Pico

Non il ne s’agit pas d’un article sur l’infiniment petit.

Le P majuscule a son importance. Pico est une île de 45km sur 15 (donc pas si petite que ça) perdue au milieu de l’Atlantique nord. Pas exactement perdue en fait puisque c’est l’une des 9 îles de l’archipel des Açores.

L’archipel est en 3 parties et Pico se trouve dans la partie centrale, au sud de São Jorge et à l’Est de Faial (à peine à quelques encablures de ses 2 voisines). Et on se situe à 1600km de Lisbonne. Les Açores sont une région du Portugal, et donc on est en Europe. Et à part pour 2 des îles de l’archipel, la géologie confirme ce point, on est du bon côté de la dorsale médio-atlantique.

L’île de Pico est la plus jeune des Açores, une jeunette de 200 000 ans. Du coup l’érosion n’a pas eu le temps d’y créer de belles plages de sable fin. Ici toutes les roches sont noires et abrasives, il n’y a que du basalte.

Niveau climat, c’est subtropical, ça veut dire humide et nuageux. Du coup c’est verdoyant. Les températures sont douces toute l’année entre 13°C l’hiver et 23°C l’été.

Sans plage, sans soleil et sans chaleur, les Açores n’attirent pas les touristes en masse. Pico encore moins que les autres îles, si l’on excepte quelques amateurs éclairés (il faut bien s’envoyer des fleurs) venus observer des baleines. Ce qui était notre cas.

Le village qui nous a servit de base, Lajes, est un des 3 principaux de l’île. Pourtant c’est tout petit.

Lajes do Pico

A l’Ouest de l’île, notre première randonnée nous a emmené face à l’île de Faial (on aperçoit la ville d’Horta à seulement 4km).

Faial en face de Pico

La côte est noire, pas un grain de sable à se mettre entre les orteils. Le basalte use les semelles à une vitesse impressionnante.

La plage

Même s’il n’y a pas eu d’éruption depuis le XVIIIe siècle (et seulement 4 éruptions depuis la colonisation de l’archipel), les paysages ont l’air tout frais, comme ces laves cordées.

Lave cordée

Et sur ce sol en apparence inculte, dans les fissures, les habitants ont développé la vigne. La noirceur de la roche accumule la chaleur du jour pour la restituer la nuit et permet ainsi aux vignes de pousser. Le paysage a été découpé en toute petites parcelles, grandes comme des pièces d’habitation et séparées par des murs qui accentuent ce phénomène de conservation de chaleur et protègent du vent.

La technique est tellement unique que ce paysage est classé au patrimoine mondial.

Vignes près de Madalena

Bien souvent on voit à peine les pieds de vigne dépasser des murets.

Murets

On trouve aussi quelques moulins sur l’île. Mais ce ne sont pas des moulins typiquement portugais. Au Portugal on construit les moulins face au vent, et il vient toujours de l’Atlantique. Mais sur une île il peut venir de toutes les directions et il faut donc pouvoir orienter le moulin en conséquence. Et ça, il fut un temps où c’était une spécialité hollandaise.

Moulin hollandais

4 fois nous irons observer les baleines, et nous avons été gâtés. Jamais de retour bredouille et plusieurs espèces observées parmi lesquelles : le dauphin commun, le dauphin bleu et blanc, le grand dauphin, le dauphin de Risso, le cachalot et la baleine bleue.

Les dauphins communs sont les plus faciles à observer, ils aiment « jouer » autour des bateaux. Mais sur cette photo je pense que ce sont des grands dauphins, ils n’ont pas de jaune sur le flanc.

Dauphins

Les autres sont à approcher avec plus de circonspection. L’observation essaye toujours d’être respectueuse, le nombre de bateau autorisés est très limité et ce sont les animaux qui s’approchent, sinon les bateaux restent à plus de 50m. Ici ce cachalot curieux se tient verticalement sous l’eau, on ne voit que le bout de sa tête, ça lui permet de nous écouter.

