun

Je trouve ensuite de belles petites routes perdues pour rejoindre Bonneval. Mon but depuis Vendôme est d’éviter à tout prix la N10, pas du tout amicale avec ces tronçons à 4 voies. Ma route croise la très boisée vallée de la Conie.

Lavoir sur la Conie

J’ai la surprise de trouver quelques toits de chaume.

Toit de chaume sur basse-cour

Enfin j’arrive à Bonneval. Je connais beaucoup mieux son homonyme isérois, mais la petite ville beauceronne vaut le détour. Elle a de beaux restes de fortifications et une haute église, le tout lové entre les bras et canaux du Loir. De là à la surnommer la « petite Venise de la Beauce », il n’y a qu’un pas que l’office de tourisme a déjà allègrement franchi.

Porte à Bonneval

Bonneval

Les vitrines sont toutes décorées de vélos. En effet la 19ème étape du tour y démarrera.

Un peu plus loin, le donjon d’Alluyes sera le dernier vestige de cette sortie « route des châteaux ».

Donjon d'Alluyes

Je quitte ici le Loir pour rejoindre l’Eure. Mais pour franchir cette ligne de partage es eaux il faut à nouveau traverser les champs de céréales de la Beauce. Tous les villages se ressemblent, on voit d’abord des silos ou un château d’eau émerger, puis seulement le reste du village.

Vers Bouville

A travers Beauce vers Luplanté

En fin de matinée je rejoins la vallée de l’Eure. Un balisage me conduit jusqu’à Chartres par les petites routes.

L'Eure à Chartres

Un dernier raidillon (on ne peut pas dire qu’il y avait beaucoup de relief sur ce parcours) me mène des bords de l’Eure vers la cathédrale. J’aurais aimé la voir émerger plus tôt au dessus des champs de blé, mais je ne l’ai vu apparaître qu’au dernier moment.

Tours de la cathédrale de Chartres

Cathédrale de Chartres

Comme Orléans, Chartres constitue aussi un hub vélo pour moi. (voir St-Maur – Chartres – Dreux, ou Chartres – Granville).

Sur 2 jours le parcours fait environ 230km.

Parcours Orléans - Chartres via Blois