Nez de Cachalot

Les cachalots pêchent en profondeur (entre 1000 et 3000m de profondeur, là où il y a des calamars) mais comme il n’y a pas de plancher océanique ici, on peut les observer très près des côtes. Ce qui leur a valu d’être beaucoup chassés ici jusque dans les années 80. Le musée des baleiniers de Lajes est d’ailleurs assez instructif, un film des années 70 y explique comment on repérait les cachalots depuis la vigie sur la côte et qu’ensuite tout le monde embarquait et participait à la chasse, toutes affaires cessantes.

On a fait beaucoup de photos de baleines, mais j’ai peu participé, avec mon petit appareil photo je n’ai pas jugé possible de rivaliser avec les reflex pour les photos animalières. Alors j’ai juste observé.

Bon il n’y a pas que des baleines,on a aussi vu une tortue, escortée d’un poisson d’espèce indéterminée.

Tortue de mer

Et pléthore de galères portugaises, des méduses quoi, l’espèce la plus dangereuse ici, malgré ses airs de sac plastique inoffensif.

Galère portugaise

C’est plus facile de prendre en photo des choses immobiles, enfin quand ça ne tangue pas trop. La côte de Pico par exemple (ici encore avec quelques dauphins communs).

Côte de Pico

Au sud du bateau par contre il n’y a rien à voir, si on part plein sud on ne croise aucune terre avant l’Antarctique.

Nous n’avons quitté l’île qu’une seule fois pour sa voisine São Jorge. Toute en longueur elle est entourée de flancs très abrupts.

Sao Jorge

Le village de Calheta est encore plus petit et isolé que Lajes.

Calheta

Le long de la côte, les ruisseaux tombent en cascade dans la mer.

Cascade à Sao Jorge

Cascade à Sao Jorge

On aime beaucoup les baleines, mais on aime aussi la montagne, et à Pico il y a du relief, et une montagne.

Le Pico, le volcan qui a donné son nom à l’île, dort. Ça ne l’empêche pas d’être, du haut de ses 2351m, le point culminant du Portugal et même de toute la dorsale médio-atlantique.

Il a fait un affreux brouillard humide (météo suffisante pour que tout le monde sans exception nous déconseille fortement d’y aller) pendant toute l’ascension, mais au sommet le soleil brillait.

Le sommet est un petit dôme au centre de la caldeira, le Piquinho.

Le pequenho

Du sommet nous avons distingué la caldeira au premier plan, puis une mer de nuage de tous côtés. Les autres îles sont beaucoup plus basses, alors rien ne dépasse.

La caldeira et la mer de nuage

Ça valait le coup de grimper 800m dans le brouillard, en pantalon et k-way dégoulinants pour un tel spectacle. Nous avons été apparemment les seuls à monter ce jour là.

À la pointe Est de l’île, il y a aussi de quoi faire de belles randonnées, là encore, comme près des vignes de Madalena, le basalte domine le paysage côtier.

Arche sur la côte Est

Côte de basalte

Vers l’intérieur de l’île, les petits dômes volcaniques se succèdent, mais le Pico est encore loin derrière.

Vers l'intérieur de Pico

Côte de Basalte

Et à la pointe de l’île, Ponta de Ilha, un très beau phare peint en blanc comme toutes les maisons de l’île.

Phare

Nous enfourcherons aussi une fois des VTT pour traverser le plateau central, et surtout en descendre. La météo nous offrira une fois de plus un beau brouillard humide.

Sur le plateau

Mais dès qu’on repasse sous le nuage, la vue s’étend sur la côte. (Là aussi sans nuage, on verrait le Pico derrière !)

Vue sur Lajes

Même si le Pico domine tout, je n’en ai pas de photo dégagé, si ce n’est en partant prendre l’avion du retour à Faial.

Madalena et le Pico depuis le traversier vers Faial

Alors que depuis la fenêtre du petit hôtel de Lajes il était pourtant juste devant nous.

Pico depuis Lajes

Mais les nuages sont jolis parfois.

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4 réflexions sur “Pico

  1. Je trouve ces paysages de roches noires toujours extraordinaires… ça me fait penser à Nea Kameni au milieu de la caldeira de Santorin ou aux plages noires d’Islande.
    Merci pour ce partage !

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